Jeux

Sleeping Dogs

Action/Aventure | Edité par Square Enix | Développé par United Front Games

4/5
360 : 17 août 2012
27.09 à 15h10 par |Source : www.xbox-mag.net

Test : Sleeping Dogs sur Xbox 360

Aucune chance que le gamer d'aujourd'hui puisse se lasser de la vie de gangster vidéoludique, surtout quand l'opportunité lui est donnée de jouer la grande gueule à Hong Kong. Ici, pas besoin de pétoire pour faire savoir à l'autre qui est le patron. Tout se règle à l'ancienne, à la force du regard et surtout des poings. Question d'honneur. Sleeping Dogs est même là pour nous prouver que mettre un genou à terre n'est pas forcément synonyme de défaite, et qu'un changement de coach est parfois bon pour le moral et les affaires. Mais cela suffit-il pour gagner le respect du public ?

Hong Kong Fou Fou

Souvenez-vous. Votre job, une belle opportunité qui se présente, des jours et des nuits de travail pour être au top et puis un jour plus rien. La pile de papiers griffonnés à la sueur de votre front n’aura finalement servi à rien et sa seule direction semble être la corbeille posée juste sous votre nez. La frustration ressentie ne doit pas être loin de celle vécue par les développeurs de United Front Games, à l’époque où Slepping Dogs s’appelait True Crime : Hong Kong et que son éditeur en ce temps, le géant Activision, décida de mettre un terme à l’aventure. Mais les vrais bons projets ne meurent jamais et presque miraculeusement, celui-ci est repris par Square-Enix pour finalement voir le jour cet été. Et que dire, au-delà de toutes les lignes qui vont suivre, si ce n’est qu’il aurait été fort dommage que Sleeping Dogs finisse à la fourrière. Certes, du côté des jeux d’action en monde ouvert, nous sommes plutôt gâtés sur cette génération de consoles : la série Grand Theft Auto a réussi son changement de cap vers une approche plus "sérieuse" de la vie de gangster, là où Saints Row entretient la flamme du grand n’importe quoi si cher à nos souvenirs. Mais qui peut se vanter de pouvoir offrir une ambiance soignée et une bonne dose de fun au sein d’une même aventure ? La ville de Hong Kong semble toute taillée pour servir de toile de fond à cet épisode de la vie de Wei Shen, un bon gars désormais au service des justes mais dont l’allure ne saurait masquer un passé étroitement lié à la pègre de la ville chinoise. Aux détours d’une cellule les retrouvailles avec un ami d’enfance, l’archétype du bad boy lover asiatique Jacky Ma, vont propulser Wei au cœur d’une mission périlleuse : intégrer la triade des Sun On Yee et mettre un terme à leur main mise sur la ville. Difficile, surtout lorsque l’on se laisse envahir par le sentiment de puissance qu’offre la vie de malfrat.



Tout le monde est d’accord pour dire que ce point de départ n’est pas le plus original qui nous ait été donné de voir, qu’il est parfois maladroit et que les rebondissements sont rares lorsqu’ils ne sont pas prévisibles. Pourtant, Sleeping Dogs s’en sort bien, très bien même, au point de faire de cette histoire l’un des principaux intérêts du soft. On se prend facilement à souffrir de la douce et agréable maladie qui nous force à rester accroché à la manette pour connaitre la suite. Une magie qui opère grâce à deux choses : Un héros attachant et un terrain de jeu atypique. On dit depuis bien avant la sortie de Sleeping Dogs que cette Hong Kong a un quelque chose de parfois très similaire à celle découverte par les joueurs Dreamcast il y a un peu plus de dix ans dans Shenmue 2. La comparaison est flatteuse et pas si loin de la vérité, surtout durant les premières heures de jeu dans le quartier de North Point (le marché est véritablement le moment fort qui rappelle le jeu de Sega). La ville est certes un peu petite comparée à celles proposées par les autres jeux du genre mais elle est bien plus vivante et affiche son identité à chaque coin de rue : ça ne fait aucun doute, on est bien à Hong Kong. C’est dense, les traits caractéristiques et autres stéréotypes sont bien mis en avant : une orgie de panneaux lumineux côtoie des ruelles sombres où l’on vient voir des coqs se battre… Ou plus simplement, le seul fait de rouler à gauche est un élément majeur de l’immersion dans ces lieux. Du coup, aux commandes d’un Wei Shen parfaitement bien taillé pour le rôle, incarnation du mélange effrayant entre puissance et sérénité, on a vite fait d’être plongé dans l’ambiance mafieuse version chinoise. Si les rencontres n’évitent malheureusement pas certains clichés un peu ringards, on apprécie la naïveté de Jacky, la finesse de Sonny ou encore les vieilles histoires du "Crabe". N’hésitant pas à faire de l’humour au gré de répliques bien senties, offrant des doublages anglais de qualité, les personnages de Sleeping Dogs et par dessus tout son héros sont au cœur de l’intérêt porté au soft.

