Jeux

Viva Piñata : Pagaille au Paradis

Inclassables | Edité par Microsoft Studios | Développé par Rare

3/5
360 : 05 septembre 2008
25.09 à 00h38 par |Source : http://www.xbox-mag.net/

Test : Viva Piñata : Pagaille au Paradis sur Xbox 360

Depuis le rachat de Rare par Microsoft en 2002, les jeux du développeur britannique ont alterné entre bonne et mauvaise surprise. Si les expériences de Conker, Kameo et de Viva Piñata ont su convaincre un large panel de joueurs (ou au moins de testeurs), il y a aussi des semi-échecs un peu dérangeants sur le prestigieux CV du studio : Grabbed by the Goulies et Perfect Dark Zero. Pas foncièrement mauvais, ces deux titres ont néanmoins montré que nul n'était à l'abri d'un léger raté. Dans quelle catégorie viendra se greffer Trouble in Paradise ? Début de réponse ci-dessous.

Trouble in Paradise : concept nouveau ou copie conforme ?

S’il fallait résumer en un mot le concept et le gameplay de Viva Piñata, on pourrait dire « écosystème ». L’idée est de confier au joueur une parcelle de terrain qu’il va devoir aménager au mieux afin d’attirer des bestioles en tout genre. De là découle tout un réseau complexe où chaque type de plantes et d’animaux à sa place. La bonne terre attire les vers; les vers attirent les oiseaux; les oiseaux attirent d’autres prédateurs, etc.Rien n’est laissé au hasard et aucune espèce n’est inutile. Évidemment, tout serait bien trop simple s’il ne s’agissait que de faire un beau jardin pour attirer un maximum de piñatas. Pas mal d’embûches vont se dresser sur la route du joueur.

Premièrement, il va falloir choisir quel type de terrain privilégier. Il est en effet impossible d’attirer des Chippopotamus (hippopotames), qui demandent une vaste étendue d’eau, en même temps que des Horstachios (chevaux) qui préfèrent les grands espaces verts. Dur également de faire cohabiter des Barkbarks (chiens) avec des Kittyfloss (chats). De plus, certains ennemis, incarnés par le professeur Pester et son armée de voyous, viendront vous compliquer la tâche plus d’une fois tant que vous n’aurez pas trouvé de moyen de vous en débarrasser. Et les détails pareils abondent dans Viva Piñata. De là ressort parfois une certaine complexité dans la phase de gestion du jeu, les multiples paramètres à gérer dépassant par moment le joueur un peu trop pressé ou inattentif. Viva Piñata est un jeu qui s’apprécie pleinement lors de longues périodes de jeu où l’on a le temps d’explorer pleinement le jeu et ses possibilités.

Vous avez l’impression de relire le test de Viva Piñata premier du nom ? Et bien vous n’avez sans doute pas tort. Trouble in Paradise ressemble fort à une copie à peine retouchée du concept original. Et c’est là sans doute sa plus grande faiblesse : l’impression de déjà-vu/déjà joué, du moins pour ceux qui auront essayé le premier Viva Piñata. Difficile de ne pas se demander si on a bien mis le bon DVD dans la console. Les fondements du gameplay sont les mêmes, les commandes sont identiques, les graphismes n’ont presque pas bougé (à part l’eau un peu plus belle, on cherche encore les différences). Bref, ça sent le réchauffé et c’est fort dommage pour un jeu qui se voulait innovant, ou du moins unique, dans sa première version.

Amateurs de Viva Piñata vous voilà donc en terrain connu, même si ce dernier s’est diversifié dans Trouble in Paradise. Désormais il faut compter la surface désertique (sable) et l’arctique (neige) en plus. C’est d’ailleurs l’occasion pour Rare de faire apparaître une trentaine de nouveaux animaux et quelques plantes, mais cela suffisait-il pour vendre un jeu au prix fort ? On se pose encore la question.

