Jeux

Vampyr

Action/RPG | Edité par Focus Home Interactive | Développé par DONTNOD Entertainment

3/5
One : 05 juin 2018
30.06 à 20h19 par

Test : Vampyr sur Xbox One

The Vampire Diaries ...

Annoncé depuis plus de trois ans, Vampyr a su se faire désirer avec un long report et des promesses alléchantes. Il existe très peu de titres où nous pouvons contrôler un vampire alors imaginez notre enthousiasme lorsque l'on nous propose un Action-RPG écrit par Dontnod et avec des choix à répercutions ? Ce n'est plus de l'eau à la bouche que nous avons mais bien du sang. Il est temps de voir si cette attente était justifiée.

Lorsque nous débutons Vampyr, nous avons droit à une petite cinématique d’introduction puis nous nous retrouvons directement aux commandes de Jonathan Reid, un médecin de renom. Le voilà qui se relève d’entre les morts pour mieux gouter au sang frais de sa sœur avant de se faire pourchasser par des chasseurs de vampires, la milice de Priwen. C’est à partir de cet instant que Jonathan commence son enquête pour comprendre son état et sa transformation : pour un homme de science, ce n’est pas simple. Heureusement notre héros sait se contenir pour ne pas se transformer en Boucher de Monterey ou autres Angelus. Il faut bien cela pour survivre dans ce Londres totalement à l’agonie après la Première Guerre Mondiale et la grippe espagnole. Une sombre époque. Et pour en remettre une couche, une étrange épidémie transforme certains morts en atrocités de la nuit sans véritable conscience, tels des zombies.

Il faut savoir que Vampyr a décidé de proposer plusieurs quartiers avec des habitants uniques ayant leurs propres histoires. Chaque mort pourrait avoir de terribles conséquences pour le reste du quartier ou justement ne pas en avoir du tout. C’est pour cela qu’il est largement possible de décimer un quartier en tuant une ou deux personnes et ainsi perdre toute possibilité de grappiller des indices ou des niveaux en cas de petit creux. Et dans ce cas, un quartier qui tombe en ruine veut forcément dire plus de chasseurs et autres monstres pour l’investir, ce qui n’est pas pour nous faciliter la tâche d’autant plus qu’il préférable, si vous souhaitez combler votre soif de sang, de faire les quêtes des habitants. Un habitant redevable auras différents indices à donner mais surtout un sang de bien meilleure qualité et donc plus d’expérience à récupérer.

Ajoutons à cela le fait que les habitants tombent régulièrement malades et qu’il faut concocter des médicaments afin de ne pas voir son hôpital ou un quartier décimé par Dame Nature. Et sachant cela, nous allons très vite faire attention aux habitants, éviter de s’abandonner à notre soif de sang et surtout s’abstenir le plus possible de monter en niveau en passant par la case sommeil, puisque cela fait passer une journée et en 24 heures, tout peut vite tourner au cauchemar. Comme vous pouvez l’imaginer à travers ces lignes, Dontnod a donc fait un gros travail de fond en reliant des PNJ avec leurs propres personnalités, des choix moraux, le tout intégré aux mécaniques de jeu. Il faut avouer que la quantité est clairement de qualité avec une écriture au poil (de Lycanthrope). Ceci dit, derrière ce background travaillé avec notamment des histoires qui nous poussent à choisir quelle victime tuer au point de le regretter juste après la sentence, il faut avouer que tout cela manque cruellement de rythme.

C’est très agréable de pouvoir discuter avec les habitants et de voir qu’ils possèdent tous une histoire et un lien avec les autres habitants mais le jeu est très -voire trop- bavard, au point qu’il peine énormément à démarrer pendant plusieurs heures. Enchainer les dialogues entres les différents habitants, par ailleurs sans doublage français, donne une grosse impression de répétitivité, de lenteur dans la narration. Il est fort possible de décrocher et de croquer à vue alors que ce n’est clairement pas la bonne solution et que le meilleur est à venir. Ajoutons également qu’il est assez difficile de donner une véritable personnalité à notre Jonathan Reid et ce manque de roleplay donne une impression d’être libre pour ce qui nous entoure mais d’être sur des rails par rapport à notre personnage, contrairement à d’autres RPG.

