Jeux

Tennis World Tour

| Edité par Big Ben Interactive | Développé par Breakpoint Studio

3/5
One : 22 mai 2018
04.06 à 12h54 par - Rédacteur

Test : Tennis World Tour sur Xbox One

Le coup gagnant qui fait oublier la faute directe ?

Ils sont nombreux les joueurs qui réclament ponctuellement un retour des sagas Top Spin et Virtua Tennis, deux franchises référence du genre qui ont pourtant mystérieusement disparues de nos consoles depuis maintenant plus de huit ans. Après une longue traversée du désert, le genre s'est remis sur les rails l'an passé avec Mario Tennis Aces du côté de Nintendo, et AO Tennis (avec la licence officielle de l'Open d'Australie) et Tennis World Tour pour ceux qui n'ont pas de Switch. Plutôt très critiqué à sa sortie l'an passé, ce dernier revient dans une version Roland Garros comme pour s'offrir une seconde chance. Saura-t-il la saisir ?

Avant toute chose, replaçons-nous dans le contexte. Dans celui du développement du jeu avec un projet initié au sein de Breakpoint Studios à la demande de l’éditeur français Big Ben Interactive. Une commande qui ne s’est pas faite sur un coup de tête puisque le studio basé à Torcy est en réalité composé d’anciens développeurs ayant travaillé chez PAM Development puis chez 2K Czech pour la série Top Spin justement. Autant dire qu’on pouvait difficilement trouver plus passionnés et plus expérimentés pour s’attaquer à Tennis World Tour. Malheureusement, cela ne suffit pas toujours à satisfaire les fans de la petite balle jaune qui sont tombés l’an dernier sur un titre qui comportait de multiples défauts, et dont la sortie s’est sans doute faite trop rapidement.

Avec Tennis World Tour: Roland Garros Edition, nous sommes finalement face au jeu d’origine. D’ailleurs, les joueurs qui possèdent le jeu original sont passés progressivement à cette nouvelle version, par le biais de mises à jour dont la dernière est disponible depuis quelques semaines. Et il faut bien avouer que les développeurs ont été productifs pour fournir un maximum de correctifs pour remettre le jeu d’aplomb. Finalement, sans être véritablement un nouveau jeu, Tennis World Tour: Roland Garros Edition peut être considérer comme une édition définitive du titre sorti l’an dernier. Avec l’ajout de la licence officielle du tournoi du grand chelem parisien (et ses trois courts principaux) et de celle du tournoi de Madrid (ATP 1000 et WTA Premier Mandatory), mais également la présence de Rafael Nadal chez les hommes et Kristina «Kiki» Mladenovic chez les femmes, c’est aussi en terme de contenus que le titre s’étoffe. Ces quatre éléments sont en revanche payants pour les possesseurs de Tennis World Tour (environ 20 euros).

Tennis-World-Roland-Garros-Edition-Image-du-jeu

Côté jeu en lui-même, le titre propose évidemment toute une palette de modes allant du jeu simple en un contre un (contre l’IA ou un ami), au jeu en ligne en passant par la possibilité de jouer un tournoi d’exhibition et bien entendu de vous lancer dans une carrière. C’est évidemment ce dernier point qui constitue le gros morceau du jeu. En lançant ce mode, il est demandé dans un premier temps de personnaliser son joueur. Les options sont assez complètes même si la plupart des modèles paraissent au final très peu naturels et bénéficient généralement d’une laideur assez prononcée. Il est bien entendu possible de créer aussi bien un homme qu’une femme, même si le peu de joueuses WTA présentes dans le jeu constitue un frein assez important sur la durée. Jouer contre une joueuse classée numéro 8 mondiale qui a été créée de toutes pièces par les développeurs ne pousse pas vraiment à l’immersion, d’autant qu’avec si peu de joueuses on retrouve Eugénie Bouchard dans le top mondial alors que la Canadienne est désormais plus connue pour son compte Instagram que pour ses performances sur les courts de tennis. Autre problématique rencontrée : la présence de nombreux clones de Simona Halep, alors que la Roumaine ne prête même pas officiellement ses traits pour le jeu.

Passé ce moment douloureux de la personnalisation de son joueur il va donc falloir s’attaquer à franchir tous les paliers qui vont permettre de grimper au classement mondial. C’est classé à la 100ème place donc que démarre le chemin de croix, sur un planning découpé en 24 sections correspondant à chaque quinzaine de l’année. Sur chacune de celles-ci il est alors possible de participer à un tournoi, de s’entraîner afin de booster certaines compétences pour une durée limitée, de faire un match d’exhibition, de débloquer un nouvel entraîneur ou bien de se reposer afin d’éviter l’accumulation de fatigue liée à de nombreux déplacements à travers le monde. On l’a dit plus haut, les tournois sont fictifs dans leur grande majorité, mais les développeurs se sont tout de même attachés à reproduire certains courts emblématiques comme celui de l’Open de Paris (dans l’AccorHotels Arena, anciennement Paris-Bercy) ou encore le Central d’Indian Wells et son terrain de jeu situé sous le niveau de la mer. Peut-être pour des questions de droits, la surface dure de ce dernier a été remplacée par de la terre battue et a été délocalisée à… Marrakech. En parlant de surface, vous trouverez tous les types habituels mais également la moquette et le parquet.

