Jeux

Crysis 2

FPS | Edité par Electronic Arts | Développé par Crytek

8/10
360 : 25 mars 2011
29.03 à 21h58 par |Source : http://xbox-mag.net/

Test : Crysis 2 sur Xbox 360

Depuis sa sortie sur PC le 15 novembre 2007, Crysis premier du nom règne en maître absolu en tant qu’étalon technique dans le monde du jeu vidéo. Depuis plus de trois ans, aucun jeu ne sera parvenu à l’égaler si ce n’est – bien entendu – Crysis Warhead, son extension. Avec la création du CryEngine 3 davantage pensé pour les consoles, les allemands de Crytek voulaient étendre leur domination jusque dans les salons. D’où l’arrivée de Crysis 2. Mais les actes sont-ils à la hauteur des paroles des développeurs, à l’attitude plus d’une fois hautaine ?


C’est la crise à Wall Street !

En plus d’être irréprochable sur le côté technique, le premier titre réalisé par Crytek prévalait également pour ses décors paradisiaques dans la lignée d’un certain Far Cry (ça tombe bien, ce sont les mêmes développeurs). Une immense île tropicale dans laquelle la liberté d’action était infinie (un bac à sable géant en quelque sorte) qui, couplée à la réalisation et le moteur physique, permettait des heures et des heures d’amusement rien que pour le plaisir de s’en prendre plein les yeux.

Mais Crytek était visiblement attristé que les possesseurs de consoles ne soient pas de la partie. Ce à quoi le studio allemand a remédié avec la création du CryEngine 3 – une régression pour bon nombre de PCistes -, un moteur qui est pensé pour pouvoir reproduire les mêmes performances qu’un Cry Engine 2 sur consoles de salon. Ce qui nous amène au sujet du jour, Crysis 2 ou plutôt la Grosse Pomme, véritable star de cet opus. Une pomme bien trouée pour l’occasion puisqu’elle va subir de plein fouet une invasion alien. Vous incarnez donc un certain Alcatraz, trouffion de base, qui va être totalement dépassé par les évènements. Une sensation que l’on retrouvera tout au long de l’aventure tellement la narration est mal amenée, ainsi que souvent incompréhensible puisqu’on est baladé dans tous les coins de New York sans que l’on ne sache vraiment pourquoi. Notre héros – muet comme une tombe – va ainsi devoir revêtir malgré lui la fameuse nano-combinaison et subir bien des choses sans qu’on lui ait rien demandé. En d’autres termes, le scénario de ce Crysis 2 tient sur un billet d’un dollar.



C’est donc parti pour une exploration de cette ville symbolique qui va être très durement touché en l’an de grâce 2023. Une chose est certaine : cette promenade, qui ne sera pas de toute santé, va vous mettre sur le cul. On peut le dire haut et fort : Crysis 2 est actuellement le plus beau jeu jamais sorti sur Xbox 360. Au niveau de la réalisation visuelle, le CryEngine 3 en a définitivement dans le ventre, ce qui augure du très bon pour les années à venir. Que ce soit les textures, les animations, les particules ou encore les effets de lumières (les deux derniers points sont vraiment époustouflants), Crysis 2 nous en met plein la vue. C’est tout simplement un régal de se balader dans les environnements dévastés de la Grosse Pomme et de sauter de toit en toit, tout en admirant le panorama aux alentours.

Mais, car il y a toujours malheureusement un mais… il est plus que dommageable de voir le nombre de bugs que propose le jeu. Entre les "pop-up" d’affichage, un aliasing parfois un peu trop présent et surtout les bugs de collision, c’est la fête à New York ! Il n’est effectivement pas rare de voir un ennemi coincé la tête en avant devant une porte, ou même d’en voir un disparaître (ou apparaître) subitement. Sans compter qu’il semblerait qu’ils ne sachent pas monter ou descendre des escaliers, au vu des marines et aliens qui se baladent dans les airs après avoir raté une marche. Toutes ces tares sont "anti-immersives" au possible, et il est vraiment regrettable de voir ce genre d’errements dans un titre de ce calibre.

La Grosse Pomme se fait croquer de partout !

