Jeux

Forza Motorsport 7

Course | Edité par Microsoft Studios | Développé par Turn 10

4/5
One : 03 octobre 2017
04.10 à 21h15 par

Test : Forza Motorsport 7 sur Xbox One

En attendant le passage au rayon X

Fidèle à un rythme de sorties huilé comme bon moteur, Forza reprend la route en laissant dans son rétro le bitume australien et ses airs de cour de récré, pour revenir une septième fois à ses amours originels. Nouveau porte-étendard de la Xbox One avec un grand X, Forza Motorsport 7 a néanmoins choisi de ne pas attendre novembre pour faire déjà l’étalage de sa magnificence ô combien attendue. Mais au-delà du défi technologique, Forza Motorsport 7 doit aussi et surtout convaincre sur bien d’autres aspects où il a pu briller par le passé. Et avouons-le, parfois franchement ennuyer.

C’est une année un peu spéciale pour Forza Motorsport. Il y a bien sûr l’arrivée toute proche de la Xbox One X et la promesse d’un bond technologique que le dernier épisode de la série de Turn10 est là pour illustrer. Et puis il y a le spectre de la concurrence sur les terres du multiplateformes avec le convaincant Project Cars 2 et surtout, à l’horizon oriental, le retour annoncé du cador signé Polyphony Digital. Si Gran Turismo Sport n’aura, par ses qualités comme ses défauts, aucune emprise directe sur l’attrait de Forza Motorsport 7 pour les joueurs Xbox One, nous sommes tout de même dans une configuration aujourd’hui différente pour l’exclusivité Microsoft, peut-être un peu trop habituée à rouler seule depuis plusieurs années. Une question de prestige en somme. C’est donc autour d’une structure habituelle du côté des modes de jeu mais remaniée dans son fonctionnement que Forza Motorsport 7 se présente à nous. On retrouve ainsi un mode solo principal, la coupe Forza Motorsport, accompagné naturellement de courses libres, de défis divers face à des rivaux en ligne et évidemment du multijoueur à 24 sur le Xbox Live. A noter également le retour du mode deux joueurs en écran partagé qui devrait ravir les adeptes du face-à-face accompagné de bières et cacahuètes.

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La coupe Forza Motorsport représente donc le principal attrait en solo, une copie revue et –passablement- corrigée d’un mode carrière qui disons-le, peine franchement à trouver son équilibre dans les jeux du genre. Sans crier au génie, il faut reconnaitre à Forza Motorsport 7 un certain effort pour rendre l’aventure un peu plus dynamique que par le passé : découpée en six divisions, elles-mêmes composées d’une douzaine d’épreuves, la course à la coupe s’appuie sur une vitesse de progression relativement bonne. Les épreuves se posent la plupart du temps comme des mini-championnats composés de trois, quatre courses (parfois plus), à l’issue desquelles les points récoltés permettent de se rapprocher toujours un peu plus de la division suivante. En parallèle, on retrouve des épreuves un peu plus légères, récréatives, comme le bowling géant sur le circuit Top Gear ou le dépassement de petits véhicules à très haute vitesse. Pour évoluer d’une division à l’autre, il faut engranger des points en courses ; plus question donc d’avoir à finir dans le top trois même si évidemment, de bons résultats garantissent une ascension plus rapide. Les épreuves sont un panachage de tout ce que Forza Motorsport 7 propose comme types de véhicules. Cela garantit dès le début une certaine diversité (à moins de viser le 100% de complétion, on peut ainsi zapper les catégories « faibles »), même s’il faut dans certains cas s’appuyer sur un principe de progression conventionnel. En quelques mots, il faut disposer d’un véhicule adéquat et du compte en banque qui va avec ; ou alors on peut se retrouver freiné par la nécessité de disposer d’un niveau de collection suffisamment haut pour participer.

