09.12.2010 à 09h07 par - Rédacteur |Source : Rédaction

Guwange

C'est dans son grenier que Cave est allé nous chercher Guwange. Sorti dans les salles d'arcade japonaises en 1999, ce shoot'em up est l'incarnation d'un savoir faire propre à ce studio : un gameplay aux petits oignons qui se mêle à un design toujours plus recherché. Mais tout de même, 1999, c'était il y a onze ans, et en matière de jeux vidéos, cela représente beaucoup d'eau passée sous les ponts. Alors, perle rétro ou vieillerie ringarde ?


Tempête de boulettes

Le shoot’em up est un genre à part et nombreux sont ceux qui devraient en apprendre la recette de longévité : beaucoup d’innovations mais une maitrise sans failles de celles-ci pour ne pas dérouter les fans. Des fans qui se font toujours plus nombreux pour un genre qui, doucement mais sûrement, franchit les frontières nippones et étanche enfin notre soif après de trop longues années de disette (ou d’import pour les plus obstinés). C’est Guwange qui suit aujourd’hui cette voie jusqu’à atterrir sur le Xbox Live Arcade, nouvelle place forte du rétro-gaming et des petites productions. Mais qu’est-ce que Guwange ? En quelques mots, c’est simplement un shoot’em up à défilement vertical, au design atypique perdu parmi des dizaines, des centaines de tirs ennemis, au milieu desquels vous arriverez à vous faufiler grâce à un gameplay terriblement efficace. Efficace car il possède les atouts qui font d’un jeu un bon jeu : il a ses subtilités, son apprentissage est progressif et il demande de la maitrise sans jamais se montrer injuste ou frustrant. Chaque partie est meilleure que la précédente et moins bonne que la prochaine. Pourtant, pour rester sur Xbox Live Arcade, même Ikaruga ou TriggerHeart Exelica ne se montrent pas aussi effrayants après seulement quelques minutes de jeu. Dans Guwange l’écran sera très rapidement submergé d’ennemis, à gauche, à droite, dans votre dos…Mais n’ayez crainte, vous ne partirez pas seul au combat. Un élément de gameplay fait de Guwange un titre original et addictif : le Shikigami .



Pour aller à l’assaut de vos ennemis, vous aurez le choix entre trois personnages. Chacun d’eux a avec lui son Shikigami, une sorte d’esprit, d’ange gardien, que le personnage peut choisir de déployer en plein affrontement. Se contrôlant indépendamment et en alternance avec les tirs classiques, le Shikigami permet de ralentir les tirs ennemis, de surveiller ses arrières et peut détruire tout ce qui se dresse sur son chemin, les ennemis comme leurs tirs. Les vilains laissent alors tomber de l’or, que vous ramasserez pour augmenter votre score. Vous avez là une idée du principe du scoring dans ce jeu, subtil et prenant : une alternance constante entre tirs normaux et utilisation du Shikigami, en maintenant toujours plus haut le multiplicateur d’or, symbolisé par des crânes. Ce multiplicateur augmente lorsque vous enchainez les tirs sur des ennemis identiques. Il ne s’agit donc pas de simplement tirer en essayant d’éviter les attaques adverses. Guwange vous oblige à agir intelligemment, à chercher le moyen le plus efficace d’augmenter votre score tout en vous protégeant un maximum. Et en mode arcade, ce n’est pas si facile. Vous pensez bien que l’utilisation du Shikigami a aussi son point faible : elle modifie vos déplacements, vous êtes du coup moins rapide avec. Ce qui vous protège d’une certaine manière vous rend plus vulnérable de l’autre. Le challenge est bel et bien présent et ce mode arcade offre tout ce qu’un vétéran du genre est en droit d’espérer. Guwange est-il fermé aux novices pour autant ? Pas le moins du monde, deux autres modes de jeu sont proposés et permettent à n’importe qui de prendre du plaisir sur ce shoot’em up.

Vieux pot et très bonne soupe

Le tour de force est remarquable. Les crédits illimités permettent déjà à n’importe qui de terminer le jeu en dépit de sa difficulté de base titanesque. Mais la victoire n’a aucune saveur, le plaisir est absent. Pour pallier à cela, deux autres modes de jeux sont disponibles : Arrange Blue et Arrange Xbox 360. Si le premier est très similaire au mode arcade, apportant des modifications auxquelles seront sensibles les vétérans du jeu (utilisation du Shikigami différente, alternée avec les tirs sur un seul bouton ou vagues d’ennemis modifiées entre autres), le mode Xbox 360 lui, change totalement l’approche du jeu. Les tirs principaux sont automatiques et vous contrôlez le Shikigami avec le stick droit, sans alternance et sans être ralenti. Dès lors, il devient aisé de couvrir le haut avec les tirs et assurez les autres directions avec le Shikigami. Une version twin sticks qui permet de rendre le jeu plus accessible sans modifier ni son déroulement, ni le nombre d’ennemis et de tirs en votre direction, éléments importants de l’identité du jeu. Les novices du genre peuvent alors prendre du plaisir à affronter un shoot’em up difficile et exigeant, et découvrir un genre que le mode arcade seul rendait peut-être rebutant. Très vite, de moins en moins de crédits sont utilisés, la maitrise du gameplay se fait de plus en plus grande et il devient envisageable de tenter le mode arcade. Et le plaisir de jeu comme les exploits sont faits pour être partagés : Guwange est jouable à deux en local ou sur Xbox Live, les classements en ligne vous permettent de comparer vos records à ceux des experts mondiaux et vous pouvez enregistrer vos replays tout comme il vous est possible de télécharger ceux des autres. Idéal pour apprendre des meilleurs et l’adapter à ses futures parties !



Ce gameplay est toujours aussi efficace, mais qu’en est-il de l’aspect graphique ? Loin d’être laid, Guwange affiche tout de même le poids des années passées, aucune refonte n’ayant eu lieu sur la partie graphique. Quelques ralentissements sont à noter, à des moments où le jeu affiche une quantité impressionnante d’éléments à l’écran, mais ils sont suffisamment rares pour ne pas entacher l’expérience. Aussi, l’affichage peut être zoomé, l’écran de jeu déplacé et certains éléments comme le score peuvent être zoomés et affichés dans un coin de l’écran. Il est même possible d’orienter le jeu à l’horizontale si votre écran le permet ! A noter cependant une aberration concernant l’affichage, le jeu est optimisé pour le 16:9 et pas pour le 4:3 (qui est son format d’origine pourtant !). Le résultat ? Des bandes noires disgracieuses en haut et en bas de l’écran qui réduisent le fenêtre de jeu. Guwange est vieillot mais son design fait mouche. Ce Japon médiéval comme terrain de jeu, Cave l’exploite jusque dans les moindres détails : les décors sont variés et détaillés, les musiques collent aussi bien à cette ambiance du passé qu’au côté psychédélique des affrontements. Également, vos déplacements se faisant à pied, vous ne pourrez occuper, la plupart du temps, l’ensemble du terrain : les obstacles naturels comme les maisons, les murs, les arbres, vous barreront la route. Ce qui en fait un élément important supplémentaire à gérer. Le bestiaire est quant à lui bien fourni, varié, allant de la simple chauve souris à l’esprit errant typiquement oriental, jusqu’à des boss plutôt bien imaginés et coriaces. Tous ces ingrédients permettent d’accepter plus facilement l’âge de Guwange qui, proposé à 800 MS Points, s’impose toujours comme une valeur sûre du shoot’em up.

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