Jeux

Aliens : Colonial Marines

FPS | Edité par Sega | Développé par Gearbox Software

1/5
360 : 15 février 2013
08.03 à 12h01 par - Rédacteur

Test : Aliens : Colonial Marines sur Xbox 360

Aliens, la licence la plus horrifico-spatialo-intenso-gore du cinéma est clairement un objet d'adaptation vidéo-ludique. Elle furent nombreuses à miser sur ces méchantes bêbêtes mais rares sont celles qui sont parvenues à leur rendre un véritable hommage. En mettant en scène un groupe de marines tentant d'éclaircir les évènements s'étant déroulés à bord de l'USS Sulaco et sur LV-426, Gearbox est bien décidé à changer la donne. Pari réussi ? Réponse en griffes et en jets d’acide.

Ils sortent presque toujours la nuit…

Oh mon dieu, Aliens Colonial Marines est enfin sorti ! Après avoir vu ce jeu pour la première fois en 2009 lors de la Gamescom, je ne dormais plus. Comme Ripley, toutes les nuits je rêvais qu’un Chest-buster me perforait la cage thoracique et je mourais ainsi dans une effusion de sang sous le regard de mon chat terrorisé à l’image de Ripley au début de Aliens, le retour. L’excitation était donc à son paroxysme pendant plus de quatre ans, oui quatre ans. Quatre ans que je ne dors plus, quatre ans que j’attends, alors vous devinerez aisément mon état psychologique après avoir terminé ce jeu qui ne se révèle tout simplement pas à la hauteur de l’œuvre dont il s’inspire. Fini les cauchemars, mon chat est rassuré, je suis revenu sur terre. De toute façon contrairement à Ripley je n’ai pas de chat rouquin. On ne va pas revenir sur le développement chaotique de ce titre, tout a été dit. Rappelons juste que les équipes du studio Timegate assistées de Nerve Software ont contribué à l’élaboration de près du tiers du jeu ainsi que de la partie multijoueur. Gearbox n’a pas été donc le seul maître à bord et c’est sans doute ce qui a fortement porté préjudice à ce titre.


Après cette introduction vous laissant déjà entrevoir la triste vérité, intéressons-nous maintenant au scénario du jeu. Les évènements de cet Aliens Colonial Marines se déroulent donc après que Ripley ait détruit la colonie de LV-426 qui était en proie à une légère attaque de xénomorphes. Par légère j’entends que c’était clairement l’enfer sur cette planète. Nous voila donc propulsé à bord du Sephora (rien à voir avec les parfums) pour enquêter sur l’équipage disparu du Sulaco qui ne donne plus signe de vie. Je me voyais déjà avancer à pas feutrés dans les couloirs pleins de sang et d’acide, frémissant à chaque bip de mon détecteur de mouvement. Raté. L’ambiance n’est pas là, on ne sursaute pas, on n’éprouve aucune peur ; pire on se désintéresse totalement du scénario tant il devient de plus en plus n’importe quoi au fil de l’aventure. Hicks n’est pas mort, je ne vous dis que ça… Les connaisseurs comprendront et seront sûrement interloqués…


Euhh moi c’est Hudson, lui c’est Hicks

Côté ambiance c’est raté donc. Peut être que la partie graphique va venir nous réchauffer le cœur ? Encore raté. La qualité visuelle du titre vous donnera l’envie de vous réfugier dans une gueule d’Alien tellement le tout est daté, pas optimisé pour un sou et souffre clairement d’un développement trop long. Les graphismes sont donc à remiser au placard. L’éclairage dynamique que l’on a pu observer durant les précédentes présentations a tout simplement disparu, le style visuel a également été complètement remanié pour des couleurs plus ternes, sans vie. Les scènes cinématiques atteignent quant à elle des sommets de laideur. On se croirait devant un jeu vieux de dix ans. Les bugs sont légion mais interviennent de façon sporadique et après quelques heures de jeu il sera même possible de les utiliser à son avantage pour déjouer ainsi les attaques des Aliens, même si il faut reconnaître qu’ils ne sont pas bien malins.