Gentil toutou, chien méchant

C’est agréable, c’est rafraichissant mais comme toute bonne chose ça a une fin. Et celle-ci ne se fait pas prier pour arriver si l’on s’en tient à l’aventure principale, qui aurait franchement mérité une bonne poignée de missions supplémentaires. Il y a bien d’autres choses à faire pour prolonger ce bon moment et sur lesquelles nous reviendrons dans quelques instants, mais il est difficile de cacher cette pointe de tristesse pour peu que l’on ait accroché à cette ambiance particulière. Et ce n’est malheureusement pas le final quelque peu convenu qui adoucit ce sentiment. Mais bon, nous sommes dans un monde ouvert, alors autant en profiter ! Bon nombre d’activités annexes sont disponibles et se montrent convaincantes, à l’exception peut-être des "évènements", missions secondaires pendant lesquelles Wei se voit confier quelques tâches souvent sans intérêt et vite expédiées. Un mal pour un bien. Mieux vaut se lancer à l’aide de la police sur quelques affaires plutôt originales (meurtres en série, monde des courses illégales…), dont le déroulement est semblable à celui des missions principales. On peut également faire dans l’exotique en pariant sur des combats de coqs, ou partir à la recherche de lieux et d’objets servant à améliorer les capacités de Wei. Difficile également de passer outre les traditionnelles courses sur deux ou quatre roues ; c’est l’occasion d’apprécier – ou non selon les goûts – une conduite résolument arcade, donnant de bonnes sensations, moyennant tout de même un temps d’adaptation pour les motos qui semblent un poil trop nerveuses. Du punch, Sleeping Dogs en a à revendre et le combat à mains nues que l’on pourra expérimenter dans les différents clubs d’arts martiaux de Hong Kong est avant tout l’élément majeur du gameplay. On fait parfois usage d’armes à feu, histoire d’apprécier entre autres des courses poursuites en véhicule littéralement explosives. Mais la plupart du temps les litiges se règlent aux poings et de ce côté, Wei est bien loin de se battre comme un manchot. Ils sont nombreux à vouloir lui faire la peau, se définissent en plusieurs classes (punchers, rapides, gros et puissants, etc) et utilisent parfois des armes blanches qu’il est possible de retourner contre eux. La palette de coups de Wei est satisfaisante, les combats sont posés et la stratégie repose surtout sur des contres bien placés. C’est agréable et plutôt précis ; l’ennui c’est qu’une fois le contre maitrisé (au bout d’une heure car plus assisté tu meurs) les combats se révèlent bien trop faciles. Et ce n’est pas l’IA ultra prévisible qui va compliquer la tâche. Comme ces combats sont un élément central du gameplay, ils n’aident guère à prolonger cette aventure principale si courte.



