Jeux

Asterigos: Curse of the Stars

Aventure | Edité par tinyBuild | Développé par Acme Gamestudio

7/10
One : 11 octobre 2022
12.10 à 10h41 par - Rédacteur en Chef

Test : Asterigos: Curse of the Stars sur Xbox One

A renvoyer aux Calandes ?

Amorcé depuis six ans, le premier projet d'Acme Gamestudio arrive enfin à son terme avec la sortie de Asterigos: Curse of the Stars. Les développeurs basés à Taïwan nous proposent de découvrir le fruit de leur travail par le biais d'une aventure à la troisième personne en compagnie de la jeune Hilda. Soutenue par le petit éditeur tinybuild, il est donc l'heure de voir si cette première production est une réussite, ou non.

Envoyée aux affaires pour régler un grave problème qui secoue la ville d’Aphes, Hilda se réveille en pleine forêt sans savoir où est passé le reste de ses compatriotes de la Légion du Vent du Nord. Totalement seule, elle doit désormais trouver un moyen de rattraper les troupes dirigées par son père, et ainsi lever le voile sur les mystères qui entourent cette bourgade aux allures de cité antique. Pour cela, le titre développé chez Acme Gamestudio prend la forme d’un jeu d’aventure à la troisième personne confectionnée par une petite équipe basée à Taïwan qui n’a pas hésité à puiser la plupart de ses mécaniques de gameplay dans la franchise Dark Souls de From Software. Avec un très grosse différence d’entrée de jeu malgré tout puisque le titre offre la possibilité de choisir entre trois modes de difficulté : Histoire, Aventure et Défi. Ne vous y trompez pas toutefois, même en mode Histoire, Asterigos: Curse of the Stars est loin d’être une balade tranquille, avec un gros gap de difficulté après avoir débloqué la téléportation, à peu près à la moitié du jeu.

25f2bb33-2860-4420-a5f3-e6a0be9f1197

Et on s’en rend vite compte. Au détour d’une première fontaine, l’équivalent du feu de camp de Dark Souls, notre héroïne découvre les premiers ennemis. L’occasion d’apprendre les rudiments du combat. Petite subtilité là encore, Hilda peut s’équiper de deux armes parmi six (dagues, bâton magique, épée/bouclier, lance, marteau et gants), toute disponibles dès le début du jeu, avec la possibilité de réaliser quatre actions en combat, soit deux par arme. Selon le choix du joueur, en plus d’effectuer une attaque normale, il est possible de bloquer une offensive grâce au bouclier, d’attaquer à distance avec le bâton, de parer avec la lance ou de placer une attaque lourde avec le marteau par exemple. Une variété de combinaisons qui permet de s’adapter à peu près à toutes les façons de jouer, autant pour ceux qui privilégient l’attaque à outrance, que pour ceux qui préfèrent miser sur la patience. Plus classique, on retrouve la nécessité de cibler votre adversaire, et l’importance de maitriser l’art de l’esquive.

Car Asterigos: Curse of the Stars est bien punitif. Les coups portés par les ennemis sont parfois dévastateurs, et il est nécessaire d’être continuellement en alerte pour ne pas succomber. Grâce à un pendentif magique, Hilda revient à la vie à l’infini, et reprend son aventure à la dernière fontaine visitée en cas de défaite. Lorsque vous tombez au combat, vous perdez automatiquement 20% de votre stock de Poussière d’Etoiles, l’équivalent des Ames de Dark Souls. Un choix étrange mais qui a le mérite de trancher avec la franchise de From Software, qui mise plutôt sur votre obstination à récupérer l’entièreté de vos Ames perdues au combat au run précédent. A noter que Asterigos propose une progression en niveaux traditionnelle, chaque ennemi vous rapportant un certain nombre d’expérience en plus de la Poussière d’Etoiles. Au final, cette dernière sert surtout de monnaie d’échange pour améliorer vos armes, ou acheter des consommables.

