Jeux

SoulCalibur V

Combat | Edité par Namco Bandai Games Inc.

3/5
360 : 03 février 2012

Test : SoulCalibur V sur Xbox 360

Grâce à Capcom et à son Street Fighter IV, les jeux de combats ont de nouveau le vent en poupe. Il n’est donc pas étonnant de voir Namco en profiter pour proposer un nouvel opus de l’une de ses séries phares (pas Tekken, l’autre). Si l’éclectisme de son casting en avait déçu certains, de même que ses attaques suprêmes trop fulgurantes, Namco promet cette fois de recadrer le titre et de repartir sur de bonnes bases. Les promesses sont une chose, mais qu’en est-il des actes ?

Tu me soul, Calibur

Les jeux de bastons se suivent et se ressemblent souvent. Soul Calibur est pourtant une série à part qui a su tirer son épingle du jeu grâce à son gameplay basé sur les armes blanches. Pourtant, cela n’a pas suffit à sauver la série de l’embourbement et du manque de nouveauté. Soul Calibur IV avait beaucoup déçu, en grande partie à cause d’un casting peu homogène. L’heure est venue pour Namco de donner un bon coup de balai pour apporter un peu de vent frais. Le prétexte idéale est tout trouvé : placer l’action de ce nouvel opus dix-sept ans après les événements du précédent. Evidemment, ce déplacement chronologique conduit à pas mal de changement du côté du casting. La première chose qui frappe est la disparition d’une grande partie des personnages, au profit d’une ribambelle de petits nouveaux. Toutefois, ce changement bouscule plus l’ambiance du titre que son gameplay, étant donné que la majorité des arrivants reprend des styles de combats déjà bien éprouvés.



Ainsi Natsu est une copie presque conforme de son maître Taki, Yan Leixia n’est pas la fille de Xianghua pour rien. Patroklos et Pyrrha, les deux têtes d’affiche héritent du style de combat de Sophitia leur mère. Enfin, Xiba est le nouveau Kilik. Malgré de subtiles variantes dans les attaques de ces protagonistes, les joueurs retrouveront rapidement leurs marques. En donnant un coup de jeune au casting, les développeurs sont tombés dans le piège de « la nouvelle génération ». Le problème est que le charisme est aux abonnés absents, phénomène accentué par le gros manque de background nécessaire pour s’attacher aux personnages. Pire encore, des personnages emblématiques de la série ont tout simplement disparu (Seung Mi-na, Yun Seong, Talim, Setsuka, ou encore Zasalamel pour ne citer qu’eux). Bien sur, les arrivées de Zwei et de Viola, deux véritables nouveaux, sont les bienvenues, mais n’arrivent pas à enlever le goût amère de cette cuvée 2012. Espérons que la visite de courtoisie du héros d’Assassin’s Creed arrive à nous consoler quelque peu.

Un gameplay bien Caliburé

Malheureux en amour, Soul Calibur V est toutefois bien plus heureux en jeu. Fidèle à la série, le gameplay ne semble à première vue pas avoir changé d’un iota. On retrouve toujours ce style fluide et racé qui a fait la force de cette saga. Pour rappel, les Soul Calibur proposent des combats peu aériens à l’arme blanche, avec une relative importance de l’environnement. Les attaques se décomposent globalement en mouvements horizontaux, verticaux et choppes. Toutefois, un certain nombre de petits ajustements ont vu le jour. Evidemment, le changement de casting a un impact direct sur la panoplie de coups des personnages. Mais le gameplay en lui-même a subit quelques modifications. Ainsi le système de jeu utilise maintenant des jauges de furies proches de ce qui se fait dans les jeux de baston en 2D. Ces barres se remplissent plus ou moins en fonction des actions, et servent à lancer des mouvements spéciaux, comme des attaques spéciales plutôt puissantes (mais moins que les « fatalités » de Soul Calibur IV), ou des contres au timing serré.



Tous ces ajustements servent bien entendu la compétition. C’est pourquoi Namco a placé ses efforts sur l’aspect online de son titre. Souffrant peu du lag, Soul Calibur V possèdent suffisamment de choses pour plaire aux plus hardcore des joueurs. Les modes de jeu sont assez nombreux (matchmaking, classement, lobbies…), même si le but ultime reste de combattre. Dommage que l’architecture reste dans la norme japonaise, avec une interface un peu pataude et une difficulté à trouver des adversaires de son niveau. Autre petit grief, mais qui s’applique à la majorité des jeux du genre : les salles de lobby qui ne sont en définitive que des salles d’attente. Lorsqu’au moins quatre joueurs sont présents, pourquoi ne pas permettre de lancer deux combats simultanément, au lieu de devoir attendre qu’un combat se termine pour qu’un seul joueur se confronte au gagnant du match précédent ?

Contenu where are you ?

Probablement conscients du manque de charisme des personnages, Namco a encore amélioré son outil de création de personnages (disponible depuis Soul Calibur III). Il est donc possible de concevoir des créations vraiment originales et de combattre en ligne avec. Ne soyez donc pas surpris des quelques rencontres incongrues que vous pourriez y faire, surtout que l’imagination et le talent de la communauté sont bien présents. Malheureusement, à trop vouloir se focaliser sur le online et la création de personnages, la team Project Soul semble avoir oublié l’essentiel de ce qui a fait le succès de la série : un riche contenu pour les joueurs solitaires. Le mode quête se résume désormais à la fumeuse histoire de Patroklos et Pyrrha, prétexte à une succession de combats, qui n’autorise en aucun cas à choisir son poulain. Exit les boutiques d’armes, la sélection des missions à travers le monde et autres défis étranges.



A la trappe aussi les fins spécifiques à chaque personnage, vu que le seul moyen de les incarner sont les modes arcades (8 combats) et combat rapide (simulation de online avec une IA). Un contenu vraiment chiche dans l’ère du temps (cf. Marvel Versus Capcom 3 par exemple) et qui ne peut que décevoir. La durée de vie en prend donc un sérieux coup. Evidemment il y a un nombre incalculable de titres à glaner via principalement le mode combat rapide, une feature qui nous parait malheureusement bien inutile pour le joueur solitaire. On se retrouve donc devant un jeu qui privilégie la forme au fond. Avouons tout de même, le titre est diablement bien réalisé techniquement, avec des décors magnifiques et une modélisation impeccable. Idem pour les musiques toujours aussi délicieuses. Reste à voir si la possibilité de pouvoir admirer la plantureuse silhouette des figures féminines du jeu est suffisamment attrayant pour inciter le joueur à rester longtemps sur le titre.

Comme promis, Soul Calibur V donne un petit coup de pied dans la fourmilière de la série. Pourtant, le bilan reste mitigé. Le gameplay propose enfin du neuf, le roster est bien chamboulé et la partie en ligne du jeu est réussie, mais au détriment d’un contenu bien plus chiche que d’accoutumée et d’une perte potentielle de repères pour les habitués de la série. Le titre est un investissement valable pour les accros à la compétition avides de nouveautés, mais risquera fort de laisser sur le carreau les joueurs solitaires et ceux qui s’étaient pris d’affection pour certains personnages aujourd’hui disparus.

+

  • Bonne réalisation
  • La création de personnages
  • Code réseau solide
  • Enfin du sang neuf dans le casting…

-

    • … au prix de la disparition de certains personnages emblématiques
    • Tutoriel brouillon
    • Manque de contenu solo (quête…)