Jeux

The Evil Within 2

Survival Horror | Edité par Bethesda Softworks | Développé par Tango Gameworks

4/5
One : 13 octobre 2017
28.10 à 14h03 par

Test : The Evil Within 2 sur Xbox One

Le mal réside en ville

Survival horror transgénérationnel sorti à la fois sur Xbox One et 360 en 2014, The Evil Within a su se trouver une audience globalement favorable, nonobstant quelques belles casseroles qu'il se traînait alors. Renforcé plus tard par quelques correctifs et surtout une série de DLC de bonne facture, The Evil Within s'est ainsi taillé une petite réputation, du reste suffisamment grande pour permettre aujourd'hui à la suite des aventures de Sebastian Castallanos de voir le jour sur Xbox One.

Avec Shinji Mikami au poste de pilotage et faute de jeu du genre dans la ludothèque de la Xbox One durant ses premières années, il était évident que The Evil Within susciterait un certain enthousiasme. Pas au point techniquement, maniable comme un poids-lourd, le périple du héros malgré lui dans l’enfer de Beacon avait néanmoins un certain charme. Une ambiance pesante, malsaine voire carrément crado et un challenge décent pour une bonne durée de vie ont permis aux amateurs du genre de satisfaire leur soif de sang et de frissons, en attendant des jours meilleurs. Du mieux, c’est justement ce que recherche désespérément Sebastian Castallanos. Lui qui a bravé et vaincu les horreurs de Beacon peine à se défaire du démon qui lui est le plus violent : lui-même. C’est assez logiquement que l’agent Kidmann, elle aussi survivante du délire horrifique du premier épisode, finit par retrouver la trace de l’inspecteur dans un bar miteux. Elle a une révélation à lui faire, une confession qui mérite au mieux un poing en pleine face ; au pire, la dose de motivation suffisante pour rempiler et accepter de plonger dans le STEM. Derrière cette étrange appellation il y a une ville, Union, peuplée de gens qui ont accepté eux aussi de s’essayer à cette nouvelle technologie. Mais bien évidemment technologie et belles promesses riment avec une chose : foutoir. Et c’est à Sebastian d’y mettre de l’ordre.

tew22

Lui, le flic à la dérive, l’homme brisé comme seul remède à la folie qui s’est emparée d’Union ? On a déjà eu à faire à ce genre de situation mais dans le cas de The Evil Within 2, cela permet avant tout d’introduire un changement de cap important au regard de ce que proposait le premier épisode. Cette suite alterne ainsi les passages «couloirs» classiques auxquels s’ajoute une bonne dose d’exploration dans la ville. La construction rappelle Silent Hill (ou dans une moindre mesure, Resident Evil 4) et autant aller droit au but : elle fonctionne merveilleusement bien. Durant la quinzaine d’heures requises pour voir le bout de l’aventure, une bonne moitié est consacrée à l’exploration d’Union. Si l’on a un peu l’impression d’être baladé d’un bout à l’autre de la map au début du jeu, on prend peu à peu ses marques pour apprécier à sa juste valeur toute la tension qui ressort de chaque déplacement d’un point sûr à l’autre, d’une maison délabrée vers une nouvelle. La carte est séparée en une poignée de zones, elle n’est au final pas gigantesque mais elle permet ainsi de maintenir un certain rythme entre phases propres à l’histoire, scénarisées, et moments de stress pur et dur, résultat de la conscience d’être en danger de mort permanent. Si l’exploration permet bien sûr de partir à la cueillette aux objets utiles, documents et autres munitions (et croyez-le, il faut s’y coller), elle ouvre ponctuellement sur des objectifs secondaires. Pas très nombreux, ils valent en revanche le coup d’être accomplis, que ce soit pour la récompense -forcément utile- ou tout simplement pour l’expérience proposée. Certaines rencontres dites «traumatisantes» le sont bel et bien, apportant ainsi à la fois beaucoup de tension, de crainte mais aussi des éclaircissements sur le passé du héros. En somme, la récompense vaut bien la prise de risque et ne saurait que trop conseiller de ne pas passer à côté des tous les à côtés de The Evil Within 2.

« Les objets qui chutent, les cris au loin et ceux qui se rapprochent contribuent à donner à The Evil Within 2 une ambiance réussie pour une expérience qui négocie presque parfaitement le virage du changement vers un peu plus de liberté… Mais toujours autant d’horreur »

La trame principale, elle, démarre assez fort puis laisse sa place quelques heures à l’exploration, pour revenir ensuite occuper principalement le dernier tiers du jeu. On est alors devant quelque chose de proche de ce que proposait le premier épisode : des lieux clos, du gore à tout-va, une caméra proche du personnage pour restreindre le champ de vision et favoriser ainsi quelques petits sursauts. Mais The Evil Within 2 est comme son aîné un titre qui s’appuie plus sur le sang que sur la sueur. Sebastian trouve ainsi de quoi occire du mort-vivant avec un arsenal classique, améliorable à coups de pièces diverses et additionné au retour de l’arbalète et de ses multiples fonctions : avec des carreaux explosifs, électrifiés, gelant ou dégageant de la fumée histoire de passer en douce, l’arbalète reste une valeur sûre. L’arbre d’amélioration fonctionne quant à lui de la même façon que par le passé avec quatre grands axes à développer et affiner (santé, combat, endurance et discrétion) moyennant une certaine somme de liquide vert récupéré sur les cadavres. Dézinguer du zombie n’est donc pas toujours une option mais attendez vous à une certaine résistance. En mode normal déjà, les coups font mal et les munitions sont rares, vraiment comptées parfois à la balle près. Il existe certes un système de couverture mais sa rigidité et les problèmes de caméra qui l’accompagnent font que l’on oublie vite son existence. La prudence est de mise, l’économie lorsqu’elle est possible l’est aussi, sachant que deux modes de difficulté supérieurs s’ouvrent également aux courageux. Mais pas panique si c’est l’ambiance et l’expérience qui vous tentent avant tout : le mode «détente» simplifie les choses de manière significative ; il y a également l’aide à la visée qui cible automatiquement les points faibles de ennemis. De quoi permettre à tout un chacun, peu importe son niveau et son approche du genre, de profiter pleinement de The Evil Within 2.

