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9 Monkeys of Shaolin

Beat'em all | Edité par Ravenscourt | Développé par Sobaka Studio

3/5
One : 16 octobre 2020
15.10 à 10h58 par - Rédacteur en Chef

Test : 9 Monkeys of Shaolin sur Xbox One

Chaussé comme un moine

S'il met en scène la résistance d'un petit groupe de moines Shaolin face à l'envahisseur nippon, c'est depuis le voisin russe que nous parvient 9 Monkeys of Shaolin. Développé par Sobaka Studio, ce beat'em up en 2.5D nous propose de plonger dans l'action sans retenue si chère au genre, pour quelques heures de matraquage de boutons plutôt plaisantes. Serrons fort l'amulette, et restons zen.

Pêcheur sur les côtes orientales de la Chine, Wei Cheng pensait pouvoir vivre dans son petit village une existence paisible. Les infâmes Wakô, envahisseurs sanguinaires venus de l’archipel nippon, furent tantôt boutés hors de l’Empire du Milieu et l’on espérait ne plus jamais voir pointer le bout de leur nez de Tengu. Que nenni ! Les voilà de retour, plus hargneux que jamais, et c’est sur le village de Wei Cheng qu’ils entreprennent un raid violent. Notre héros est certes un combattant valeureux qui a appris avec son oncle les rudiments du combat au bâton ; mais cela ne suffit pas renverser l’ennemi et c’est la bonne fortune qui sauve Wei Cheng d’une mort certaine. Ce salut, il le doit à un groupe de moines shaolin vivant non loin de là et forcément très préoccupés par cette nouvelle incursion Wakô. Quelles sont leurs intentions ? Le danger serait-il plus grand encore que ce que suggèrent les apparences ? Rapidement remis sur pied à l’intérieur du monastère, Wei Cheng prend les armes pour aider les autres moines à renverser l’ennemi et ramener la paix.

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Si l’aspect scénaristique travaillé ou la mise en scène bien menée ne sont pas des éléments particulièrement importants ou développés dans la plupart des beat’em up, ils bénéficient d’un certain soin dans 9 Monkeys of Shaolin. Pas de quoi tomber à la renverse mais on apprécie les cut-scenes proposées avec de jolis écrans fixes dessinés à la main. Les dialogues ponctuant quelques instants entre deux missions permettent de s’immerger dans l’univers du jeu avec de temps en temps une petite pointe d’humour bien venue. Les voix sont disponibles en anglais et, origine du développeur oblige, en russe. On aurait aimé disposer de doublages en chinois voire en japonais, mais ce n’est qu’une appréciation personnelle et on se félicite déjà de la présence de textes dans la langue de Molière. Les musiques s’intègrent bien à l’ambiance sino-médiévale, bien qu’un thème en particulier, utilisé plusieurs fois, se montre quelque peu fatigant à la longue.

On prend cependant un plaisir certain à latter tout ce qui se dresse entre nous et la fin d’un niveau, dans ce beat’em up en 2.5D à l’approche relativement classique. On progresse de gauche à droite en prenant soin de mettre à terre soldats légers, gaillards en armures, samouraïs, ninjas et autres esprits malfaisants. Le bestiaire est relativement varié, les ennemis parfois nombreux dans une même zone, obligeant à user sans abuser de l’esquive et de la parade, particulièrement facile à utiliser et de fait très plaisante. On peut grâce à cela renvoyer les projectiles de certains ennemis planqués dans les fourrés. La mécanique de contre est ainsi basique mais très efficace. Côté offensif, il ne faut pas se laisser endormir par la proposition de base, assez légère mais que l’on a ensuite tout loisir de gonfler. Cette petite heure de jeu qui sépare un Wei Cheng démuni de celui qui devient par la suite un fier guerrier est d’ailleurs l’un des points faibles du jeu auquel il ne faut pas céder.

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Toujours armé d’un bâton (avec la possibilité au fil du temps d’en récupérer de nouveaux aux attributs différents), Wei Cheng peut asséner des entailles, des frappes d’estoc ou faire parler ses pieds. Le cumul de ces trois aspects permet des combos de base intéressants mais limités, à moduler en fonction du type d’ennemi. Il est par ailleurs possible de charger la frappe pour infliger un maximum de dégâts. C’est un peu plus tard que les choses deviennent vraiment intéressantes, quand on utilise peu à peu les points d’expérience glanés pour gonfler les capacités de base et surtout en acquérir de nouvelles. La barre de Qi fait rapidement son apparition et permet d’utiliser des techniques physiques plus évoluées (frappe écrasante, tornade avec le bâton, coup de pied dans les airs) ainsi que de la magie pour affaiblir/ralentir les ennemis, les faire se rapprocher tout d’un coup ou les envoyer valser dans les airs. En pleine possession de ses pouvoirs, Wei Cheng cartonne tout ce qui bouge dans des enchainements vifs, brutaux. On apprécie particulièrement l’impact des coups bien retranscrits et les moments complètement dingos où le héros traverse l’écran, pied en avant, façon Liu Kang de Mortal Kombat.

L’expérience manette en mains se révèle solide, même si les choses peuvent devenir bordéliques lorsque trop d’ennemis de catégories différentes peuplent l’écran et que des pièges s’y mettent aussi. La difficulté est cependant bien dosée, quel que soit le degré sélectionné au départ ; le cas échéant, on peut rejouer une précédente mission pour gagner des points d’expérience et arriver plus fort pour faire face notamment aux quelques boss présents. Ils sont malheureusement peu nombreux et en dehors du dernier, étonnamment faciles à défaire. Le jeu dispose d’une durée de vie convenable pour le genre (comptez 5 heures pour compléter toutes les missions) et propose quelques passages où le temps est limité, ce qui ajoute un peu de tension. C’est évidemment un peu répétitif -on aurait aimé rencontrer d’autres types d’ennemis et plus de boss surtout- mais on ne s’ennuie pas. Il est possible aussi de jouer à deux en local ou en ligne.

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D’une mission à l’autre l’entre-deux nous porte dans le petit monastère où l’on améliore donc le héros, sélectionne une mission (nouvelle ou déjà jouée), lance une partie multijoueur, modifie l’équipement (arme, collier et chaussures offrant des bonus divers) et à mesure que l’on découvre des secrets dans les niveaux on peut appliquer quelques changements au jeu. Mode grosse tête, skin alternatif pour Wei Cheng, impact des coups plus visible à l’écran, hurlement continu des ennemis… Les petites options sont nombreuses. Autour de tout cela, 9 Monkeys of Shaolin se révèle être un jeu plutôt joli, parfaitement stable. Les environnements sont variés (village, forêt, château, grotte, de jour comme de nuit), les couleurs chaudes et les effets de lumière particulièrement bien gérés. En bref, un bon petit jeu d’action.

3/5
9 Monkeys of Shaolin est un beat'em up plaisant à jouer, dès lors que l'on a passé cette première heure de jeu quelque peu mollassonne. Car une fois que le héros prend de la puissance, l'expérience se révèle prenante jusqu'à son terme, pêchue, dynamique. On n'évite pas une certaine répétitivité -inhérente au genre- et il manque peut-être un peu de folie du côté des ennemis. Mais globalement, on passe un bon moment et 9 Monkeys of Shaolin est un jeu que l'on peut tranquillement conseiller aux amateurs de brawlers.

+

  • Réalisation convaincante
  • Gameplay agréable, belle palette de coups
  • Deux joueurs en local comme en ligne
  • Durée de vie correcte pour le genre

-

    • Bestiaire qui manque de folie
    • Un peu bordélique par moments
    • Un petit peu répétitif aussi