01.08 à 08h53 par - Rédacteur |Source : Rédaction

Deadlight

En annonçant Deadlight, le tout jeune studio espagnol Tequila Works - créé en 2009 - a surpris son monde en présentant un titre à l'esthétique envoutante et à l'ambiance particulièrement travaillée. Autant dire que cela relevait de l'évidence lorsque Microsoft révélait la présence de cette première production au line-up du Summer of Arcade 2012. Il est désormais temps de savoir si Deadlight est capable de confirmer tout le bien que l'on pense de lui et justifier ainsi sa présence dans l'événement Xbox Live Arcade le plus attendu de l'année.
Jeu d’ombres

Comme bon nombre de productions destinées aux marchés dématérialisés, Deadlight affiche clairement ses envies de nouveautés et cela d’entrée de jeu. Si le cadre post-apocalyptique infesté de zombies ne sort pas vraiment de l’ordinaire, surtout depuis quelques années, en revanche le scénario du titre prend le contre-pied de tout ce qui peut se faire actuellement en nous plongeant dans une version alternative de l’année 1986, quelques jours seulement après la catastrophe de Tchernobyl. A quelques dizaines de milliers de kilomètres des steppes ukrainiennes, on trouve Randall Wayne, un (ex-)père de famille plongé dans un Seattle complètement dévasté par une épidémie d’origine inconnue. C’est dans la peau de ce survivant totalement ordinaire que le joueur va devoir trouver un moyen de se mettre à l’abri des "ombres", ces créatures qui bougent et s’expriment comme des zombies mais qui ne seront jamais définis comme tels durant la demi-douzaine d’heures qu’il vous faudra pour arriver au terme de cette aventure.



Disposant d’un style graphique en "contre-jour" bien particulier, le titre de Tequila Works en met rapidement plein les yeux. Contrairement à ce qui se fait habituellement, le plan principal est ainsi plongé dans l’obscurité, n’offrant qu’une simple silhouette aux acteurs du jeu, héros compris. Un contraste qui met en avant les environnements parfois somptueux de Deadlight et renforce par la même occasion l’ambiance post-apocalyptique presque palpable d’un Seattle en proie aux flammes. Même constat positif du côté de la bande-sonore qui se marie à merveille avec le genre et embarque le joueur dans une aventure dotée d’une direction artistique irréprochable jusque dans ses quelques illustrations animées qui viennent entrecouper avec brio les divers chapitres du titre. La narration et la mise en scène ont également bénéficié d’un grand soin pour au final nous proposer une expérience digne de ce que peut nous offrir l’industrie du cinéma.

Et la lumière fût

Si la mise en scène s’efforce de faire dans l’originalité, le gameplay en revanche fait dans le très classique en nous renvoyant à des jeux comme Prince of Persia ou à des productions Delphine Software du début des années 90 comme Another World ou Flashback. Si ces références prestigieuses nous offrent quelques phases de plateformes millimétrées très agréables à jouer, le reste du gameplay gagne en profondeur, quitte à apporter un peu de confusion chez le joueur qui se perdra plus d’une fois dans les nombreuses actions réalisables par Randall Wayne. Une fois la manette apprivoisée, les actions s’enchaînent avec facilité et seuls les nombreuses morts auxquelles vous serez confrontés viendront casser le rythme soutenu de l’aventure. Un moindre mal puisque les développeurs n’ont pas hésité à multiplier les checkpoints, surtout durant les premières minutes du jeu, empêchant ainsi tout sentiment de frustration chez le joueur au grand dam des amoureux de la difficulté.



De même, ceux qui recherchent en premier lieu l’aspect "survie" dans Deadlight seront forcément déçus. Si le titre de Tequila Works alterne entre moments de crispation et boucherie/charcuterie c’est en partie dû à la présence d’une barre de vie minuscule et d’une barre d’endurance qui vous empêchera de fuir systématiquement en maintenant le bouton de course enfoncé, ou à l’inverse de transformer les différentes phases de jeu en vulgaire beat’em all en abusant de votre arsenal. Toutefois, il vous sera possible de récupérer divers objets capables d’agrandir ces deux jauges. Il sera également possible de ramasser d’autres items, comme des pages qui alimenteront votre journal (éclaircissant par la même occasion les événements qui précèdent l’aventure) ou des jeux électroniques type Game&Watch de l’époque qui vous permettront de débloquer des mini-jeux accessibles à partir du menu principal. Des items qui poussent le joueur à l’exploration (même si la plupart se trouvent sans aucune difficulté), et qui renforcent le côté débrouillard de notre héros.

Mais puisque tout n’est pas parfait, on notera tout de même quelques soucis, avec la présence de murs invisibles par exemple, mais également en terme d’animation, que ce soit dans les mouvements de Randall ou dans la faculté des ombres à passer en l’espace d’une seconde d’une position allongée à une posture debout. Des détails capables de briser la magie du titre, nous rappelant finalement que nous ne sommes que devant un jeu vidéo, et rien de plus.

http://www.dailymotion.com/video/xntt7h
  • 10.08 à 09:56

    Ça semble vraiment dans ma palette de jeu. Tout comme buckk, le background et la direction artistique compte beaucoup pour moi. Je vais sûrement me laisser tenté.

    Est-ce que ce jeu se rapproche de [i:367r9irj]I am alive[/i:367r9irj] d’une quelconque façon?

  • 01.08 à 11:17

    Le delta entre les diverses notes est plutôt énorme entre certains sites apparemment. Je pense que c’est essentiellement dû aux sensibilités des personnes, pour ma part j’accorde beaucoup d’importance au background et à la direction artistique. C’est certain que d’un point de vue purement gameplay, le jeu peut sembler daté en revanche.

  • 01.08 à 11:09

    Après les tests américains, ça rassure un peu. Mais vu comme le jeu est loin de faire l’unanimité, je pense attendre un deal. Surtout que l’expérience est apparemment très très courte, ce n’est pas une première pour un jeu XBLA très attendu mais bon…

  • 01.08 à 09:04

    Ça donne tout de suite plus envie que le 6/10 de gamekult.
    D un certain côté je ne sais pas si ça doit me rassurer vu qu on est rarement d accord sur les jeux :mrgreen:

  • 01.08 à 09:02

    Ah, LA perle du Summer, enfin ! Merci pour le test !