Jeux

Silent Hill : Downpour

Survival Horror | Edité par Konami | Développé par Vatra Games

3/5
360 : 29 mars 2012
10.04 à 17h47 par |Source : http://www.xbox-mag.net

Test : Silent Hill : Downpour sur Xbox 360

L’arrivée d’un nouveau Silent Hill s’accompagne désormais systématiquement d’un grand silence, d’un gros doute et en même temps d’une attente considérable. La franchise initiée par Konami est autant connue pour ses trois premiers opus, véritables monuments du jeu à ambiance, que pour sa qualité en dents de scie depuis maintenant quelques années. En effet, exit Akira Yamaoka à la tête de ces productions, le studio ayant décidé de délocaliser la réalisation de sa série phare en occident, pour un résultat parfois satisfaisant, mais également souvent passable. Qu’en est-il de ce Downpour ? Verdict.

De sang froid


Dans Silent Hill Downpour, le joueur incarne Murphy Pendleton, un prisonnier comme les autres… ou presque. En effet, le héros de l’aventure ne déroge pas aux éternels démons, voix insistantes et autres joyeusetés que tous les protagonistes des précédents opus ont vécu jusque-là. Lors d’un transfert l’emmenant vers son nouveau pénitencier, un terrible accident de bus va obliger Murphy à se débrouiller seul, et à pénétrer dans la sinistre ville de Silent Hill. Scénaristiquement parlant, le titre de Vatra Games fait dans le classique, mais maitrise néanmoins plutôt bien son sujet. En effet, le héros insipide d’Homecoming fait ici place à un personnage torturé, que ce soit par ses traits de visage ou ses expressions, ainsi que par le fil scénaristique qui le relie à la cité embrumée. Il est cependant dommage que la première partie du jeu, se déroulant aux abords de Silent Hill, aussi intéressante soit-elle, manque cruellement de saveur au niveau de sa narration. Celle-ci démarrant réellement une fois entré dans la petite bourgade de Virgine Occidentale.



A cette base scénaristique plutôt bien implémentée viennent s’ajouter des choix moraux qui jalonneront l’aventure et auront une répercussion sur la fin du jeu. Ainsi, consoler un habitant de Silent Hill ou se moquer de lui aura un réel impact sur la finalité des évènements. Il est ici l’occasion de parler des différents protagonistes de l’aventure, qui ont toujours été une des pierres angulaires des opus fondateurs de la série. Et là, le joueur est forcé de constater que le résultat est en dents de scie. En effet, bien que certains personnages soient réellement intéressants à rencontrer, et révèlent donc un travail d’écriture plutôt soigné, les autres se montrent assez rapidement insipides, bien loin des seconds rôles emblématiques des premiers Silent Hill. Cependant, le titre de Vatra se rattrape sur l’aspect mythologique de la licence. Jamais un opus n’aura été aussi loin en termes de background de la ville. Ainsi, quasiment chaque endroit profite à ses côtés de petites pancartes (traduites en français, saluons l’effort) expliquant le pourquoi du comment de chacun d’entre eux. Une occasion réellement intéressante d’en apprendre plus sur cette cité qui regorge encore de nombreux mystères.


Mais que fait donc la police ?

Scénaristiquement et en termes d’ambiance, Silent Hill : Downpour assure donc l’essentiel, avec des lieux à visiter aux ambiances macabres plutôt bien retranscrites. Toute l’aventure est bien entendu jalonnée de différentes énigmes, plus ou moins astucieuses, mais loin de la complexité et du génie des trois premiers opus. Elles ont néanmoins le mérite de diversifier les phases de jeu, et de proposer un certain challenge pour ceux qui veulent faire autre chose que du simple abattage de monstres difformes. A cela vient s’ajouter les différentes quêtes annexes, plus ou moins intéressantes, mais qui permettent néanmoins de découvrir l’une des nouvelles facettes de Silent Hill, qui se profile désormais comme un jeu davantage ouvert, qu’il sera possible d’explorer via un système souterrain.


Silent Hill : Downpour, bien que perfectible, a donc semble-t-il toutes les cartes en mains pour se révéler comme un bon segment de la mythologie de Silent Hill. Mais c’était sans compter sur les nombreuses errances techniques. Disons-le très clairement, ça rame comme pas permis. Bien qu’il soit graphiquement tout juste correct, voire légèrement dépassé, le titre de Vatra souffre de finitions absolument épouvantables. Pour exemple, lorsque le héros ouvre une porte pour accéder à un intérieur, les ralentissements apparaissent de façon brutale. Et il ne s’agit pas là de petites saccades, mais bel et bien d’un manque de fluidité assez énorme, qui fait perdre pieds au joueur et à la caméra qui part elle aussi aux fraises. Sans parler bien entendu des innombrables bugs de collision. Difficile de croire qu’en 2012, un ennemi puisse encore courir dans le vide contre un obstacle invisible alors qu’on le finit gentiment au pistolet. A une autre époque, pourquoi pas. Mais ce constat de nos jours est absolument effarant, et gâche pour une bonne partie les idées initiées par le développeur.

Tout bien sûr n’est pas négatif, et nous terminerons donc sur les musiques du jeu. Bien que n’étant cette fois-ci pas dirigé par Yamaoka-san, la bande-son du titre se révèle toujours aussi envoûtante et torturée, en parfaite adéquation avec l’ambiance de la ville embrumée. On regrettera juste qu’elle se fasse globalement un peu trop discrète durant la petite dizaine d’heures qui compose l’aventure.

http://www.dailymotion.com/video/xl5ii7

Silent Hill : Downpour est l’image même d’un titre ambitieux supplanté par ses errances techniques. Doté d’un scénario intéressant, d’idées sympathiques piochées ici-et-là, le titre de Vatra Games avait tout pour s’assurer un avenir radieux. C’était évidemment sans compter la finition absolument épouvantable, faisant de Silent Hill : Downpour un exemple, mais pas pour de bonnes raisons. Les personnages quelque peu insipides qui jalonnent l’aventure viennent eux aussi enfoncer le clou. Même si au final le sentiment d’avoir vécu un segment correct de la licence prédomine sur le reste, une question reste cependant en suspens : mais bordel, ils reviennent quand aux commandes les mecs de la Team Silent ?

+

  • Scénario intéressant
  • Musicalement réussi
  • Ambiance de la ville bien retranscrite
  • Le background bien expliqué

-

    • Personnages peu charismatiques
    • Graphiquement assez quelconque
    • Finitions globales déplorables
    • Bugs de collisions risibles en 2012
    • Ralentissements inadmissibles
    • Musiques trop discrètes