Dossier

18.04.2020 à 11h41 par

Dossier > Les grands classiques de l’univers post-apocalyptique

Sur la route de l'apocalypse

On se retrouve cette semaine pour un nouvel épisode de l'histoire du jeu vidéo. Après vous avoir fait découvrir les tréfonds de l'horreur, nous partons cette fois-ci au coeur des terres désolées. Un univers assez vaste mais qui ne cesse de se renouveler au fil du temps. Bouclez vos ceintures, le voyage ne fait que commencer.

Le post-apocalyptique (parfois abrégé en « post-apo » ou « post-nuke ») est un sous-genre de la science-fiction qui dépeint la vie après une catastrophe ayant détruit la civilisation : guerre nucléaire, collision avec une météorite, épidémie, crise économique et énergétique, etc.

Parfois utilisé simplement pour ses aspects ultra-violents, le post-apocalyptique repose sur un délicat équilibre entre une civilisation perdue et un chaos naissant. Il met en scène une confrontation de la réalité sociale (négociable, relative, corrompue, de servitude et dépassant l’échelle d’un seul homme) à la dure réalité physique (immédiate, intraitable, libre, individuelle). C’est à la  fois la fin du monde et un nouveau départ. Une contradiction riche qui permet de développer un discours original sur le monde réel.

Le post-apocalyptique se distingue des fictions de catastrophe, qui mettent en scène le cataclysme lui-même.

Wasteland

Nous démarrons donc notre périple avec Wasteland. Ce classique d’Electronic Arts qui n’est autre que l’ancêtre de Fallout a vu le jour en 1988 avant de se voir offrir un remake cette année. Dans ce RPG qui se déroule dans un univers post apocalyptique futuriste, le protagoniste devra se défendre contre des mutants dans un environnement désertique radioactif. Vous devrez donc, à la tête d’une équipe dont certains membres vous rappelleront Wasteland 2, explorer, combattre et découvrir ce qu’il reste de l’humanité dans une vieille 3D plutôt que dans de vieux pixels.

Le monde s’enfonce dans le chaos, de grandes parties du monde se transforment en no man’s land contaminé par le nucléaire, la flore et la faune de la planète sont en mutation. Après la catastrophe, une petite unité de soldats américains prend le contrôle d’une prison dans le sud-ouest des États-Unis et établit les Desert Rangers. Cette force vise à protéger les habitants civils de la friche en tant qu’unité de police indépendante.

Nous en sommes entrés en jeu en 2087 et prenons le contrôle d’un groupe de quatre rangers pour enquêter sur des événements inhabituels dans la colonie de Highpool, le camp de Gleisnomads et le Centre agricole. Ce faisant, nous tombons sur une conspiration pour anéantir l’humanité, que nous devons, bien sûr, arrêter par tous les moyens.

C’est une décennie avant le premier Fallout que Wasteland faisait entrer le post-apo dans le jeu vidéo. Avec son univers tiré de Mad Max, son absence de tutoriel et cette difficulté ô combien corsée, Wasteland Remastered nous oblige à penser de façon indépendante. Les PNJ sont assez bien retravaillés ce qui rend les dialogues plus agréables. Vous pourrez user de certaines compétences telles que la perception, où encore l’escalade afin de vous aider dans vos choix lors des conversations.

Par exemple, dans le petit village de Highpool, nous sommes censés ramener Rex, le chien fugueur du garçon Bobby. Pour ce faire, nous demandons d’abord à Bobby par mots-clés où il a vu Rex pour la dernière fois. Après quelques travaux de forage, il nous dit qu’il a caché Rex dans une grotte. Nous devons maintenant trouver leur entrée basée sur des indices dans le pub local, puis utiliser un certain article pour y entrer. Et tout cela avec des commandes de texte brut et sans aucune indication quant au moment d’utiliser nos compétences.

Voilà un jeu qui devrait trouver preneur auprès des vétérans. Si vous n’avez pas joué Wasteland du tout avant vous pouvez toujours découvrir son univers avant la sortie de Wasteland 3.

