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Yonder : The Cloud Catcher Chronicles

Aventure | Edité par Merge Games Ltd. | Développé par Prideful Sloth

3/5
One : 27 février 2019
04.03 à 16h01 par - Rédacteur en Chef

Test : Yonder : The Cloud Catcher Chronicles sur Xbox One

Sans arme, ni haine, ni violence… Mais avec de l'intérêt ?

Lorsque l’on est parent et gamer invétéré, on a forcément envie d’initier sa progéniture au voyage fantastique qu’offre le jeu vidéo. Mais par où commencer ? Il n’est pas forcément évident pour un bambin d’adhérer sans réserve à la proposition -souvent hasardeuse, impatience oblige- que nous lui faisons. Alors avant de devenir le nouvel aventurier sans peur et sans reproches qui parcourra les landes hostiles de Tamriel ou du Nilfgaard, votre successeur appréciera peut-être la proposition faite par Yonder : The Cloud Catcher Chronicles, un jeu d’aventures pas comme les autres.

Peut-être y adhérerez-vous également, pour peu que vous soyez en quête d’un périple plein de zenitude ? Parce que le parti-pris de Yonder, c’est précisément celui d’emmener le joueur dans une aventure calme, accessible et surtout aux antipodes d’un quelconque besoin de croiser le fer. Les choses, pourtant, débutent assez difficilement pour l’avatar que vous aurez pris soin de créer et de personnaliser. Voguant sur les mers à bord d’un navire à voile en compagnie d’un petit équipage, le héros échappe au désastre provoqué par un orage soudain et d’une violence intense. Le voilà alors sur l’ile de Géméa, où il apprend de la part d’une créature stellaire que ce territoire est en danger. Il est la proie des « obscurités » qui l’envahissent peu à peu et compliquent la vie des habitants. Et à qui est-ce qu’il appartient de régler le problème ? Voilà, c’est ça. A partir de là, la machine étonnante qu’est Yonder se met en marche.

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Yonder : The Cloud Catcher Chronicles est un jeu d’aventures en monde ouvert et dans lequel le personnage est visible à la troisième personne. Jusqu’ici, rien de bien original pour peu que l’on occulte un élément : le titre est dénué de tout combat. Pas d’épée, pas de magie. Même pas des baffes à refiler. Prideful Sloth a véritablement voulu créer une expérience douce, voire pacifique ; on s’en rend compte à mesure que l’on évolue sur Géméa où au-delà de l’absence de combats se manifeste une ambiance résolument positive. Tout le monde est accueillant, personne n’a de compte à régler avec personne et mêmes les animaux n’expriment pas la moindre agressivité ou expression de peur alors que vous vous approchez. Les seules choses qui causent du tracas à tout ce beau monde se nomment obscurités et même pour mettre fin à la propagation de ces viles occupants, la violence n’est à aucun moment envisagée. La réponse est à trouver du côté des esprits. Au nombre de vingt-six, ces sympathiques petits êtres vous accompagnent les uns après les autres, à mesure que vous les trouvez en fouillant les environnements et en résolvant quelques (toutes) petites énigmes.

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Plus une obscurité est puissante, plus il faut disposer avec soi d’esprits différents. Une fois le bon nombre atteint, le voile se lève sur un objet de quête, un coffre ou une petite note écrite tout à fait optionnelle. Et voilà. On se rend compte assez vite que le fil principal n’est finalement qu’un prétexte à notre présence sur ces terres, on oublie un peu vite pourquoi on est là. Mais ce résultat tient tout de même moins au déficit de profondeur dont souffre l’écriture qu’à la structure même de Yonder qui invite aux douces pérégrinations, là où l’obligatoire se mêle assez intelligemment au secondaire. On peut aller n’importe où et il ne faut guère plus de quelques minutes avant de tomber sur quelque chose à faire. Une action qui a, tôt ou tard, son intérêt. On pense par exemple aux nombreuses guildes qu’il est possible d’intégrer à tout moment pour se lancer dans la construction en pierre, en bois, dans la cuisine, la couture et même l’usage des colorants. Oui, oui.