Quant au cœur du jeu lui-même (à savoir le gameplay), avant même la première confrontation on nous fait comprendre que plusieurs options nous sont proposées via une vue tactique qui nous montre également où sont situés les caches d’armes et les ennemis. La première, celle qu’on connaît tous, est parfaitement efficace : si vous décidez d’aller au-devant du combat, les gunfights sont très agréables et nerveux comme il faut, malgré la piètre intelligence artificielle proposée (qui la compense avec une belle agressivité). Autre possibilité : l’infiltration. Notre héros peut se rendre entièrement invisible (à moins de passer sous le nez des ennemis) et s’infiltrer ainsi au sein des rangs ennemis pour passer la zone sans trop de difficultés. Une séquence qui aurait été bien pensée s’il ne fallait pas se cacher tous les dix mètres (sauf si on avance accroupi, ce qui gaspille moins d’énergie) pour recharger la nano-combinaison. Sachant que nos ennemis – humains comme aliens – possèdent une vue de lynx complètement frustrante, autant dire que vos quelques essais seront bien vite synonymes de fiasco. Il n’est effectivement pas rare que vous soyez repéré à 200 mètres, même planqué derrière une caisse : il suffit de laisser dépasser un bout de pied pour tout foutre en l’air. Génial. De toute manière, il n’est pas particulièrement de bon aloi d’opter pour cette option étant donné que votre nano-combinaison peut être améliorée en "achetant" quelques fonctionnalités souvent bien utiles. Mais pour les acheter, vous aurez besoin de récupérer des nanocatalyseurs sur les cadavres aliens. Chose que vous ne pourrez, bien évidemment, pas faire si vous décidez d’éviter le combat. Il est donc préférable d’opter pour un "mix" des deux possibilités, à savoir s’infiltrer pour mieux éliminer quelques ennemis isolés puis s’occuper des autres une fois le zone plus dégagée.



Pour répondre à la question que beaucoup se posent certainement : « Mais est-ce que le jeu n’est pas trop simplifié si on est un sur-homme ? ». Rassurez-vous, ce n’est pas le cas. Si vous jouez en normal, vous mourrez bien souvent tout au long de la dizaine d’heures proposées par le jeu. Oui, vous avez bien lu, Crysis 2 possède une excellente durée de vie par rapport à la norme actuelle dans le genre. Pour en revenir à la difficulté : certes, Alcatraz dispose d’atouts phénoménaux avec sa combinaison. Il peut ainsi se rendre invisible mais aussi renforcer cette dernière pour mieux se protéger contre toutes les salves de balles lancées contre lui. Là où le jeu se révèle subtil, c’est que la nano-combinaison dispose d’une jauge qui se vide bien rapidement si vous utilisez l’un des deux pouvoirs. Il vous faudra donc jongler intelligemment entre les deux tout en prenant soin de bien vous mettre à couvert quand il le faut. De même, courir, sauter ou donner des coups de crosse, ça consomme de l’énergie !

N’est pas Call of Duty qui veut !

Autre question récurrente : « En s’éloignant de la liberté proposée par le premier opus, Crysis 2 s’est-t-il CODisé ? ». Si l’on peut clairement regretter la nouvelle orientation choisie par Crytek, plus linéaire, il est important de préciser que le soft en question n’est pas devenu un énième clone de la licence d’Activision. Au-delà du gameplay beaucoup plus subtil et de la durée de vie quasiment doublée, les environnements de Crysis 2, s’ils se déroulent inévitablement dans des couloirs, sont plutôt immenses. On alterne régulièrement des séquences "couloirisées" avec d’autres beaucoup plus ouvertes, sortes d’arènes urbaines. S’il propose ses moments épiques (notamment sur la fin), Crysis 2 n’a pas la même vocation que Call of Duty, à savoir Hollywood à tous les étages. Dans le jeu de Crytek les scripts (bien présents et réussis avec une mise en scène en vue à la première personne) sont loin d’être aussi percutants que dans les jeux estampillés CoD.



Si la comparaison avec le titre d’Activision n’a pas lieu d’être pour la campagne, ce n’est plus la même musique pour le multijoueur. Et là, pour le coup, c’est assez regrettable. Je m’explique : toutes les caractéristiques que l’on retrouve dans CoD (système d’expérience, amélioration d’armement, sans oublier les inévitables « perks » et les modes de jeux classiques mis à part le mode « Extraction ») sont présentes chez Crysis 2. Cela en fait-il un bon jeu en ligne pour autant ? C’est assez difficile à dire étant donné que l’omniprésence de l’invisibilité (et les campeurs qui vont avec) vont sans doute lasser bon nombre de personnes. Fondamentalement, mis à part certaines maps un peu trop petites, la partie multi du soft est plutôt bien fichue et bien nerveuse, mais ne plaira clairement pas à tout le monde. D’autant plus qu’il y avait sans doute mieux à faire que de copier le voisin.

http://www.dailymotion.com/video/xhrc5u

S’il constitue à compter de ce jour la nouvelle référence graphique sur Xbox 360, Crysis 2 nous laisse néanmoins un petit goût d’inachevé au fond de la gorge. En effet, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser que le jeu n’a pas été suffisamment optimisé et surtout débugué. S’il est d’ores et déjà l’un des meilleurs FPS sur Xbox 360, il dispose de trop de défauts (de jeunesse ?) pour marquer définitivement son empreinte sur cette génération. Dommage, il disposait pourtant de toutes les qualités sur le papier.

+

  • Les environnements soignés
  • Des combats bien nerveux
  • Durée de vie excellente pour le genre
  • Gameplay efficace
  • Magnifique, tout simplement

-

    • Le multijoueur qui ne convaincra pas tout le monde
    • Trop de bugs
    • Pas assez optimisé
    • L’infiltration mal calibrée