Jeux

FIFA 16

Sport | Edité par Electronic Arts | Développé par Electronic Arts Canada

4/5
One : 24 septembre 2015 360 : 24 septembre 2015
13.10 à 00h48 par

Test : FIFA 16 sur Xbox One

Comme chaque année, EA Sports revient avec une nouvelle version de sa simulation de football. Après un FIFA 15 qui avait déçu la plupart des fans, il était important de remettre tout le monde d'accord, surtout avec un concurrent qui revient progressivement. FIFA 16 devait faire oublier son aîné pour s'imposer comme l'épisode de la réconciliation et non celui du désamour. Mission réussie ?

Chaque saison, la guerre fait rage entre EA Sports et Konami pour le titre du meilleur jeu de football annuel, mais il faut avouer que FIFA domine son concurrent depuis bien des années, aussi bien au niveau qualitatif que pour les ventes. Cependant FIFA 15, bien trop nonchalant, avait permis à son ennemi de reconquérir une partie du terrain. FIFA 16 se devait donc de rectifier le titre pour regagner la confiance des fans. Manette en main, les changements se font rapidement sentir et surtout – ouf – positivement : on prend globalement beaucoup plus de plaisir, la physique générale est plus plaisante, il y a moins de place à l’aléatoire et plus pour la technique. Construire des actions devient plus que jamais intéressant, sans que cela ne devienne répétitif avec un schéma que l’on aurait à répéter constamment. Il faut savoir s’adapter aux tactiques adverses un minimum.

« Manette en main, les changements se font rapidement sentir et surtout – ouf – positivement : on prend globalement beaucoup plus de plaisir, la physique générale est plus plaisante, il y a moins de place à l’aléatoire et plus pour la technique »

Le jeu n’est pour autant pas forcément le plus technique de l’histoire de la série si on se rappelle de FIFA 13 et ses contrôles (de balle) manuels, ses coups francs difficiles à mettre au fond et ses gardiens redoutables même en face-à-face. Justement, cela nous permet d’aborder ces deux derniers points. Les coups francs dans FIFA 16 semblent avoir trouvé le juste milieu : si avec de bons tireurs, on réussira plutôt aisément notre coup dans certaines positions, il faut tout de même disposer de la bonne technique pour y parvenir puisqu’il est important de s’adapter en fonction de plusieurs facteurs (types de frappe, placement, etc), comme dans tous les jeux de foot modernes certes, mais ici l’équilibre est particulièrement réussi. À vrai dire, les corners paraissent plus compliqués avec des gardiens souvent prompts à sortir pour boxer le ballon. Pour ce qui est du gardien en lui-même, il n’était pas difficile de faire mieux que les manchots de FIFA 15. Fort heureusement, ils ont été nettement améliorés ! Leur comportement est davantage réaliste, ils sont capables de réaliser d’excellentes parades (parfois plusieurs à la suite), ont un taux de réussite acceptable en face-à-face sans être invincibles, et ne sortent pas n’importe comment. Il leur arrive de temps à autre de faire des erreurs, que l’on qualifiera au final de «boulettes réalistes». De ce côté, le jeu a aussi trouvé la bonne formule.

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Bref, vous aurez compris que FIFA 16 propose un gameplay satisfaisant, à des années lumières de celui de l’opus précédent. Impossible de dire toutefois s’il est «meilleur» que FIFA 13 ou FIFA 12 qui étaient d’une école encore différente ; il ne s’agit là que de discussions de comptoir et surtout de goûts. Le rythme est par ailleurs un peu plus posé que dans FIFA 15. Cela nous permet donc de mieux construire nos actions et c’est ce qui était principalement attendu. Évidemment, comme toujours, le rythme reste plus «speed» en modes online. En solo, ceci étant, on peut encore régler ça avec trois modes différents (lent, normal et rapide). L’une des principales nouveautés de cet épisode est l’apparition de douze équipes féminines, ce qui constitue tout de même une belle progression dans la reconnaissance du football féminin. On regrettera juste l’absence du Japon qui est pourtant l’une des meilleures équipes nationales chez les femmes. Même si pour l’instant, il faudra encore travailler la chose pour que cela soit davantage qu’un simple «changement de skin», on note certaines petites différences tactiques et physiques avec le jeu des hommes.