Parlons nouveautés et modifications…

La phase de tutorial du jeu s’est vu un peu accélérer et ce n’est pas un mal tant on peinait parfois, dans le premier jeu, à avoir un jardin d’une taille décente. Dorénavant la progression est plus fluide (pour peu qu’on saisisse vite les rouages du gameplay) grâce notamment aux nouvelles piñatas qu’on attire assez facilement et qui nous permettent de grimper plus vite de niveau. La volonté affichée par Rare de faire un jeu plus simple est appréciable et l’on passe donc de jardinier débutant à professionnel sans réel accroc. Mais, pour un jeu qui se veut accessible au plus grand nombre, il reste bien des points agaçants à gérer, même pour un joueur chevronné. Les menus tout d’abord, sont souvent d’une lourdeur incroyable et les chargements (même s’ils sont courts) s’y multiplient. Aller au magasin, acheter un objet, puis vouloir revenir au menu du magasin pour acheter un autre objet se fait avec un chargement à chaque étape. Difficile de ne pas pester un peu…

De même, le menu du jeu accessible avec le bouton X change selon l’endroit où le curseur de sélection est placé dans le jardin. Si, sur le papier, la démarche semblait logique, le résultat en jeu fait que l’on ne comprend pas toujours tout de suite où se trouvent des fonctions basiques… Autre point noir que l’on pointera du doigt, la nouvelle fonction pour apprendre des tours aux piñatas est stressante au possible. Il faut premièrement sélectionner une piñata et lui dire d’aller manger quelque chose. Si un grand cercle vert apparaît c’est qu’elle est prête à apprendre un tour. Il faut alors rapidement aller dans le menu, prendre un bâton spécial et espérer que la courte période d’apprentissage (environ 4 secondes) ne soit pas déjà terminée sous peine de devoir recommencer toute l’opération. Tout cela rend les nouvelles expérimentations un peu compliquées et frustrantes alors que cela faisait une des forces de la licence.

Finissons le tour des défauts avec les ajouts clairement inutiles du soft. Les nouveaux mini-jeux sont, avons-le, ratés et inintéressants (en plus d’avoir des menus confus et brouillons). Les jeux de courses sont d’une mollesse incroyable et le « concours de beauté » fait vraiment misérable dans son concept (c’est comme un jeu de hasard où vous lancez cinq dés en espérant faire le plus de points; avoir des piñatas rares aidera à gagner, mais ça reste un gros coup de chance). Ridicule.

Et si pourtant la magie opérait toujours ?

Mais bien évidemment si Trouble in Paradise possède quelques imperfections, il n’en reste pas moins un jeu hyper-addictif d’une richesse fantastique. Combien d’heures ai-je passées sur Viva Piñata 1 ? Une centaine facilement. Et sans la sortie de Trouble in Paradise j’y jouerais encore sûrement aujourd’hui avec plaisir. Tant de possibilités, de découvertes, de piñatas et d’éléments à apprivoiser, TIP donnerait presque le tournis pour peu qu’on n’y prenne garde. La cohérence de l’univers est impressionnante de maîtrise et l’on pourrait passer des heures à simplement regarder le jardin évoluer de lui-même, observer les piñatas et leurs interactions (comme un oiseau qui, voyant un vers passer à côté de lui, dévore des yeux la petite bestiole, ou encore les parents bienveillants attendant que leur petit sorte de son œuf avant d’éclater de joie). Le puzzle géant d’imbrications entre sol, plantes et piñatas force le respect, et plus généralement c’est tout le boulot de préparation de Rare qui est admirable. Bien sûr il faudra passer outre les petits faiblesses du titre, l’aspect trop enfantin, la niaiserie apparente des situations, les difficultés cachées, mais si on arrive à prendre de la hauteur pour juger de la qualité intrinsèque du jeu, il peut vite devenir irrésistible, même pour un bourru nourri à Gears of War.

Le charcutage attendra, j’ai des bêtes à apprivoiser !

