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Bloodstained: Ritual of the Night

Action/Plate-formes | Edité par 505 Games | Développé par ArtPlay

5/5
One : 18 juin 2019
26.06 à 17h33 par - Rédacteur

Test : Bloodstained: Ritual of the Night sur Xbox One

La vie de château

L'arrivée de Bloodstained: Ritual of the Night c'est avant tout la naissance très attendue du nouveau bébé de Koji Igarashi. L'homme au chapeau à l'origine du renouveau de la licence Castlevania a décidé de suivre la voie de son succès en offrant un fils spirituel aux aventures de la famille Belmont et du fils de Dracula (entre autres). Le développement de ce Bloodstained, dont le financement est passé par la plateforme Kickstarter en 2015, a connu quelques tumultes, et s'est même fait devancer d'une année par un spin-off développé chez Inti Creates sous-titré Curse of the Moon. Alors, est-ce que l'attente en valait la peine ? Est-ce que les ambitions d'Igarashi ont été freinées par le manque de moyens ? Vivez avec nous la naissance d'une franchise culte en direct.

Ils ont faim les fans de Castlevania en manque de Dracula et de château façon Metroidvania. Cela fait plus de de dix ans maintenant qu’ils montrent les dents dans l’espoir de remettre la main sur un épisode à la IGA. En bifurquant vers du jeu d’action avec notamment les spin-off Lords of Shadow, la franchise a connu un bon coup de mou dont elle ne s’est toujours pas remise. Et ce n’est pas le départ du maître du genre Koji Igarashi de Konami qui a facilité les choses, bien au contraire. Pourtant, ce départ ressemble à une véritable bénédiction pour le créateur qui s’est séparé de l’éditeur nippon en 2014, en laissant deux projets non aboutis derrière lui. Avec son studio Artplay le bonhomme a décidé de poursuivre son oeuvre en toute liberté et nous livre désormais Bloodstained: Ritual of the Night, dans la parfaite continuité de son travail réalisé par le passé. Autant vous le dire clairement, ce projet c’est un véritable Phoenix, qui revient plus fort que jamais.

Car le genre est déjà une force à lui seul lorsqu’il est correctement exploité. Comprenez qu’il apporte un intérêt ludique non-négligeable par sa capacité à proposer un level-design aux petits oignons. Ca tombe plutôt bien, c’est un point qui constitue justement l’un des principaux atouts de Bloodstained. Mais on y reviendra. Le jeu met le joueur dans la peau de Miriam, dont le destin va l’amener à vouloir détruire une ancienne connaissance transformée en démon. Du côté du scénario on est proche de la série B, mais quelques retournements de situation (pas toujours prévisibles) vont vous amener à savourer l’aventure à travers trois fins différentes, dont une seule vous permettra réellement de libérer définitivement le monde des entités malfaisantes. Pour ce faire, trois modes de difficultés sont disponibles avec la nécessité de les débloquer les uns après les autres. Rassurez-vous, votre premier run en mode normal ne ressemblera pas à une partie de plaisir pour autant. La difficulté est très bien dosée, la marge de progression est presque naturelle et la douzaine d’heures nécessaire pour terminer une première fois le jeu ne tient absolument pas compte des multiples morts qui vous entendent au tournant. Suivant votre niveau, vous pouvez compter jusqu’au double de temps pour voir la véritable fin.

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Une excellente durée de vie, fidèle au genre, couplée à un plaisir de jeu quasi-constant qui ne vous laisse que peu de moment de répit. Dès les premiers instants, notre héroïne se retrouve confrontée à de nombreux ennemis dans des salles qui communiquent entre elles façon labyrinthe. La carte se dévoile au fur et à mesure de la progression du joueur et dévoile ainsi les connexions entre les pièces, et les endroits inaccessibles ou inexplorés. Au fil de l’aventure, et généralement après avoir vaincu un boss, le joueur débloque alors de nouvelles capacités afin d’accéder à une nouvelle partie du château, le but étant d’en parcourir un maximum afin de récupérer de nouveaux équipements, ou des fioles permettant de faire grossir les jauges de PV et de PM. Vos stats grimpent également à chaque gain de niveau comme dans un RPG. Autant le dire, sur le principe il n’y a pas grand chose de novateur, mais c’est tant mieux car la maîtrise du sujet par Koji Igarashi se fait sentir dès les premières minutes. On avance avec un petit sentiment de liberté et d’exploration, sans pour autant devoir multiplier les allers/retours inutiles sur les premières heures de jeu. Les salles de téléportation en revanche deviendront indispensables par la suite, et faciliteront le besoin de ratisser les moindres recoins du châteaux pour espérer venir à bouts d’ennemis parfois très coriaces.