« le niveau de collection augmente à chaque fois que l’on fait l’acquisition d’un véhicule et est plus ou moins important suivant sa valeur. Le principe est donc tout bête mais comme l’expérience de joueur, il donne un petit coup de fouet à la progression en solo »

A l’image du traditionnel niveau d’expérience qui est toujours présent et récompense le joueur avec des crédits, équipements ou remise sur l’achat d’un véhicule à chaque changement de niveau, le volet collection se concentre sur la densité et le prestige du garage. Etalé sur sept paliers, le niveau de collection augmente à chaque fois que l’on fait l’acquisition d’un véhicule et est plus ou moins important suivant sa valeur. Le principe est donc tout bête mais comme l’expérience de joueur, il donne un petit coup de fouet à la progression en solo. Remplir le garage demande donc de vider son porte-monnaie et Forza Motorsport 7 est tout de même un peu plus radin que ses ancêtres. Si le niveau de l’IA influence toujours le montant potentiel à remporter, plus rien ne vient récompenser la prise de risque au travers de la désactivation des nombreuses aides à la conduite. Sans se sentir frustré, il faut avouer que l’on aimerait parfois voir le compte en banque grossir un peu plus rapidement. N’oubliez donc pas de passer par le Forza Hub pour vous faciliter le départ et surtout, il est de nouveau de bon ton de s’équiper de quelques mods pour booster les gains. Pour rappel, cet ajout apparu dans Forza Motorsport 6 se présente sous la forme de cartes octroyant divers bonus en fin de course (argent, expérience, équipement) pour peu que l’on respecte les conditions. Cela peut passer par la réalisation de plusieurs virages parfaits, de dépassements propres et autres défis de conduite dans des conditions spécifiques.

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L’argent est maître et autant dire qu’il en faut pour s’adjuger –au moins en partie- les quelques 700 véhicules qui composent le roster de Forza Motorsport 7. Voilà un chiffre bien plus qu’honorable et qui accueille entre autres cette année des poids lourds, histoire de prendre un peu de hauteur sur la piste. Rien de révolutionnaire mais on apprécie l’expérience et en particulier les habitacles comme toujours très soignés. Pour le reste, le client est roi avec des supercars, berlines à papa, Formules-E, voitures de rallye du mythique groupe B, sportives d’hier et d’aujourd’hui, américaines pur jus et même trophy trucks : il y a l’embarra du choix. Et comme toujours les options de personnalisation sont nombreuses et parfaitement entretenues par la communauté qui affiche parfois un certain génie créatif que l’on se plait à redécouvrir. Du côté des pièces et réglages aussi Forza Motorsport 7 propose tout ce qu’il faut pour que les puristes trouvent leur bonheur (et n’oublient surtout pas de le partager avec les moins savants, on les en remercie). De quoi expérimenter sous bien des angles différents les 32 circuits proposés cette année et leurs nombreuses variantes portant le total à plus d’une centaine de combinaisons. De ce côté-ci, Forza Motorsport 7 la joue sécuritaire en s’appuyant sur une large majorité de circuits connus : Spa-Francorchamps, Daytona, Sebring, Bernese Alps, Yas Marina, Hockenheim, Prague ou encore l’incontournable Nürburgring répondent présents. On retrouve avec plaisir le superbe tracé de Rio et Forza Motorsport 7 marque le retour bienvenu du Mugello et de Suzuka, ainsi que l’entrée en lice d’un nouveau tracé à Dubai. Avec ses courbes longues et rapides recouvertes parfois du sable du désert, ce nouveau tracé a assurément du caractère. Reste que l’on avoue que l’on n’aurait pas été contre un ou deux petits tracés supplémentaires.

« La pluie devient ainsi un élément capital peut enfin apparaitre et disparaitre entre le début et la fin d’une course ; son intensité varie et en cas de forte précipitations, des flaques ô combien piégeuses apparaissent sur la piste »

Pour compenser cette posture un brin oisive, Turn10 a concentré son travail sur l’amélioration des conditions de course. La pluie devient ainsi un élément capital peut enfin apparaitre et disparaitre entre le début et la fin d’une course ; son intensité varie et en cas de forte précipitations, des flaques ô combien piégeuses apparaissent sur la piste. Voilà enfin quelque chose de plus dynamique et riche au regard de la recette Forza Motorsport 6, même si malheureusement la pluie n’est pas disponible avec tous les tracés ! Il en va de même pour les courses nocturnes, limitées à certains circuits et sans possibilité d’évoluer du jour vers la nuit sur une seule et même course (on peut néanmoins passer de la nuit noire à un semblant de lever de soleil). Par ailleurs, aucun circuit ne propose la possibilité de piloter à la fois de nuit et sous la pluie. C’est un ou l’autre. On reste tout de même sur autre chose que le très statique Forza Motorsport 6 et l’on ne saurait que trop vous conseiller de passer par la case course libre afin de paramétrer tout cela et d’en apprécier l’esthétisme.

