Jeux

LEGO City Undercover

Action/Aventure | Edité par Warner Bros Interactive Entertainment | Développé par Traveller's Tales

4/5
One : 05 avril 2017
23.04 à 16h21 par

Test : LEGO City Undercover sur Xbox One

Pour arrêter Lee, il vaut mieux une bonne couverture

La WiiU, paix à son âme, a eu certes peu de jeux à revendiquer mais une jolie proportion de titres de qualité. Derrière le rempart moustachu qui a tenu à lui seul la quasi-totalité de l’activité sur cette console, on trouve quelques titres tiers qui ont su tirer leur épingle du jeu. LEGO City Undercover est de ceux-là et c’est donc tout naturellement que l’on se réjouit de sa venue sur Xbox One. Reste à savoir s’il conserve tout son charme en l’absence aux commandes du fameux Gamepad de Nintendo.

Grande habituée des adaptations de films, la série des LEGO par Traveller’s Tale opérait en 2013 un petit crochet pour développer sur celle qui était alors la dernière née des consoles Nintendo un titre original à tous les étages. LEGO City Undercover introduit ainsi le policier Chase McCain, héros d’une aventure rocambolesque aux quatre coins d’une ville en proie à la menace du vilain Rex Fury. Eh oui, l’ennemi public s’est échappé de prison où l’avait bouclé Chase quelques années auparavant. Cela ne se fit pas sans quelques couacs qui valurent au policier le désaveu de la part de ses supérieurs, synonyme d’exil ; mais dans le cœur des habitants de LEGO City, McCain ne rime pas seulement avec frite. Il demeure un héros. Le seul capable de mettre Rex Fury hors d’état de nuire. A défaut de pouvoir se reposer sur le scénario d’un film qu’il adapterait, ce titre LEGO s’appuie sur une histoire sans grandes surprises mais très agréable à suivre, plutôt bien rythmé et comme toujours, bourré d’humour. Les sourires, voire quelques franches rigolades, retrouvent de belles couleurs grâce à la présence entre autres de doublages en français de bonne facture.

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A la différence de la plupart des jeux de Traveller’s Tale qui s’appuient sur un monde partiellement ouvert entre deux niveaux et une progression relativement linéaire, LEGO City Undercover introduit un véritable open world. A l’exception des missions « spéciales » (elles représentent 50% des missions principales) qui ont lieu dans des environnements dédiés, on a tout loisir de naviguer dans LEGO City pour s’adonner à toutes sortes d’activités. Les habitués ne seront pas dépaysés quand il s’agit de récolter des pièces par millions, de casser un maximum de choses pour accumuler des briques ou pour se coller à quelques petites énigmes avec comme récompense un nouveau personnage ou un véhicule. Il y a également les fameuses et ô combien précieuses briques rouges à récolter pour ajouter un peu plus de légèreté ou tout simplement se simplifier la vie. Mais malgré ces airs connus, la ville de LEGO City Undercover est autrement plus vivante, dense et agréable à parcourir que n’importe lesquelles des zones ouvertes des autres jeux LEGO. Chaque quartier a son identité, ses lieux majeurs et sur un espace pas forcément immense LEGO City Undercover parvient à offrir suffisamment de choix pour que l’on apprécie les virées en ville.

« En bref, LEGO City Undercover est meilleur en qualité de jeu que de portage mais en l’état, on fait bien plus que s’en contenter tant l’ensemble sait se montrer convaincant »

