Jeux

Windbound

Aventure

3/5
One : 28 août 2020
28.08 à 09h59 par - Rédacteur

Test : Windbound sur Xbox One

Par vents et marées

L'exploration est devenue une vraie tendance dans le monde du jeu vidéo et nombreux sont les développeurs à vouloir entraîner le joueur dans un univers où la liberté est le maître mot. C'est le cas des Australiens de 5 Lives Studios qui, avec l'aide de l'éditeur allemand Deepsilver, nous proposent de découvre le monde de Windbound. Un océan, quelques îles, et nous voilà dans le grand bain avec pour seule contrainte de devoir assurer sa survie. Mais le titre du studio de Brisbane est-il aussi original qu'il ne le laisse paraître ?

Windbound c’est avant tout un scénario pas franchement explicite. Il faut dire que Kara, l’héroïne au design franchement réussi, se retrouve tout à coup au milieu de nulle part avec la nécessité de subvenir à sa faim tout en trouvant un chemin qui puisse la faire rentrer chez elle. Dotée d’une ambiance tribale saupoudrée d’une pointe de mysticisme, le jeu nous transporte sur une première île sur laquelle il faut récolter des ressources. De quoi plonger le joueur dans un petit tutoriel qui explique les principes de base de ce jeu qui joue clairement la carte du crafting. Les débuts sont évidemment très limités en matière de création mais chaque nouvelle ressource récupérée permet d’accéder à une nouvelle liste d’objets, comme les outils qui eux-même donneront l’opportunité de récupérer de nouveaux éléments. Globalement ce système est plutôt bien construit et invite à récolter un maximum, mais oblige aussi à régulièrement faire des choix tant la taille de l’inventaire de Kara devient vite problématique. Heureusement il est possible de l’augmenter de diverses manières, mais cela ne suffit pas toujours à emporter de nombreux outils et plusieurs ressources différentes avec soi. D’autant qu’il faut prévoir de quoi fabriquer à nouveau des outils déjà obtenus puisque ceux-ci se cassent à force d’utilisations.

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Une difficulté souhaitée par les développeurs puisque Windbound est avant tout un jeu de survie. L’héroïne possède deux jauges, une barre de vie et une barre d’endurance. Cette dernière se vide à mesure que Kara a faim, et limite donc ses temps de nage et de course. Lorsqu’elle est vide c’est au tour de la barre de vie de diminuer et il devient alors urgent de trouver rapidement de la nourriture, soit parmi les végétaux (champignons, baies) ou parmi les animaux. Entre deux explorations il est donc nécessaire de chasser et parfois se confronter à des bêtes féroces capables de vous mettre à terre en quelques coups de griffes. A l’inverse, les premières armes fabriquées obligent à être patient, d’autant que le gameplay de ces phases de combat n’est pas vraiment d’une grande souplesse. Un sentiment de frustration qui s’efface lorsqu’il devient possible de fabriquer le premier arc, et ses flèches, le combat à distance étant bien plus agréable au final, même sur les îles qui hébergent de puissantes bêtes.

Et pour passer d’une île à l’autre il faut obligatoirement se lancer dans la construction d’un bateau. Elément important du jeu, il est possible de l’améliorer au fur et à mesure, passant d’un simple canoë en paille à un véritable trimaran à voile avec sa figure de proue. Rappelant évidemment The Legend of Zelda: The Wind Waker, les différentes possibilités offertes pour changer l’apparence du navire apportent un véritable changement sur le gameplay. Un bateau mal équilibré entraînera par exemple de nombreuses chutes selon le sens du vent. Au contraire, avec le bon matériau et un équilibre parfait il est possible de naviguer sans trop de difficultés, à grande vitesse, ou même quasi à contresens du vent. En orientant correctement la voile cela devient un réel plaisir d’évoluer sur une eau plutôt jolie avec des effets de houles bien réalisées. On regrette toutefois que certains bugs de collision viennent stopper le joueur dans sa lancée sans réelles raisons. En fabriquant un élément en particulier il est toutefois possible de se mettre en mode «pilotage automatique» et de ressentir ainsi une vraie sensation de vitesse. Cela n’empêche pas de rester attentif aux nombreux dangers de la mer entre les rochers, les récifs de corail, les méduses et mêmes les requins qui prendront plaisir à détruire des parties de votre bateau sur les derniers chapitres.

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Découpé en cinq chapitres, Windbound demande sur chaque map d’activer trois artéfacts situés en haut de tours pour passer au chapitre suivant. Un principe un peu rébarbatif qui aurait mérité mieux. Pire, en choisissant le mode Survie il faudra recommencer le jeu depuis le début après chaque mort, ce qui rend le tout encore plus contraignant et vite fatiguant d’autant que la majorité des défaites se font sur les premières cartes, lorsque Kara ne dispose pas encore d’un équipement rassurant. Pour éviter ce sentiment de frustration il faut donc opter vers le mode Histoire, là où chaque mort vous ramène au début du chapitre en cours et vous permet de conserver les éléments qui étaient présents dans votre inventaire. L’aspect rogue-like ne permet d’ailleurs pas de retrouver ses repères et d’avancer plus vite puisque chaque carte est générée de manière procédurale. A chaque fin de chapitre le titre propose une sorte d’interlude dans lequel il faut naviguer en ligne droite en évitant les rochers et les récifs, un passage plaisant la première fois, mais là aussi vite rébarbatif même si l’impression de surfer sur certaines vagues a un petit côté grisant.

Du côté de l’ambiance générale on note surtout de grosses carences au niveau de la bande-son, assez pauvre dans l’ensemble et pas toujours adaptée à la situation, surtout lorsqu’on nous propose une musique douce et calme durant les déplacements en mer, pas toujours évidents. Graphiquement le titre ne cache pas s’être inspiré d’un autre Zelda avec ses touches de couleurs pastels et ses tours à activer aux teintes bleues fluos qui rappellent Breath of the Wild. Le studio aurait même pu éviter de s’inspirer de la toile qui sert de planeur, d’autant qu’elle est peu utile dans Windbound. On regrette également que les environnements différents ne soient pas plus nombreux, même si le marais et son brouillard inquiétant sont plutôt réussis et compliquent un peu plus la navigation lorsqu’il faut accoster. Peu d’originalité donc, mais un monde qui donne étrangement envie d’y revenir à petites doses.

3/5
Partant d'une bonne intention, Windbound se perd assez vite dans un principe qui ne fait que renforcer le sentiment de faire à peu près toujours les mêmes choses. En jouant la carte de l'exploration basée sur la traversée d'un océan les développeurs australiens de 5 Lives Studios ont tenté de recréer une partie de la magie qui accompagnait la découverte de The Legend of Zelda: The Wind Waker, mais l'absence d'un véritable scénario et son aspect trop répétitif ne lui permettent clairement pas d'atteindre son but initial. Il n'en reste pas moins un jeu sympathique qui repose en majorité sur le plaisir de naviguer à bord d'un bateau qui gagne en efficacité au fil de l'aventure, face aux dangers de la mer.

+

  • Système de craft plutôt intelligent
  • Sensations en bateau intéressantes
  • La mer et la houle bien réalisés
  • Design de Kara vraiment classe
  • Combats à distance satisfaisants

-

    • Combats au corps à corps peu souples
    • Pas vraiment de scénario
    • Un peu trop répétitif
    • Peu de biomes différents
    • Musiques en dessous du reste