Jeux

PlayerUnknown’s Battlegrounds

Battle Royale | Edité par Microsoft | Développé par PUBG Corp.

2/5
One : 04 septembre 2018
21.09 à 20h01 par - Rédacteur

Test : PlayerUnknown’s Battlegrounds sur Xbox One

Royale without cheese

Est-il réellement nécessaire de présenter PUBG, qui s’avance dans sa version fina… 1.0 sur Xbox One ? Véritable raz-de-marée dont la portée n’a été remise à l’échelle que par l’accident nucléaire Fortnite, le Battle Royale de Brendan Greene et Bluehole a vite fait l’objet d’une annonce exclusive, sa période d’accès anticipé devant permettre aux seuls joueurs de Xbox de squatter Erangel puis Miramar. Lancé en grandes pompes mais en toute petite forme technique, que peut-on dire du PUBG de cette fin d’année 2018 ?

Premièrement, saluons le courage de ceux qui ont essuyé les pots cassés d’un lancement probablement trop anticipé. Les joueurs PC l’avaient pressenti : comment un titre qui faisait déjà souffrir certaines grosses machines, et dont l’équipe de dév’ peinait à optimiser ou corriger ce qui devait l’être dans les temps, allait-il pouvoir atterrir sans dommages sur un hardware autrement moins performant ? Loin d’être un modèle de stabilité, le premier déploiement de PUBG sur Xbox One subit des crashs imprévisibles et souffre le martyr pour dépasser les 20 images par seconde. Ce calvaire technique, accompagné d’un inévitable downgrade visuel, dessert forcément un titre qui mise avant tout sur la rapidité d’exécution et la finesse d’affichage. En quelques mots, on n’y voit rien, ça rame comme un drakkar en pleine tempête et s’ils devinent le potentiel de l’affaire, beaucoup préfèrent s’abstenir en attendant des jours meilleurs.

pubg test 2

Fast forward jusqu’en ce mois de septembre : PUBG est passé en version 1.0, ce qui ne veut absolument pas dire « finale ». D’abord parce qu’il reste de quoi râler en termes techniques, mais aussi et surtout parce que les mises à jour s’enchaînent, étoffant un jeu qui s’efforce de ne pas prendre trop de retard sur la mouture PC. Pas fulgurante, l’évolution reste tout de même sensible et s’il ne gagnera pas un prix de beauté, PUBG semble enfin fonctionnel. Sur Xbox One X, la facture visuelle vient d’être allégée et le framerate tourne enfin autour des 30 images par seconde, avec une surcouche (résolution, AA et aniso) offrant une lisibilité accrue par rapport à la version One (S). Sans aller jusqu’à nager dans le confort ou justifier l’investissement d’une X pour ce seul jeu, il y a clairement un avantage, désormais, à chasser sur la dernière-née de Microsoft.

pubg test 3

Par ailleurs, en termes de contenu, PC et Xbox One sont à l’heure actuelle au coude à coude. On peut donc jouer sur trois cartes, Sanhok étant venue rejoindre Erangel et Miramar. Beaucoup plus petite et donc très propice aux débats musclés et surtout immédiats, la dernière venue est idéale pour s’exercer au tir mais aussi à des déplacements plus agressifs. Le level design y est en tout cas meilleur à nos yeux, loin des errances monstrueuses d’Erangel et de ses fenêtres qui empêchent de viser. Davantage pratiqué à la 3ème personne que sur PC, PUBG reste cependant un théâtre d’aberrations en matière de perspective, de bizarreries physiques et surtout de facéties de réseau. Même connecté à la fibre la plus véloce, les frags suspects sont légion et voir celui qui vous a troué le casque T3 en trois tirs au débotté continuer à aligner les fullauto sur le reste de la populace locale est un supplice total. Absolument dégueulasse sur PC, le code réseau de PUBG n’est donc pas plus convaincant sur Xbox : rien d’étonnant, mais c’est dit.

pubg test 1

Globalement, il nous paraît impossible de taire le sentiment que PlayerUnknown’s Battlegrounds n’a rien à faire sur Xbox (ou sur consoles, la version PS4 approchant à grands pas), du moins sous cette forme. La prise en main, alourdie par un input lag indécent, est tout sauf agréable et donne l’impression de viser avec un lest de 20 kilos au bout du canon. Si l’affichage tête haute donne les informations nécessaires, l’inventaire mérite son propre cercle en enfer et ramasser une arme, équiper un accessoire ou utiliser un consommable ne se fait qu’au prix d’une monstrueuse gymnastique, à la fois physique et mentale.

Mais le plus gênant dans tout ça, c’est sans doute le manque d’identité dont souffre PUBG, au niveau esthétique comme conceptuel. Visuellement froid et creux, le jeu doit se contenter d’un rendu réaliste auquel les difficultés techniques multiples ne rendent pas service. Un temps bousculé et désormais piétiné par un Fortnite autrement plus travaillé dans son style et ses mécaniques, PUBG se contente de suivre avec quelques trains de retard, empruntant le pass premium et les évènements temporaires au seigneur incontesté du genre. A très court terme, il devra en plus faire face à Call of Duty et Battlefield, deux poids lourds qui semblent avoir réussi à insuffler leur style dans des modes Battle Royale aux allures encore une fois très marquées. Si l’on doit se fier à la seule beta de Blackout, techniquement très au point et ludiquement marquant, c’est mal barré pour PUBG.

2/5
L’impression laissée par PUBG sur Xbox est donc celle d’un partenariat commercial facile, MS surfant sur la popularité massive du titre pour meubler une période un peu aride pour sa console. Le portage, effectué sans trop se soucier des spécificités du jeu sur console, aboutit à un titre difficile à jouer et techniquement poussif en dépit des améliorations. Malgré son succès commercial, PUBG semble tout sauf à sa place sur Xbox One et on voit mal la concurrence présente comme future ne pas en profiter.

+

  • Le frisson de la chasse, présent malgré tout
  • Il y a du progrès et du suivi, c’est indéniable

-

    • Pas très joli, pas très fluide
    • Pas très jouable non plus
    • Code réseau en mousse