Le principal problème de l’IA des ennemis est qu’ils se mettent en ligne devant votre arme, alors pourquoi s’embêter à viser? Les xénomorphes ne seront pas les seuls ennemis au cours du jeu. Les méchants gardes armés du conglomérat de la Weyland-Yutani (mais si, vous savez, la méchante compagnie qui veut domestiquer les Aliens) viendront également se mêler à cette histoire abracadabrantesque. Comme ils sont sympa, ils savent aussi se mettre en ligne pour mourir tranquillement comme leurs copains les Aliens. Leurs copains ? Etrange ! Oui car si vous ne vous montrez pas, les hommes de la Weyland-Yutani vont se battre avec les Aliens. A contrario si vous pointez le bout de votre nez, ils vont automatiquement faire équipe et vous en mettre plein les dents… Réalisme quand tu nous tiens. La palme du "Nom de dieu qu’est ce qu’il se passe???" revient néanmoins au niveau dans les égouts où il faudra ne pas faire de bruit car nos chers amis les Aliens y sont sensibles. En clair si on ne bouge pas, ils peuvent passer devant nous, se cogner également sur notre personne, donc nous voir mais ne pas attaquer… Pourquoi ? Pourquoi avoir tenté de détruire le chasseur de l’espace, l’espèce la plus dangereuse de la galaxie?


Ne la touche pas sale p*te!

Bien entendu tout n’est pas à jeter. On peut retenir une séquence assez stressante où notre marine est poursuivi par un Alien maous costaud (pas la reine) avec une crête iroquoise à la Gremlins. Ce moment de l’histoire se termine en un combat dantesque (et buggé) avec le fameux robot de charge où il faudra mettre des pains dans les dents acérées de l’Alien. On pourra également se réjouir devant le début du jeu qui nous permet de nous balader dans le Sulaco et arpenter des endroits clés du film. Quelle joie de découvrir la moitié du corps de Bishop, celle qui parle pas. Certaines séquences viennent même piquer des idées, bonnes ou mauvaises, au film Prométheus, le choc des générations est de mise même dans un jeu vidéo.

On regrette quand même que le multijoueur soit aussi vide et si peu intéressant. Les Aliens sont ultra rapides mais peu résistants, les marines sont lents et n’encaissent pas bien les coups non plus. Les maps sont quelconques, sans génie et ne permettent que peu de fantaisies. Les modes de jeu allant du match à mort classique ou en équipe à la survie et réalisation d’objectifs ne vous tiendront pas bien longtemps en haleine. Les commandes des Aliens sont tout simplement ratées, il est bien plus agréable de jouer un xénomorphe dans Aliens versus Predator que dans ce titre. De plus le multijoueur est déjà bien vide, il faut compter une bonne dizaine de minutes pour trouver une partie à peine pleine.

http://www.dailymotion.com/video/xx027z

Cet Alien Colonial Marines est donc une déception à plus d'un titre, surtout par l'attente qui a été vaine. Pourquoi Gearbox a-t-il laissé son bébé à l'abandon? Il a clairement été vendu comme la suite spirituelle du deuxième film, il ne se trouve être que son clone raté. Réalisation, graphismes, contrôles, musiques : rien ne le sauve de son naufrage. Si les musiques n'ont pas été abordées jusqu'à cette conclusion c'est qu'elles sont simplement absentes ; quelques bruitages par-ci par-là mais les musiques n'ont pas décidés de se frotter à la menace xénomorphe. Même pour un amoureux de la saga, ce jeu est à oublier et à renvoyer là d'où il vient : une soute humide d'un vaisseau extra-terrestre sur une planète lointaine.

+

  • Parcourir certains endroits clés des films
  • Revoir Bishop dans un jeu (encore)

-

    • Graphismes d'un autre temps
    • Gameplay daté
    • Aliens inoffensifs
    • Musique inexistante