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Resident Evil 3 Remake

Survival Horror | Edité par Capcom | Développé par Capcom

3/5
One : 03 avril 2020
06.04 à 15h35 par

Test : Resident Evil 3 Remake sur Xbox One

Nemesis contre-attaque

Après le bluffant remake de Resident Evil 2 l'année dernière, Capcom remet le couvert avec Resident Evil 3. La mythique Jill Valentine est de retour à Raccon City. Mais le succès est-il toujours au rendez-vous?

Alors que le monde est en pleine crise sanitaire liée au Covid-19, la petite ville de Raccon City est frappée de plein fouet par le virus T. On doit cette contamination à Umbrella Corporation, une multinationale qui grâce à ce dernier n’hésite pas à transformer les habitants de la ville en dangereux zombies assoiffés de sang.

Alors que cette épidémie frappe la ville et que les services médicaux sont débordés, on retrouve donc Jill deux mois après les terribles événements du manoir Spencer et 24 heures avant ceux racontés dans Resident Evil 2. Une héroïne encore sous le choc des traumatismes qu’elle a subi et en proie à de violents cauchemars. Bientôt, Racoon City ne sera plus qu’un lointain souvenir pour notre membre des S.T.A.R.S. Enfin c’est ce qu’elle pense jusqu’à ce que le téléphone ne retentisse.

A l’autre bout du fil, Brad, l’un de ses ex-coéquipiers qui lui ordonne de quitter son appartement immédiatement. Pas le temps pour les effets personnels, c’est dans un grand fracas que débarque l’ami Némésis : véritable calamité surpuissante créé par la malfaisante Umbrella Corporation pour éliminer tous les témoins encore vivants de l’incident sus-cité dont vous faîtes parti!

Resident Evil 3(1)

Ainsi démarre donc votre périple. Il est donc assez difficile dès le départ de faire le lien avec la version d’origine parue initialement sur Playstation en 1999 avant de voir le jour sur d’autres plateformes. Resident Evil 2 avait vraiment pris place en tant que remake mais pour ce nouvel opus, le scénaristes on pris énormément de liberté. On déplorera l’absence de certains lieux comme la tour de l’horloge et on appréciera ou pas  l’accent mis sur certains personnages peu développés autrefois. On remarque aussi l’ajout de nouveaux environnements et de nouvelles rencontres, quitte à s’éloigner quelque peu du modèle de base.

Visuellement, on retrouve les améliorations de l’an passé qui ont tout de même été sublimées. Des décors à couper le souffle dans une ville complètement dévastée : véhicules en flammes, boutiques à l’abandon… Le jeu offre des effets de lumière d’une beauté sidérante, avec notamment un rendu des flammes et des éclairages vraiment époustouflants. Jill devra donc survivre au milieu des morts-vivants qui sont bien décidés à mettre la ville à feu et à sang. Caméra à l’épaule (comme pour le précédent), on commence donc à parcourir la ville.

Les ennemis ne manquent pas mais les munitions non plus. Même si nos amis avides de chair fraîche semblent moins agressifs que par le passé, il vous faudra tout de même bon nombre de cartouches pour les mettre à terre. Les attaques seront le plus souvent groupées n’auront malheureusement plus le quota d’hémoglobine d’antan. Moins de démembrements, de corps à terre où tout simplement impossibilité d’achever les ennemis à terre : voilà une probable conséquence d’un 60 fps garanti tout au long de l’aventure qui nous fait regretter ce qui était un grand survival horror et qui a aujourd’hui choisi de s’orienter d’avantage vers l’action.

Resident Evil 3(5)

Concernant le bestitaire, on prend plaisir à retrouver dobermans et hunters tandis que quelques créatures cultes comme le corbeau ou encore les araignées ont été rayées de la carte. Une petite diversité du bestiaire n’aurait pas été de trop. Concernant votre nouvel ennemi juré alias Nemesis, c’est un grand gaillard capable de faire des bonds de géant, donner des coups surpuissants, et attraper à distance ses adversaires avec une sorte de tentacule. Inutile de vider vos chargeurs sur cette saleté, mieux vaut utiliser l’environnement. Barils explosifs et autres groupes électrogènes feront très bien l’affaire pour l’affaiblir temporairement et vous permettre de prendre la fuite. Même si de prime abord, il paraît plus impressionnant que le Mr X de précédent remake, le monstre perd de sa superbe au fil des affrontements de boss.

Côté gameplay, pas de mauvaise surprise, puisque l’on retrouve ici un copier-coller de ce qui a été proposé avec Resident Evil 2. On profite toutefois d’une esquive (via Lb), pas forcément simple à appréhender côté timing, mais très efficace lorsque l’on parvient à effectuer un mouvement parfait. Les combats s’avèrent de ce fait plutôt intenses pour la plupart, avec parfois des courses poursuites assez épiques, mais qui deviennent aussi de plus en plus prévisibles au fil du temps… Et aussi de plus en plus bourrins.

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La petite valeur ajoutée ici réside dans l’arrivée de Carlos Oliveira. Ce membre de l’U.B.C.S (unité envoyée par Umbrella pour faire le ménage) sera jouable dans la seconde moitié du jeu. C’est un plaisir d’incarner ce soldat qui permet de diversifier l’expérience de jeu. Malheureusement c’est côté scénario que cette partie souffre. Il est décevant de se contenter d’allers-retours assez banals en fin de compte. Petite mention honorable tout de même pour la partie du commissariat (où l’on appréciera le petit clin d’oeil à Resident Evil 2) et à l’assaut de l’hôpital qui est un régal.

