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The Fisherman : Fishing Planet

Simulation | Edité par Big Ben Interactive | Développé par Fishing Planet

2/5
One : 10 juillet 2019
01.11 à 15h48 par

Test : The Fisherman : Fishing Planet sur Xbox One

Carpe Diem

The Fisherman n’est pas l’adaptation vidéoludique d’un super héros mordu par un poisson radioactif destiné à venger ses parents assassinés dans une ruelle sombre. Modestement auto-proclamé comme étant la simulation ultime de pêche, le soft de Big Ben Interactive va-t-il réussir à concilier les réfractaires comme les adeptes d’un sport aussi noble que soporifique ?

Depuis le relatif succès de Sega Bass Fishing en salles d’arcade et sur Dreamcast, accompagné de son fantastique pad en forme de moulinet, les jeux vidéo basés sur la pêche n’ont clairement pas eu l’honneur d’une véritable mise en avant, que ce soit dans le cœur des joueurs ou dans les charts. Pourtant, quel format peut se targuer d’être le mieux placé pour satisfaire nos instincts bestiaux de prédateurs que celui des jeux vidéo ? En effet, si la pêche et la chasse peuvent difficilement trouver grâce auprès des pacifistes et défenseurs des animaux, pas forcément motivés à blesser des bêtes pour le simple plaisir du sport, faire des trous dans la bouche de poissons virtuels ou dans le cuir de sangliers pixélisés peut s’avérer aussi immersif que divertissant. C’est donc plein d’entrain et de bonne volonté que l’on s’est plongé dans ce Fishing Planet avec l’espoir de parfaire nos compétences totalement nulles de chasseurs marins.

Originellement proposée au format free-to-play, cette version premium propose tout le contenu autrefois disponible à la carte. Dans ce menu -encore plus rempli qu’un plateau de fruits de mer taille XXL de chez Pedra Alta- on retrouve l’intégralité des 30 DLC, représentant tout de même 110 espèces de poissons différentes, 18 lieux de pêches et surtout des milliers de combinaisons d’équipements différentes. Autant dire que vous aurez largement de quoi faire si l’envie de tirer à la corde se fait ressentir sur la durée. Pourvu de menus d’une effroyable austérité et agrémenté d’une musique country traditionnelle qui ravira les amateurs de violons Texans, The Fisherman vous permet de créer de toute pièce votre avatar virtuel. Hélas, si l’attention est toujours plaisante, il faudra se contenter du choix du sexe, d’une poignée de visages, de trois pauvres coupes de cheveux et de quelques pantalons. La chemise étant d’office la même pour tout le monde, en attendant de débloquer les fonds nécessaires pour satisfaire vos envies de reine du shopping.

Fishing Planet 1

Une fois en jeu, vous pourrez vous déplacer librement dans des cartes assez petites, afin de choisir votre point de pêche préféré et vous mettre au travail. Si le gameplay se veut assez simpliste, vous demandant tout bêtement de viser avec RT, puis d’accrocher votre prise avec LT et enfin de mouliner avec RT, le tout s’avère plus compliqué à partir du moment où vous devrez prendre en compte la taille de votre ligne selon la profondeur d’eau, le bon appât ou encore la bonne gestion du retrait. En solo, des missions vous seront confiées pour vous pousser à aller de l’avant et découvrir les nouveaux spots de pêches qui se débloqueront au fil de l’expérience et de l’argent remporté en fonction de la qualité et de la rareté de vos prises. La montée en niveau se faisant assez lentement, il faudra prendre votre mal en patience et user le tissu de votre chaise pliante. Certains poissons demandent un très long temps d’attente avant d’être capturés et ne feront acte de présence qu’à certains moments de la journée et sous certaines conditions climatiques. The Fisherman est axé principalement sur la simulation et on ne peut que reconnaître un très grand nombre de variable et une véritable vocation à faire les choses de manière réaliste et respectueuse du genre. Reste que le novice sera immédiatement mis de côté et l’aspect totalement non fun du titre, à commencer par le manque total de sensations lors des prises, couplé à la difficulté à s’y retrouver dans les menus découragera les moins passionnés des amateurs.

