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Vasara Collection

Shoot'em up | Edité par Qubyte | Développé par Qubyte

4/5
One : 14 août 2019
24.08 à 11h03 par - Rédacteur en Chef

Test : Vasara Collection sur Xbox One

Le Shogun a un gros Gun

Le catalogue grandissant des portages de titres plus ou moins anciens sur Xbox One recèle parfois des rencontres inattendues. Vasara Collection en est une. Regroupant à très petit prix deux shoot’em up du début des années 2000 sortis uniquement dans les salles d’arcade et au Japon, Vasara Collection a donc tout pour faire des heureux parmi les amateurs du genre.

Se voir proposer l’opportunité de découvrir deux shoot’em up jusqu’ici inaccessibles à moins d’avoir voyagé au Japon à la bonne époque (ou être parvenu à faire tourner cela sur un PC) : pour l’amateur de danmaku, l’occasion est belle et d’autant plus appréciable qu’elle s’affiche à un tarif particulièrement attractif. Bref, on part du bon pied en se laissant tenter par Vasara 1 et 2, deux shmups à scrolling vertical dans la plus pure tradition du danmaku, ou bullet hell si vous préférez. Elles ont beau ne pas êtres roses ici, les boulettes ennemies ont néanmoins vite fait d’envahir l’écran et il va sans dire que si vous faites partie des amateurs de shoot’em up allergiques cependant au danmaku, Vasara Collection est votre ennemi. Si vous acceptez en revanche de vous lancer à corps perdu dans la bataille, vous trouverez un titre qui s’appuie sur un univers très soigné, revisitant le Japon féodal et y insérant tout l’arsenal futuriste du bon shoot’em up. Au-dessus des villages et des châteaux, vous croiserez le chemin de Nobunaga Oda ou Yukimura Sanada dans des méchas. Vasara Collection, ce n’est pas tout à fait le fils illégitime de Dynasty Warriors et Mobile Suit Gundam, mais artistiquement, ça s’en rapproche.

vasara test 1

Rappelant à bien des égards l’excellent Guwange de Cave (ndlr : disponible sur Xbox 360 et rétrocompatible), Vasara premier comme second du nom ont encore de beaux restes. Les décors sont fournis, surchargés parfois, mais le jeu tient le choc et peut se targuer d’une fluidité à toute épreuve. Le design des ennemis ne propose pas grand-chose qui sorte véritablement du lot mais l’ensemble et soigné et particulièrement visible avec ses sprites imposants. Explosif comme tout bon damnaku, Vasara (le premier des deux) pourra néanmoins poser quelques soucis de lisibilité lors des premiers pas dans le jeu, le temps de s’acclimater à des choix de couleurs qui ne sont pas nécessairement les plus adaptés au genre. Le rose, bleu ou vert pétants de nombre d’autres shmups n’est en rien anodin puisqu’il permet une bonne lisibilité de l’action. En faisant le choix ici d’afficher les boulettes en oranges et les cristaux (servant à charger une barre spéciale) en rouge, Vasara n’est pas le jeu dans lequel il est le plus facile d’entrer.

vasara test 2

Au-delà de la lisibilité, par ailleurs bien mieux maîtrisée dans Vasara 2, Vasara Collection offre une opposition solide, même si l’on choisi de passer en « facile ». C’est particulièrement le cas à partir de la seconde moitié de Vasara ou dans la version 12 niveaux de Vasara 2 (le mode facile est composé de 6 stages), où les boulettes fusent. Et n’espérez pas vous reposer sur les crédits infinis pour voir le bout de l’aventure. Ils sont certes présents mais dans un Vasara comme dans l’autre, au moment du dernier stage, utiliser un continue renvoie au début du niveau ! Nous avons réussi à terminer Vasara 1 mais pour le 2 -plus difficile- c’est encore aujourd’hui une quête vaine. Et on ne parle même pas des heures d’entrainement qu’il va vous falloir pour découvrir la véritable forme du boss de fin. Les pros du genre y arriveront sans doute tôt ou tard mais pour le commun des mortels, Vasara Collection est assurément un pourvoyeur de challenge (très) costaud.

vasara test 3

Son gameplay n’en demeure pas moins très intéressant et prenant, s’appuyant principalement des attaques au corps à corps. Le shooting classique fait le gros du travail mais lorsqu’il s’agit de faire des vrais dégâts, d’augmenter significativement son score ou de canceller des boulettes, il convient de charger l’arme blanche pendant 1 à 2 secondes. Un temps qui semble être une éternité mais la manœuvre devient vite indispensable pour ne pas être submergé. Le slalom traditionnel est ici d’autant plus difficile que l’on ne dispose pas d’indicateur de hitbox sur le vaisseau et qu’à l’inverse de la plupart des shmups, se cogner contre un ennemi ne provoque pas notre destruction mais créé un tout petit rebond, très dangereux lorsque l’on est cerné par les boulettes. Il y a toujours les bombes pour se sortir de situations délicates, plusieurs strates de power up pour faire face ; mais on peut aussi s’appuyer sur la jauge Vasara, remplie à coup de cristaux ramassés sur les épaves fumantes, pour lâcher une attaque dévastatrice et potentiellement salvatrice.

vasara test 4

Plaisant à jouer sous ses deux formes originales, compatible TATE pour qui dispose d’un écran adapté, disposant de classements en ligne et de quelques artworks à consulter dans la section dédiée, Vasara Collection surprend avec son mode Timeless. Il s’agit ici d’un mode de jeu jouable à quatre en local, dans des environnements (en 3D, vu du dessus naturellement) créés spécialement pour cette compilation. On passe alors à l’affichage en 16:9 sur toute la largeur de l’écran pour découvrir une sorte de mode survie face à des ennemis de plus en plus nombreux et puissants. Se retrouver ainsi à évoluer sur tout l’écran est très déroutant, en dépit d’une fonction « dash » dont le temps de rechargement est un peu long. Seul, le mode Timeless pourra sembler rapidement limité mais à plusieurs, il y a matière à s’amuser pourvu que nos compagnons aient un minimum de « compétences » en matière de shoot’em up, le mode limitant chaque joueur à trois vies. Ce mode n’en demeure pas moins une bonne surprise, dans la mesure où on ne l’attendait pas vraiment.

4/5
Compilation regroupant deux danmakus artistiquement soignés, agréables à jouer bien que relativement ardus, Vasara Collection est une bonne surprise qu’il est bien difficile de ne pas conseiller aux amateurs de shoot’em up n’ayant pas d’aversion pour le bullet hell pur et dur. Vasara n’est certes pas le shoot’em up du siècle, il lui manque peut-être un peu de caractère et un « je ne sais quoi » pour exploser. Mais ce qu’il fait, il le fait toujours avec une certaine application. Et ça, ce n’est déjà pas mal.

+

  • Deux shmups bien fichus, agréables
  • Système d’attaque au corps à corps intéressant
  • Artistiquement réussi
  • Compatible TATE
  • Mode Timeless pour compléter l’offre…

-

    • … Mais assez déroutant et peu intéressant en solo
    • Vasara 1 manque parfois de lisibilité
    • Très difficile d’en voir le bout

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