Jeux

Catherine

Puzzle Game | Edité par DeepSilver | Développé par Atlus

4/5
360 : 09 février 2012
09.02 à 10h57 par - Rédacteur en Chef |Source : http://xbox-mag.net

Test : Catherine sur Xbox 360

Catherine, ou comment démontrer s'il faut que nous aimons les belles plantes plus que tout. Une chevelure blonde, un regard espiègle et des formes généreuses ; avant même d'avoir dévoilé son jeu, Atlus avait déjà conquis le cœur des joueurs, au-delà même des frontières du Japon. Catherine est la personnification de son propre jeu : on a envie de l'aimer malgré le mystère qui l'entoure et la surprise que l'on risque d'avoir une fois qu'elle se sera dévoilée. Tels les étranges moutons qui suivent ses pas sans réfléchir, nous nous lançons dans cette expérience avec entrain, au risque peut-être d'y laisser de la laine. Love begins.

Un cas pour deux

Si la version Xbox 360 n’a pas hérité de la pochette la plus équivoque comme sa consœur Playstation 3, elle affiche presque sans détours la bizarrerie qui entoure le jeu des japonais d’Atlus. Catherine a rapidement trouvé son public à la faveur de deux choses qui caractérisent ce jeu. Avec les géniteurs des Shin Megami Tensei aux commandes, saga reconnue pour son fond comme pour sa forme, nul doute que la qualité serait d’une manière ou d’une autre au rendez-vous. Et puis il y a ce personnage, Catherine. Lorsqu’elle apparut une première fois aux yeux des joueurs, un engouement plus fort qu’espéré se produisit et nombreux sont ceux qui furent envoutés par l’érotisme qui émanait de Catherine. S’il avait été l’un de nous, ce pauvre Vincent aurait probablement été le premier à être pris au jeu. Un jeune homme comme tout le monde qui va se retrouver héros d’une aventure pas comme les autres. Le regard perdu, le dos courbé et les mains dans les poches, Vincent est un peu le copain discret que nous avons tous eu une fois dans notre bande. A l’heure de passer un cap important dans sa vie conjugale avec sa fiancée Katherine, Vincent va se retrouver, en tentant de fuir un problème, au cœur d’un véritable cauchemar. Au sens propre surtout. Le premier réveil est difficile, marqué par une nuit d’horreur plus vraie que nature. Une expérience au-delà du réel qui prend une tournure inquiétante quand les journaux télévisés présentent des cas d’hommes décédés durant leur sommeil, le visage marqué d’une immense peur. Quelques verres de brune pour oublier, une belle blonde rencontrée et un cauchemar prêt à commencer.



L’aventure Catherine se divise en deux périodes bien distinctes se succédant tout au long du jeu. La nuit est le moment des cauchemars, autrement dit des phases de gameplay pur de dur. Le jour, l’histoire navigue entre différents lieux pour les cinématiques mais se déroule essentiellement au Stray Sheep Bar. C’est là que Vincent se retrouve avec ses amis. Autour de la table, Johnny et ses cigarettes, Orlando et son chapeau et Tobbias, jovial en toutes circonstances… Tous se retrouvent autour d’un verre pour écouter les lamentations de ce pauvre Vincent. L’énigmatique maitre des lieux et saserveuse Erika s’ajoutent à ces personnages autour desquels tourne le trio Vincent, Katherine et Catherine. Non, non, il ne s’agit pas d’une répétition. Ces deux Catherine sont deux personnes bien distinctes, la première étant la fiancée de Vincent et la seconde celle qui deviendra rapidement sa maitresse. De quoi compliquer un peu plus une situation déjà difficile pour Vincent. Ces passages quotidiens par le Stray Sheep Bar ne se limitent pas à cadrer l’intrigue, ils sont également l’occasion de discuter avec les différents clients pour s’apercevoir très vite des parallèles entre les propos de ces personnes le jour et les énigmatiques personnages rencontrés la nuit. Tout ceci s’apparente à des missions secondaires qui pourront être résolues en agissant dans chaque monde. Mais attention, le temps a son importance. A l’intérieur du bar, les gens entrent et sortent et il faudra scruter ces passages si l’on ne veut rater personne. Il s’agit là de simples discussions mais elles contribuent à l’immersion dans cet univers atypique et servent un autre élément du jeu : le relationnel.