FALLOUT 4 FOCUS

On s’attaque maintenant au digne successeur de Wasteland alias Fallout. Cette licence a été initiée sur PC en 1997 par Black Isle Studio, il faudra attendre 2008 pour voir débarquer Fallout 3 sur consoles, suite au rachat de la franchise par Bethesda, pour découvrir ce chef d’oeuvre.

Dans un univers post-apocalyptique résultant d’une guerre nucléaire globale, le joueur doit survivre face à une faune et une flore en mutation. Il croise le fer avec des mutants et fait face à des organismes cybernétiques tout au long des diverses quêtes principales ou secondaires qui lui sont imposées ou proposées par d’autres survivants.

Le monde de Fallout est une uchronie tout ce qu’il y a de plus spectaculaire. Ici, le point de divergence, le fait historique provoquant un tournant dans l’univers de Fallout par rapport au nôtre est la continuité de la guerre froide : celle-ci se serait prolongée de plus de 40 à 50 ans. Ce prolongement eut bon nombre de conséquences, le gouvernement américain et ses chercheurs, plutôt que de développer du confort et des loisirs pour sa population, choisissent d’inventer toutes sortes d’outils destinés à la guerre, et de se fixer comme objectif de le faire avant l’URSS. De son côté, l’URSS n’éclatera jamais mais se confronta à de nombreuses tensions avec la Chine, ou plus précisément la République Populaire de Chine.

Dans Fallout 4, vous incarnez un personnage solitaire sortant d’un abri anti-atomique qui doit se faire sa place dans la ville de Boston et de ses environs. Il faut bien reconnaître que les premiers moments du jeu sont particulièrement originaux et celui-ci ne déroge pas à la règle. Même s’il est au départ effrayant d’incarner un personnage avec un histoire (les protagonistes de Fallout étant généralement de véritables pages blanches), l’ensemble fonctionne plutôt bien. Il faut reconnaître qu’il est plaisant de vivre en direct la fin du monde et par conséquent, votre ruée vers l’abri 111. Sachez que sur ce point, Fallout 4 propose une quantité assez impressionnante de choses à faire.

En effet, vous aurez mille fois la possibilité de vous adonner aux joies de l’exploration avant de vous focaliser sur la quête principale. Le système de radar de Fallout 4 correspond à celui de Skyrim : les silhouettes de lieux à proximité se dessineront sur votre boussole et se rempliront de couleur une fois découverts. Si la carte ne paraît pas de prime abord immense, sachez qu’elle est nettement plus dense que par le passé. C’est bien simple, la quantité de bâtiments à explorer est franchement colossale et devrait vous garantir des heures et des heures de baguenaude en quête de précieuses munitions ou de quelques éléments de construction puisque Fallout 4 s’est autorisé quelques petites nouveautés à ce sujet.

Fallout 4 propose enfin un vrai feeling FPS nerveux et dynamique. C’est bien simple, c’est un véritable plaisir de prendre part aux affrontements dans le jeu. Les armes, quelles qu’elles soient, ont une énorme patate et plus vous gagnerez en niveau, plus les sensations seront bonnes. Si vous n’avez pas peur de parcourir des kilomètres de terres dévastées, de faire parler la poudre avec des mutants belliqueux durant un nombre incalculable d’heures : nous vous souhaitons la bienvenue dans le riche univers de Fallout.

Rage 2

Il aura fallu neuf longues années pour voir débarquer cette suite révoltée de Rage. Co-développé par Avalanche Studios et id Software, Bethesda nous renvoie sur les terres désolées du Wasteland dans la peau d’un nouveau ranger.

Dans ce FPS post-apo en monde ouvert, on reprend l’aventure deux décennies après les événements relatés dans le précédent volet. Des bribes de civilisation émergent ici et là tandis que la nature reprend enfin ses droits sur des territoires autrefois désolés. Malheureusement cette euphorie des jours heureux est de courte durée. Le général Martin Cross revient d’entre les morts à la tête d’une armée de mutants mécanisés et frappe Vineland, la dernière enclave archéenne. Suite à la mort de sa «tutrice de la lame du généralissime Cross», le fraîchement promu Ranger Walker pénètre dans le Wasteland avec la ferme intention de se venger et de relancer un certain projet Dague.

