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Warhammer 40,000 : Mechanicus

Stratégie | Edité par Kasedo Games | Développé par Bulwark Studios

4/5
One : 17 juillet 2020
25.07 à 16h24 par - Rédacteur en Chef

Test : Warhammer 40,000 : Mechanicus sur Xbox One

La parade des Techno-Prêtres

Régulièrement de passage sur consoles pour leur donner du hack’n’slash de qualité, l’immense saga Warhammer (40K ou pas) prend un chemin différent et plutôt bien venu sur le papier avec Warhammer 40.000 : Mechanicus. En proposant à la fois une aventure qui laisse de côté les Spaces Marines et s’appuyant surtout sur de la stratégie au tour par tour, Warhammer 40.000 : Mechanicus se pose comme la bonne surprise de l’été sur Xbox One. Explications.

Nous voilà plongés aux confins de l’univers, pour suivre les investigations d’une délégation de Techno-Prêtres de l’Adeptus Mechanicus. Composée d’adorateurs du Dieu Machine, ou «Omnimessie», cette organisation basée sur Mars est en quête de savoir et de découvertes technologiques. Mais alors qu’elle se trouve sur une planète fraîchement dénichée et nommée Silva Tenebris, la troupe emmenée par le Magos Dominus Faustinus découvre que leur présence, ainsi que celles des Skitariis qui les ont précédés, ont provoqué le réveil des Nécrons. Race robotique ancienne, elle est surtout dotée d’un immense pouvoir destructeur ; aussi la première rencontre avec les Nécrons se solde sur un échec et les Techno-Prêtres sont contraints à la retraite. A partir de là, chaque mission qui suit doit permettre de fortifier les Techno-Prêtres, leur permettre d’étudier les Nécrons pour mieux les éradiquer avant que leur réveil ne soit total.

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Cette idée de course contre la montre est importante. Il ne s’agit pas seulement de donner au scénario une progression balisée dans le temps, mais surtout d’agir sur la progression du joueur et de modifier considérablement l’expérience de jeu à mesure que les missions s’enchainent. Pour expliquer les choses simplement, chaque mission provoque un niveau de réveil des Nécrons selon le temps que l’on passe à explorer les lieux. Ce niveau d’alerte est ensuite additionné au précédent, alors qu’il convient de faire plier les principaux ennemis Nécrons avant d’arriver au niveau 100, chiffre symbolisant le réveil total de l’ennemi. Cette dimension temporelle confirme s’il le fallait que Warhammer 40.000 : Mechanicus est un jeu de stratégie pure et dure. Il y a celle que l’on déploie sur le champ de bataille et sur laquelle nous allons revenir ; mais il y a aussi cet aspect temporel formidable, poussant le joueur à devoir prioriser ses choix de missions et à l’intérieur même de celles-ci, le temps qu’il consacre à l’exploration des lieux.

On parle d’exploration mais ne vous y trompez pas, il n’est pas question de gambader sur Silva Tenebris. Depuis le vaisseau amiral, d’autres adeptes du Dieu Machine nous proposent des missions. Une fiche technique nous renseigne sur les types d’ennemis à venir, les récompenses possibles et le degré de difficulté (indépendant de la difficulté générale configurable dans les options). Une fois le choix de mission validé, on est directement au boulot, avec une vue aérienne sur une carte présentant les salles visitables qui nous séparent de l’objectif principal. A la manière d’un jeu de plateau, on déplace nos « pions » d’une salle à l’autre et alors que chaque mouvement fait grimper le niveau d’alerte, un événement se déclenche. Il prend la forme d’une illustration, d’un petit texte et de trois choix possibles qui ont forcément une conséquence, bonne ou mauvaise. Il peut s’agir par exemple de choisir entre détruire une icône extraterrestre, l’étudier ou bien l’extraire. On peut gagner de l’expérience, des points d’action ou à l’inverse perdre des PV ou encore accélérer la montée du niveau d’alerte. A noter qu’à chaque nouveau palier d’alerte, l’ennemi gagne en nombre ou en capacité de régénération jusqu’à la fin de la mission.