8f3348d0-5364-45de-a9be-06f4f90435e6

Pour la montée en puissance, il faut ainsi compter sur l’accumulation de points d’attributs à placer sur trois critères différents : la force physique, les points de vie et la puissance magique. Un système un peu limité et le level-up n’est pas franchement flagrant à court terme. Chaque niveau gagné vous permet de récupérer également des points de talents capables de débloquer de nouveaux combos et de nouvelles attaques spéciales, entre autres. Cet arbre montre déjà un peu plus d’intérêt, et offre surtout la possibilité de déverrouiller des atouts quasi indispensables face aux boss et à certains ennemis puissants. Ces pouvoirs spéciaux sont également l’occasion de profiter d’une mise en scène plutôt réussie au passage.

Côté progression, Hilda se voit confier des missions par paquet de trois ou quatre, chacune l’envoyant dans une zone bien définie. Les environnements sont variés même si l’on ressent tout de même une certaine répétitivité, certainement due à l’utilisation assez basique de l’Unreal Engine 4. Le level-design est également très classique dans sa construction, et manque souvent de petites folies qui auraient permis de respirer un peu entre deux combats. L’exploration est ainsi limitée à son strict minimum, et on a vite fait de tomber dans l’effet couloir monotone. La présence de raccourcis permet d’ouvrir un peu chaque zone au fur et à mesure mais laisse un sentiment mitigé de ce côté-là aussi.

439aaffa-6532-473d-99ea-8115f0592d0c

En revanche, le jeu tient la route graphiquement. Le chara-design est porté par des modèles 3D très bien réalisés et un bestiaire assez diversifié. Les boss sont généralement gigantesques et viennent accentuer le sentiment d’un rapport de force totalement à notre désavantage. Que ce soit le bestiaire ou les environnements, les développeurs se sont assez largement inspirés des mythologies grecques et romaines avec la présence d’harpies, de colosses, ou de sanctuaires qui rappellent l’Acropole. Pourtant, mises à part ces quelques inspirations, les développeurs ont souhaité partir d’une feuille blanche mais avec la volonté de créer un lore immense. Un pari ambitieux qui souffre d’une énorme quantité de données à assimiler en tant que joueur, que ce soit avec les très nombreux documents disposés dans le jeu (très agréables à lire cependant) ou par le biais des échos, des sortes flashbacks qui viennent combler des blancs dans le scénario. On aurait préféré un peu plus de simplicité dans l’ensemble pour que ce soit un peu plus agréable à suivre.

Pas grand chose à dire côté technique. Le jeu est propre et ne souffre pas de gros bugs même si certaines phases de plateformes (notamment dans les égouts et la mine) peuvent entrainer de grosses frustrations. On note un bel effort fait sur l’utilisation de la magie, avec des effets de particules très réussis. Les animations sont également bien réalisées et les combos plutôt agréables à sortir. On regrette quand même une distance d’affichage assez limitée avec un usage excessif de brouillard dans certaines zones, tandis que du clipping (des éléments de décor qui apparaissent au dernier moment) s’invite parfois.

7/10
En dépit de quelques bonnes idées, Asterigos: Curse of the Stars s'enferme assez rapidement dans un schéma un peu trop classique. Cela n'enlève pas son gameplay maitrisé et sa volonté de nous embarquer dans une aventure loin de tout repos, avec notamment des ennemis puissants et des boss impressionnants. Son univers aurait également pu être une vraie force, mais la volonté des développeurs à vouloir proposer un lore très dense s'avère finalement contre-productif, et c'est bien dommage car le potentiel était bien là.

+

  • Chara-design réussi
  • Effets de particules et magies soignés
  • Animations très correctes
  • Six armes pour varier les styles de jeu
  • Trois modes de difficultés
  • Beaucoup de documents à lire
  • Boss parfois gigantesques

-

    • Très classique dans son genre
    • Deuxième partie beaucoup plus difficile
    • Quelques soucis techniques
    • Lore difficile à assimiler