On prend plaisir à se défouler dans cette suite déjantée et haute en couleurs qui puise ses références dans l’univers de la pop-culture 1980-90’s. Les clins d’oeil s’enchaînent à un rythme effréné sans jamais perdre de vue son propre univers et sa propre histoire. Cette aventure post-apocalyptique intégralement doublée en français déroule un récit ultra-codifié fait de gueules cassées, de personnages haut en couleurs et de rebondissements S-F… Mais parvient toujours à attiser la curiosité de l’archéen qui sommeille en chacun de nous.

Avec une quinzaine d’heures au compteur pour la trame principale, vous aurez de quoi faire en cette période de confinement. Destruction de stations services et de barrages routiers, chasse aux primes, dératisation de nids infestés de mutants, attaques de convois sur les routes du Wasteland, éradication des sentinelles de l’Autorité, participation à une téléréalité ou des courses de voiture… Rage 2 renouvelle les plaisirs si bien que l’ennui n’est jamais de mise.

borderlands goty focus

On reprends la route dans l’univers de Borderlands. Subtil mélange de RPG et de FPS, ce premier volet de la trilogie signé 2K a débarqué pour la première fois en 2009 sur Xbox 360.

Le jeu se déroule sur une planète fictive appelée Pandore (Pandora en version originale). Autrefois exploitée par de grandes compagnies pour ses technologies alien cachées et ses ressources minières, la planète fut laissée à l’abandon par ces compagnies, et est désormais en proie aux bandits et à la faune dangereuse. Selon une légende, une « Arche » serait située sur Pandore, renfermant tous les trésors de l’univers. Cette légende attire sur Pandore de nombreux « chasseurs de l’Arche », prêts à tout pour la trouver et l’ouvrir. Le jeu permet au joueur d’incarner quatre d’entre eux dans leur quête pour trouver l’Arche, qui seront à la fois aidés par les autochtones, et pourtant menacés par la nature hostile de la planète.

Western spatial post-apocalyptique, Borderlands mélange sans complexe des genres radicalement différents. Avec son allure de jeu de tir coloré façon comics book, il se révèle en fait un jeu de rôle action gore et extrêmement addictif. Seul ou sur le Xbox Live, le joyeux fourre-tout bien bordélique de Gearbox Software défoule.

On ressent très nettement la personnalité derrière le jeu. À croire qu’un mec qui a maté Mad Max, a lu La Tour Sombre, a ingéré une quantité monstrueuse de bande-dessinées, s’est mis à redessiner tout Borderlands – même s’il n’avait pas encore tout parfaitement digéré. Plus éclatant et plus crasseux, il se paie le luxe de textures artisanales pour exprimer la misère de Pandore, terre promise des chasseurs de trésor et véritable trou à rats.

Du côté de nos quatre impitoyables chasseurs de trésor, par contre, ça rigole moins. Ils sont cruels, létaux et désespérément cupides. Quatre classes, quatre tempéraments avec les capacités spéciales qui vont avec, et le même total désintérêt pour la vie d’autrui. Mordecai le sniper accompagné de son oiseau de proie, Roland le soldat qui peut déployer une tourelle et un bouclier, Bricks la brute épaisse et son mode berserker et Lilith la Sirène capable de se rendre invisible, attendent sagement de descendre du bus pour explorer les étendues désertes de Pandore.

On prend un pied fou à semer la mort. Car Pandore la dangereuse offre un plaisir souverain, celui de la puissance. La course à l’armement débute dès lors que les premières pièces tombent. Et quelles armes ! Marques, améliorations diverses à base de pourcentages barbares… là encore on retrouve l’esprit du jeu de rôle dans ce qu’il a de plus pointu. Une jeu enthousiaste et entier que je vous invite à (re)découvrir à travers cette trilogie de grande envergure.

metro 2033 redux

Mon véritable coup de coeur sur la dernière décennie. C’est il y a dix ans qu’Artyom débarquait sur nos consoles. Inspiré des romans de Dmitri Gloukhovski et édité par THQ lors de son adaptation en jeu vidéo, Metro 2033 est une dystopie post-apocalyptique dans laquelle se mêlent des éléments de science-fiction et de fantastique. Premier volet d’une trilogie magistrale qui demeure dans les classiques du genre.

