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Warriors Orochi 4

Beat them'all | Edité par Koeï-Tecmo | Développé par Koei-Tecmo Games

4/5
One : 19 octobre 2018
30.10 à 16h06 par - Rédacteur en Chef

Test : Warriors Orochi 4 sur Xbox One

With or without Shu, with or without Shu oh oh

Dans la grande famille de Musô, je demande le mega crossover. Celui qui dans sa quatrième forme ici présentée vient de battre le record du plus grand nombre de personnages jouables dans un jeu vidéo. Ca en fait du monde et ce joli roster, couplé à l’approche particulièrement débridée de cette branche des Musô, nous fait espérer avec Warriors Orochi 4 un véritable retour en force d’un genre passablement écorné par l’épisode malheureux nommé Dynasty Warriors 9. Alors souriez. Non, vous n’êtes pas filmé mais vous allez plutôt découvrir pourquoi Warriors Orochi 4 est un très bon Musô.

Warriors Orochi est depuis ses débuts sur Xbox 360 un prétexte au mélange dans un même jeu des visages qui ont marqué les Dynasty Warriors, Samurai Warriors et quelques licences moins liées à la sphère Musô comme Bladestorm ou encore Ninja Gaiden (à retrouver dans Warriors Orochi 3). Mais cette fois, il n’est pas seulement question d’Orochi, alias le mal n°1 des précédents épisodes et de comment se créé l’alliance parfaite des plus grands guerriers pour lui botter le train. Un autre gus a décidé de s’amuser avec les humains et on le sait, Zeus est du genre plutôt taquin : le Dieu envoie alors sur Terre d’étranges bracelets emplis d’un immense pouvoir et se frotte les mains en attendant de voir qui va s’en emparer et mettre le boxon. La puissance donnée par chacun des bracelets est immense : elle transforme un simple guerrier en véritable dieu vivant. Heureusement, Zeus ne parvient qu’à envoyer quatre des huit bracelets sur Terre, les autres étant dérobés au dernier moment par Persée qui prend à son compte la périlleuse mission visant à prévenir et unifier l’humanité autour de sa survie. Parce que vous l’imaginez bien : les bracelets envoyés par Zeus ne sont pas tombés aux mains de bienfaiteurs mais dans celles des sympathiques Lu Bu et autres Nobunaga Oda. Soit de gentils personnages pas du tout animés par le désir de contrôler chaque centimètre carré de la planète bleue.

warriors orochi 4 test 1

Si cette histoire n’est pas la plus originale qui soit, elle réserve néanmoins de très nombreux dialogues, quelques surprises, sans jamais oublier de placer ici ou là une petite note d’humour. On n’est pas là pour respecter l’histoire des Trois Royaumes après tout, alors va pour quelques petites sorties parfois graveleuses. Tous les dialogues sont doublés en japonais -ce qui est très appréciable- mais pour bien comprendre tout ce qui se trame derrière la réunification des combattants venus d’époques ô combien différentes, disposer d’un certain niveau en anglais est indispensable. La non-compréhension de la langue d’Oasis est également un petit frein à la navigation sereine dans des menus qui ont gagné en simplicité au regard de Warriors Orochi 3. On oublie ici les allers et venues dans le campement pour une organisation bien plus conventionnelle à base de sections et de sous-sections dans un ensemble fixe. On se retrouve du coup assez facilement dans un menu qui nous est détaillé à mesure que de nouvelles fonctionnalités apparaissent : composition de l’équipe, armes avec les améliorations et ajouts d’attributs pour celles-ci, évolution du personnage, renforcement du campement (soit le déblocage de bonus qui touchent l’ensemble de combattants), encyclopédie et j’en passe. Bref, la mi-temps est au moins aussi importante que le match et comme son prédécesseur, Warriors Orochi 4 offre largement de quoi s’occuper, surtout pour les joueurs qui auraient contracté la collectionnite aigue : le nombre de personnages et d’armes à débloquer est tout bonnement ahurissant.