Car, loin d’être linéaire, Bloodstained: Ritual of the Night invite à la découverte. A l’aide de son level-design bien pensé déjà, qui voit le château être découpé en de nombreuses zones différentes et parfois surprenantes dans leur ambiance. On passe donc de la zone volcanique au jardin japonais, sans oublier la traditionnelle tour de l’horloge et la chapelle qui rappellent immédiatement les précédents titres Castlevania. A l’aide de son compendium et son système de magie ensuite, qui donnera du fil à retordre aux joueurs qui aiment afficher un 100% en terminant un jeu. Le bestiaire parfois loufoque est impressionnant (avec tout de même la présence de nombreux skins) et complété par l’obtention des magies sous forme de loot. Chaque ennemi peut donc laisser échapper un «Fragment» magique unique selon un pourcentage défini par les développeurs. Ils se présentent sous plusieurs formes, tantôt défensifs ou d’attaque, liés à une compétence ou même sous la forme de familier. Le joueur ne peut équiper qu’un seul Fragment de chaque famille selon ses préférences, et les faire évoluer auprès de Johannes, l’homme à tout faire qui a élu domicile au pied du château. Chose étrange d’ailleurs, les animations de ce personnage secondaires semblent vraiment bâclées et en décalage avec la grâce et la fluidité de Miriam.

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Un magasin est également disponible, ainsi qu’un trio de PNJ qui vous proposeront de réaliser des quêtes annexes. Détruire un certain nombre d’ennemis précis, réaliser des recettes ou crafter des objets vont donc faire partie du quotidien de ceux qui chercheront à optimiser leur équipement. Les recettes et le crafting se font à l’aide d’objets récupérer là aussi auprès des ennemis, ou dans l’un des nombreux coffres disponibles à travers le château. Les objets à créer sont en nombre impressionnant, s’avèrent plus ou moins utiles, et forcent là aussi à s’attarder dans certaines zones afin d’obtenir des éléments rares qui aideront à la fabrication d’une épée ultime ou un fouet magique, selon les envies. Aucun style de jeu n’est oublié puisque les attaques à distance sont possibles à l’aide de pistolets (mais font des dégâts faibles), et les attaques au corps à corps rapides pousseront les joueurs à opter pour les bottes par exemple. Les équipements défensifs laissent également le joueur choisir son chapeau ou son plastron selon sa volonté à conserver des attaques physiques puissantes ou à privilégier la magie ou la défense. Les développeurs ont d’ailleurs pensé à appliquer certains équipements de Miriam de façon visuelle, et ont même prévu une pièce où il est possible de modifier la couleur de sa robe ainsi que sa coupe de cheveux. De quoi pousser le joueur à s’investir toujours un peu plus pour une aventure qui devient rapidement chronophage et dont il est difficile de décrocher.

Du côté de la technique, on a du mal faire un quelconque reproche au titre tant celui-ci se surpasse sur la plupart des points primordiaux. Le gameplay est précis et la palette de mouvements de Miriam est largement suffisante pour ne pas s’ennuyer une seconde. Par la suite, il sera même possible de choisir de faire l’aventure sous les traits de Zangetsu, le sabreur du jeu. En termes de réalisation, la direction artistique est majestueuse avec des environnements recherchés et des musiques absolument sublimes. Certains tiqueront sur certaines textures peu engageantes, mais finalement vite noyées dans le reste. On terminera en précisant que les habitués de la franchise Castlevania y verront de nombreux clins d’œil, notamment à l’épisode Symphony of the Night, que ce soit dans certaines capacités de Miriam, certains environnements et mêmes chez des personnages ou des postures qu’ils adoptent. Globalement, le fan-service est un bonheur.

5/5
Bien plus qu'un hommage à la série Castlevania, Bloodstained: Ritual of the Night en est son parfait successeur. En apportant un univers totalement calé sur l'oeuvre de Konami, le titre imaginé par Koji Igarashi parvient à aller un peu plus loin en distillant quelques nouveautés appréciables tout en conservant le gameplay irréprochable et la direction artistique majestueuse qui ont fait le succès de la série d'origine. Ajoutez à cela un petit côté fan-service pas désagréable, et les fans en manque de château façon IGA y verront un véritable incontournable. La difficulté apportée à l'ensemble, sans jamais être trop frustrante, entre également dans la recette pour en faire un jeu dont on ne parvient pas à décrocher facilement.

+

  • Du Castlevania à l'ancienne
  • Ambiance impeccable
  • Musiques somptueuses
  • Des décors parfois époustouflants
  • Gameplay au poil
  • Bestiaire chelou mais original
  • Très large choix de magies
  • Enfin un vrai système de loot

-

    • Scénario de série B
    • Quelques baisses de framerate
    • Graphismes inégaux
    • Animations parfois étranges