C’est en remportant de petits tournois mineurs que la montée dans le classement va se faire et permettre d’accéder ensuite à des tournois plus importants, qui rapportent plus d’argent et plus de points de classement. Ne comptez donc pas vous lancer sur la terre battue de Roland Garros dès votre première saison, le titre n’inclut pas les qualifications pour ce genre de tournois, et encore moins un système de Wild Card. Entre deux tournois il va donc falloir passer par la case entraînement afin de gagner sur plusieurs aspects de compétences, réparties en trois grands domaines : Défense, Attaque et Service/Volée. Ces trois grandes classes regroupent et croisent plusieurs compétences comme la puissance, la qualité du revers ou l’endurance par exemple. Là où les entraînements offrent des améliorations temporaires, vos matchs et certaines actions spécifiques offrent de l’expérience qui permet de débloquer des améliorations définitives. Impossible donc d’espérer prendre le dessus sur un Stan Wawrinka ou un Roberto Bautista-Agut sans gagner un maximum de niveaux avant cela. La progression est agréable, avec la vraie sensation de devoir faire ses armes avant d’accéder à la consécration.

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On terminera évidemment en évoquant le gameplay du jeu. Très décrié à la sortie du titre l’an dernier, on peut dire assez facilement que nous sommes désormais face à un titre bien plus agréable à jouer. La diversité des échanges est un vrai point fort du jeu puisque vous pourrez très bien passer par un point gagné sur un ace, à un autre remporté sur un rallye, et un troisième perdu sur un retour fracassant de l’adversaire. Les animations sont plutôt nombreuses dans l’ensemble (quoiqu’un peu robotiques par moment) avec une mention spéciale à la position accroupie des joueuses WTA lorsque la balle à frapper est un peu trop basse. La frappe en bout de course est peut-être un peu trop présente, mais a été surtout choisie pour illustrer un joueur en difficulté et ainsi permettre à l’adversaire de tout donner sur le coup suivant. La position des joueurs par rapport à la balle a évidemment son importance et offre des situations vraiment grisantes lorsque tout est réuni pour aller placer un coup droit gagnant long de ligne ou un revers court croisé complètement hors de portée. Toute la palette de coups est au rendez-vous, qu’il s’agisse des lifts, des slices, des lobs ou des amortis, et même le service à la cuillère très apprécié par Nick Kyrgios ces derniers temps, avec la possibilité d’offrir la puissance désirée à chaque fois, piochant en conséquence dans votre endurance.

On regrette amèrement que ce qui se passe sur le court soit un peu plombé par quelques ratés au niveau de l’ambiance générale. Au delà du fait que l’on se rend vite compte, à quelques exceptions près, que les joueuses WTA sont en réalité des skins des joueurs ATP (avec des services qui dépassent les 205 km/h…), le public peine à réagir de façon adéquate et les commentaires sont absolument mauvais, et parfois même à côté de la plaque. Pour terminer, on vous partage la liste des joueurs présents dans le jeu (sans Novak «Nole» Djokovic malheureusement), en précisant que certains modèles sont tout simplement ratés. On a d’ailleurs une pensée pour les parents de Stéfanos Tsitsipas qui n’avaient aucune chance de reconnaître leur fils en parcourant le roster.

ATP Tour

  • Roger Federer
  • Gaël Monfils
  • Rafael Nadal
  • David Goffin
  • John Isner
  • Karen Khachanov
  • Thanasi Kokkinakis
  • Lucas Pouille
  • Richard Gasquet
  • Fabio Fognini
  • Nick Kyrgios
  • Alexander Zverev
  • Dominic Thiem
  • Grigor Dimitrov
  • Milos Raonic
  • Stanislas Wawrinka
  • Roberto Bautista-Agut
  • Kyle Edmund
  • Jérémy Chardy
  • Chung Hyeon
  • Frances Tiafoe
  • Taylor Fritz
  • Elias Ymer
  • Michael Mmoh
  • Stéfanos Tsitsipás

WTA Tour

  • Garbiñe Muguruza
  • Angelique Kerber
  • Caroline Wozniacki
  • Madison Keys
  • Eugenie Bouchard
  • Kristina Mladenovic
3/5
Avec Tennis World Tour: Roland Garros Edition, les développeurs de Breakpoint Studio et l'éditeur Bigben Interactive sont finalement parvenus à proposer un jeu correct dans un genre qui n'attire plus vraiment les éditeurs. Les fans de la petite balle jaune pourront donc s'orienter vers le titre à condition qu'ils ne soient pas trop exigeants sur le nombre de joueurs présents (surtout du côté des femmes) et qu'ils ne s'attendent pas à être devant un jeu au réalisme à couper le souffle. Pour le reste, cette mise à niveau de Tennis World Tour est tout à fait satisfaisante en l'absence de concurrence, et offre des matchs variés et plutôt bien équilibrés.

+

  • Mode Carrière très complet
  • Belle palette d'animations
  • Des échanges très diversifiés
  • Certains courts tout de suite reconnaissables
  • Nombre de surfaces différentes exhaustif

-

    • Trop peu de joueuses WTA officielles
    • Modélisations des joueurs à retravailler
    • Ambiance pas toujours adéquate
    • Commentaires vraiment très très nuls

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