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Parce que oui, Forza Motorsport 7 est un titre qui vous fait aimer la pluie tant celle-ci vient sublimer des décors déjà naturellement splendides. Nous ne sommes pas encore sur Xbox One X et déjà le jeu de Turn10 en met plein les yeux, en jouant autre avec les effets de lumière pour un résultat surprenant. Plus fin, plus propre qu’un Forza Motorsport 6 déjà solide, ce septième épisode se pose sans souci comme l’un des plus beaux titres de la Xbox One. Les véhicules sont soignés, le bitume aussi mais on apprécie tout particulièrement le rendu du ciel : sous une pluie fine, au moment où les nuages laissent un peu de place au beau temps, la scène jouée prend une autre dimension. Dans un autre registre, qu’il est bon de naviguer sous tension dans la brume ou dans la nuit noire ! Avec son framerate très stable (attention tout de même au mode démarrage rapide de la console qui peut causer quelques troubles), Forza Motorsport 7 délivre une partition sublime entachée néanmoins quelques fausses notes. En premier rang un peu de cliping et plus étonnant, des textures qui disparaissent (noté quelques fois lors de l’avant ou l’après course). Enfin, si l’on était ravi de disposer dès le lancement du circuit Mapple Valley, on avoue sans contrainte que l’on aurait aimé le retrouver sous un joue meilleur tant il jure avec les autres tracés, la faute à des environnements d’un autre âge.

« Débarrassés de tous carcans, les habitués retrouvent une recette qu’ils connaissent bien, à savoir une simulation teintée d’une toute petite touche permissive autorisant la prise de risque maximale »

Le plaisir des yeux est là et il s’accompagne d’un plaisir de jeu encore une fois très élevé. Simulation certes moins exigeante que Project Cars et autres Assetto Corsa, Forza Motorsport 7 n’en demeure pas moins une référence tant il excelle lorsqu’il s’agit de s’adapter à tous. On retrouve les aides au pilotage classiques (dont les hérétiques assistances au freinage et à la direction) qui représentent ce qu’il faut pour que tout un chacun puisse profiter d’un gameplay nerveux, voire carrément jouissif sur fond de rugissements de moteurs très bien retranscrits et de pneus qui crissent. On ressent chaque type de revêtement, chaque centimètre passé sur les vibreurs et la pluie à véritablement une incidence sur le comportement de la voiture. On en profite d’ailleurs d’autant plus grâce à une nouvelle vue de cockpit (plus proche du tableau de bord) et l’ajout subtil d’un tremblement de la caméra, plus ou moins perceptible selon le revêtement ou un éventuel choc. Débarrassés de tous carcans, les habitués retrouvent une recette qu’ils connaissent bien, à savoir une simulation teintée d’une toute petite touche permissive autorisant la prise de risque maximale. Oui, Forza Motorsport 7 est un titre qui aime laisser le joueur exprimer son envie de puissance, quitte à le laisser revenir en arrière d’un coup de rebobinage en cas de besoin. Mais comme à son habitude, il sait aussi comment récompenser les joueurs appliqués en offrant une marge de progression palpable à chaque instant. Cela ne se fait pas pour autant sans quelques écueils. En solo, il faut encore et toujours composer avec des drivatars trop agressifs malgré l’option permettant à priori de réfréner leurs ardeurs meurtrières. Les poussettes y vont bon train et comme il n’est toujours pas possible de participer à des qualifications qui auraient permis de s’éloigner du danger… Bref, ce n’est pas injouable, loin de là, mais du travail est à prévoir pour Forza Motorsport 8. Quant au multijoueur, il est égal à lui-même : jouer à 24 avec des inconnus est souvent synonyme de démarrage en fanfare avec carambolage de masse au premier virage. Sans parler ensuite des quelques bouchers en herbe qui n’hésitent pas à recréer l’ambiance Burnout. Rien ne sanctionnant aujourd’hui la mauvaise conduite, il faut compter sur sa chance (ou des parties privées) pour s’adonner à la course propre et s’adjuger une victoire qui ne ressemble pas trop à un concours de circonstances façon Jean Alesi à Monaco.