« Vampyr Possède un Background aussi riche que complet mais qui cause quelques problèmes de rythme dans sa narration fort malheureusement. »

D’ailleurs en parlant de lenteur dans le rythme et de la construction des quartiers, que dire, si ce n’est que la frustration lors de notre exploration n’aide clairement pas. En effet, même si nous n’avons absolument rien contre ce Londres labyrinthique et chaotique qui rend parfaitement honneur à l’ambiance du jeu, nous pouvons cependant pester contre les nombreux allers-retours (sans voyage rapide), parfois gênés par des éléments du décors bloquant le passage vers un vampire surpuissant.

Outre le fait qu’il soit assez étrange de pouvoir faire des sauts gigantesques et de ne pas pouvoir passer une porte, cela casse complètement le rythme de devoir faire un long détour pour une raison aussi futile.Au niveau des combats il y a des choses à dire et pas forcément en mal. Si au moment des premières images de gameplay les phases de combats ne donnaient pas tellement confiance pour le titre, et même si la répétitivité est présente avec souvent le même type d’ennemis, il faut avouer que c’est bien plus agréable et complet que nous aurions pu le croire. Le héros dispose ainsi d’un arbre de compétences avec différents pouvoirs activables à tout moment : il suffit d’avoir le sang nécessaire, des armes de longue portée ou des armes blanches. Nous conseillons tout de même de jouer avec une arme à deux mains, en augmentant son endurance, et de jongler avec les armes à feu si nécessaire afin de faire plus de dégâts.

Les combats les plus intéressants restent ceux contre les boss avec un petit côté tactique à base d’esquive et de contre tout en gérant son endurance. Forcément ce n’est pas Dark Souls, mais c’est suffisamment appréciable pour que ce ne soit pas un boulet que le jeu traine. Cela dit la grande force du titre, outre son travail d’écriture et l’histoire qui démarre réellement dans les 2-3 derniers chapitres, c’est bien son ambiance poisseuse grâce à une direction artistique maîtrisée qui permet de faire oublier une technique digne de son budget. C’est-à-dire assez moyenne. Cette ambiance accompagnée des bons doublages anglais, même si un doublage français n’aurait pas été de refus, et des somptueuses compositions d’Olivier Derivière permettent souvent de surmonter les défauts du jeu et de continuer notre belle aventure d’une bonne vingtaine d’heures.

3/5
Dontnod a donné vie à ses promesses avec un background et une écriture de qualité, des choix moraux importants, le tout dans une ambiance folle accompagnée d'une bande son somptueuse. Il est néanmoins impossible de fermer les yeux sur des défauts trop pesants. Entre le faux rythme du titre, ses combats répétitifs et un level-design incompatible avec les pouvoirs de Jonathan Reid, Vampyr s'avère être un jeu avec un énorme potentiel qui aurait mérité un budget plus conséquent et une meilleure maitrise pour être à la hauteur de nos espérances.

+

  • Une direction artistique Vampyr(esque)
  • Bande son somptueuse
  • La liberté des choix moraux
  • Le Background hyper complet ...

-

    • ... Qui propose un rythme trop lent
    • Des problèmes de cohérence dans le level-design
    • Techniquement perfectible
    • Combats répétitifs
    • Pas de doublage français
  • 15.07 à 08:49

    Ah bah cela me rassure que je ne sois pas le seul "déçu" alors que tu étais assez dithyrambique au départ ^^

  • 10.07 à 08:29

    Globalement d’accord, le potentiel était la, mais ce qu’il en reste au final c’est les défauts réellement casse-burnes sur la durée et une impression de jeux mal penser globalement.