Bourreau des coeurs le jour, proie du bourreau la nuit

Qu’est-ce qui se cache au fond de l’esprit de Vincent ? Cette aventure sera-t-elle celle d’une nuit ou de toute une vie ? On aura presque de la peine pour le garçon ou peut-être le transformera-t-on en esclave de ses vices. Sa destinée appartient au joueur et de nombreuses actions détermineront son karma, lequel influera directement sur certains embranchements de l’histoire et surtout sa conclusion. A plusieurs reprises pendant les cinématiques, Vincent réfléchira à la réponse à donner à un choix crucial et celle-ci sera différente en fonction de l’orientation choisie. Pas moins de huit fins peuvent ainsi être découvertes. Répondre aux SMS envoyés par Katherine pour la rassurer fera de Vincent un homme bon mais succomber à la tentation de voir dans quelle tenue apparaitra Catherine sur la photo qu’elle promet plongera peu à peu Vincent vers le côté obscur de ses pulsions. Ainsi l’aventure pourra se rejouer plusieurs fois, un bon point pour un mode qui demandera déjà une quinzaine d’heures pour être bouclé. Si ces interactions entre Vincent et le monde réel au Stray Sheep Bar sont très sommaires en termes de gameplay, elles permettent d’apprécier divers éléments qui font la force de Catherine. Avec son cel-shading au point et ses cinématiques en animé pour appuyer un design inspiré et travaillé, l’univers de Catherine n’a aucun mal à nous emporter, au gré d’airs jazzy particulièrement agréables. Un chara-design qui fait mouche dès les premières secondes, servi par des doublages d’une qualité rare, assure à Catherine de convaincre là où on l’attendait. Ce monde sert alors un scénario aux bases classiques que les évènements vécus par Vincent vont transformer en une succession de situations rocambolesques, parfois réellement inattendues. On passera alors son temps à attendre une chose : la suite.



Et puis vient la nuit. Les notes de piano s’estompent et laissent leur place à des airs de musique classique (Chopin, Bach, Rossini ou encore Beethoven), la chaleur du Stray Sheep Bar n’est plus qu’une oasis lointaine et se dresse en face de Vincent une immense tour. Le bougre a tout d’un coup changé de look et d’attitude : en caleçon, son oreiller à la main, le voila affublé en plus de cornes de mouton. La terreur qui se lit sur son visage en dit long sur ce qui attend les joueurs, même les plus téméraires, car ici apparait le cœur du gameplay de Catherine. Les instructions sont simples, Vincent doit gravir une tour entièrement composée de cubes qu’il va devoir déplacer pour se créer un chemin jusqu’à la sortie. Les cubes peuvent être poussés, tirés, envoyés vers le vide pour modifier la structure de la tour ; toujours est-il que Vincent ne peut escalader plus d’un cube à la fois. Une restriction qui représente probablement toute la difficulté à apprécier un parcours et qui crée un immense sentiment de frustration lorsque après avoir bataillé pour atteindre le sommet, deux cubes séparent le joueur de la sortie. C’est un cube de trop. Catherine est le test idéal pour quiconque souhaite jauger les limites de sa patience tant ces phases jouent à merveille avec les nerfs. Vincent doit faire vite pour atteindre le sommet, la tour s’effondre peu à peu ; la tension est à son comble, menant inévitablement le joueur à la faute : un cube mal placé et c’est parfois la fin de toute possibilité d’échappatoire. Le message affichant "love is over" devient une constante, jusqu’à ce que les multiples échecs nous apprennent à trouver la solution. Catherine aurait-elle un penchant pour les relations old-school ?