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La progression proposée de la sorte peut surprendre au premier coup d’œil, mais on a rapidement fait de l’apprécier. Le côté « Livre dont vous êtes le Héros » des événements est très bien introduit, tandis que l’on est sans cesse tiraillé entre le besoin d’assurer la fin de mission et l’envie tout de même d’écumer les lieux. Au risque de renforcer l’ennemi plus que de raison. Quelle que soit l’approche, l’arrivée dans la salle de l’objectif est synonyme de combat. Avec nos Techno-Prêtres et le renfort de Skitariis, lesquels proposent plusieurs classes déverrouillables au fil des missions, on se lance dans des combats au tour par tour assez traditionnels, faciles à appréhender mais comme souvent très subtils (au travers par exemple de «l’opportunité», une attaque automatique en fonction du mouvement prévu par le personnage en cours d’action et qui peut coûter cher… Dans les deux sens). Les personnages se déplacent sur une grille, plus ou moins loin en fonction de leurs attributs. Les attaques se concentrent sur le corps à corps et l’attaque à distance, physique ou énergétique. Certaines attaques sont gratuites, d’autres requièrent des PC (points d’action) qui peuvent être récupérés de bien des façons, comme en s’approchant d’une source d’énergie qui se régénère à chaque nouveau tour. Au pire, un cantique peut aider en ce sens ou bien permettre de booster l’attaque, la défense ou les PV ; mais il faut utiliser le cantique avec justesse car son usage est unique et seulement trois peuvent être emportés en mission. Dans la mesure où il est possible d’enchainer des actions tant que l’on a suffisamment de PC ou de recharges de l’arme/compétence, chaque mouvement de personnage doit être réglé avec précision.

Cela est d’autant plus vrai dans un jeu comme Warhammer 40.000 : Mechanicus qui ne fait aucun cadeau. De nombreux paramètres peuvent être réglés pour alléger la brutalité de certaines rencontres mais attention, en dessous d’un certain seuil, le jeu ne vous permet pas de débloquer les succès associés. Le défi est au rendez-vous mais il est très gratifiant : conduire proprement une mission offre un bon niveau de satisfaction personnelle. On se prend alors au jeu, pour découvrir qu’il se défend aussi très bien du côté de la personnalisation des Techno-Prêtres. Les arbres de compétences, au nombre de six pour dix niveaux chacun, proposent des profils très différents. A mesure que l’on accède à de nouveaux Techno-Prêtres, il y a moyen de composer des équipes de bien des façons, même si le niveau de Pierre Noire acquis (la monnaie valant expérience, en somme) nous rappelle qu’il faut faire des choix. L’acquisition de compétences permet naturellement d’être plus efficace au combat mais aussi de débloquer des emplacement « d’augmentiques » pour embarquer plus d’armes, objets de soutien et autres bonus passifs. La seule chose que l’on reproche au système de compétences et d’évolution, c’est finalement le peu de lisibilité du menu dédié.

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Puisque l’on évoque les griefs à l’encontre de Warhammer 40.000 : Mechanicus, autant en faire le tour maintenant. En l’absence de navigation au sein d’environnements 3D à l’exception des combats, on aurait justement aimé que ces représentations soient un peu plus soignées. Si la direction artistique est réussie, la technique ne se mouille pas trop. Warhammer 40.000 : Mechanicus aurait mérité des environnements plus détaillés, plus beaux pour être plus lisibles aussi et donner une appréciation encore toute autre à l’étude du champ de bataille. Il en va de même pour l’environnement sonore trop discret, pas vraiment aidé par l’absence de doublages (mais les textes sont eux en français). En dépit de l’absence quasi-totale de cut-scenes, le scénario prend une place importante dans l’expérience Warhammer 40.000 : Mechanicus ; l’univers est vaste, complexe et aurait certainement gagné des adaptes supplémentaires en fournissant des doublages, ne fusse que pour les moments clés de l’aventure. Une aventure que l’on apprécie cependant beaucoup et qui avec sa vingtaine d’heures de jeu et son challenge solide est à conseiller à tous les amateurs d’affrontements stratégiques, option tour par tour.

Test en vidéo de Warhammer 40.000 : Mechanicus par Creasy Buscemi

4/5
Avec Warhammer 40.000 : Mechanicus, le développeur Bulwark Studios offre aux amateurs de stratégie un jeu qu’ils perdraient à ignorer. S’il ne brille pas par sa prestation technique timide (mais néanmoins très propre !), Warhammer 40.000 : Mechanicus est un jeu tout simplement passionnant, une expérience riche de possibilités et portée par un gameplay précis. Même si vous n’avez pas d’attrait particulier pour l’univers Warhammer 40.000, il y a de grandes chances que Mechanicus se montre suffisamment solide manette en main pour vous convaincre.

+

  • Expérience très prenante
  • Gameplay soigné
  • Système d’évolution généreux
  • Textes en français
  • Personnalisation de la partie très poussée

-

    • Très timide graphiquement
    • Ambiance sonore monotone
    • Les nombreux dialogues -non doublés- peuvent lasser