« L’une des principales nouveautés de cet épisode est l’apparition de douze équipes féminines, ce qui constitue tout de même une belle progression dans la reconnaissance du football féminin »

L’interface, quant à elle, demeure très claire et plutôt agréable aux yeux. On navigue avec facilité dans les menus, on trouve vite ce que l’on souhaite et pendant les matches, nous accèdons suffisamment rapidement aux changements ou options tactiques. Les différents modes de jeu sont présentées de façon simples. FIFA 16 mise clairement sur l’accessibilité, et parvient à attirer aussi bien les fans de la première heure que les nouveaux venus. On retrouvera l’inévitable mode Carrière (en mode Entraineur ou Joueur), qui reste extrêmement complet. Il vient même s’enrichir avec différents tournois amicaux de pré-saisons qui nous permettront de gagner des sommes intéressantes venant s’ajouter à notre budget. Pour ceux qui veulent surtout enchaîner les matches sans tous les menus d’une Carrière et les transferts, le mode Compétition est évidemment de la partie, que ça soit pour faire des saisons dans l’un des trente championnats disponibles ou l’une des coupes nationales. Sans oublier la possibilité de créer sa propre coupe ou son propre championnat avec les équipes et les conditions de notre choix. Le football féminin profite à cette occasion de sa propre compétition, qui abordera toutefois un nom très générique puisqu’on notera, une fois n’est pas coutume, l’absence des licences pour les plus grandes coupes.

FIFA 16

Impossible de terminer le tour des modes de jeu sans passer par l’inévitable FIFA Ultimate Team qui est devenu la référence en la matière, surtout en ligne. Pour cette édition, les joueurs Xbox ont, qui plus est, droit à un joueur de Légende offert (parmi un vaste panel donc plusieurs sont exclusifs à la Xbox). Nous notons de surcroît l’arrivée du mode FUT Draft, qui moyennant 15.000 crédits virtuels (ou 300 points FIFA à acheter) vous propose une série de quatre matches ‘couperets’. Plus loin vous irez et meilleures seront les récompenses que vous remporterez. Dans tous les cas, il s’agit de plusieurs packs mais leur qualité et le contenu de ceux-ci dépendront, bien sûr, de votre nombre de matches gagnés.  Dans ce mode, nous composons notre équipe en ayant le choix entre cinq (bons) joueurs sélectionnés aléatoirement pour chaque poste. À voir si l’on privilégie les individualités ou le collectif, qui demeure primordial dans FUT. Un ajout sympathique qui plaira à certains, tandis que d’autres préféreront effectuer leurs transferts à l’ancienne. Si cela ne vous suffit pas, vous pourrez compter sur les saisons en ligne, les clubs entre amis et inexorablement les matches rapides.

« On note de surcroît l’arrivée du mode FUT Draft, qui moyennant 15 000 crédits virtuels (ou 300 points FIFA à acheter) vous propose une série de quatre matches «couperets». Plus loin vous irez et meilleures seront les récompenses que vous remporterez »

Mais malgré toutes ses qualités et son contenu impressionnant, FIFA 16 n’est pas parfait, loin de là, et certains défauts risquent même d’agacer énormément sur la longue. Le premier et le plus évident concerne l’arbitrage, complètement catastrophique sur les contacts, surtout en épaule contre épaule où il siffle à tout va dès qu’un joueur tombe, ce qui donne un nombre de pénaltys abusifs assez délirant. Malheureusement, il faut avouer que cette tare fausse parfois l’issue d’un match. Les tacles glissés ne sont pas exempts de tous reproches et si certains sont très bien jugés, d’autres seront sifflés alors que l’on pensait avoir parfaitement pris la balle. Les hors-jeux quant à eux ne sont pas toujours idéalement jugés non plus. Ces points sont d’autant plus dommageables car ils gâchent la défense, qui est pourtant clairement le point sur lequel EA Sports semble s’être le plus axé pour cet opus. Car il faut le dire, hormis ces détails gênants, la défense est à des années lumières au-dessus de celle de FIFA 15. L’équilibre entre vitesse des attaquants et des défenseurs a été revu, les tacles sont plus efficaces et variés, l’IA se place de façon plus logique et – hormis aux faibles difficultés en solo – il n’y a pas de boulevards systématiques. Le jeu nous pousse à rester un maximum debout et à ne pas se jeter trop rapidement, autrement, la sanction avec un attaquant qui nous mettra dans le vent sans sourciller ne se fera pas attendre. Si maîtriser tous les aspects défensifs du titre demande du temps, la progression n’en est que plus gratifiante.

