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Metal Gear Solid V : The Phantom Pain

Infiltration | Edité par Konami

4/5
4.0/5
One : 01 septembre 2015 360 : 01 septembre 2015
11.09 à 21h49 par

Test : Metal Gear Solid V : The Phantom Pain sur Xbox One

The Man Who Sold The World

Metal Gear Solid V : The Phantom Pain, la suite du prologue du décrié Ground Zeroes, a pour but de dévoiler la descente aux enfers du légendaire Big Boss. L'épisode final pour Hideo Kojima qui ne retravaillera plus jamais sur la saga. Un épisode qui promet énormément avec des sujets tabous, la conclusion de la saga Big Boss et qui s'annonçait comme l'épisode le plus ambitieux. Les promesses sont-elles tenues ? C'est ce que nous vous proposons de vérifier dans ce test.

Cela fait maintenant depuis quatre années (2011) que nous connaissons l’existence du projet (officieusement via des présentations du Fox Engine). Nous avions eu l’officialisation de Ground Zeroes en tant que prologue en 2012 mais aussi l’affaire The Phantom Pain à la fin de cette même année. Le début du projet fou de Kojima, avec le fameux Joakim Mogren et de son studio fictif Moby Dick Studio. Tout ceci avait pris fin en mars 2013 avec une bande-annonce reliant les deux (même si nous nous doutions bien que The Phantom Pain était un Metal Gear Solid) pour en faire MGS V. Une communication assez folle avec notamment de nombreuses bandes-annonces toujours plus belles les unes que les autres. Puis Ground Zeroes (qui devait sûrement être vendu avec The Phantom Pain à l’origine) débarqua et, avec lui, les critiques (fondées) à cause de son prix de vente et de son contenu principal très maigre. Fort heureusement, le gameplay montrait de belles promesses qui ne demandaient qu’à s’exprimer à son potentiel maximum dans les immenses zones de The Phantom Pain. Afin de capitaliser au maximum sur ce dernier, Hideo Kojima promettait de grandes choses comme à son habitude : immensité des zones à explorer, un gameplay permettant de jouer comme nous le souhaitions et la descente aux enfers de Big Boss avec des scènes tellement dures qu’il aurait pu  - selon ses dires – arrêter le jeu mais aussi la conclusion de l’arc narratif Big Boss.  Nous sommes désormais en droit de savoir si Metal Gear Solid V remplit toutes ses promesses. La réponse ? Oui et non. Comme MGS 2 avec la présence de Raiden, MGS 4 avec des cinématiques d’une longueur interminable (et peu intéressantes) et Peace Walker avec notamment son système de Mother Base, MGS V va diviser les fans et les joueurs.

Pour commencer notre explication, commençons par ce que tous les fans attendaient : le scénario. Le scénario en lui-même est bon, nous ne pouvons pas le nier. Les cassettes audio remplacent bien les phases de Codec (même si elles ne sont pas toutes forcément intéressantes) et le jeu est narré de manière plus mature, avec des thèmes plus lourds. Nous sommes en face d’un Hideo Kojima qui met tous ses délires japonais au placard au profit de quelque chose de plus sombre et de plus sérieux et ce n’est pas plus mal. Nous pouvons même parler des cinématiques qui mettent parfaitement en valeur la bande-son (bien que trop peu présente) de Ludvig Forssell et les doublages des personnages (Troy Baker pour Ocelot par exemple). Les cinématiques sont également plus travaillées qu’à l’accoutumée, nous sommes en face d’une des meilleures réalisations, de plans de caméra bien choisis et même d’un bon rythme. Malheureusement, tout n’est pas rose. En effet, suite aux critiques concernant la longueur des cinématiques de MGS4, Kojima semble avoir fait marche arrière pour nous proposer l’extrême opposé pour notre plus grand malheur. Comme nous vous le disions plus haut, les cinématiques sont bien rythmées mais elles ne sont que trop peu présentes, même en comptant celles qui sont optionnelles comme celles qui nous sont proposées lors de nos retours à la Mother Base (qui sont d’ailleurs assez intéressantes). Au final, cette pauvreté au niveau des cinématiques provoque un manque de rythme évident en ce qui concerne la phase narrative.

«Hideo Kojima met tous ses délires japonais au placard au profit de quelque chose de plus sombre et de plus sérieux.»

