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Majin and the Forsaken Kingdom

Action/Aventure | Edité par Namco Bandai Games Inc. | Développé par Game Republic

4/5
360 : 26 novembre 2010

Test : Majin and the Forsaken Kingdom sur Xbox 360

Avec Zelda, Nintendo a su trouver une véritable recette magique que peu de jeux ont su copier avec brio. On retiendra des jeux comme Soul Reaver ou encore le plus récent Darksiders. Cette fois c’est au tour du studio japonais Game Republic (Folklore, Genji) de tenter le coup avec un Majin & the Forsaken kingdom totalement inattendu.

Il était une fois un royaume délaissé

Le royaume de Q’umarkaj est en proie à un grand désastre. La nature et la vie sont petit à petit corrompus par de sombres forces que rien ne semble pouvoir arrêter. Le héros de l’histoire est un jeune voleur sans nom qui a été abandonné dans la nature et élevé par les animaux (ce qui lui a permis d’acquérir la capacité de communiquer avec eux). Malgré cet avenir peu prometteur, il semblerait qu’il existe encore un moyen de bouter ces ténèbres hors du royaume. Dans le château, une créature légendaire appelée Majin serait retenue prisonnière, et possèderait d’immenses pouvoirs. C’est ainsi que les péripéties commencent. Lors d’une incursion dans le château aux airs de tutoriel, notre petit voleur libèrera le Majin et liera rapidement une forte amitié avec ce dernier, qui le prénommera par ailleurs Tepeu.



Si le pitch de base n’est pas forcément des plus originaux, force est de constater que ce dernier est raconté avec beaucoup de poésie. En vérité la force de l’histoire se trouve surtout dans la relation entre les deux protagonistes. Un peu comme si David et Goliath étaient les meilleurs amis du monde. Ce contraste entre les personnages permet de mettre en valeur l’empathie qu’ils ont l’un pour l’autre. L’œuvre qui nous est proposée là, à la manière d’un Shadow Of The Colossus, raconte l’histoire de manière véritablement touchante. Evidemment la patte artistique du titre y est pour beaucoup. On retiendra en particulier les scénettes en ombres chinoises sous fond sonore de boite à musique qui montrent une émotion presque palpable. Le scénario se dévoilera par la suite avec parcimonie, dévoilant une intrigue qui implique plus qu’il n’y parait les personnages.

Qu’un formidable duo fini par sauver

La relation entre le Majin et Tepeu est véritablement au cœur du jeu, et pas seulement de l’histoire. Le gameplay est ainsi profondément basé sur la collaboration de ces deux êtres complémentaires. Que ce soit pour les combats ou pour résoudre diverses énigmes, le joueur devra exploiter les forces et faiblesses des deux protagonistes. Tepeu est faible au combat, mais discret et agile. Il conviendra souvent de réfléchir avant d’agir, de contourner les forces ennemies, et de donner des ordres au géant pour qu’il puisse utiliser sa force au mieux. Dans le jeu vous ne dirigerez que Tepeu. Le Majin se contentera de le suivre à la trace et de le défendre, à moins que vous ne lui enjoigniez quelques ordres. Dommage cependant qu’il ne soit pas possible de lui indiquer une direction précise. Il sera par contre relativement autonome dès qu’il s’agit de casser des ténèbres. C’est d’ailleurs tant mieux, car Tepeu fait rarement long feu en pleine mêlée, et au final c’est plus lui qui aide le géant en achevant les ennemis que l’inverse. D’ailleurs ce principe se retrouve dans la mort, car si le géant passe l’arme à gauche c’est le game over ; au contraire si la barre de vie du voleur tombe à zéro, son ami viendra lui réinsuffler quelques forces.

Si au départ, votre gigantesque ami est relativement faible, il vous incombera la tache de lui dénicher moult fruits destinés à améliorer ses compétences, et à lui apprendre quelques pouvoirs forts utiles comme la foudre, le vent ou le feu. Outre une utilité certaine au combat, ces pouvoirs serviront surtout à surmonter les obstacles et à revenir sur vos pas dénicher quelques trésors qui auraient pu vous échapper. Le jeu propose ainsi une structure semi-ouverte, dont les différentes zones seront accessibles petit à petit, et qui incite aux allers-retours. La carte du monde est d’ailleurs particulièrement lisible, et permet à chaque instant de savoir ce qu’il reste à trouver ou non dans chaque secteur, évitant de fouiller inutilement des zones déjà dépouillées de tout trésor.

Si tant est qu’un joueur les y aide

Les aventures de Majin et de son comparse sont donc un subtil mélange de combats, de puzzles et d’aventure. Durant la quinzaine d’heure nécessaire pour en voir le bout (à 100%), le rythme sera suffisamment soutenu pour que le joueur ne s’ennuie pas. Les lieux et situations sont suffisamment diversifiés pour que l’impression de tourner en rond ne s’instaure pas. On regrettera toutefois des ennemis relativement peu variés. Pour rester dans le registre des doléances, on pourra critiquer la gestion des sauts souvent hasardeuse qui n’aide pas dans les (heureusement rares) passages plateformes. On pourra aussi critiquer la réalisation technique du jeu loin d’être bluffante, mais il faudra relativiser en la mettant en parallèle de la direction artistique vraiment convaincante. La patte graphique du soft propose quelque chose de frais en cette période où les titres se ressemblent tous. De plus, l’expérience du jeu est soutenue par une musique d’une rare qualité, et de doublages français d’assez bonne facture, du moins pour les personnages principaux.