Love is (souvent) over

Tant bien que mal, Vincent parviendra aux étages intermédiaires synonymes de repos bien mérité et de rencontres avec les étranges moutons. Il y trouvera conseils, objets à acheter (pour se faciliter un peu le niveau à venir) et pourra discuter avec des personnages qui semblent être les doubles des clients du Stray Sheep Bar ou ceux de ses propres amis. En proie à leurs doutes, leurs remords, ils chercheront du réconfort dans vos mots. A vous de les aider ou de les laisser sombrer vers une mort certaine. Ces moments calmes s’achèvent sur un passage obligé par le confessionnal. Comme à un candidat de Secret Story, la "voix" vous posera une question qui influera sur votre karma. Comment concevez-vous le mariage, quel est votre rapport au sexe, à la fidélité, etc… Libre à vous de choisir et de comparer ensuite avec les réponsesdes autres joueurs grâce à des statistiques. Arrivé à la dernière section de l’un des neuf niveaux qui composent le jeu, les choses déjà difficiles se corsent terriblement. Il y a toujours cette tour qui s’effondre, ces moutons qui nous barrent la route, ces cubes qui deviennent de plus en plus difficiles à maitriser : certains explosent, cachent des pics mortels, ne peuvent être bougés ou font glisser vers le vide. Tout cela est bien délicat à gérer mais lorsque l’on rajoute une bête immonde qui poursuit le pauvre Vincent, la difficulté de Catherine prend une autre dimension. Mains géantes, effrayant bébé ou mariée zombie… Vincent devra faire face aux symboles de ses peurs, de ses vices et ses manquement de fiancé. Ces bêtes sont en quelque sorte les boss de fin de niveau et leur échapper demandera une concentration de tous les instants. Si les trois premiers peuvent être semés sans trop de difficultés, les suivants se montreront impitoyables, tentant de vous piéger jusqu’à la dernière seconde, sanctionnant la moindre erreur d’une mort violente. Frustrant, d’autant qu’il n’est pas possible de visualiser entièrement l’arrière de la tour, la caméra n’autorisant qu’un simple coup d’œil sur les côtés. Dès lors qu’il faut jouer avec les cubes cachés ou pire, passer par l’arrière de la tour (heureusement très rarement), l’énigme devient casse-tête et laisse apparaitre un manque de précision dans la gestion des directions. On perd du temps et quand on traine dans Catherine, on meurt.



Mais cette frustration n’a finalement d’égal que l’immense fierté ressentie lorsque l’on atteint la porte de sortie, lorsque Vincent trouve le chemin de la rédemption, poussant l’aspect old-school jusque dans la présence d’un score et d’un classement. Tout ceci est bien difficile mais heureusement pas impossible, d’autant que la difficulté facile autorise l’annulation d’une action, permettant de se sauver d’une situation désespérée. A l’heure où sont écrites ces lignes, un patch "super easy" approche et donnera entre autres au joueur un objet (rare mais déjà présent dans le jeu) lui permettant d’escalader des cubes deux par deux ainsi que des crédits à foison. Au risque de nuire à l’intérêt du jeu ? Parce que finalement, cette histoire prenante, cet univers atypique et ces personnages attachants se trouvent sublimés par la difficulté rencontrée à faire sortir Vincent de ses cauchemars. Catherine n’est pas parfait, ses phases de puzzle pourraient offrir encore plus, ses environnements le jour auraient pu être plus que le seul Stray Sheep Bar. Il n’est même pas du tout le jeu un brin coquin que l’on a pu imaginer à son annonce. Le pari est cependant réussipour Atlus qui livre une production à la limite de la schizophrénie en emboitant deux éléments radicalement différents au service d’une aventure singulière. Enfin notez que pour les plus courageux, Catherine propose également deux autres modes mettant à l’honneur les tours. Le mode Babel est un time-attack avec des classements en ligne sur des parcours générés aléatoirement ; le Colosseum vous mettra face à un autre joueur : gênez-le, barrez-lui la route pour atteindre le sommet le premier. Des ajouts sympathiques qui donnent au titre une bonne durée de vie. Si toutefois vous n’êtes pas en train de courir partout en caleçon, la frustration ayant laissé sa place à l’abandon et à la folie. Mais le risque vaut le coup d’être pris, non ?