En terme de durée de vie, j’ai bouclé le jeu en un peu moins de cinq heures ce qui est une durée de vie raisonnable pour un Resident Evil. Cette dernière pourra cependant être rallongée par la possibilité d’améliorer votre rang mais aussi de booster votre arsenal via des points obtenus en terminant le jeu ou en accomplissant certains défis comme tuer un certain nombre d’ennemis avec une arme spécifique, terminer un moment clé du jeu, etc. Sans oublier le contenu additionnel de ce Resident Evil 3 Remake, alias Resistance.

resident evil resistance

Histoire de meubler un peu le problème de la durée de vie, Capcom a décidé d’être généreux en nous offrant deux jeux pour le prix d’un. On embraye cette fois-ci sur un contenu multijoueur, ce que l’on avait pas vu débarquer sur la franchise depuis Resident Evil: Opération Racoon City. Le jeu était initialement annoncé comme un stand alone avant de se retrouver compilé avec Resident Evil 3. Il n’est donc plus question de déambuler dans les rues de Raccoon City (confinement oblige) mais de lutter pour votre survie et/ou de garder captifs vos précieux cobayes.

On va donc débuter les hostilités avec ce nouveau mode asymétrique dont nous vous avions déjà parlé lors d’un précédent article. On reprend donc les bases du jeu avec le bon vieux tutoriel qui vous glissera dans la peau du Mastermind ou d’un survivant afin de vous familiariser avec les commandes. Les différents Masterminds sont débloqués successivement en augmentant de niveau avec chacun d’entre eux (le deuxième Mastermind est par exemple débloqué en atteignant le niveau 5 avec Annette Birkin). les capacités des survivants peuvent être changées là encore en augmentant votre niveau et/ou en les achetant avec de la monnaie virtuelle gagnée en cours de partie. Pour le plus grand plaisir de chacun -ou pas- ces compétences, ainsi que des modifications cosmétiques des personnages, peuvent être obtenues via un système de loot box.

Resident-Evil-Resistance 2

Chaque survivant possède donc ses propres compétences actives et passives tout comme les Masterminds qui ne sont autre que les grosses têtes pensantes d’Umbrella Corporation. Parmi les vilains on a donc des protagonistes tels que Annette Birkin ou Alex Wesker. Pour ce qui est des survivants, quatre d’entre eux étaient jouables lors de la bêta mais cette version définitive décide de gratifier les troupes de deux nouvelles recrues : Martin et Becca (que nous n’avons malheureusement pas pu tester, ces derniers étant vites choisis à chaque partie).

Le gameplay s’apparente à quelques exceptions près à celui du jeu de base. Cinq maps sont jouables pour le moment, un contenu qui devrait venir s’étoffer ainsi que la galerie des personnages via des DLC ou du contenu additionnel gratuit. L’attente entre chaque match s’avérait correcte lors de nos premiers essais mais cette dernière s’est vue assez rallongée selon vos choix concernant le type de partie (Mastermind, survivants, ou survivants entre amis), quelques soucis d’instabilité en cours de partie ont été noté également. Nous ne pouvons cependant confirmer qu’il s’agit des serveurs du jeu ou tout simplement des restrictions opérées par Microsoft il y à peu de temps.

Resident-Evil-Resistance 2 Resident-Evil-Resistance

C’est un mode de jeu que j’ai trouvé rébarbatif mais qui sera peut être plus agréable lors de parties entre amis, chose qui rendra peut-être la difficulté moins accrue. S’il est assez aisé de confiner les survivants, il sera plus coriace de s’échapper avec une équipe qui n’est pas synchronisée. Le but pour les survivants reste de réussir à traverser 3 environnements différents afin de voir la sortie finale.

Le petit plus qui vous incitera peut-être à rejouer si vous n’êtes pas amateur du genre, réside dans les petits défis quotidiens et hebdomadaires qui vous permettront d’obtenir diverses améliorations et les crédits pour permettre d’acquérir divers objets en cours de partie.

Resident Evil Resistance Mastermind

Impossible de quantifier ici la durée de vie de ce mode additionnel qui dépendra principalement de votre envie de le rejouer ou simplement de le découvrir. En somme un petit bonus ajouté à un Resident Evil 3 en demi-teinte mais qui n’amènera pas non plus le tout au panthéon des jeux de l’année.

3/5
Resident Evil 3 Remake était attendu par les fans suite au succès de Resident Evil 2 l'an passé, mais la recette n'obtient malheureusement pas les mêmes résultats. Il est un remake très réussi malgré certaines impasses sur le scénario initial, l'absence de certaines des énigmes et il offre son lot de moments extraordinaires, de surprises. Mais aussi quelques passages bien décevants. Il restera donc difficile de passer après Mr X malgré un adieu explosif à cette bonne vieille ville de Raccoon City. Mais on tient tout de même à saluer le travail des équipes de Capcom, grâce auquel nous avons passé globalement un agréable moment.

+

  • Spectaculaire visuellement
  • Nemesis très impressionnant
  • Le concept original de Resident Evil Resistance
  • Les clins d'oeil au remake de Resident Evil 2

-

    • Une aventure trop courte
    • Suppression de certains éléments
    • Pas vraiment un remake
    • Mois de gore au profit de l'action
    • Le Mastermind est favorisé dans Resistance