Jeux

Splinter Cell : Conviction

Infiltration | Edité par Ubisoft | Développé par Ubisoft Montreal

4/5
360 : 15 avril 2010
15.04 à 00h05 par |Source : http://xbox-mag.net/

Test : Splinter Cell : Conviction sur Xbox 360

Véritable icône du jeu d'infiltration, la série Splinter Cell a permis à des générations de joueurs de se prendre pour de véritables agents secrets, silencieux aux poings et armés des gadgets les plus High-Tech. Après un développement chaotique et une première ébauche abandonnée, Sam Fisher revient cette fois-ci plus énervé que jamais, dans un épisode qui revoit presque totalement les fondamentaux initiés par la série. Verdict sur une suite qui suscite la controverse.
Une ombre en plein jour

Véritable représentant des exécutions silencieuses, Sam Fisher est habitué à composer avec les zones d’ombre pour surprendre ses ennemis et les traquer presque vicieusement. Bien que cette recette ait grandement contribué à créer sa renommée, Ubisoft, dans ce nouvel opus, a décidé de revoir presque entièrement sa copie. Dans Splinter Cell : Conviction, Sam Fisher revient sur le devant de la scène avec une violence qui se lit jusque sur ses traits, prêt à laisser dans son sillage une multitude de cadavres dans le but de retrouver les assassins de sa fille. L’apparence du héros a donc été complètement revue, ce dernier bénéficiant désormais d’un regard froid et inquiétant, qui colle parfaitement à l’intrigue du titre.



Scénaristiquement, Splinter Cell : Conviction se construit sur un rythme comparable à un épisode de 24 heures chrono, parfois dans un enchainement un brin épileptique. Bien que l’intrigue en elle-même soit convenue, l’aventure se savoure sans réel temps mort, portée par des situations variées et des rebondissements qui savent tomber juste. Sam Fisher, toujours aussi charismatique, se révèle être un personnage attachant auquel il est désormais bien plus facile de s’identifier, et cela grâce à sa vengeance personnelle qui change radicalement des sempiternels conflits géopolitiques d’antan. Même si la toile de fond conduira toujours Sam à sauver le monde, l’intérêt n’est donc plus uniquement là. En ce sens, Splinter Cell : Conviction est une vraie réussite.

Quand Chuck Norris s’essaie à l’infiltration

Derrière ce titre volontairement provocateur se cache l’une des plus grandes interrogations que se sont légitimement posée les joueurs à propos de ce nouvel opus : l’infiltration a-t-elle été purement et simplement abandonnée ? Clairement non. Tout au long de l’aventure, le constat se révèle évident : Splinter Cell est désormais plus permissif, et les mécaniques de jeu ont été davantage orientées vers l’action. Pour autant, le titre conserve une identité qui le distingue clairement d’un shoot à la troisième personne classique. Ainsi, Sam Fisher dispose toujours de sa panoplie de gadgets : Caméras se collant aux parois pour anticiper les déplacements de l’ennemi, dispositif permettant de visionner ce qui se passe de l’autre côté d’une porte, grenades IEM brouillant les signaux électriques, les moyens ne manquent pas pour mettre un terme aux activités terroristes. Toujours de la partie, les différentes armes peuvent être améliorées, en remplissant certains objectifs. Ajout d’une lunette ou d’un silencieux, augmentation de la puissance des balles, ces upgrade en cours de partie sont réellement agréables, et permettent d’expérimenter de nouvelles approches.


Vous l’aurez compris, bien que le jeu soit visiblement tourné vers l’action, notamment avec l’impossibilité désormais de déplacer les corps, il reste vivement conseillé d’adopter une approche furtive, notamment dans la deuxième partie du jeu, au cours de laquelle les ennemis sont particulièrement nombreux. Ce compromis entre action et infiltration est très agréable, et porté par un rythme qui ne laisse aucune place au répit. Investigations d’une base ennemie, courses-poursuites, interrogatoires musclés, l’intensité ne retombe quasiment jamais durant les 8 heures qui composent l’aventure principale.

Dans cette optique, il est donc regrettable de constater certaines errances qui nuisent à l’ensemble, pourtant efficace. Parmi elles, l’intelligence artificielle des ennemis fait clairement peine à voir. Lorsqu’un groupe s’attaque à Sam, ce dernier peut en abattre un à quelques centimètres de ses collègues sans que ceux-ci ne s’en rendent compte. Et les rares moments au cours desquels Fisher se fait repérer, quelques roulades suffisent à lobotomiser les méchants, oubliant jusqu’à votre existence. Un constat difficile à encaisser à l’heure actuelle, qui se ressent également dans la réalisation du titre. Ainsi, Splinter Cell : Conviction semble porter le fardeau de son développement chaotique. Le titre d’Ubisoft affiche donc des graphismes sans flamboyance, des textures ternes ainsi qu’une image constamment aliasée qui semble tourner en basse résolution. Pourtant, ces quelques défauts ne sont pas rédhibitoires.

