Jeux

Strider

Arcade | Edité par Capcom | Développé par Double Helix

4/5
One : 19 février 2014 360 : 19 février 2014
17.03 à 16h49 par - Rédacteur en Chef

Test : Strider sur Xbox One

Fini les petites apparitions dans les jeux de baston : Strider revient faire son boulot de ninja. Une entreprise difficile pour sûr. Car il a non seulement la lourde tâche de faire honneur à son illustre ancêtre mais il doit aussi et surtout d'offrir à la Xbox One un jeu arcade de qualité. Le boulot a été confié par Capcom aux équipes de Double Helix, auteurs d'un Killer Instinct solide sur cette même console, déjà chauds donc pour se lancer encore une fois dans une opération résurrection. On est heureux de retrouver Hiryu depuis toutes ces années, histoire de voir ce qu'un ninja de sa trempe a en stock pour briller et faire briller la Xbox One en ce début de génération forcément chiche en productions de ce genre.

Avouons tout de même qu’une certaine appréhension sur la qualité finale nous traverse l’esprit avant de débuter Strider. Déjà parce qu’il s’agit d’un jeu cross gen. Disponible sur Xbox One et Xbox 360, Strider fait donc partie de ces jeux qui ont le derrière entre deux chaises et qui souffrent souvent et naturellement d’une sous-exploitation des capacités des nouvelles machines. L’autre apriori négatif vient du fait que Strider, avant d’être développé par Double Helix, était aux mains de feu GRIN. Rappelez-vous, on leur doit entre autres le sympathique Bionic Commando sur Xbox 360. Bref, on aimait GRIN et il en va de même pour Double Helix (quoi que maintenant, avec le rachat par Amazon, allez savoir quelles seront leurs prochaines aventures…). Mais on sait que la passation de projet en cours de route est un processus délicat dont éclot souvent une production imparfaite, voire bancale… Time to kick some ass, n’est-ce pas Duke ? Tout cela pour dire qu’une certaine réserve était de mise avant d’entamer ce test de Strider. Pas loin de cinq heures plus tard, le temps de boucler le jeu en ne fouillant les niveaux que modérément, les doutes sont dissipés : Strider est un bon jeu.

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Comme à l’époque sur arcade (et de nombreux autres support, notamment la Megadrive), il s’agit pour le joueur de prendre les commandes du ninja Hiryu et de plonger dans un jeu de plateforme/action vif et exigeant. L’action prime d’ailleurs clairement sur le scénario : Hiryu est envoyé à Kazakh et y affronte des hordes ennemies, en vue de se frayer un chemin jusqu’au vilain mégalo Meio. Hommes, femmes, robots, petits, grands… Ils sont nombreux à lui faire face et parvenir jusqu’au combat final passe par quelques affrontements de classe ninja. Cela dit, ne vous laissez pas trop impressionner par la première demi-heure de jeu dont la difficulté peut rebuter, Strider n’est pas un jeu foncièrement difficile. Il a certes ses moments un peu tendus… Mais en fait, il ne demande qu’à être maitrisé. La prise en mains se fait progressivement et révèle un gameplay de plus en plus plaisant, à la fois nerveux et extrêmement précis. Paré de décors en 3D mais offrant un gameplay «classique» en 2D, Strider se compose d’environnements relativement ouverts, parfois tentaculaires, qui se dévalent à toute vitesse. Il y a quelque chose de très naturel dans la façon dont Strider mêle rythme soutenu et précision. On retrouve un peu la même approche que l’on a -dans un registre différent- avec un Sonic d’époque 16 bits : on est toujours en mouvement, on dézingue de l’ennemi les yeux fermés et tout reste toujours très lisible. Une affaire de level design me direz-vous. Et c’est justement là que Strider excelle.

«Cela dit, ne vous laissez pas trop impressionner par la première demi-heure de jeu dont la difficulté peut rebuter, Strider n’est pas un jeu foncièrement difficile. Il a certes ses moments un peu tendus… Mais en fait, il ne demande qu’à être maitrisé»

L’ensemble des lieux à visiter se découpe en quelques sections que l’on débloque au fur et à mesure de l’avancement dans l’histoire, et que l’on peut revisiter quand bon nous semble. Certaines zones sont très grandes et le sérieux penchant de Hiryu pour l’escalade est synonyme d’ascensions franchement grisantes. Et puis il y a aussi la recherche des améliorations et autres collectibles qui est un excellent moyen d’apprécier ce level design plutôt inspiré. Il est malgré tout dommage que ces mêmes environnements n’aient pas bénéficié d’un peu plus de soin, car le résultat est assez inégal. Autant la traversée extérieure de Kazakh a vraiment de la gueule, mais pour ce qui est des nombreux laboratoires/garages/conduits eh bien c’est aussi gai que l’on peut imaginer. On retrouve d’ailleurs, pour le meilleur et le moins bon, des tons et contrastes très semblables à ceux de Killer Instinct : beaucoup de noir et quand ce n’est pas noir… C’est sombre. Et puisque que l’on est dans les reproches d’ordre esthétique voire artistique, on peut regretter aussi que le bestiaire soit assez peu inspiré, limité et du coup assez redondant. Oui, on combat assez souvent les mêmes ennemis dans Strider mais à sa décharge, il compense ce déficit de forme par l’évolution constante du fond.

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Du début à la fin de l’aventure et sur un rythme plutôt bien maitrisé, Strider évolue et son gameplay avec. Les compétences comme le double saut, les projectiles, la possibilité de renvoyer des attaques et bien d’autres viennent s’ajouter continuellement au gameplay de base. Du coup on dispose à chaque fois d’un moyen supplémentaire de combattre mais surtout d’accéder à de nouvelles zones et d’explorer à fond les précédentes. On part alors à la recherche d’améliorations non obligatoires mais diablement utiles comme l’augmentation de la santé ou de la jauge de compétence. Du coup la durée de vie de base déjà convaincante (environ cinq heures) peut facilement doubler pour qui tente les 100%. Et durant tout ce temps, une bande-son discrète et efficace accompagne le joueur. Bref, Strider est un jeu franchement convaincant si l’on a pas peur de se frotter à quelque chose d’un peu old school, au sens noble du terme. On vous conseille cela dit de passer par la case démo sur Xbox 360. Pour la Xbox One il faudra jouer de l’instinct tel un ninja.

4/5
Strider ne plaira pas à tout le monde, c'est certain. Il est de ces titres qui sans être forcément difficiles à boucler demandent une concentration de tous les instants pour être maitrisés. Mais ce qu'il demande, Strider le rend plutôt généreusement. D'une durée plus que correcte, il jouit avant tout de l'alliance d'un gameplay précis, instinctif, avec un level design plutôt bien inspiré. Paresseux côté bestiaire et pas franchement "next gen" pour ce qui est de l'habillage mais qu'importe : Strider est aujourd'hui une valeur sûre du Xbox Live, et pas seulement grâce à l'absence de réelle concurrence sur Xbox One.

+

  • Gameplay nerveux et précis
  • Level design inspiré
  • Des environnements variés...

-

    • ... Au contraire du bestiaire !
    • Rien de transcendant visuellement