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Pêcher un poisson et le cuisiner, fabriquer un pont en bois ou en pierre, équiper l’une de ses fermes avec ce qu’il faut pour subvenir aux besoins de animaux… Tout cela demande une certaine implication. Les fermes, disponibles à plusieurs endroits de la carte (servant accessoirement de points de voyage rapide) demandent donc un minimum d’équipement pour pouvoir planter et élever des animaux que l’on a pris soin d’adopter en les attirant jusque là à l’aide d’un type de nourriture qui lui convient. Une fois l’animal bien installé, il produira un certain type d’objet, lequel pourra être utilisé pour achever une quête ou simplement échangé avec l’un des nombreux marchands présents sur Géméa. A noter que même dans le commerce l’approche est résolument portée par de bonnes intentions : il n’y a pas d’argent en jeu mais simplement la nécessité de procéder à un échange équitable avec le marchand. Tout le monde y trouve son compte, pourvu que l’on prenne soin d’échanger les bonnes ressources avec les bons commerçants car tous, en fonction de leur région de résidence, ne sont pas demandeurs des mêmes choses. Toutes ces ressources se trouvent simplement sur la carte, en le récoltant au gré des balades, en usant souvent d’un des outils disponibles (hache, masse, faucille par exemple).

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L’essentiel du temps passé à jouer à Yonder : The Cloud Catcher Chronicles se résume à récolter, à créer une chose qui permet ensuite d’en créer d’autres. Une certaine répétitivité s’installe alors forcément au bout de quelques heures et s’en accommoder dépend de deux choses : votre âge et de fait votre expérience et attentes vis-à-vis d’un jeu vidéo ; ou bien un attrait pour les plaisirs simples de la balade, de la découverte et d’une bonne dose de crafting. Mais dans un cas comme dans l’autre, il y a des chances que vous soyez, au moins pour quelques heures, attiré par le voyage sur une carte par forcément très vaste mais plutôt agréable à parcourir, au gré des compositions douces et discrètes. Plaines verdoyantes, zones rocailleuses, montagnes ou encore terres septentrionales enneigées ; la variété est au rendez-vous et tout cela rappelle à la fois Zelda Breath of The Wild pour l’orientation environnementale et son ancêtre The Wind Waker pour la pate artistique. Nous sommes d’accord pour dire que rien dans Yonder ne saurait chatouiller la maestria avec laquelle sont orchestrés ces jeux Nintendo mais on a tout de même envie de souligner ce travail d’inspiration qui tient plus de l’hommage que de la vulgaire copie. A défaut d’être intrinsèquement beau, Yonder est plutôt propre, coloré, mignon et se comporte très bien, testé ici sur Xbox One X. Yonder apporte même sa petite touche en ajoutant au classique cycle jour/nuit une évolution des environnements selon la saison. Voir passer la plaine du départ du jeu du vert à l’orangé, puis la parcourir au milieu de flocons balayés par le vent quand vient l’hiver, ça fait forcément son petit effet.

3/5
Un jeu d’aventures zen ? Yonder : The Cloud Catcher Chronicles l’est assurément. Dénué de toute notion de violence, allant même jusqu’à proscrire l’usage de l’argent pour lui préférer le troc dans un monde où les poissons sont finalement les seuls opprimés, le jeu de Prideful Sloth est un cas assez unique en son genre. Bien qu’il lui faille concéder un grand manque de profondeur dans l’écriture de son scénario, une absence de dialogue dignes de ce nom et un crafting omniprésent mais dont la simplicité peut finir par ennuyer, Yonder : The Cloud Catcher Chronicles n’est pas inintéressant. Il convient assurément aux jeunes joueurs en quête d’une première expérience avec un open world (tout mignon) ou à ceux qui, plus âgés, auraient à cœur de tenter quelque chose de résolument tranquillisant. Attention tout de même à l’overdose de simplicité.

+

  • Accessibles aux plus jeunes…
  • … Pour une première expérience open world valable
  • Résolument libertaire et non violent
  • Décors plutôt jolis

-

    • Quête principale sans intérêt
    • Manque de profondeur de la mise en scène, des dialogues
    • Crafting omniprésent mais peut-être trop simple
    • Peut vite devenir rébarbatif

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