Jeux

Child of Eden

Shoot'em up | Edité par Ubisoft | Développé par Q entertainment

4/5
360 : 16 juin 2011
23.06 à 07h47 par |Source : http://xbox-mag.net/

Test : Child of Eden sur Xbox 360

En 2001 sortait Rez, un rail-shooter psychédélique et conceptuel. Le jeu s'est montré d'abord très discret et n'a pas fait l'unanimité, mais s'est dévoilé petit à petit au fur et à mesure que des fans se rendaient compte de son potentiel, avant de devenir un titre culte, qui a imposé la patte si originale de son créateur, Tetsuya Mizuguchi. Dix ans plus tard, il hérite enfin d'une vraie-fausse suite, qui bénéficie cette fois de toute la machine commerciale de Kinect afin de se retrouver sous le feu des projecteurs dès sa présentation à l'E3 2010.


Un enfant qui tient de ses parents

Si pour Child of Eden, la paternité de Rez est évidente, la maman se nomme Genki Rockets, le groupe électro/J-pop de Mizuguchi, dont la chanteuse Lumi est virtuelle et se retrouve ici en plein cœur du scénario : au 23ème siècle, Internet est devenu Eden, un réseau accessible de n’importe où dans la galaxie et contenant tout le savoir terrestre. Des scientifiques tentent d’y retrouver la personnalité de Lumi, premier être humain à être né dans l’espace au 21ème siècle. Le joueur va donc se retrouver au cœur d’Eden, pour combattre des virus informatiques et sauver Lumi. Un quasi copier/coller du scénario de Rez ! L’ambiance est aussi très similaire, bien qu’un peu moins fil de fer et plus colorée, mais toujours pleine de lumières, de flashs et autres objets étranges. Mizuguchi semble vraiment avoir une dent contre les épileptiques. En revanche, si pour son aîné, la bande-son était signée de quelques grands noms de la musique électronique, on ne retrouve dans Child of Eden que des morceaux de Genki Rockets, dans des versions moins pop et plus électroniques, adaptées aux différents objets visibles à l’écran. L’ambiance sonore colle donc parfaitement à l’action, même si elle est du coup un peu moins variée. Notez d’ailleurs qu’on retrouvait certains morceaux dans Lumines, le puzzle-game de Mizuguchi. Lumi, Lumines… La famille n’est pas si petite que ça !


Les habitués de Rez retrouveront vite leurs marques en jouant à la manette, car le gameplay déjà très efficace n’a quasiment pas changé d’un pouce. Il s’agit toujours d’un rail-shooter aux concepts simples : verrouillage de 8 cibles maximum, overdrive (renommé Euphoria) pour se débarrasser de tous les ennemis à l’écran… Quelques petites évolutions font tout de même leur apparition : le multiplicateur se gagne en tirant en rythme, ce qui ajoute à l’aspect musical du titre, et une seconde arme, la traceuse, permet de se défaire rapidement des projectiles et d’attaquer certains cibles, facilement reconnaissables à leur couleur violette. Mais le principal intérêt du jeu reste sa compatibilité Kinect, qui lui donne une toute autre dimension. Bonne nouvelle, nul besoin de vivre dans un château pour en profiter correctement. Puisque seuls les bras sont utilisés, il est possible de jouer à une distance moins grande que la plupart des jeux Kinect. De plus, les développeurs de Q Entertainment ont fait des miracles avec la caméra 3D : les mouvements sont parfaitement fluides et sans aucun latence. Child of Eden est sans doute un des jeux qui exploite le mieux Kinect, et ça se ressent ! Deux gameplays sont possibles : main droite pour locker et main gauche pour la traceuse, ou bien changement d’arme en tapant dans les mains. On préférera toutefois le premier mode, qui permet d’être plus réactif.

Petit mais costaud !

Outre son ambiance, Child of Eden tire aussi de Rez son déroulement : 4 premiers niveaux d’une dizaine de minutes, et un dernier deux fois plus long, qui reprend les boss des précédents dans des versions un peu différentes. On reconnaît même l’inspiration du papa avec certains obstacles, par exemple ces virus qui prennent forme humaine pour se mettre à courir, rappelant l’un des boss de Rez. Au total, le jeu peut être fini en une heure, à laquelle il faut rajouter un sixième niveau d’endurance. N’espérez cependant pas en finir si vite, car le jeu est difficile, peut-être plus encore que son aîné, et même les habitués risquent de se heurter à plus d’un game over. Il est néanmoins possible de jouer dans un mode plus simple, dans lequel la mort n’existe pas, mais il ne faudra alors pas compter décrocher des succès et des classements en ligne. Pour les joueurs les plus aguerris, un mode difficile est à débloquer à la fin du jeu.


La durée de vie du titre repose donc avant tout sur le scoring, ainsi que sur les différents éléments à débloquer au fur et à mesure des parties : extraits de clips, galerie d’art, ainsi que différents éléments pour enrichir le Jardin de Lumi, écran principal du jeu. On retrouve aussi plusieurs filtres graphiques, et même un filtre sonore à utiliser en jouant. En revanche, les modes "boss rush", "score attack" et "Beyond" (qui demandait d’enchaîner les 5 niveaux d’affilée) de Rez sont aux abonnés absents. Ceux qui apprécient l’ambiance si particulière du titre prendront vraiment plaisir à rejouer les différents niveaux afin d’atteindre les 100% partout pour obtenir toutes les récompenses, mais il faut accrocher au concept de la synesthésie, à l’interaction entre visuels et musique, ce qui réserve le jeu à un public bien particulier, le même qui avait apprécié Rez à l’époque.

http://www.dailymotion.com/video/xjh3b6

Quasi copié/collé de Rez à la sauce Kinect, Child of Eden divisera autant les joueurs que son ancêtre. Si l'aspect artistique, expérimental et totalement psychédélique du titre risque d'en enchanter plus d'un, d'autres n'y verront qu'un simple rail-shooter d'une heure. Il serait toutefois dommage de résumer le jeu de Mizuguchi à si peu, tant il offre de plaisir pour les sens.

+

  • Ambiance vraiment unique
  • Reconnaissance Kinect impeccable
  • Gameplay simple sans être trop facile
  • Interaction musicale plus poussée que dans Rez

-

    • Durée de vie très courte
    • Un style qui ne plaira pas à tout le monde
    • Peu d'évolutions depuis Rez