On alterne ainsi activités secondaires en pagaille et choses sérieuses sur un rythme bien maitrisé. Tradition du GTA-Like mêlée au jeu LEGO oblige, tout n’est pas forcément disponible tout de suite, qu’il s’agisse de certaines parties de la ville comme de tous ces objets aux icônes énigmatiques, jusqu’à ce que l’on débloque via une mission principale la compétence requise pour les comprendre. Il faut d’ailleurs attendre la fin du jeu pour véritablement disposer de tout ce qu’il faut pour écumer la ville… Si tant est que l’on en ait le courage tant les objets et autres personnages à débloquer sont nombreux (ils se comptent par centaines). Fort heureusement, dans LEGO City Undercover tout cela n’est qu’une grosse cerise sur un gâteau qui résiste une bonne grosse douzaine d’heures avant d’être englouti. Les quinze missions spéciales s’avèrent dans l’ensemble mieux rythmées que celles proposées par les autres titres de la saga : pas d’additions interminables d’actions pour avancer ici, tout se déroule plutôt tranquillement et en souplesse malgré une caméra qui fait encore un peu des siennes. En lieu et place des personnages différents, on a ici un héros qui dispose de neuf costumes pour autant de compétences ; régulièrement Chase McCain joue les gros bras, le pompier et même l’astronaute pour s’ouvrir un passage vers la suite du niveau. Si l’on regrette comme toujours l’absence (archi) totale de challenge, il faut composer avec des combats qui perdent encore un peu plus d’intérêt ici. Dans ce semblant d’Assassin’s Creed pour les nuls on peine à trouver un quelconque plaisir à enchainer les mandales ; peut-être reconnait-on l’intérêt de la chose d’un point de vue rythmique, mais rien de plus.

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Quid de l’intérêt vis-à-vis de la version WiiU ? Faute de Gamepad pour rendre plus interactives certaines petites actions comme la recherche d’indices visuels, LEGO City Undercover fait les choses simplement sur Xbox One. Un petit QTE, voire rien de spécial, et l’affaire est dans le sac sans que l’on ait finalement quoi que soit à redire. Ces actions n’ont rien de bien passionnant, mais cela fonctionne et c’est l’essentiel. On s’en contente d’autant plus facilement que contrairement à la version WiiU, cette mouture Xbox One accueille un mode deux joueurs local. Classique de la saga et pourtant absent de la version de 2013, ce mode met en évidence les grandes qualités de l’open world de LEGO City Undercover. On se sent complémentaires en mission comme dans la ville où chacun est tout à fait libre de se lancer dans une activité annexe pendant que l’autre détruit tout sur son passage. Cela ne sa fait pas sans quelques concessions (chutes de framerate plus fréquentes et caméra qui peine à se placer correctement) mais le plaisir de jouer à deux les vaut bien. Visuellement, LEGO City Undercover est encore un titre honorable qui a sa place sur Xbox One, même si l’on aurait évidemment un lifting plus poussé. Difficile en revanche de pardonner des errements toujours au programme quatre ans après : aux véhicules savonnettes bien pénibles s’ajoutent toujours des bugs visuels (un vélo qui roule tout seul), un personnage qui se coince dans le décors et, plus embêtant, un script qui ne se déclenche pas et fait planter la mission. En bref, LEGO City Undercover est meilleur en qualité de jeu que de portage mais en l’état, on fait bien plus que s’en contenter tant l’ensemble sait se montrer convaincant.

4/5
Malgré ses quatre années déjà passées ailleurs et un portage qui n’élimine pas tous les défauts originels, LEGO City Undercover n’en demeure pas moins un très bon titre. Probablement l’un des tous meilleurs jeux de la saga. Habillement mariée aux vertus du GTA-like, la recette à base de briques danoise si chère à Traveller’s Tale sort du coup de son carcan qui la porte trop souvent aux confins du manque d’originalité pour migrer vers quelque chose de plus agréable, plus amusant. Bon, tout simplement. En gagnant au passage un mode deux joueurs local parfaitement taillé pour profiter un maximum des possibilités offertes par la vie citadine, LEGO City Undercover se recommande donc pour tout amateur de jeux de la franchise mais aussi pour celles et ceux qui cherchent un open world simple, accessible et amusant. 

+

  • LEGO à la sauce GTA
  • Carte bien construite
  • Mode deux joueurs bienvenu
  • Campagne bien rythmée et agréable
  • L’humour LEGO fonctionne bien
  • Version française réussie
  • Des tonnes de choses à faire…

-

    • … Redondantes au bout d’un moment
    • Caméra encore hésitante par moments
    • Conduite des véhicules ratée
    • Pas mal de bugs, souvent petits, parfois embêtants

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