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Battlestations : Midway

| Edité par Eidos Interactive | Développé par Mithis Games

3/5
360 : 09 février 2007
04.03 à 22h08 par |Source : http://www.xbox-mag.net/

Test : Battlestations : Midway sur Xbox 360

Pearl Harbour, le matin du 7 décembre 1941 : le lieutenant Henry Walker, fraîchement débarqué de l’Académie Navale ainsi que son ami le major Donald Locklear, un vétéran de l’escadrille des « Tigres Volants », vont prendre leur nouvelle affectation après une nuit un peu trop arrosée.

Maman les p’tits bateaux…

Vous incarnez donc le lieutenant Walker et, après une brève discussion sur le chemin de la base navale avec votre ami Donald, vous vous retrouvez à bord d’un PT Boat pour rejoindre le croiseur USS Phœnix, navire sur lequel vous allez devoir faire vos preuves. Pendant ce temps, la flotte japonaise se rapproche dangereusement de l’archipel hawaïen. Alors que vous faites route vers le Phœnix, plusieurs escadrilles font leur apparition et le croiseur sera malheureusement coulé avant que vous n’ayez pu monter à son bord. Vous voilà au milieu d’une bataille qui aboutira à l’entrée en guerre des Etats-Unis. Toutefois, dans un premier temps, vous devez sauver votre peau tout en faisant le plus de dégâts possibles avec votre petite embarcation et ses mitrailleuses légères,tout ça avant de rejoindre les Philippines pour votre prochaine affectation. C’est par cette mise en bouche autant directe que tragique que débute la campagne solo. Vous aurez ensuite une dizaine d’autres missions à accomplir, vous menant à la fameuse bataille de Midway, tournant de la Guerre du Pacifique, pour un final en apothéose. Cette progression est cependant, comme il se doit, parsemée de nombreuses embûches, se concrétisant le plus souvent sous la forme d’une flotte japonaise supérieure en nombre à la votre. Inutile donc de foncer dans le tas en espérant sortir vainqueur, ici c’est la stratégie qui sera votre meilleure arme.

Celle-ci prend la forme d’une carte tactique, à partir de laquelle vous pourrez assigner un cap ou une cible à n’importe laquelle des unités sous votre responsabilité. Vous aurez ainsi toujours un œil sur la position de vos avions ou de votre destroyer, et pourrez passer facilement de l’un à l’autre ou assigner un nouvel objectif dès lors que le précédent a été atteint. Ceci s’averra particulièrement utile dans les missions les plus avancées, puisque vous aurez alors le contrôle de plusieurs dizaines d’unités, allant du petit PT Boat au porte-avions, du chasseur F4F Wildcat au bombardier B17 Flying Fortress. Une variété qui vous permettra d’élaborer des tactiques poussées et souvent imparables. De plus, une fois vos unités envoyées au combat, celles-ci feront leur possible pour accomplir leur tâche même sans votre intervention. Vous pouvez bien entendu en reprendre le contrôle à chaque fois que vous le souhaiterez. Au cours de la campagne, les missions seront, contrairement à ce que l’on pourrait penser, relativement variées : destruction d’un convoi de cargos, protection d’une position stratégique, bombardement de positions ennemies, etc. Des objectifs classiques en temps de guerre, me direz-vous, mais il est néanmoins plaisant de ne pas se contenter de repousser les hordes de Zéros venant à notre rencontre. Quoi qu’il en soit, il vous faudra toujours veiller au bon fonctionnement des unités sous votre contrôle. Perdre un chasseur ne sera pas dramatique, mais perdre l’un de vos destroyers risque de compromettre votre mission, sans compter que votre bâtiment principal (désigné lors du briefing) doit impérativement finir en un seul morceau. Pour ça, vous avez votre équipage à disposition, obéissant au moindre de vos ordres de réparation. Brèche dans la coque, incendie, avarie moteur ou batteries de cannons en carafe, rien ne lui résiste et tel une équipe de McGyver en uniforme, il réparera tout en quelques instants. Attention toutefois, trop de dégâts et un choix s’imposera : colmater la fuite ou éteindre l’incendie ? Réparer les moteurs ou remettre l’artillerie sur pied pour couler le croiseur qui nous canarde tranquillement ? Diviser l’équipage en plusieurs groupes est alors une solution acceptable, mais les réparations prendront alors plus de temps et vous laisseront affaibli un petit moment. Toutefois, une mission échouée n’aura aucune influence sur le déroulement de la suite des évènements, et vous devrez vous contenter de la recommencer jusqu’à la réussite pour continuer votre progression. Vous pourrez éventuellement diminuer le niveau de difficulté de chaque mission avant de la commencer si le challenge vous semble trop élevé. En effet, la difficulté de la campagne est assez inégale. Certaines missions avancées sont, en effet, assez faciles en niveau intermédiaire, alors que d’autres, y compris au début du jeu, vous donneront pas mal de fil à retordre avant d’en venir à bout. Un peu surprenant, puisque c’est généralement le contraire qui s’offre à nous dans l’univers du jeu. Cela se ressent quelque peu sur la durée de vie, d’une dizaine d’heures environ si l’on s’en tient aux objectifs principaux des missions. En effet, certaines d’entre elles vous proposent des objectifs « bonus » comme, par exemple, détruire des fortifications ou un navire en particulier. Voilà une bonne raison de bien maîtriser les bases du commandement d’une flotte de navires de guerre, en allant faire un tour du côté de l’Ecole Navale.