tew21

Sans être forcément riche en rebondissements, usant heureusement sans abuser des poncifs décidément inhérents au genre, l’histoire de Sebastian Castellanos dans les rues d’Union se laisse suivre et assure le travail quinze heures durant. On regrette malgré tout qu’elle n’ait pu être prétexte à des affrontements autrement plus épiques. Les ennemis de base se comptent sur les doigts d’une main (vraiment), même les boss se font assez rares et ne sont pas aussi marquants que ceux rencontrés lors de la première aventure. Quelques moments de frisson sont bien sûr au rendez-vous mais quelques combats de boss supplémentaires et un peu plus inspirés n’auraient pas été de trop. Des petits regrets, on en a aussi du côté de l’aspect technique du jeu de Tango Gameworks. Si dans sa globalité le titre n’est pas désagréable à regarder, il reste néanmoins inégal avec des objets étonnamment peu détaillés plongés au milieu d’un ensemble plus travaillé. On retrouve ce parallèle un peu particulier avec d’un côté des flammes superbement rendues et de l’autre du sang trop clair, trop grossier pour vraiment mettre mal à l’aise. Plus embêtant, on remarque régulièrement l’apparition (ou disparition) soudaine de petits éléments du décor. Avec quelques chutes de framerate ici et là et des animations encore un peu rigides, The Evil Within 2 convainc mais n’éblouit pas. On apprécie en revanche beaucoup plus sa bande-son : les voix françaises sonnent bien (malgré quelques moment un peu surjoués pour Sebastian), les musiques sont au poil mais surtout, les bruitages assurent. Les objets qui chutent, les cris au loin et ceux qui se rapprochent contribuent à donner à The Evil Within 2 une ambiance réussie pour une expérience qui négocie presque parfaitement le virage du changement vers un peu plus de liberté… Mais toujours autant d’horreur.

4/5
En reprenant avec une certaine justesse les inspirations horrifiques et gores qui ont rythmé le premier épisode et en les insérant dans un monde semi-ouvert propice à des phases d'exploration aussi stressantes que bienvenues, The Evil Within 2 surprend dans le bon sens du terme. Solide sur ses bases et prêt à embarquer le joueur dans une aventure relativement longue et plaisante, le titre de Tango Gameworks pèche un peu par avarice avec un bestiaire franchement limité et quelques soucis techniques. Rien qui ne puisse l'empêcher néanmoins d'être un très bon survival horror, probablement l'un des meilleurs sortis à ce jour sur Xbox One.

+

  • Phases d'exploration bienvenues
  • Objectifs secondaires importants et intéressants
  • Véritablement "survival" dès le mode normal
  • Ambiance sonore soignée
  • Univers glauque, sale, prenant
  • Bonne durée de vie

-

    • Bestiaire très limité
    • Combats de boss sans éclat
    • Système de couverture raté
    • Quelques soucis techniques
  • 28.10 à 07:59

    J’y ai réfléchi au cas de la caméra mais dans l’ensemble j’ai préféré retenir l’apport en immersion que procure un point de vue rapproché :). En revanche, ça contribue à plomber le système de couverture qui est quasiment jamais utilisable, la faute principalement au manque de réactivité du personnage mais aussi au placement de la caméra qui masque l’option "avancer" (déjà bien mal foutue^^).

    Bon courage pour la suite :mrgreen:

  • 28.10 à 06:07

    J’ai qqes heures de jeu au compteur (je viens tout juste d’arriver dans l’hôtel de ville) et déjà pas mal de sursauts à mon actifs :mrgreen:

    Bon, je dois dire que le début du jeu a été laborieux à cause de la caméra. On a l’impression d’être en zoom permanent, c’est très compliqué en intérieur.. mais on s’y fait assez vite.

    L’exploration est la bienvenue, je me "balade" la boule au ventre dans Union, tout en ayant la pétoche à chaque bruit suspect. D’ailleurs les bruitage sont vraiment bien foutus, mention spéciale à l’espèce de witch (pour ceux qui ont pratiqué les L4D) et l’immonde créature qui dégage une fumée verte qui tombe. Leurs râles et autres cris respectifs font froid dans le dos. Avec casque et dans le noir, effet garanti !!

    Voilà, suis d’accord avec le test sur ses points négatifs. J’aurai qd même rajouter la caméra car si on se cache dans un gros buisson, ben on ne voit plus rien à l’écran ! :bravo:

Sur le même thème