Au titre des bonnes idées trop peu exploitées, on trouvera aussi une gestion intéressante du cycle jour/nuit, ne laissant apparaitre certaines choses que la nuit (lorsque les ennemis y sont plus nombreux). Il aurait été intéressant que l’influence du cycle soit plus présente. Ceci dit c’est toujours mieux que de ne pas en proposer. Certains regretteront peut-être également la faible difficulté du soft, dont les énigmes sont bien plus simples que celles d’un Darksiders par exemple.

S’il n’est pas le jeu le plus médiatisé ni le plus bluffant techniquement de cette fin d’année, Majin & The Forsaken Kingdom est par contre l’une des meilleures surprises et l’un des jeux les plus touchants qui soit. Malgré ses défauts, le titre se veut attachant et propose une expérience bien plus originale que la moyenne. Si vous aimez le genre : foncez. Vous aurez peu de chances d’être déçus.

+

  • Musiques de grande classe
  • Un coté touchant
  • L’exploration balisée juste ce qu’il faut

-

    • La gestion des sauts
    • Un poil trop simple
  • 13.02 à 12:57

    Je parle juste du trip "jeu de plate-forme avec fond poétique". Et ça tu l’as dans Ico et Enslaved. Seulement dans Majin j’ai l’impression d’avoir vu ça 1 million de fois… Sorti du gros bouffon qu’est Majin, le héros est insipide, la bande son est prétentieuse et clichée, et puis tout le background et les mécanismes font pompés (Dans Ico y’a je ne sais combien d’énigmes avec des leviers, capacités ou reliefs). Ce qui sauve un titre comme Enslaved c’est l’animation de Trip et du perso’, c’est tellement vivant que ce soit dans les mouvements ou les mimiques. Dans Majin y’a rien sauf que contrairement à un Ico qui poutrait tout au niveau de l’ambiance là ça fait pseudo-resucée et c’est assez convenu au final… Enfin j’sais pas, j’suis peut être blasé…
    D’ailleurs je suis assez curieux (et inquiet) de voir comment la team Ico va pouvoir offrir un nouveau chef d’oeuvre (Last Guardian) après l’inégalable Shadow of the colossus…

  • 13.02 à 11:47

    Il faudra Quand même m expliquer la comparaison avec enslaved. A part que ca été aussi édite par namco je ne vois pas trop le rapport. C est pas du tout le même genre de jeu.

    Sinon je te conseille tout de même de le terminer tu aura tour le temps de réviser ton jugement. Tu va^^ acquérir de nouveaux pouvoirs qui vont varier le gameplay et rendre les énigmes plus coriaces.

  • 13.02 à 10:26

    [quote="karluspupus"]Encore une fois, un test bien gentil. Je viens de finir le jeu, et tout ce que je peux dire c’est que j’ai été bien déçu: j’ai mis moins de 10 heures pour en venir à bout (pas à 100%) mais ça m’a paru une éternité. Le gameplay est vraiment simpliste au possible, la maniabilité frustrante, les graphismes très moyens, actions très répétitives. Quant à l’ambiance, je l’ai trouvée bien bien niaise (et pourtant je suis un gran sensible), les personnages (hormis le majin) et la mise en scène étant vilains. Heureusement je l’ai chopé vraiment pas cher.[/quote]

    Tu remontes le test au bon moment pour moi puisque tes dires correspondent exactement à mon avis sur le titre. Là où je pensais que sur les 2 premières heures le gameplay varierait, je me suis totalement trompé. J’en suis à presque 5h et je sens que je ne le terminerais pas. Je suis d’accord avec Kelan les sauts sont justes calamiteux au possible. La mécanique des niveaux est toujours la même et les combats sont peu variés. Franchement je me doute que quand on a pas l’habitude d’un Ico ou d’un Enslaved on peut être indulgent mais si vous avez fait les 2 passez clairement votre chemin vous ne louperez rien…

  • 12.02 à 10:56

    [quote="grille pain":2p2mx3gz]on peut y jouer en coop local?[/quote:2p2mx3gz]

    Non, c’est un jeu solo uniquement.

  • 12.02 à 10:14

    on peut y jouer en coop local?

  • 12.02 à 09:27

    Encore une fois, un test bien gentil. Je viens de finir le jeu, et tout ce que je peux dire c’est que j’ai été bien déçu: j’ai mis moins de 10 heures pour en venir à bout (pas à 100%) mais ça m’a paru une éternité. Le gameplay est vraiment simpliste au possible, la maniabilité frustrante, les graphismes très moyens, actions très répétitives. Quant à l’ambiance, je l’ai trouvée bien bien niaise (et pourtant je suis un gran sensible), les personnages (hormis le majin) et la mise en scène étant vilains. Heureusement je l’ai chopé vraiment pas cher.

  • 29.12 à 02:02

    Me tente de plus en plus ce petit jeu sorti de nulle part..

    Très bon test Kelan, en tout cas.

  • 28.12 à 10:52

    Enfin une note à la hauteur du jeu. Bon test bravo.

Fiche succès

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