4/5
Sans surprise, Forza Motorsport 7 joue la carte de la sobriété et délivre une expérience solide, à défaut d’être la marque d’une évolution significative. Toujours aussi puissant manette en mains, le titre de Turn10 se plait aussi à flatter la rétine des joueurs Xbox One, même privés de X, en jouant notamment avec la météo pour un rendu du plus bel effet. Tout n’est certes pas parfait, avec quelques écueils graphiques ici et là, une IA encore trop agressive et une progression un poil trop retenue par un système de récompense un peu avare. A l’inverse, on se réjouit de pouvoir profiter d’un mode solo principal plutôt bien agencé à défaut d’arriver à proposer LA recette qui donnera enfin une véritable dynamique à ce mode trop souvent aseptisé. Adapté à tous, généreux d’un côté avec une sélection de véhicules en tous genres, un poil radin quant il s’agit de proposer de nouveaux circuits, Forza Motorsport 7 trébuche en multijoueur en laissant un peu trop de liberté aux adaptes du stock car. Pas de quoi gâcher cette belle fête du sport automobile, mais un élément de plus qu’il sera bon de revoir dans l’optique d’un Forza Motorsport 8 que l’on espère aussi solide mais pourquoi pas plus ambitieux.

+

  • Des moments de pure beauté
  • Conduite nerveuse et diablement fun
  • Conditions météo moins scriptées
  • Garage conséquent
  • Mode solo moins rébarbatif qu’autrefois
  • Vraiment adapté au plus grand nombre
  • Nouveau tracé de Dubai intéressant…

-

    • … Mais on aurait aimé plus de nouveaux circuits
    • Météo et cycle jour/nuit cantonnés à certains circuits
    • IA encore trop agressive
    • Le multi, un repère à brutes
    • Toujours pas de qualifications, vraiment ?
  • 05.10 à 06:18

    Ayant un peu avancé dans le solo, je ne peux que regretter aussi l’absence de qualif avant une course. Sur 3 tours on n’a souvent pas le temps de rattraper le 1er (difficulté Pro). Heureusement, on peut allonger le nombre de tours via une option dans les aides au pilotage.

    Le multi pas encore testé, j’attends qu’un mode fantôme fasse son apparition, comme le mode Catégorie de FM6.

    Sinon, pas un mot sur l’homologation ? Dans le solo on ne peut quasiment plus pousser sa machine au max d’une Classe. D’un côté c’est bien pour l’équilibre, mais d’un autre côté la liberté en prend un coup.

    Autre bémol, la taille de la police et la palette de couleur dans l’atelier de peinture !

    A part cela, je prends bcp de plaisir dessus, la vue cockpit "tableau de bord" est vraiment immersive, on voit les divers éléments bouger comme les essuie-glaces.

  • 04.10 à 09:56

    [quote="MATsolid-snake44":p6ufvug1]C’est toujours le multi le problème dans les jeux de caisses… Faut vraiment que les développeurs soient sévères avec ça et de manière préventive : sanction immédiate pour ceux qui tamponnent, ou coupent à travers l’herbe, etc.[/quote:p6ufvug1]
    Même en solo c’est insupportable cette IA de merde qui te sors de la route comme si tu jouais a mario kart… C’est le seul reproche que j’ai à faire aux forza motorsport (et la musique trop soporifique également)

  • 04.10 à 08:08

    C’est toujours le multi le problème dans les jeux de caisses… Faut vraiment que les développeurs soient sévères avec ça et de manière préventive : sanction immédiate pour ceux qui tamponnent, ou coupent à travers l’herbe, etc.