Jouer à Catherine est comme avoir un rendez-vous avec une jolie femme aperçue un jour au loin. A mesure qu'elle se dévoile, on se rend compte qu'elle n'est pas tout à fait celle de nos fantasmes et que certains aspects de sa personnalité peuvent être surprenants. Malgré tout, pour peu que l'on arrive à les déchiffrer et à survivre à son caractère difficile, on se rend compte que l'on a échangé un joli fantasme contre une réalité tout aussi belle. Et plus on avance, plus on a envie d'en apprendre sur elle.

+

  • Scénario prenant
  • Des personnages au design inspiré et aux doublages parfaits
  • Bonne durée de vie
  • Ambiance singulière
  • Un bon puzzle-game...

-

    • ... Terriblement difficile et frustrant
    • Contrôles et caméra parfois pénibles
    • Peu d'environnements différents
  • 11.02 à 10:05

    [quote="fylodindon":31s3pilc]Vous avez testé la version européenne ? C’est toujours aussi dur ou ils ont allégé la difficulté ?[/quote:31s3pilc]

    En normal, j’ai abandonné :ptdr:

    En facile, c’est correcte mais quelques passages sont bien tendus (cela dit, le niveau facile permet d’avoir un stock de vies considérables)

  • 10.02 à 01:52

    [quote="WeakBob":uspi61bl]Nogen qui cherche un sim-dating, je pensais que c’était fini cette période Nono ! :mrgreen: [/quote:uspi61bl]

    Mais je t’emmerde, Bob le faible. :mrgreen:

  • 10.02 à 01:33

    Nogen qui cherche un sim-dating, je pensais que c’était fini cette période Nono ! :mrgreen:

    Sinon je rejoins l’avis de l’autruche, article très agréable à lire félicitations !

    Quid d’un mode 2 joueurs par contre ? J’avais posté une vidéo de tournois US qui avaient regonflé mon intérêt sur le jeu. (Maintenant qu’on sait que Catherine n’est qu’une allumeuse [img:1j0nez8x]http://forums.macgeneration.com/images/smilies/redface.gif[/img:1j0nez8x] ).

  • 10.02 à 12:07

    Arf…. j’étais intéressé pour la parti scénaristique de ce jeu. Cependant, la phase plate-formes/puzzle/escalade de tours me semble vraiment barbante et surtout un facteur pour briser le rythme d’une histoire qui semble assez intéressante. En tout cas, au vu de ce qu’on en dit de cette phase de jeu, c’est suffisant pour que je fasse l’impasse sur cette production.

    Vraiment pas ma tasse de thé.

  • 09.02 à 08:06

    [quote="fylodindon":1akyzxq5]Vous avez testé la version européenne ? C’est toujours aussi dur ou ils ont allégé la difficulté ?[/quote:1akyzxq5]

    Non, pas testé pour l’instant. Mais j’imagine que le patch qui avait été appliqué à la version jap à l’époque doit être disponible d’office.

  • 09.02 à 07:23

    Sur 360, la jaquette est reversible,ce qui n’est pas le cas de la version ps3.

  • 09.02 à 05:56

    Vous avez testé la version européenne ? C’est toujours aussi dur ou ils ont allégé la difficulté ?

  • 09.02 à 02:01

    Ce test avait été réalisé l’an dernier à partir de la version japonaise ; Xbox et PS3 avaient chacune leur couv’ :wink:

  • 09.02 à 01:53

    Ca fait longtemps que j’avais pas acheté un jeu Day 1 ! Je le testerai ce soir j’espère ne pas être décu.

    [quote:l28ivs6k]Si la version Xbox 360 n’a pas hérité de la pochette la plus équivoque comme sa consœur Playstation 3[/quote:l28ivs6k]
    Heu l’édition simple contiens une jaquette réversible et le revers bien c’est la meme cover que la version PS3, a savoir Catherie et son soustif ! :)

  • 09.02 à 11:08

    [quote="Outta Control":27sv9h7e]Et encore un jeu développé par des adorateurs de Satan, un. En même temps c’est devenu monnaie courante de nos jours.[/quote:27sv9h7e]
    O_o Pourquoi tu dit ça ?