Vingt années se sont écoulées depuis l’apocalypse nucléaire qui a ravagé la planète, obligeant les quelques miraculés à se mettre à l’abri sous terre pour fuir une surface désormais inhabitable. Réfugiés dans les souterrains du métro de Moscou, ces survivants se sont organisés en micro-société et survivent tant bien que mal aux pénuries, aux maladies et aux guerres pour la possession des dernières ressources.

Mais l’apocalypse n’a pas fait que réduire l’humanité à la déchéance. Des créatures mutantes, appelées « les Noirs » (ou les Sombres dans le jeu) nées du chaos peuplent désormais la surface de la Terre menaçant directement les quelques rescapés qui s’y aventurent. Pire encore, comme si les pénuries, maladies et guerres civiles ne suffisaient pas, les tunnels du métro semblent abriter de sombres et invisibles menaces : sont-elles nées de l’apocalypse ou rôdaient-elles déjà avant le cataclysme ?

En 2033, le jeune Artyom, citoyen de la station VDNKh, doit avec ses camarades faire face à la menace de créatures mystérieuses venant des tunnels. La visite d’un Stalker réputé nommé Hunter, va le précipiter dans une quête désespérée pour obtenir l’aide du dernier « bastion de la Civilisation », le regroupement de stations de métro « Polis ». Précipité dans les lugubres et dangereux tunnels, Artyom survivra-t-il à son voyage ? Et quelle est cette sourde menace que même les plus endurcis et les plus téméraires des Stalkers semblent craindre ?

Chaque étape de votre avancée vous fera visiter une station de métro dans laquelle vous pourrez errer librement sans avoir tant de choses que ça à y faire. Avec la monnaie locale ou des balles d’excellente qualité produites avant la chute de la civilisation, vous pourrez vous procurer du matériel ou des munitions avant de reprendre votre route. Du soldat de fantassin au lance-flammes, à vous d’aménager votre attirail qui ne s’arrêtera pas là. D’autres objets seront nécessaires pour progresser, comme les médikits ou encore les filtres…

Un univers unique qui n’aura de cesse de mettre votre instinct de survie à rude épreuve. Parcourez une Russie dévastée, tentez de venir en aide aux survivants tout en tentant de sauver votre peau. Ce grand classique ne vous laissera pas indifférent. A découvrir d’urgence!

Ainsi se termine ce voyage dans l’univers du Wasteland. J’espère que ce voyage initiatique vous aura permis de faire de belles découvertes ou aura suscité votre envie de réviser vos classiques. Si vous souhaitez continuer votre route, n’oubliez pas de vous équiper en conséquence et de fouiller chaque recoin. De mon côté, je vous donne rendez vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode de l’histoire du jeu vidéo.

  • 18.04 à 09:57

    J’aime ce genre d’article avec un peu de lecture! :bravo:

  • 18.04 à 09:57

    Artyom! Chouette article.
    Bon les vieux vont venir rajouter leur grains de sel mdr!
    Rage je ne suis pas très fan, ils ont surfé sur la mode sans vraiment y apporter grand chose.
    J’ai préféré madmax, très bon jeu qui aurait pu être culte avec quelques tweaks.

    Et on ne doit pas oublier Stalker qui ouvre la voie en 3d!!!!!!

    D’autres en parleront je pense, mais certaines productions japonaises doivent trouver leurs places, Nier peut être?

    On pourrait penser à the division aussi, même si c’est plus un jeu à loot qu’autre chose il a quand même l’univers post apo en fond, pas assez mis en avant pour moi par rapport au loot…

Actu 24/24

+

On en parle aussi

Planning

+