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Farming Simulator 19

Simulation | Edité par Focus Home Interactive | Développé par Giants Software

4/5
One : 21 novembre 2018
27.12 à 15h46 par - Rédacteur en Chef

Test : Farming Simulator 19 sur Xbox One

Dis-lui d'appeler cheval !

Voilà maintenant un peu plus de dix ans que Farming Simulator accompagne les agriculteurs virtuels sur PC et depuis l’épisode 2013, sur consoles. Dans cet univers aussi atypique que vivace grâce à une communauté que de plus en plus de nouvelles licences cherchent à moissonner, Farming Simulator 19 a déployé de grands moyens pour montrer que c’est lui, l’épouvantail. Les nouveautés annoncées sont nombreuses cette année. Mais est-ce suffisant pour que le jeu de Giants Software puisse se hisser au sommet des simulations agricoles ?

Farming Simulator 19 abat ses premières cartes avec un ajout attendu par les joueurs qui veulent plonger leurs mains au plus profond de la terre. Le choix est désormais donné entre trois modes de départ avec en premier lieu le traditionnel offrant d’emblée tout ce qu’il faut pour cultiver une paire de champs. Généreux au point de nous laisser démarrer avec un silo déjà bien garni de cultures à revendre, ce mode s’adresse aux débutants. Les habitués peuvent de leur côté tenter l’aventure en commençant avec un capital à investir dans des terres et du matériel de leur choix, ou alors la jouer véritablement difficile en arrivant avec les mains dans les poches et pas un sou à l’intérieur. Dès lors, il convient de se lancer dans l’agriculture en tant qu’employé pour les autres fermes de la région, via le système déjà connu des missions. Les deux maps proposées (Etats-Unis et Allemagne) regorgent de terrains et de cultures qui ont besoin de main d’œuvre : voilà un bon moyen de découvrir ou de se remémorer les très nombreuses façons offertes par Farming Simulator pour préparer, exploiter et développer la terre.

farming 19 test 1

Au bout du chemin, il y a donc l’accès à la propriété et là aussi cette édition n°19 marque une évolution avec ses prédécesseurs. On ne fait désormais plus l’acquisition d’un champ seul mais celle d’une parcelle dans son intégralité : le prix d’achat se différencie non seulement par la superficie mais aussi par la topologie du terrain, très variable ici avec des maps autrement plus soumises aux variations du relief que par le passé. On trouve de jolis terrains bien plats mais horriblement chers, alors il faut souvent se rabattre les premiers temps sur des parcelles plus difficiles à exploiter et qui comportent parfois des zones où il est tout bonnement impossible de placer un champ. C’est alors l’occasion de retourner vers un aspect désormais incontournable de la saga, à savoir la sylviculture. Comme dans le cochon, tout est bon sur ces maps et il convient de véritablement penser l’exploitation agricole au-delà du trio semence/récolte/vente ; la maximisation des profits passe par une vision plus large qui demande au joueur de faire les bons choix d’aménagement. Ainsi, la sylviculture peut être une solution viable lorsque l’on dispose d’un terrain trop vallonné pour être destiné aux cultures traditionnelles seules ; de toute façon, on oublie tout de suite la bonne vieille méthode qui consistait à aller tronçonner tout ce qui poussait dans le rayon immédiat de la scierie pour se remplir rapidement les poches. On ne peut désormais plus exploiter quoi que ce soit au-delà des frontières des terrains qui nous appartiennent.

farming 19 test 2

Côté disparitions, il y a en a d’ailleurs une de taille. Oubliez la plantation en masse des panneaux solaires et autres ruches, c’est terminé. En revanche, Farming Simulator 19 laisse le soin au joueur de placer ses bâtiments (utiles ou décoratifs) et permet carrément de créer des champs de toute pièce. Avec le matériel adapté on a donc tout loisir d’augmenter sa capacité de plantation, en gardant tout de même à l’esprit que l’exercice n’est pas des plus aisés, même pour le placement des bâtiments. A trop vouloir soigner le réalisme de ses maps où les zones véritablement plates sont finalement très rares, Farming Simulator 2019 rend difficile l’exercice de création : l’outil dédié est très (trop ?) exigeant et le placement des objets se fait au poil de crinière près, avec dans 9 cas sur 10 un quelque chose qui empêche la création. Parlant de crin, vous avez certainement aperçu les chevaux dans les différents trailers de présentation du titre ; ils sont l’ajout animalier de cette édition et rejoignent donc les bovins, porcs et moutons pour les amateurs d’élevage. A noter également que la gestion du poulailler évolue aussi et il possible d’acquérir différentes sortes de poules, avec l’obligation désormais de leur fournir de l’eau et une alimentation adaptée. Pour en revenir aux canassons, leur gestion est moins complexe que celle des porcs ou des vaches qui demandent un soin particulier du côté des aliments ; avec les chevaux, il suffit d’acheter les éléments requis par palettes. La détermination de leur valeur de revente va dépendre plutôt du temps que l’on accorde à leur faire faire de l’exercice. De la promenade en somme. C’est l’occasion de parcourir la carte d’une façon tout à fait inédite et pour le coup parfaitement adaptée à l’esprit Farming Simulator.