On peut tout de même compter sur un système de gain d’expérience pour prolonger le plaisir. Simple et comme souvent efficace, la course à l’expérience permet de débloquer des nouvelles aptitudes au combat, d’augmenter les dégâts des armes ou encore de se faciliter la tâche pour voler un véhicule (ce qui est quasiment inutile tant les forces de l’ordre sont au taquet quand il s’agit de faire la sieste). La petite touche d’originalité de cet arbre de compétences vient dans la manière de le faire évoluer : une distinction est faite entre bonnes et mauvaises actions. Terminer une mission sans trop de dégâts dans la ville, ni de civils impliqués permet de gagner des points pour débloquer des compétences liées à la police ; user du décor pour vaincre ses ennemis ouvrira la voie aux compétences "triades". Et si des fois cela ne suffit pas à motiver quelques sorties supplémentaires en ville, il reste toujours la possibilité de compléter des défis tout en suivant les progrès de nos amis en ligne. Ainsi Sleeping Dogs se pose comme un soft assez complet, très varié, se montrant convaincant dans presque tout ce qu’il entreprend. Comme lorsque l’on se lance à pied à la poursuite d’un fuyard dans les rues de Hong Kong. Ces courses baptisées "parkours" (pour l’originalité on repassera) parviennent avec des mécaniques simplissimes (avancer et appuyer sur A au bon moment) à insuffler encore un peu de dynamisme à ce jeu qui n’en manque pas. Ici encore, l’ambiance unique de Hong Kong est parfaitement mise en avant et rend Sleeping Dogs beau à regarder. Parce qu’objectivement on a connu mieux : plus on s’éloigne de North Point (quartier de départ), plus on se rend compte que les détails disparaissent et certaines textures piquent un peu. Ou sans savoir vraiment pourquoi, certains quartiers sont de véritables no man’s lands. Quand on ajoute à ça une modélisation des personnages très inégale et des animations un peu rigides, la preuve est faite s’il faut qu’un jeu a besoin d’une âme plus que d’un beau maquillage. Du côté de la bande-son qualité et variété sont au rendez-vous : comme toujours dans les GTA-like tous les genres de musique ou presque sont représentés, et à cela s’ajoutent une bonne dose de compositions typiquement chinoises histoire de ne pas oublier qu’ici c’est Hong Kong. Un voyage qui vaut clairement le coup d’être tenté.

Il n'a pas fallu grand chose à Sleeping Dogs pour dissiper tout doute sur le bien-fondé de son sauvetage. Priver les joueurs de cette aventure aux quatre coins de la splendide Hong Kong c'est les priver d'un monde ouvert qui grouille de vie, qui impose son identité et ses personnages attachants, qui touche à tout sans presque rien oublier. Un véritable crime. Alors oui, splendide ne s'applique pas vraiment à la partie technique - certes loin d'être à la ramasse - et l'aventure principale se boucle bien trop rapidement. Mais en vérité, la critique relève plus du désir d'en voir plus que de la véritable déception. Sleeping Dogs est une valeur sûre, tout simplement.

+

  • Activités annexes intéressantes et variées
  • Combats et courses dynamiques
  • Ambiance soignée
  • Héros charismatique
  • Hong Kong dans toute sa splendeur

-

    • Trop facile
    • Traitement inégal d'une ville un peu petite
    • Histoire trop courte et sans surprises
  • 27.09 à 07:00

    C’est vrai que la caméra est pénible pour la marche arrière. Sinon ça m’a pas gêné outre mesure.
    La facilité je la regrette surtout parce qu’elle est due à notre seule capacité à maitriser le contre. C’est continuellement la même technique, dommage parce que les combats ont la pêche. Et puis les flics quoi :mrgreen: . Deux coups dans l’aile et au revoir. Pourtant je suis pas un adepte du difficile en général (sauf Dark Souls).

    [quote="halfdead Z":2sfsz4fw]PS: je me fais avoir quasi tout le temps quand je veux rentrer dans une voiture : je me présente toujours du côté passager :lol: !
    [/quote:2sfsz4fw]

    Pareil :mrgreen: . Il m’a bien fallu deux heures pour arrêter de rouler à droite aussi. C’est tout con et génial à la fois :)

  • 27.09 à 05:38

    Un très bon titre ce sleeping Dogs ! J’adhère complètement à ce test.

    Par contre je n’aurai pas mis "trop facile" dans les moins. Certes il l’est (trop facile) mais je pense que c’est un parti pris des dév. Surement pour qu’il soit accessible au plus grand nombre, mais aussi pour pouvoir continuer à progresser sans prise de tête. Pour moi c’est avant tout un jeu "pop corn". Après c’est mon avis perso. :wink:

    Puis je rejoins le forumeur du haut sur la gestion de la caméra en conduite. Faire une marche arrière pour rentrer une caisse dans un garage est un calvaire si on ne veut pas avoir de la tôle froissée !

    PS: je me fais avoir quasi tout le temps quand je veux rentrer dans une voiture : je me présente toujours du côté passager :lol: !

  • 27.09 à 01:57

    Dans les moins j’aurais rajouté la caméra et la physique des véhicules. 5 ans après GTA 4, ça fait un peu tâche. Hormis ça j’suis content que le jeu sois si bien estimé, les développeurs le méritent.