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Si l’IA alliée est assez efficace en défense (bien que le changement de joueur ne soit pas toujours aussi intuitif qu’on l’aimerait), il était important de voir ce que vaut l’IA en attaque. Le bilan se veut plutôt positif, avec des espaces libérés intelligemment, des possibilités venant de plusieurs joueurs et des alliés qui suivent assez bien notre plan tactique. Par contre, les appels agacent parfois un peu avec des joueurs qui font mine d’y aller et finalement non, puis pris à contre-pied par notre passe en profondeur. En terme de passes, parlons des «passes appuyées», nouvelle arme utilisable grâce à la gâchette RB. Il s’agit de… passes appuyées, comme son nom l’indique, qui permet d’envoyer la balle à ras de terre assez puissamment vers des co-équipiers qui peuvent être éloignés. Il ne faut pas le faire trop près forcément, sinon on s’expose à un mauvais contrôle. Mais le jeu pousse à les utiliser et elles se révèlent très agréables dans la construction. À côté de ça, il faudra apprendre à bien doser les passes normales, d’autant plus que les joueurs préfèrent attendre sagement la balle qui vient plutôt que de l’attaquer, ce qui a tendance à être assez énervant. De plus, en mode assisté, l’IA fait encore et toujours un peu n’importe quoi dès qu’on s’approche de la surface adverse : des passes en retrait envoyées vingt mètres trop loin, des centres à ras de terre rarement donnés au joueur le plus évident… surtout dans les difficultés supérieures où le jeu semble se moquer de nous en déréglant ce genre de choses au lieu de réellement adapter le niveau de l’adversaire (qui deviendra davantage cheaté que doué tactiquement). Pour les joueurs les plus pointilleux, apprendre à jouer en manuel ou au moins en semi-manuel sera de rigueur pour une précision optimale – ou du moins, qui dépend du joueur lui-même et non des caprices du jeu.

« Aussi, en mode assisté, l’IA fait encore et toujours un peu n’importe quoi dès qu’on s’approche de la surface adverse : des passes en retrait envoyées vingt mètres trop loin, des centres à ras de terre rarement donnés au joueur le plus évident… »

Pour autant, il faut dire que les centres sont bien pensés et dépendent pas mal de la position du passeur. Ne comptez pas effectuer un centre parfait en étant gêné par un ou plusieurs adversaire(s). Nous apprécierons aussi les dribbles, ni trop surpuissants ni trop inutiles. Ils restent très variés, nombreux et sont davantage adaptés au réel niveau technique des joueurs qu’auparavant. Dans des petits espaces, ils s’avèrent être même franchement plaisants une fois maîtrisés ! Pour les techniciens les plus chevronnés, les dribbles sans contact font leur apparition (oui, il y a tout de même plusieurs ajouts intéressants dans cette version) mais demanderont de la patience pour se laissent pleinement apprécier. Une fois que l’on prend le coup, cela permet de créer de bons décalages, surtout en les associant à un autre dribble !

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Terminons par les frappes, parce qu’un jeu de foot avec des mauvaises frappes n’est pas un bon jeu de foot. Eh bien, elles sont d’une part plus plaisantes que dans FIFA 15, et d’autres part plus variées que dans FIFA 14. Si les enroulées côté ouvert du gardien restent l’une des armes offensives les plus efficaces, cette solution est tout de même un poil moins facile qu’à l’accoutumée. Les lobs en revanche sont très aisés à effectuer dès que le gardien sort. Sinon, les frappes sont assez distinctes et la position du frappeur, son élan et sa liberté de mouvement sont des éléments on ne peut plus importants à prendre en compte pour être en mesure de décocher une bonne frappe.

4/5
En bref, FIFA 16 est un bon cru, même s'il reste perfectible sur des points importants qui entament notre enthousiasme. Les pénaltys sifflés bien trop facilement et quelques imprécisions ont la fâcheuse tendance à plomber certains matches, ce qui agace profondément sur la longueur. On attend que ces défauts soient corrigés dans FIFA 17 qui devra confirmer le redressement de la série, mais la base de cet opus est très bonne en elle-même. Les ajouts (équipes féminines, dribbles sans contact, FUT Draft...) sont agréables et le gameplay a été nettement amélioré, en plus d'un contenu global affriolant. Un épisode assez solide que l'on conseille, tout en mettant en garde sur quelques défauts pour lesquels il est difficile de fermer les yeux.

+

  • Retour des équipes brésiliennes...
  • Contenu énorme
  • Apparition d'équipes féminines
  • Habillages officiels pour la PL et la Bundesliga
  • Gameplay global plaisant
  • Toujours de nombreuses options tactiques
  • Ambiance des stades
  • Interface claire et agréable

-

    • ... mais sans leur championnat
    • Arbitrage très mauvais sur les contacts
    • Quelques imprécisions qui agacent
    • Certains joueurs évalués étrangement
    • Appels des attaquants encore perfectibles
    • Peu d'équipes nationales africaines et de l'ex-Yougoslavie