Nous avons en face de nous un récit qui piétine après quelques heures de jeux et qui met énormément de temps avant de réellement se lancer. Et pourtant nous avons eu droit à un prologue vraiment intéressant, notamment grâce à une ambiance glauque (fort heureusement, cela ne sera pas le seul moment du genre) et une première mission qui nous dévoile une cinématique qui nous annonce clairement le thème du titre, la vengeance. Mais en dehors de quelques cinématiques, le scénario ne décolle pas et Big Boss est envoyé pour plusieurs missions pour la simple supposition que ‘Cipher doit être derrière tout ça’ et c’est bien dommage. Le scénario va heureusement s’emballer à un moment avec notamment un premier final avec un des affrontements les plus épiques de la saga. D’ailleurs, d’une manière générale, nous sommes enfin en face de Boss qui en imposent clairement que cela soit par leur design mais aussi par leur puissance. Sans forcément parler d’égaler Metal Gear Solid 1 à ce niveau, nous avouerons que nous sommes en face de ce qui s’en rapproche le plus depuis le début de la saga.

Malheureusement, le scénario commence à décoller pour mieux atterrir et il recommence pour se terminer bien trop rapidement avec le sentiment qu’il manque clairement un chapitre. D’ailleurs nous notons l’absence de plusieurs cinématiques présentées dans les diverses bandes-annonces ainsi que d’une mission qui n’est seulement présente que dans le making-of du jeu. Nous arrivons donc à une fin qui a mis du temps à arriver (par rapport aux nombreuses heures de jeu), mais qui arrive aussi trop rapidement et qui est finalement très vite expédiée pour notre plus grande tristesse.

Pour contrebalancer cette ‘mauvaise note’, Metal Gear Solid V possède une durée de vie monstrueuse avec un contenu très riche. Tout ceci est dans la lignée de Peace Walker qui était déjà le jeu le plus long de la saga et pour le coup, MGS V fait encore plus fort et pas qu’un petit peu. Nous retrouvons donc la Mother Base qui était présente dans Peace Walker avec comme d’habitude, des soldats à recruter selon leurs statistiques et donc selon vos besoins. Nous pouvons récupérer également des tourelles, des moyens de transports (jeep par exemple) ou encore des tanks ainsi que des conteneurs de matériaux essentiels pour votre Mother Base. Bien entendu, tout ceci n’est pas disponible tout de suite, il faudra améliorer votre ballon Fulton afin de pouvoir rapporter tel ou tel chose, augmenter le nombre et avoir également assez de PIM (la monnaie dans votre Mother Base) afin de pouvoir rapporter un soldat par exemple (même si au final ce n’est jamais un problème).

«Metal Gear Solid V possède une durée de vie monstrueuse avec un contenu très riche.»

Lors de votre aventure, vous aurez aussi la possibilité de créer votre ‘Zoo’ en ‘Fultonant’ diverses animaux. Du plus inoffensif avec les oiseaux et les moutons, aux plus dangereux avec les loups et autres ours, tout en passant par la case zèbre. Vous risquez, au gré de vos missions, de tomber nez à nez devant un ours qui s’est levé du pied gauche et si vous ne prenez pas la poudre d’escampette, vous risquez de ne pas voir le jour se lever. Après avoir décidé de jouer les chasseurs (au tranquillisant bien évidemment), vous aurez l’occasion de leur rendre une petite visite sur une partie externe de votre Mother Base. Et oui, contrairement à Peace Walker, votre Mother Base n’est pas qu’un tas de texte, il est possible de se balader, de voir vos recrues vous saluer et de les entraîner avec quelques prises de CQC. Malheureusement, contrairement à ce qu’avait dévoilé Kojima, n’espérez surtout pas croiser Kaz ou Ocelot se balader, mais vous pourrez toujours trouver quelques pièces ‘secrètes’ et rendre visite à certaines personnes. Oui, la Mother Base est visitable et nous vous conseillons d’y retourner à chaque mission principale afin d’avoir droit de tomber sur une cinématique optionnelle mais aussi pour faire votre douche et de remonter le moral de vos troupes.  Cette Mother Base que vous verrez s’agrandir de plus en plus vous servira notamment à la création de base avancées pour participer aux FOB (un mode online qui consiste à attaquer une base d’un autre joueur ou de défendre sa base).

Comme dans Peace Walker, nous devons nous occuper de la Mother Base (même si effectivement, ce n’est pas forcément obligatoire mais c’est fortement conseillé) en demandant à l’équipe R&D (Recherche et Développement) de travailler sur les armes et objets (tenues incluses) afin d’avoir de plus en plus de choix et d’être aussi bien plus efficace sur le terrain. Vous devrez également gérer l’équipe médicale pour les blessures et maladies sur la Mother Base, ainsi que l’équipe de renseignement pour avoir quelques aides externes lors de vos missions. Vous avez également l’équipe de soutien afin de pouvoir demander à nos hommes de bombarder tel lieu ou encore d’avoir plus de chance de réussir une récupération Fulton dans de mauvaises conditions (météo peu clémente par exemple). Rajoutons à tout cela,  l’équipe de combat afin d’envoyer vos troupes dans des missions dans le but de récupérer diverses ressources et étaler la domination des Diamond Dogs. Après tout, nous somme le leader Big Boss.