En effet, le plaisir de jeu est véritablement présent, et le fun également. Les niveaux visités, comme Malte sous les feux d’artifice, l’Irak ou le Washington Monument contribue à savamment diversifier les situations, et les phases d’infiltration en plein jour au milieu d’une foule agitée se révèlent donc particulièrement prenantes, sublimées en outre par des compositions musicales toujours bien senties. Les quelques nouveautés du gameplay, comme par exemple la possibilité de marquer plusieurs cibles à l’aide de la gâchette et de les éliminer automatiquement, finissent de convaincre sur cette aventure loin de la perfection, mais qui a su conserver un véritable intérêt.




Annonce spéciale : Echelon 3 recrute

L’une des véritables forces de Splinter Cell : Conviction est sans conteste son mode coopération, permettant de prolonger le plaisir d’une bien belle façon. Ainsi, différentes missions sont proposées aux joueurs, mettant l’accent sur la complémentarité des compétences. En splitté, en reliant deux consoles ou sur Xbox Live, le titre propose ainsi un véritable jeu dans le jeu, dans lequel il faudra composer avec son partenaire : Distraire les ennemis pendant que l’autre les prend par derrière, marquage des cibles pour sauver son coéquipier en danger, le titre prend véritablement une nouvelle ampleur. D’autres modes de jeu permettent également de faire durer le plaisir, lors desquels, par exemple, il est nécessaire d’éliminer plusieurs vagues d’ennemis un peu à la manière du mode Horde de Gears of War 2.

Avec Splinter Cell : Conviction, Ubisoft est parvenu à renouveler avec réussite les fondamentaux de la série. Davantage tourné vers l'action, le titre conserve tout de même les singularités qui définissent la saga depuis ses débuts. Sorte d'hybride entre action et infiltration, classicisme et renouvellement, le titre d'Ubisoft parvient aisément à capter l'attention du joueur, en dépit de ses graphismes décevants et de son I.A. aux abonnés absents. Un parti pris risqué, mais payant, qui prouve au passage qu'un changement de cap ne conduit pas nécessairement au naufrage.

+

  • Le mode Coopération
  • Sam Fisher
  • La bande-son
  • Bon compromis entre action et infiltration
  • Rythme maitrisé

-

    • Aventure solo un peu courte
    • I.A. aux abonnés absents
    • Graphiquement très fade
  • 08.05 à 09:47

    Si vous voulez vraiment jouer le côté "action", faites la campagne avec un Desert Eagle. ça dépote ! :D

  • 27.04 à 02:41

    [quote="lesparte"]
    Néanmoins, je pense qu’on peut maintenir un certain niveau d’exigence sans pour autant être rétrograde. On veut poser un regard neuf sur Splinter Cell? Soit. Mais il ne faut pas être plus dupe que l’éditeur: s’ils voulaient nous vendre Jason Bourne, ils l’auraient nommé autrement. Ici, Ubi a décidé de tirer profit (c’est le cas de le dire) d’une licence qui a su, malgré ses défauts, acquérir ses lettres de noblesse pour nous vendre un autre jeu, tout de même très éloigné du concept source. Du coup, la grogne de vieux joueurs me semble légitime et je pense vraiment que c’est faire un peu trop le jeu de l’éditeur que d’applaudir des deux mains parce qu’il aurait eu l’audace de se réinventer alors qu’il a surtout tenté de gagner sur les deux tableaux en mêlant le prestige d’une marque et un côté plus casual certes plus vendeur mais qui ne lui correspond pas.[/quote]
    je plussois

    Le jeu est fun, dynamique, intense et bourré d’action ,mais je ne jouais pas à splinter cell pour ça. J’y jouait pour le stress de l’infiltration, préparer chaque mouvement, étudier chaque ronde de l’ennemi et frapper toujours silencieusement.
    J’ai eu beaucoup de mal à accroché à celui-ci ,car je recherchait les mêmes sensations. En me disant que ce n’est pas un splinter cell j’ai finalement réussi à l’apprécier. Mais maintenant je l’appelle conviction et je me garde bien d’y adjoindre le nom splinter cell.

    ps: le versus pourquoi :(

  • 18.04 à 06:26

    Pas dans mes souvenirs O_o

    Je me trompe peut etre mais j’ai le souvenirs que je butais chaque ennemis un par un et sans armes. (ca reste assez lointain comme souvenirs donc l’erreur n’est pas impossible ^^)

    Là, je trouve que c’est mal équilibré. J’adore globalement le compromis action/infiltration mais je préfère si c’est d’avantage orienté infiltration. J’aime ne laisser absolument aucun survivant dans les niveaux (je le fais dans tous les jeux où c’est possible (batman/hitman 2…)) là, je suis obligé d’en buter une trop grande partie au pistolet.

  • 18.04 à 05:23

    Tout à fait d’accord pour ce genre de scènes, qui t’incitent clairement à te la jouer bourrin, comme de nombreuses autres t’obligent presque à jouer infiltration pour pas y laisser des plumes. On avait de toutes façons également ce genre de scènes "d’action forcées" dans les autres Splinter si mes souvenirs sont bons.

