1st Look

25.08 à 18h09 par |Source : Rédaction

1st Look GamesCom 2011 > Les jeux SEGA

L'édition 2011 du festival allemand a quelque chose de très spécial pour Sega. Cette année, le hérisson bleu fête ses vingt ans et se prépare à revenir en force avec Sonic Generations. Mais Sega a d'autres choses dans sa besace et comme à ses habitudes, une belle place de son line-up est dédiée à de nouvelles licences. Entre deux parts du gâteau d'anniversaire de Sonic, nous profitons de notre présence à Cologne pour concentrer notre regard sur trois jeux majeurs. Que penser de Aliens : Colonial Marines, Anarchy Reigns et Binary Domain ? Réponse tout de suite.

Des Aliens à Marines Land

Aux côtés de Microsoft et Nintendo dans le hall 8, Sega a mis les petits plats dans les grands pour célébrer Sonic. Un hérisson bleu de plusieurs mètres de haut surplombe les bornes dédiées à Sonic Generations. Pour les fans, plusieurs vitrines contiennent des centaines d’objets sur l’histoire de la mascotte de Sega : jeux, CD, cartes à jouer, figurines, cassettes vidéo, etc… Ce sont vingt années d’histoire qui sont retracées ici. Nous apercevrons même, derrière une porte entrebâillée du stand Sega dédié à la presse, des versions Megadrive du premier Sonic qui ont du faire quelques heureux. Mais c’est surtout l’avenir qui nous intéresse et c’est sur trois titres que nous jetons notre dévolu. Un quatrième, Rise of Nightmares, restera malheureusement hors de notre portée. Mais l’attente sera quoi qu’il en soit de courte durée, le titre Kinect étant attendu pour le milieu du mois de septembre. On notera également la présence de Renegade Ops, le twin-sticks shooter Xbox Live Arcade développé par Avalanche Studios. Les hostilités démarrent donc avec Aliens : Colonial Marines pour une présentation vidéo inédite. Et si l’attente a été très longue, ce premier tête à tête avec les aliens vus par Gearbox valait la peine de supporter la chaleur de la salle.



Ce titre fait suite aux évènements survenus à la fin du film Alien 3, onze mois après précisément. Une équipe de marines est envoyée pour mener l’enquête mais ils n’auront guère le temps de comprendre ce qui se passe. Un crash plus tard, notre escouade tente de sortir des débris du vaisseau et de se regrouper mais… le radar se met faire son "bip" légendaire et des points rouges apparaissent à l’écran. Un soldat est happé par quelque chose au plafond, des bruits étranges se font entendre et c’est une horde de bêtes qui se lance à la poursuite des marines. Sans faire d’étincelles, Aliens : Colonial Marines affiche une bonne réalisation graphique, soutenue par des xénomorphes bien modélisés. Plus loin, a l’abri des prédateurs qui tentent de défoncer la porte, l’escouade se prépare à avancer. D’un bout à l’autre de cette phase de gameplay, on se rend compte que le titre développé par Gearbox met l’accent sur l’ambiance à coups de scripts qui ne cessent de se succéder. Le résultat est pour le moins convaincant avec des armes qui crachent les balles du désespoir, des marines qui jurent et des aliens terrifiants. La scène se terminera par l’entrée d’un xénomorphe immense, prenant bien soin d’approcher de l’écran sa mâchoire baveuse. Comme une promesse faite aux joueurs. Aliens : Colonial Marines s’est présenté comme un jeu que les fans de la franchise apprécieront, bourré de références aux films, oscillant entre le côté angoissant du premier opus et l’action de Aliens : Le Retour. Et pour superviser le scénario, qui de mieux placé que Riddley Scott ? Personne, et c’est pourquoi le célèbre réalisateur épaule Gearbox. Les choses semblent donc bien engagées pour Aliens : Colonial Marines, en espérant que tout cela suive une fois la manette en mains.

