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24.03.2020 à 19h00 par

Dossier > Howard Phillips Lovecraft et le jeu vidéo sur Xbox

Entre horreur et fantastique, plongez dans les jeux vidéo inspirés des oeuvres de Howard Phillips Lovecraft.

Howard Phillips Lovecraft est certainement l'un des écrivains les plus populaires de la littérature fantastique. Bien que ses récits soient longtemps restés dans l'ombre, ils sont à présent une immense source d'inspiration pour les œuvres modernes. Retour sur la contribution majeure d’un des maîtres de l’horreur du XXe siècle.

Même si vous ne connaissez pas cet auteur né au XIXème siècle ou que vous n’avez jamais lu une de ses nouvelles qui mêlent horreur et science-fiction, sachez que vous êtes pourtant entourés des références à ses travaux. L’intrigue et la narration de l’inventeur de la « dark fantasy » ont fait l’objet de multiples adaptations. Héros perdant la raison, cosmogonie occulte, fragilité des protagonistes de l’histoire, il a même créé indirectement un nouveau genre de jeu vidéo, le « survival horror ».

A l’occasion de la sortie de Moons of Madness cette semaine, qui est également inspiré d’une de ses nouvelles : « Les montagnes hallucinées », nous vous invitons à (re)découvrir une petite liste des jeux vidéo qui rendent un bel hommage à son univers de part leur ambiance ou leurs inspirations.

Alone in the dark

Retour ici sur l’une des plus anciennes sagas du survival horror dont le premier volet s’avère aussi être le premier jeu en 3D, sorti en 1992. Un genre très efficace pour faire ressortir les tensions et l’angoisse qui émanent des œuvres de Lovecraft. Une licence qui aura su au fil du temps nous apporter nôtre lot de sueurs froides mais ce n’est qu’en 2008 que les joueurs Xbox 360 pourront incarner le détective privé Edward Carnby.

Développé à l’époque par Eden Garden, le cinquième opus de la licence « Alone in the Dark » est surtout remarquable pour la qualité de sa bande originale (ndlr : composée en grande partie par le talentueux français Olivier Derivière). Le jeu tente de puiser son inspiration dans l’essence du premier opus et on y retrouve donc Carnby amnésique et séquestré dans un hôtel miteux de New York. Une fois sorti de ce mauvais pas, on y découvre une ville ravagé par des crevasses. Il offre la possibilité d’interagir avec le décor et les éléments du jeu. Malgré ses graphismes, la piètre jouabilité du titre lui vaut des critiques acerbes. À noter, les nombreuses fins alternatives conduisant à la folie, la mort ou à la fin du monde comme dans les écrits du maître.

Call of Cthulhu Dark Corners of the Earth

Porté par Bethesda, Call of Cthulhu: Dark Corners of the Earth est sorti en 2005 sur Xbox. Le jeu s’inspire de deux des nouvelles du maître: «Des Ombres sur Innsmouth» et «Dans l’abîme du temps». Le jeu se montre très immersif dès le début et nous permet d’incarner un détective nommé Jack Walters, détective privé fraîchement sorti de l’hôpital psychiatrique (l’asile d’Arkham ça vous dit quelque chose ?).

Mais ici l’objet de l’enquête n’est pas le chevalier noir mais une vielle affaire qui sept ans plus tôt avait mené notre détective sur les traces d’un culte étrange. Il reprend alors du service en tant que détective et se rend dans la ville d’ Innsmouth pour enquêter sur une disparition. Ce qu’il ignore, c’est qu’il va se retrouver plongé dans les affreux secrets de la ville.

Conarium_focus

Inspiré des «Montagnes hallucinées», Conarium prend place quelques années après les événements de la nouvelle.  Il est une nouvelle fois question d’Antarctique, de recherches scientifiques et bien évidemment, de choses qu’il aurait mieux valu laisser à leurs places. Le joueur incarne Franck Gillman, l’un des membres de l’équipe et manifestement seule âme qui vive lorsqu’il reprend connaissance, l’esprit embué et les souvenirs épars.

Partez explorer grottes et autres sanctuaires et soyez le témoin de l’existence manifeste d’un peuple qui n’a rien d’humain. Apparenté à un walking simulator, Conarium se situe entre Gone Home ou What Remains of Edith Finch mais s’avère être un poil plus interactif. L’ambiance est néanmoins au rendez-vous. Blindé d’objets à observer, de notes à lire, de souvenirs et de visions à découvrir, Conarium ne vous ménagera à aucun moment. Pour peu que l’on soit réceptif à ce genre de jeu très posé et facilement bouclable en un après-midi, Conarium est un titre tranquillement recommandable.

call of cthulhu focus test

Développé par les Français de Cyanide, le jeu de 2019 adapte l’univers de l’écrivain et plus précisément celui du jeu de rôle papier qui en est issu, et vient de donner naissance à un jeu d’enquête narratif mâtiné de RPG. Même s’il semble daté techniquement, Call of Cthulhu vous hantera durant des heures. Vous y incarnez Edward Pierce, un vétéran de guerre ayant subi de nombreux traumatismes au cours du conflit. Contacté par un homme lui demandant d’enquêter sur la mystérieuse mort de sa fille et de sa famille, vos investigations vous mèneront sur la petite île de Darkwater où un incendie a effectivement décimé le foyer. Mais il semblerait que l’affaire soit moins accidentelle que la police semble portée à le croire.