Pour jouer à Viva Piñata en tant qu’ado ou adulte, il sera obligatoire d’être prêt à encaisser des phrases du style « J’comprends pas, d’abord tu dézingues des aliens par centaines pour ensuite devenir Bob le bricoleur au pays de Oui-Oui » ou encore « Mais tu deviens une chochotte » (véridique). Au diable les préjugés, rendez donc vos amis accros eux aussi ! Dans TIP un mode multijoueurs est (enfin) disponible. À vous les joies du jardinage en coop ! Pas de bottage de cul de poule au programme (encore que…), mais bien une répartition plus aisée des taches afin deprogresser plus vite. Sympa, même si il faudra obligatoirement avoir une liste d’amis bien fournie pour trouver quelqu’un de dispo ou bien pouvoir inviter un pote chez soi.

Autre ajout intéressant du soft, même si on peut avoir un doute sur la pérennité de la chose à moyen terme, la possibilité de photographier nos piñatas pour les envoyer sur vivapinata.com. L’idée est ensuite de permettre aux autres joueurs de récupérer votre piñata en scannant la photo avec la caméra Live Vision. Le concept est très sympa, mais on regrette que cela donne l’impression de pouvoir finir le jeu en passant son temps à scanner des cartes… Surtout qu’il n’y alors plus aucune récompense réelle à essayer d’avoir des piñatas rares puisque tout le monde peut faire pareil en 3 secondes avec la caméra. Mais cela renforce encore la volonté de Rare de faire un jeu plus simple, plus abordable, ce qui n’est pas un mal en soi.

Nous dirons au final que les bases de Viva Piñata sont toujours aussi bonnes, mais qu’on aurait aimé plus de prises de risques pour nous combler totalement. Râlant, car au final le jeu ressemble plus à un coup d’épée dans l’eau qu’à un grand jeu fédérateur des gamers de tout poil (ce qu’il pourrait devenir, à l’instar des pokémons, avec un peu de travail).

Non, TIP ne renouvelle pas vraiment le concept initial de Viva Piñata, il l'enrichit juste de quelques nouveautés bien trop minces pour intéresser complètement les fans du premier opus. Maladroit dans certains ajouts (les mini-jeux nazes) et pas complètement débarrassé de ses anciens défauts (les menus bordéliques, sa complexité), Trouble in Paradise porte vraiment bien son nom tant l'Eden promis ne semble pas si parfait. Dommage, car la licence possède pourtant un charme certain et l'addiction peut toucher très vite n'importe quel joueur. Dur de conseiller ce jeu à des personnes qui n'ont jamais touché à Viva Piñata car il reste un ovni vidéoludique, et dans le même temps les fans du premier opus pourront légitiment se demander s'ils ne se sont pas fait refiler une version 1.5 de Viva Piñata. Vivement une vraie suite !

+

  • La cohérence de l'univers du jeu
  • L'addiction jubilatoire pour les collectionneurs fous
  • Un jeu toujours aussi différent
  • Les nouveautés sympas...

-

    • ... mais un manque de contenu pour les fans du premier opus
    • Toujours trop complexe sous certains aspects
    • Des menus fouillis et les chargements multiples en prime
    • L'aspect enfantin qui peut rebuter
  • 26.09 à 02:09

    La force de VP c’est de pouvoir s’adapter à tout type d’âge.
    Car si on va au delà de cet esthétisme un peu enfantin, la gestion de tout ce beau monde se révèle plus complexe et addictive qu’il n’y parait.

  • 25.09 à 06:55

    Moi qui n’est jamais été tenté par Viva pinata car je croyais que c’était un titre réservé aux enfants, j’avoue me demander après lecture du test de Panda si je ne vais pas me lancer dans l’aventure.
    Et JFK était toujours vivant lorsque je naquis…
    Merci Panda.

  • 25.09 à 11:55

    Une suite qui malheureusement je pense arrive trop tôt.
    Ils auraient du prendre leur temps et nous pondre une «vraie» suite. Bien qu’ayant adoré le premier, l’acquisition du 2 attendra.
    Trop peu d’innovations c’est dommage.