Parlons justement de ce que fait le légendaire Big Boss, celui qui aime travailler en solitaire. Pour la première fois dans la saga, nous ne faisons pas face à des couloirs mais à de vastes zones qui sont délimitées par des murs invisibles qui provoquent la fin de la mission (avec un rappel via radio avant, comme le faisait Ground Zeroes) si nous persistons à s’éloigner de la carte. Fort heureusement, à moins de vouloir se la jouer explorateur, cette limite ne se remarquera même pas. Nous avons un objectif principal (avec plusieurs sous-objectifs optionnels) et nous sommes libres comme l’air. Vous pouvez parcourir le niveau comme bon vous semble : En véhicule, à cheval ou encore à pied. Metal Gear Solid V est synonyme de liberté d’action, open world oblige. En effet, vous décidez quand vous voulez passer à l’action (de jour comme de nuit) mais également comment (en infiltrant la base sans laisser de trace, en jouant en mode Rambo) et aussi par où. En effet, le Level Design des niveaux permet de choisir de contourner une base (quand les montagnes le permettent) mais également de prendre de la hauteur afin de scanner chaque ennemi et de s’infiltrer dans la base en utilisant les décors à votre avantage. Vous êtes maître de votre destin, vous êtes plus que jamais Big Boss et c’est à vous de construire votre légende. Pour vous aider dans votre mission, vous aurez droit à un compagnon (au choix) si vous le souhaitez. Vous commencerez avec le cheval et vous aurez droit quelques temps après à trois autres alliés. Quatre compagnon au maximum, mais ce nombre dépendra de vos futures rencontres ainsi que de vos choix (abandonner, sauver ou tuer) même si malheureusement ce seront les seuls choix disponibles. Bien entendu, ce sont aussi les compagnons les plus utiles dans votre aventure (détection des ennemis et prisonniers, diversion, attaque, tout y passe). Bref, vous l’aurez compris, MGS V c’est le Metal Gear Solid du gameplay. Il est moderne et très agréable à prendre en mains et il est mis en lumière par un Level Design travaillé qui permet une liberté d’action vraiment sympathique.

4/5
Metal Gear Solid V : The Phantom Pain est l'épisode le plus riche de la saga. Proposant une durée de vie immense avec de nombreux objectifs, de nombreuses façons de s'infiltrer grâce à un Level Design aux petits ognons. L'épisode tient ses promesses au niveau du gameplay : nous sommes en face du premier Metal Gear Solid qui base son aventure au cœur du gameplay. Malheureusement, ce n'est pas sans conséquence puisque le titre possède une certaine répétitivité au niveau des missions et surtout un manque de rythme scénaristique très déplaisant. Le titre aborde pourtant des thèmes matures et sombres mais il manque clairement un réel rythme accompagné de cinématiques (heureusement les cassettes audio remplacent habilement le codec). Nous pouvons également noter l'absence d'un chapitre pour clôre le titre et de pratiquement l'absence de Kiefer Sutherland au niveau du doublage tellement il est peu présent à notre plus grand regret. Ce changement d'approche vient notamment des critiques qu'avait subi MGS4 (à raison) à l'époque et c'est un parti pris qui va diviser tout comme les décisions scénaristiques. Bon ou mauvais choix ? Cela sera au gout de chacun mais le principal est que MGS V : The Phantom Pain est clairement un jeu qui marquera la saga et qui trustera les premières places des épisodes de la Saga malgré ses imperfections.

+

  • Le Fox Engine dans toute sa splendeur
  • Très grande durée de vie
  • La liberté d'action
  • Les grandes zones d'opération
  • Une aventure plus mature et sombre
  • L'utilisation des Buddies
  • Des Boss qui en imposent

-

    • Le manque de rythme scénaristique
    • Il manque un morceau du scénario
    • Big Boss muet
    • Une certaine répétitivité
    • Le dernier MGS de Kojima ...
  • 14.09 à 08:41

    Excellent test et suis assez d’accord avec ton point de vue.

  • 12.09 à 08:54

    Il est bien présent effectivement, mais c’était surtout pour noter le peu de dialogue que proposait Kiefer ^^

  • 12.09 à 08:44

    depuis quand kiefer Sutherland n est pas dans ce mgs???il en est même le joueur principal…

    David hayter fallait dire…