  • 18.04 à 05:20

    Je veux bien croire qu’il laisse le choix mais quand tu as dix gus au mètres carré qui font leur ronde ensemble et que tu n’as que 2 endroits possibles pour te planquer, c’est un poil complexe pour ne pas jouer en mode bourrin.

  • 18.04 à 03:26

    Féliciations à Seb pour son test qui résume bien ce que je pense également du jeu.
    Je suis même sans doute un petit peu plus enthousiaste, tant ce Splinter Cell est le Splinter que j’ai finalement toujours voulu avoir. Ouais, au risque de me faire jeter des canettes vides dessus, en jouant à Conviction, je me suis rappelé finalement à quel point je me faisais chier dans les autres Splinter, dans une histoire mal construite où je ne me sentais pas du tout impliqué, et où je jouais l’infiltration parfaite que lorsque c’était obligatoire.

    Conviction donne le choix.

    Alors c’est bien ça. À partir du moment où l’on vous donne la possibilité de buter tout le monde au shotgun, vous le faites ? Pour ma part, alors que le jeu ne me force à rien, je fais tout ce que je peux pour me la jouer pas vu pas pris, avec infiniment plus de plaisir que dans les épisodes précédents.

    Je pense que le gameplay de ce Conviction s’articule autour de 1 – une phase d’observation, 2 – une phase d’infiltration (je pète les lumières, je trouve le meilleur chemin dans le dos de l’ennemi), et optionellement 3 – une phase d’action (j’élimine les cibles).

    À noter que le mark & execute ne rend clairement pas le jeu plus bourrin, mais au contraire plus tactique dans la façon de mettre à mort les adversaires. Il faut osberver, marquer, choisir le bon ordre, attendre le bon moment. Une réelle bonne trouvaille.

    Enfin, j’ajouterai qu’une grande partie du plaisir de jeu sur Conviction revient au plaisir que l’on a (ou non) à remplir les défis proposés pour se faire des points (éliminer tels ennemis de cette façon, fuir les ennemis comme cela, utiliser tel accessoire pour telle action, etc), points qui servent à la personnalisation de son perso en multi et à l’upgrade des armes.
    Conviction m’enthousiasme donc grandement, même si je lui reconnais pas mal de défauts cités ça et là (IA bizarre en particulier). Dommage aussi que le design de certains niveaux soient un peu faiblards (l’Irak et le musée, en particulier).

    Pour le multi, j’ai commencé rapidement une partie coop pour voir ce que ça donnait, et c’est véritablement super sympa, même si mon collègue de fortune a dû me prendre pour une bille quand j’ai alerté tous les gardes en ratant mon tir dans la tête, et que je n’ai pas réussi à le sauver quand un ennemi a réussi à le capturer :).

  • 17.04 à 04:32

    Alien versus predator est un jeu tres sympas… en Solo…. c’est vrai que le multi est decevant… je ne comprends pa spourquoi sega a fait une demo multi sur le live c’etait vraiment pas rendre service aux ventes du jeu je pense.

  • 17.04 à 04:16

    [quote="Meshuggah"]Parfaitement d’accord avec toi. Autres exemple, alien vs predator, un jeu plus que moyen, des ventes plus qu’honorable. Dans l’autre sens un jeu comme shenmue c’est pas tres bien vendu, le tout avec les louages des critiques.[/quote]

    Hum … franchement pas trop d’accord sur ce coup; pour avoir fait 2 fois d’affilé le dernier AvP, je tiens à préciser que ça reste un assez bon titre; qui plus est meilleur que les 2 premiers épisodes PC de l’époque. S’il s’est fait descendre par la presse, c’est tout simplement à cause du fait qu’il se retrouve un peu "noyé" parmi la masse de FPS existant déjà et qu’il n’affiche pas une plastique aussi digne d’un Gears of war ou autre COD (quant à la soit-disant "mauvaise" maniabilité parfois évoquée de l’Alien, excellente au demeurant, c’est tout simplement la mauvaise foi du type qui ne sait pas jouer qui en ressort )…

    Mis à part ça, il ne faut pas perdre de vue non plus que bien d’autres facteurs, en dehors de la qualité intrinsèque du titre et de l’influence présumée de la presse, font qu’un jeu se vende bien ou pas. D’ailleurs, le cas de Shenmue le reflète assez bien : Distribué exclusivement sur une plateforme peu répandue, toute nouvelle licence ne disposant de surcroit d’aucune autre référence (cinématographique, vidéoludique ou autre) , zero marketing, … tout cela faisait au final que ce jeu n’avait quasiment aucune visibilité aux yeux du public (qui donc a entendu parlé de Shenmue le jour de sa sortie sur DC ?).

  • 16.04 à 08:13

    C’est dommage que le test ne donne pas plus de détails sur les modes du multi. : (

  • 16.04 à 02:32

    M’ouais, c’est pas faux ce que vous dites, je suis forcé de le reconnaitre. :)