Jeux

Afro Samurai

Action/Aventure | Edité par Namco Bandai Games Inc.

4/5
360 : 26 mars 2009
06.04 à 01h20 par |Source : http://xbox-mag.net/

Test : Afro Samurai sur Xbox 360

Née de l'imagination de Takashi Okazaki, la série Afro Samurai a tout d'abord été popularisée sous la forme d'un manga, avant de se voir porter à l'écran par le studio d'animation Gonzo. Bousculant les codes établis, Okazaki a su créer un personnage à la fois classe et totalement décalé, en adéquation avec l'univers dans lequel il évolue. Un brin schizophrène et entouré de personnages complètement déjantés, Afro Samurai s'est récemment décidé à prendre le chemin de nos consoles, pour le plus grand bonheur des adeptes de la licence. Pour cette première incursion vidéoludique, Namco Bandai se devait de conserver la magie caractérisant l'univers d'Afro, tout en y apportant un gameplay suffisamment étudié pour ne pas désintéresser le joueur. La quête de vengeance du samouraï touffu vaut-elle le détour ? Verdict.

Vengeance programmée

Tout débute alors qu’Afro Samurai, visiblement très jeune, assiste impuissant à la mort de son père, terrassé dans un combat par son ennemi juré : Justice. La raison pour laquelle cet affrontement a eu lieu n’est un secret pour personne, le père d’Afro porte en effet le « bandeau numéro 1 », sorte de récompense ultime accordée au meilleur guerrier de tous les temps. Le premier bandeau n’étant accessible qu’en éliminant son porteur, cela a bien évidemment attiré la convoitise du grand méchant de l’histoire.

C’est sur ces bases que commence la quête de vengeance d’Afro, devenu en grandissant un tueur froid et impitoyable, consumé par la haine qu’il voue à l’assassin de son père. Et les ennemis qui croisent son chemin vont bien évidemment en faire les frais. Car saignant, le titre de Namco Bandai l’est jusqu’aux bouts des ongles, l’hémoglobine coulant à flots de la première à la dernière seconde de l’aventure. Pour cela, notre guerrier à la chevelure 80′s devra user et abuser de toute une panoplie de combos, aussi violents et spectaculaires les uns que les autres : Grimper sur un ennemi pour lui planter une lame dans la gorge, décapiter sèchement sa proie, sectionner un corps en deux, le nombre de possibilités ne manque absolument pas, bien au contraire. Il est aussi intéressant d’utiliser l’une des principales caractéristiques de combats, consistant à ralentir le temps d’une simple pression sur la manette, ce qui permet d’ajuster ses coups, et de gagner en efficacité. Ceci étant dit, cette technique ayant pour effet de raccourcir significativement les combats, il est conseillé de l’utiliser avec modération, l’aventure n’étant en elle-même déjà pas bien longue. Cette imposante panoplie de coups contribue en effet à donner au soft une grande partie de son intérêt. Les combats étant entraînants et purement jouissifs, Afro Samurai parvient donc sans mal à captiver le joueur durant toute l’aventure, qu’il sera d’ailleurs possible de recommencer dans un niveau de difficulté plus élevé.

Véritable coup de frais dans l’univers du démembrage de masse, Afro Samurai est donc, du point de vue du gameplay, parfaitement calibré. Rempli d’idées ingénieuses pour rendre les combats jouissifs au possible, le soft propose en effet une aventure concise, mais incroyablement rythmée, au cours de laquelle quelques rares phases de plate-formes plutôt redondantes viennent ralentir l’intensité des situations. On regrettera cependant également une caméra souvent capricieuse et quelques ralentissements durant la partie.

Elle est pas belle, ma touffe ?

Mais les qualités d’Afro Samurai ne s’arrêtent évidemment pas là. Le soft propose, en plus de son gameplay aux petits oignons, des graphismes extrêmement soignés. Namco Bandai a en effet su choisir le style le plus approprié aux aventures vidéoludiques d’Afro : le Cel-Shading. Maîtrisée de bout en bout par son développeur, la palette graphique est superbe. A tel point qu’il n’est pas rare de s’arrêter quelques secondes devant un paysage pour admirer le soin apporté aux moindres détails. Les décors sont quant à eux plutôt variés, puisque l’on visitera aussi bien des ruines en plein désert que des forêts étouffantes au milieu de nulle part.

Il est cependant dommage de constater qu’en marge de cela, le design des ennemis soit dans l’ensemble complètement raté. Il n’est effectivement pas rare d’affronter, au cours de l’aventure, des dizaines de clones au design peu inspiré. Un constat d’autant plus dommageable qu’il contraste radicalement avec le soin apporté aux personnages principaux. En effet, Afro, ses amis et ses principaux adversaires sont très fidèles à l’essence-même de la série, qui est parfaitement respectée. Dans le but de rendre les personnages les plus authentiques possible, Namco Bandai a fait appel aux doubleurs qui ont déjà officiés sur la série animée par le passé. Et le casting n’est pas des moindres : Samuel L. Jackson et Ron Perlman sont en tête de liste. Ceci donne lieu à des dialogues à l’humour souvent irrésistible et complètement décalé, attribuant aux personnages un véritable charisme. Il est cependant dommage que les cinématiques développant la trame scénaristique soient trop rares. Non seulement car elles demeurent superbement réalisées, mais également car cela provoque une certaine incompréhension du scénario pour qui ne connait pas l’univers crée par Okazaki. En effet, il est vivement conseillé de visionner au moins la série animée pour comprendre les subtilités d’un scénario pas toujours très clair.

Wu Tang, For Ever

Il est littéralement impossible de conclure ce test sans évoquer le principal point fort du jeu, celui qui contribue à lui donner une identité totalement exceptionnelle : sa bande-son. Dirigée par RZA, un membre fondateur du Wu Tang Clan, cette dernière est superbe et sonne incroyablement juste. Mélangeant habilement sonorités asiatiques, Hip Hop et autres musiques électroniques, elle contribue à donner aux combats tout leur intérêt. C’est effectivement un véritable plaisir de faire subir les pires sévices à ses ennemis sur des pistes aussi entraînantes, motivant d’autant plus le joueur à marteler son pad et conférant au jeu son statut de défouloir parfaitement maîtrisé.

Véritable vent de fraicheur dans l'univers vidéoludique, Afro Samurai fait partie de ces jeux qui font du bien, de ceux qui font voyager le joueur après une journée de travail éprouvante. Beau, incroyablement rythmé et plus subtile qu'il n'y parait, le soft de Namco Bandai parvient à captiver le joueur et à l'entraîner dans une aventure qui, une fois entamée, aura bien du mal à nous faire lâcher prise. Il est cependant légitime de regretter une aventure finalement assez courte, un scénario qui s'étend de tous les côtés sans réellement avancer ou encore des choix artistiques parfois discutables. Mais le principal est là : on s'amuse. A ceux qui se demanderaient encore si le périple d'Afro Samurai vaut le coup d'être tenté, la réponse est oui, mille fois oui.

+

  • Une bande-son exceptionnelle
  • Jouissif au possible
  • L'univers crée
  • Les répliques de Ninja Ninja
  • Graphiquement réussi

-

    • Court
    • Scénario trop amputé
    • Quelques ralentissements
    • Caméra perfectible
    • Design des ennemis peu inspiré