farming 19 test 3

A dos de cheval, on observe le rendu du fermier ou de la fermière que l’on a pu -pour la première fois dans la série- personnaliser. Mais surtout, on se rend d’autant plus compte que les environnements ont fait un grand bond en avant depuis Farming Simulator 17. Pas forcément d’un point de vue technique, c’est vrai. C’est assez inégal avec d’un côté des machines superbement modélisées. De l’autre des arbres composés de trois polygones et demi ; de jolis effets de lumière composent avec des éléments aux proportions un peu particulières pour peu que l’on vienne voir cela de trop près. Et puis il y a toujours cette physique à l’origine de situations parfois complètement farfelues. Mais tout cela semble être un prix à payer assez honnête tant on prend du plaisir à évoluer sur des cartes autrement plus détaillées que par le passé : la végétation est très dense par endroits, les zones habitées ne sont pas une succession d’éléments copiés/collés mais donnent au contraire une véritable identité aux maps. Ca monte, ça descend, certains points de vue sont superbes… Si l’on a pu trouver certaines maps des précédentes éditions un peu aseptisées, celles proposées par Farming Simulator 19 sont un régal pour l’amoureux de la nature. On pourra toujours pointer du doigt le manque de vie inhérent aux simulators mais il n’empêche qu’avec cette édition, le dépaysement va au-delà de la machine et c’est franchement très plaisant.

farming 19 test 4

Pour le reste, on retrouve à peu de choses près avec Farming Simulator 19 les mêmes qualités et défauts que par le passé. La gestion du rendement des terrains avec la chaux, l’arrachage des mauvaises herbes ou encore l’ajout de la culture du coton sont l’occasion d’expérimenter une autre façon de travailler, avec du matériel dédié qui vient grossir un garage toujours plus impressionnant. Du tracteur au poids-lourd, de la remorque à semences au transpalette, tout l’univers de l’agriculture répond présent avec les plus grandes marques, dont on note l’apparition des engins signés John Deere. On le répète mais la modélisation de chaque outil de travail frôle la perfection et ceux qui ont déjà approché ces machines apprécieront la retranscription soignée des sonorités propres à chaque type de moteur. Côté prise en mains, on ne change rien avec une gestion des raccourcis qui demande un petit temps d’adaptation pour tout assimiler et le recours aux ouvriers gérés par l’IA qui, malheureusement, n’a guère évolué. S’ils effectuent assez efficacement les taches simples visant à préparer le terrain, l’ensemencer et le récolter (attention tout de même à ne rien laisser trainer sur le passage), il n’est toujours pas possible par exemple d’assigner un ouvrier à un tracteur équipé d’une remorque pour la charger à mesure que la moissonneuse fait son office. De même, vous serez toujours contraint d’assurer les livraisons vous-même, aucun ouvrier n’étant à ce jour capable de porter un chargement vers l’un des points de vente. Reste alors la solution du multijoueur. A quatre (pour peu que vous ayez à faire à des personnes sérieuses), Farming Simulator 19 assure parfaitement son rôle de jeu coopératif à la fois doux et complexe. Un titre bien à part qui s’il ne révolutionne pas le genre offre cette année de quoi repartir pour tour de moissonneuse avec le sourire.

4/5
A défaut d’être l’épisode du changement dont devra se fendre tôt ou tard Farming Simulator pour rester dans la course face à une concurrence grandissante, l’édition n°19 du jeu de Giants Software assure suffisamment de changements pour justifier de son acquisition par les amoureux du genre. Si des défauts subsistent, on apprécie néanmoins le soin apporté aux environnements et la gestion de l’acquisition des terres qui, couplés, font évoluer la formule vers un certain réalisme, forcément bienvenu. Plus ouvert que par le passé mais pas forcément moins exigeant grâce à plusieurs modes de difficulté, ce Farming Simulator 19 est un titre solide qui constitue une porte d’entrée intéressante vers le genre. En attendant une édition ultime (peut-être la dernière pour cette génération de consoles) qui marquera une véritable révolution ? Ou au moins l’apparition d’un ouvrier capable de livrer un chargement. Ca sera déjà très appréciable.

+

  • Garage énorme
  • Modélisation des véhicules impressionnante
  • Système de gestion/acquisition des terrains intelligent
  • Trois modes de départ pour une meilleure gestion de la difficulté
  • Les balades à cheval
  • Environnements plus variés qu’autrefois, réalistes…

-

    • … Mais techniquement inégaux
    • Ouvriers toujours incapables de faire certaines choses
    • Mode construction trop contraignant

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