Anarchy in (the) Germany

Jusqu’à présent, les titres estampillés PlatinumGames ont su gagner les honneurs de la presse spécialisée mais peinent encore à convaincre les joueurs. Après Vanquish, le third person shooter survitaminé, le développeur japonais revient avec Anarchy Reigns. Pour rappel, ce beat’em all nous placera en solo dans la peau de Jack du jeu Madworld (sorti sur Wii) qui devra user de la force pour faire son job de justicier dans un monde en ruines. Dans la tradition des jeux Platinum, l’accent est mis sur l’exubérance des personnages et l’exagération dans chaque geste pour des affrontements sans concessions. En entrant dans la salle dédiée à Anarchy Reigns, nous faisons face à quatre bornes équipées de Playstation 3. C’est donc sur cette plateforme que nous nous essayons… au mode multijoueur. Pas de solo pour cette session, pas même entre les mains de notre hôte pour cette demi-heure de brutalité à quatre joueurs (sur les huit que pourra accueillir le titre à sa sortie). Et que dire si ce n’est que l’on espère, pour les raisons qui vont suivre, pouvoir juger rapidement Anarchy Reigns sur son mode solo.



Les personnages présentés au fil des semaines passées sont disponibles pour cet essai. Que l’on soit fan de Jack, Zero, Oinkie ou encore Durga, le choix se fait aussi en fonction des statistiques des personnages. Et si certains sont plus rapides ou plus résistants que d’autres, on nous assure que le titre offrira un roster équilibré. Place donc au combat sur deux niveaux au sommet d’un immeuble avec le vide pour délimiter le terrain de jeu. Le premier constat est vraiment surprenant de la part d’un titre PlatinumGames : il est bien loin d’être une réussite graphique. On pourra toujours voir le bon côté des choses en se disant qu’il s’agissait du mode multijoueur, que le lieu sélectionné n’incarnait pas forcément le meilleur choix pour qui veut montrer quelque chose et que bien entendu, Anarchy Reigns est encore en développement. Malgré tout, on se trouve face à un titre aux textures tout juste acceptables, au rendu fade, brillant seulement grâce, ou plutôt à cause, d’un scintillement prononcé. Les personnages se montrent plus convaincants mais même là, ça manque de netteté. C’est donc sur le gameplay qu’il va falloir se rabattre et de ce côté, Anarchy Reigns se montre bien plus agréable. Le panel de coup est bien fourni et très varié en fonction du personnage sélectionné ; de manière aléatoire, des armes aux effets destructeurs viendront pimenter la partie. Les enchainements s’exécutent avec facilité et le round se transforme rapidement en un joyeux n’importe quoi qui rappelle des titres tels que Power Stone ou Kung Fu Chaos. On regrettera quand même que la caméra ait autant de mal à suivre, meilleur moyen pour se faire piéger par un adversaire placé dans un angle mort. A la fin du combat, les points sont attribués en fonction du nombre de morts, des victimes faites d’affilé et autres éléments classiques (nos pensées vont à notre confrère allemand plus souvent à terre que debout). Au final, ce mode de jeu se révèle sympathique mais il en faudra bien plus pour convaincre, surtout techniquement. Gageons que PlatinumGames utilisera ce gameplay nerveux pour servir un mode solo soigné.