Déjà pas franchement ergonomique avec ses manœuvres nécessitant d’utiliser les deux sticks et la croix de direction pour naviguer dans les menus et sous menus, The Fisherman affiche différents écrans d’inventaires qui se révèlent surchargés d’infos et d’options de personnalisation. La gestion de l’inventaire vous permettra d’équiper des pieds à la tête votre pêcheur. Vous devrez également choisir la bonne canne à pêche, que vous équiperez du moulinet adapté, tout en gérant les bons appâts à cumuler avec l’hameçon adéquat, selon le type et la taille de poisson que vous voulez attraper. Au bout d’à peine quelques heures de jeu, on se retrouve complètement submergé par la tonne d’infos qui nous tombe sous le nez, chaque article étant bombardé de statistiques aussi pointues qu’incompréhensibles pour le joueur lambda. Le spécialise quant à lui pourra se satisfaire d’une customisation complète et pourra s’adonner à une véritable chasse au trésor dans la boutique jusqu’à réussir à mettre la main sur le fil de pêche de ses rêves.

Fishing Planet 3

Déjà plutôt bien pourvu en termes de missions et d’achats à effectuer dans sa boutique, remplie à ras bord d’équipement, bateaux, licences et services à débloquer, vous pourrez également participer à des compétions un peu partout en Amérique et dans quelques rivières situées en dehors, qui vous permettront de vous frotter à d’autres joueurs, gérés par l’IA ou même en ligne, via un tableau de scores qui vous ramènera rapidement à votre triste réalité de pêcheur du dimanche. Ne vous attendez par contre pas à la moindre scénarisation, mise en scène ou bien même diversité dans les objectifs car ils sont totalement absents du jeu. On est là pour pêcher, pas pour s’amuser. Même si des événements programmés lors de jours particuliers permettent d’égayer un peu l’austérité globale.

Techniquement, The Fisherman accuse son statut de jeu free-to-play à moyen budget. Rempli de longs chargements à chaque étape, le moteur graphique est évidemment ultra simpliste et autant les décors -vides et statiques- que les poissons, diversifiés mais grossièrement modélisés et animés ne parviennent à faire illusion. Les rivières se ressemblent toutes et semblent constamment plongés dans la brume bardée d’une végétation fixe et d’un éclairage totalement inexistant. Evidemment l’environnement ne réagit absolument pas à votre présence et le moindre caillou sur le bord de la route fera office de mur invisible, pour vous empêcher d’aller voir ce qui peut bien se tramer dans cette grange perdue au milieu de nulle part. Le jeu a le mérite d’être optimisé pour la Xbox One X et profite d’une propreté globale dans son affichage et sa finition. Calme de la pêche oblige, l’habillage sonore est réduit au strict minimum des bruits d’oiseaux et de quelques flaques d’eau, ce qui fera au moins le bonheur de vos voisins entre deux parties d’un FPS bruyant.

2/5
Simulation ultra hardcore, pensée uniquement et simplement pour des amateurs ou professionnels déjà conquis par la pêche à la ligne, The Fisherman : Fishing Planet n’a absolument aucune chance de conquérir le cœur des autres joueurs, aussi curieux soit-il. Aussi froid et frustrant qu’une matinée passée au bord de l’eau pour finir en se partageant deux sardines, il ravira probablement les abonnés de Pêche Mouche, qui se feront une joie d’exhiber leurs carpes géantes dans l’onglet communauté du Xbox Live.

+

  • Du contenu en pagaille avec pas moins de 30 DLC
  • Une vraie simulation hardcore pour les fans de Didier Delannoy
  • La musique des menus parfaite pour danser le Honky Tonk
  • Y’avait des citrouilles pour le soir d’Halloween

-

    • Aussi moche que vilain
    • Absolument aucune sensation lors des prises
    • Des menus calqués sur les avis d’imposition
    • Aussi ennuyeux qu’une vraie partie de pêche, le barbecue final en moins

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