Petits raids entre amis

En 11 leçons, ce tutorial un tantinet rigide mais fort instructif vous apprendra toutes les ficelles du métier. De la navigation de base aux tactiques les plus avancées en passant par le pilotage et les techniques de bombardement, tout ce que vous apprendrez ici vous sera fort utile en situation de combat, en particulier pour apprendre à jongler avec les différents écrans et armes à votre disposition. Dès lors, l’assignation d’objectifs à vos unités vous semblera une seconde nature, alors que vous vous prendrez sans doute pour Greg « Papy » Boyington aux commandes de votre chasseur à la poursuite d’une escadrille de Zéros. Pour palier un peu à cette campagne solo un peu courte, le jeu vous propose trois autres modes solo, ainsi qu’un multijoueur via le Xbox Live. En solo, vous aurez donc le choix entre des défis Navire, Avion ou Sous-marin. Ces missions sans enjeu sont, de plus, la seule façon de prendre le contrôle de la flotte japonaise, la campagne solo ne vous permettant de contrôler que l’US Navy. Ces modes variés et fort sympathiques vous demanderont tantôt de détruire un cargo donné parmi une flotte d’une dizaine à l’aide de votre sous-marin, d’effectuer un raid aérien pour détruire les croiseurs ennemis ou de prendre le contrôle du surpuissant Yamato, le plus gros cuirassé de l’époque. La difficulté de ces challenges en fera également un très bon prolongement de l’Ecole Navale pour perfectionner vos tactiques et votre habileté au tir.

Du côté du Live, jusqu’à 8 joueurs peuvent s’affronter en simultané lors de reconstitutions des différentes bataille de la Campagne du Pacifique. Choix du camp, des unités sous votre commandement et mise en place d’une stratégie seront alors prépondérants dans ces parties rythmées au cours desquelles il ne sera pas rare que vous vous retrouviez en spectateur, vos navires au fond de l’eau après avoir été détruits par des torpilles aussi sournoises que meurtrières. Pas de lag à signaler pendant les combats, un plus très appréciable et qui permet surtout de ne pas se faire surprendre par les manœuvres ou les tirs adverses. Les modes de jeu présents restent classiques (parties avec classement, personnalisées, matchmaking d’amis) mais apportent une durée de vie supplémentaire non négligeable, et surtout vous permettent d’affronter de fins tacticiens… ou des kamikazes !

C’est bien beau tout ça…

Néanmoins, tout n’est malheureusement pas rose dans ce titre. Comme nous l’avons déjà vu, la durée de vie est un peu faiblarde et il faudra se tourner vers les défis solo ou le Live pour profiter plus longtemps du titre. De plus, il faut bien reconnaître que la réalisation, bien que très propre, n’est pas tout à fait à la hauteur de ce que l’on peut attendre de la console. Si les séquences intermédiaires sont assez convaincantes (certaines vous donneront peut-être des frissons avant le combat), malgré des personnages un peu manqués, les graphismes sont un peu en retrait. Soit ce n’est pas moche, les effets spéciaux (explosions, fumées et traînées dans l’eau) sont même plutôt réussis, mais il manque un petit quelque chose au titre pour pleinement convaincre. A noter que l’intelligence artificielle, des unités alliées pêche parfois par un manque d’initiative après la réussite d’un objectif que vous leur avez assigné. Du côté des adversaires, on pourra les trouver parfois un peu trop agressifs et « rentre dedans », jouant plus sur leur puissance que la tactique. En revanche, rien à redire du point de vue audio, aussi bien les bruitages que les musiques, très militaires, sont parfaitement dans le ton. De même, l’interface est assez claire et la sobriété volontaire des menus et briefings ne pose pas de problème.

Les adeptes de la stratégie seront ravis de trouver en ce titre un challenge à la hauteur de leurs espérances, et les accros du dogfight auront l’occasion de prouver leur valeur au combat lors de scènes dantesques. Malgré quelques défauts nullement rédhibitoires, nous avons là un titre fort sympathique, avec une très bonne rejouabilité du fait des succès à déverrouiller et des tactiques toujours différentes à essayer lors des missions.

+

  • Mode live au point
  • Très bonne rejouabilité
  • Séquences intermédiaires
  • base de données des unités utilisées
  • Ambiance prenante
  • Gestion tactique efficace

-

    • Graphismes un peu en retrait
    • Durée de vie de la campagne solo un peu faiblarde
    • Pas de campagne coté japonais