warriors orochi 4 test 2

Une fois sur le terrain, on reste dans le gargantuesque. Musô oblige, on s’engage pour un paquet de missions principales et une tripotée de scénarios secondaires. Si vous cherchez un titre qui vous en donne pour votre argent, vous voilà servi ! La branche des Orochi délivre depuis ses débuts un gameplay axé presque exclusivement sur le combat et qui délaisse tout aspect stratégique (comme on pouvait le retrouver dans un Dynasty Warriors 6 ou Gundam 3). On retrouve quelques chefs de base à abattre pour réduire l’afflux d’ennemis mais ce n’est ni obligatoire ni véritablement impactant dans la façon dont se déroule une mission. Non, clairement, c’est la baston et le dynamisme qui priment dans Warriors Orochi 4 avec comme toujours une myriade de combinaisons possibles entre les trois combattants embarqués, des attaques Musô qui font mal et le recours possible à une attaque groupée pour maximiser les dégâts. On dispose aussi en retrait de quatre « strikers » qui apparaissent automatiquement pour contrer un ennemi dans certains cas et surtout pour renforcer le système de « Unity Magic », la plus grosse attaque disponible. La magie est d’ailleurs la grosse nouveauté de cet épisode et elle est un ajout particulièrement appréciable : chaque personnage dispose de trois niveaux d’attaques magiques qui apportent de la destruction et un maximum de rythme aux combats. Le type de magie varie selon le genre de personnage que l’on incarne (axé sur la force, la vitesse ou la technique) et l’on a enfin la sensation d’avoir avec cela le petit plus qui manquait aux précédents Musô pour délivrer le plein d’adrénaline. Cerise sur le gâteau : la magie est utilisée désormais pour enfourcher automatiquement sa monture, fonction ô combien pratique et parfaite pour faire en sorte que l’action ne faiblisse jamais.

warriors orochi 4 test 3

Plus que tout autre Musô, Warriors Orochi 4 est l’épisode parfaitement équilibré entre nouveautés et fan service à destination des habitués et de l’autre côté, accessibilité et dynamisme pour les nouveaux venus. Si une première expérience Dynasty Warriors vous tente, cet épisode est assurément le meilleur choix possible. On conseille en revanche aux habitués de lancer directement les hostilités en mode difficile, cet épisode se révélant particulièrement aisé à manœuvrer. Il y a certes du chalenge à aller chercher en jouant chaque mission avec les personnages suggérés (et donc pas forcément à niveau) ou en tentant les variantes « Pandemonium » où les ennemis font mal et où l’énergie ne remonte pas ; mais globalement, c’est facile et on regrette l’absence de rencontres vraiment tendues comme on en a l’habitude dans les Dynasty Warriors. Latter Lu Bu comme cela, aussi facilement, ça ne devrait pas être permis.

A lire également : Test de Dynasty Warriors 9

Mais quoi qu’il en soit Warriors Orochi 4 est un plaisir à jouer qui a certes ses petits problèmes de caméra habituels mais qui compense ici par une réalisation soignée. C’est autrement plus beau que Dynasty Warriors 9 (qui est certes un open world) et sur Xbox One X, le framerate ne bronche pas. On note tout de même encore quelques apparitions de troupes un peu soudaines mais dans l’ensemble le titre d’Omega Force se défend très bien. Cela même à deux en écran partagé où le framerate tient la route et où le seul désagrément vient des ennemis qui se figent chez un joueur quand l’autre utilise certains types de magie. Enfin, on peut aussi jouer à Warirors Orochi 4 en ligne en coopération mais aussi en versus à 3 contre 3, dans le mode Battle Arena. Deux équipes s’affrontent alors pour le contrôle de zones ; sans être indispensable cet ajout ne fait pas de mal et confirme s’il faut que l’on a avec Warriors Orochi 4 un titre particulièrement généreux, accessible qui certes ne réinvente pas le genre mais lui donne ici quelques clés intéressantes pour mériter que l’on s’y intéresse encore une fois.

Pour aller plus loin : Vidéo-test de Warriors Orochi 4 avec Creasy Buscemi

4/5
Extrêmement généreux, accessible et surtout plus dynamique que jamais, Warriors Orochi 4 confirme tout le bien que les amateurs de Musô peuvent penser de cette branche qui ne recule devant rien, pas même une histoire nanardesque, pour porter une nouvelle fois sur le devant de la scène des héros tout de même plutôt classes. Bien réalisé, le titre d’Omega Force ne vous fera pas aimer la saga si elle vous était imbuvable jusqu’ici mais pour les nouveaux venus, les curieux qui voudraient se lancer dans le beat’em all de masse, Warriors Orochi 4 est assurément le meilleur représentant du genre aujourd’hui. Si vous êtes un habitué, vous l'avez de toute façon déjà acquis, non ?

+

  • Le Musô dans ce qu’il a de plus dynamique
  • Contenu énorme
  • Réalisation convaincante
  • Intégralement doublé en japonais
  • Jouable en écran scindé et en ligne

-

    • Anglais intégral à l’écrit
    • Evolution somme toute timide
    • Un certain manque de challenge plane

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