Domaine binaire, avis partagé

Gros morceau du line-up Sega aux cotés d’Aliens : Colonial Marines, Binary Domain s’est présenté à nous sous la forme d’une session manette en mains par les développeurs. Nous n’aurons pas la chance d’apercevoir Toshihiro Nagoshi, créateur de la série Yakuza et de ce nouveau titre, mais cette demie-heure au contact de Binary Domain a été plutôt instructive. Comme vous le savez peut-être, l’histoire de Binary Domain prend place en 2080, dans un monde coupé en deux par les dérèglements climatiques : les villes construites en hauteur et hors de danger écrasent les anciens quartiers, désormais en proie à la montée des eaux, la pauvreté et l’insécurité. Oui mais voilà, les robots utilisés pour construire rapidement ces villes aériennes se transforment en armes destructrices à la solde de personnes bien mal intentionnées. Le passage présenté démarre directement dans le feu de l’action pour découvrir un atout de poids selon l’équipe de développeurs sur place : la jauge de confiance. Les deux acolytes du jour ont visiblement une dent contre le héros, Dan, comme l’indique le niveau très bas de la jauge. Le résultat est visible : ils ne suivent pas les consignes, râlent après nous et si l’on est à terre, ils n’hésiteront pas à nous laisser baigner dans le sang et gaspiller un précieux médikit. Changement de console pour retrouver le même passage, mais cette fois-ci, la jauge de confiance affiche un niveau élevé. Le comportement des coéquipiers change, ils acceptent les ordres et n’hésitent pas à venir secourir Dan si celui-ci est à terre. Les critiques verbales des deux accompagnants prennent alors un ton plus encourageant, bien qu’un peu trop fréquentes (à la manière d’un Dynasty Warriors dans lequel les félicitations sont de rigueur à chaque "exploit"). Intéressant sur le principe, ce système permettra d’ouvrir la progression vers plusieurs fins.



Durant ces phases de jeu, on relève cependant des détails qui fâchent. Graphiquement, l’ensemble est convenable mais surtout très impersonnel, dans des décors futuristes rappelant par moments Mass Effect pour ne citer que lui. Du côté des ennemis, le design des robots semble tout droit sorti d’un mélange entre Star Wars et I-Robot ; on apprécie de pouvoir les démembrer en plaçant correctement ses tirs mais on regrette le manque global d’originalité. Souhaitons que les choses évoluent au fil de l’aventure. Plus gênant, on a l’impression que l’intelligence artificielle en est encore à ses balbutiements et cela n’est pas seulement le résultat d’une jauge de confiance basse. Même à haut niveau, les alliés comme les ennemis multiplient les attaques suicides et la bataille ressemble parfois à du chacun pour soi. Peut-être faut-il leur crier de revenir ? L’autre particularité du titre présentée est le contrôle vocal. Pas de Kinect comme pour Mass Effect 3 mais le bon vieux micro-casque pour donner quelques ordres à son escouade. Plus étonnant, il est possible d’obtenir une réponse d’un équipier à des affirmations n’ayant pas grand chose à voir avec la tactique de combat. L’accent est mis sur la discussion avec ses acolytes, à qui il sera demandé si tout se passe bien pour finir par un "love you" que l’heureuse destinatrice balaiera d’une main. Et enfin, pour rassurer les amoureux de la langue de Molière, sachez que ce contrôle vocal fonctionnera en français. On reste très curieux de voir jusqu’à quel point l’IA est capable de suivre, même si cela tient essentiellement du gadget. Globalement, on sent une volonté d’innover de la part des développeurs mais l’ensemble reste pour l’instant fragile à tous les niveaux. Et le design bien trop commun n’aide pas à compenser. D’ici sa sortie en février 2012, Binary Domain a encore un peu de temps pour vraiment peaufiner tout cela.

Comme à son habitude, la firme au hérisson bleu tente des choses et après avoir approché ces trois titres, nos sentiments restent assez mitigés. D'un côté, Aliens : Colonial Marines a montré des choses positives mais il faudra encore attendre pour savoir si la sauce va prendre. Anarchy Reigns lui, divise avec un gameplay nerveux comme on l'attendait mais plombé en partie par une réalisation vraiment moyenne sur ce mode multijoueur. Enfin, Binary Domain semble avoir de bonnes cartes en mains mais ne parvient pas à développer correctement son jeu ; il lui faudra encore cravacher pour s'imposer. Quand on rajoute à cela l'attente entourant Sonic Generations et Rise of Nightmares, la position de Sega semble pouvoir basculer à tout moment vers le succès... ou l'échec cuisant.

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