En dehors des petites maladresses citées ci-dessus sur les aspects techniques, Call of Cthulhu brille en revanche par son atmosphère. On se sent oppressé sans jamais vraiment savoir pourquoi, à l’image du point de départ de nombreuses nouvelles de Lovecraft, où le lecteur ressent un certain malaise sans exactement pouvoir en définir l’origine.

L’ambiance glauque à souhait et restitue avec justesse l’atmosphère de l’oeuvre de Lovecraft et en cela, Cyanide réussit haut la main son travail d’adaptation. Sombres grottes, hôpital psychiatrique et biens d’autres lieux seront à parcourir afin de percer les mystères liés au mythe de Cthulhu tout en préservant (je l’espère) votre santé mentale…

The Sinking City focus

Produit par Bigben Interactive et Frogwares, The Sinking City vous propose un jeu d’enquête en open-world à mi-chemin entre Sherlock Holmes, mais aussi et surtout, de l’univers d’Howard Philips Lovecraft.

Amérique, 1922. Au revoir le deerstalker de Holmes et les rues Londoniennes. The Sinking City nous colle sous le Fedora de Charles Reed, détective privé et vétéran de la Grande Guerre en proie à de curieuses visions, sous la forme de navire échoué et de créatures tentaculaires titanesques, qui le poussent de plus en plus dans les bouches de la folie. Pour trouver des réponses à ses questions et essayer de trouver un remède au mal qui touche de plus en plus d’habitants de Boston, sa ville natale, il va devoir se rendre sur l’île d’Oakmont à l’invitation d’un curieux bienfaiteur. Une ville ravagée par une terrible inondation, totalement isolée du reste de l’Amérique, en proie à la famine ; un lieu où les querelles familiales sévissent et où prolifèrent les attaques de créatures étranges et agressives surnommées mal-bêtes par les habitants. Charlie – qui déteste qu’on le surnomme ainsi – va rapidement se retrouver confronté à des mœurs et à des personnalités troublantes, enfoncées sous le poids des secrets et des mystères tout droit issus des profondeurs marines.

Armé d’un carnet de notes répertoriant tous les indices glanés dans l’univers ou collectés de la bouche d’un témoin, vous devrez une fois de plus mener l’enquête sans sombrer dans la folie. Anciennes divinités, écrits païens rendant fous leurs lecteurs, croisements contre nature seront de la partie une fois de plus. L’exploration d’Oakmont ne sera pas un parcours de santé pour votre personnage. Votre détective, s’il est armé d’un simple pistolet en début de parcours, étoffera peu à peu son inventaire jusqu’à disposer d’un arsenal solide allant de la grenade au fusil à pompe en passant par le fusil de chasse. Mais prenez garde car à l’instar d’un Resident Evil, chaque balle compte et la moindre erreur vous laissera aux mains d’atroces créatures.

Impossible pour tout fan d’horreur de ne pas esquisser un rictus de plaisir lorsqu’une enquête vous emmènera jusque dans les sous-sols de l’université d’Oakmont pour assister à une expérience sur des cadavres dont l’accomplissement débloque le succès « réanimation ». The Sinking City reste davantage un jeu narratif mâtiné d’éléments d’enquête qui, au final, fonctionne plutôt bien et qui sait être suffisamment immersif pour captiver le joueur. Bon nombre de références seront donc présentes au fil du jeu et ne manqueront pas de ravir les fans du maître de Providence.

Moons_of_Madness

Débarquant ce jour sur Xbox One grâce au travail de Rock Pocket Games, Moons of Madness situe son histoire non pas sur Terre, mais dans un futur plus ou moins proche sur la planète rouge de notre système solaire, Mars. Le travail d’H.P Lovecraft sera une fois de plus mis à l’honneur. Il faut dire que ce maître du roman d’horreur et de science-fiction est une pierre angulaire idéale pour la création de jeu d’horreur.

Reprenant les bases du court roman « Les montagnes hallucinées » dont l’action initialement en Antarctique, où au cours d’une expédition, deux scientifiques mettent au jour les vestiges d’une ancienne cité aux proportions gigantesques. Vous pourrez donc (en attendant notre test) parcourir les dédales et recoins de ces lieux maudits, et observer des fresques évoquant l’arrivée sur terre d’entités d’outre-espace.

Incarnez Shane Newehart, ingénieur en chef d’un centre de recherche sur Mars, dans lequel les choses sont sur le point de mal tourner. Des créatures étranges et terrifiantes émergent et les cauchemars commencent à se fondre avec la réalité. Pour survivre, vous devrez compter sur votre calme, votre capacité à résoudre les problèmes et votre rapidité d’exécution, alors que vous vous enfoncez de plus en plus dans un monde empreint de peur, de conspiration et de folie.

Ainsi s’achève notre voyage dans l’univers tourmenté d’H.P Lovecraft. Je vous souhaite donc d’agréables découvertes et  vous donne rendez vous bientôt pour vous faire part de nos impressions sur Moons of Madness.

the sinking city focus test

  • 27.03 à 04:06

    Beau papier ! Moons of Madness m’intéresse fortement.

  • 25.03 à 02:11

    Wow, Super article!!!! Je suis Fan!

  • 24.03 à 11:13

    Ca fait plaisir ce genre d’articles !

    J’avais une vidéo Youtube pas mal sur Lovecraft. Je sais plus qui en est l’auteur mais ça s’intiltulait un truc du genre "rater sa vie réussir son oeuvre".

    L’influence de cet auteur est énorme également dans le JDR, jeux de plateau et dans une moindre mesure au cinéma. Il existe également quelques très bonnes BD sur le thème.

    HP Lovecraft c’est d’une certaine manière un précurseur du conspirationnisme.

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