Jeux

Death’s Door

Action/Aventure | Edité par Devolver Digital | Développé par Acid Nerve

8/10
One : 20 juillet 2021
28.07 à 09h24 par - Rédacteur

Test : Death's Door sur Xbox One

Le corbeau qui frappa à la porte

Six années après Titan Soul, le studio Acid Nerve refait parler de lui grâce à Devolver Digital avec sa toute nouvelle production : Death's Door. Ce jeu mettant en scène un petit corbeau avait été annoncé en mars de cette année comme une exclusivité console Xbox. Que vaut le titre tant attendu du studio britannique ?

Dans Death’s Door nous contrôlons un petit corbeau qui se rend à son travail. Un travail assez particulier, car notre petit piaf est un «Récolteur d’âme» ce qui veut dire qu’il est envoyé aux quatre coins de son univers à travers des portes pour liquider des monstres et récolter les âmes les plus puissantes. Problème : lorsqu’un récolteur sort de son univers monochrome rempli de papiers administratifs pour le monde réel, il vieillit et devient mortel. Plus gros problème encore, la première chasse au monstre qui sert de tutoriel au joueur se termine mal, car un oiseau plus ancien lui vole son précieux trophée !

C’est ainsi que débute le périple pour notre petit oiseau de malheur : il devra récupérer les trois plus grosses âmes pour ouvrir la porte de l’univers de la mort afin d’aider notre voleur qui avait ses raisons. Certes l’histoire n’est pas grandement développée à la manière des premiers Zelda, nous y reviendrons, mais elle a le mérite d’utiliser l’humour pour critiquer la société, de tenter d’avoir un univers cohérent et un minimum approfondi. Rien que pour le background c’est un plus non négligeable. Nous ne sommes pas lancés sans avoir un minimum d’indications sur le monde dans lequel nous évoluons.

Concernant notre aventure, Death’s Door est un jeu qui n’invente strictement rien. Que cela soit dans sa manière de proposer son aventure ou son gameplay, il n’y a rien de neuf. Pour certains le manque d’originalité sera un point à améliorer, pour d’autres ce sera un point fort, car absolument tout est pratiquement maitrisé. Tout d’abord le gameplay. Nous n’avons pas une grande palette de mouvement. Notre piaf frappe avec son arme principale, au départ une épée, peut esquiver via des roulades et utilise son arme secondaire avec la gâchette et le bouton B. Et c’est tout. Simple et basique certes, mais totalement maitrisé, car tout répond parfaitement, aucune latence n’est à déplorer. Cela rend le jeu très plaisant à jouer notamment lors des combats de boss ou contre les phases dites «Avarice» très dynamiques !

Alors, effectivement dit comme cela, nous pouvons avoir l’impression d’être dans un Zelda 2D et effectivement, ce ressenti est accentué par la progression du jeu et son game design. En effet, Death’s Door est un jeu où l’exploration a une grande importance avec des objets cachés à récupérer, de la santé et des points d’expérience à trouver, des améliorations à déceler (un petit peu comme les 1/4 de cœur dans Zelda). Il est même totalement possible de passer à côté des différentes armes du jeu et de ne jouer qu’avec l’épée de base, ce qui pourrait compliquer un tantinet la tâche.

Cela étant dit, l’exploration est parfaitement gérée car malgré une absence de map qui provoquera peut-être 2-3 rares allers-retours, l’exploration est toujours gratifiante. Difficile de perdre réellement le joueur tant il y a toujours un petit aspect dirigiste, même si quelquefois il sera nécessaire d’avoir effectué une action au préalable avant de pouvoir avoir accès à une zone. Mais rien de dramatique. En dehors de ces phases d’exploration pure et de batailles contre des adversaires plutôt variés, allant du simple «zombie bossu» au «chevalier de Dark Souls 1″ en passant par des créatures tout droit sorties de Pokemon, nous aurons quelques phases de plateforme très sommaire et quelques phases d’énigme jamais bien compliquées.

La vibe Zelda est donc clairement présente, tant dans l’architecture de l’exploration que côté gameplay. Mais il y a une autre grosse inspiration qui se remarque tant visuellement -avec un ennemi bien précis- que dans une partie du game design : Les Souls ! En effet, outre le petit challenge que propose le titre, mais nous y reviendrons, Death’s Door s’inspire des jeux de From Software sur de nombreux points. Tout d’abord, l’architecture des niveaux. Plus vous avancez dans une zone d’un monde et plus il serait facile de multiplier les allers-retours. On peut heureusement compter sur les raccourcis qui se déverrouillent durant notre avancée nous permettant de revenir du début de la carte à la dernière zone visitée en un court instant. Autre chose ? Durant notre aventure nous avons la possibilité de dévoiler des portes qui servent de checkpoint mais aussi de nous téléporter, regagner notre vie en ressuscitant nos adversaires ou encore d’améliorer l’une des 4 compétences (force, rapidité, agilité, attaque éloignée) de notre piaf. Qui a dit Dark Souls ?

Cela étant dit, nous pouvons reprocher au titre une certaine répétitivité dans sa manière d’opérer : un monde à explorer puis un temple à explorer avec quelques énigmes et le boss. Toujours le même cheminement sans nouveaux artifices, c’est bien dommage.

D’ailleurs, un mot concernant la difficulté : oui le jeu propose un certain challenge notamment contre les boss lorsqu’il faut bien comprendre les mouvements de l’ennemi et également durant les phases dites «Avarice» qui sont des salles où le jeu balancera différents types d’ennemis d’un coup afin de submerger le joueur durant 3 tours. Reste que de notre côté nous n’avons pas eu à pester face à cette difficulté jusqu’au dernier niveau. En effet, le gameplay étant aussi simple que maitrisé, le jeu n’est jamais punitif et c’est toujours de la faute du joueur s’il échoue. En faisant attention nous pouvons aisément nous en sortir. Il y aura certes plusieurs morts à prévoir mais le jeu n’est jamais rageant, d’autant plus que les portes servent de checkpoint, qu’il est possible de farmer au besoin et que le jeu propose à la manière de Ori un système de «pousse de plante» qui permet de regagner sa santé à différents endroits : forcément, il faut un minimum explorer.

«Fort de ses inspirations de Zelda et Dark Souls, Death’s Door n’invente rien mais magnifie le tout»

Reste qu’après un second boss ridiculement facile et un troisième niveau pas bien compliqué, la seconde partie (plus particulièrement le temple et le boss de ce troisième monde) est d’une frustration sans borne. Clairement Acid Nerve n’a pas su bien gérer cette partie tant la difficulté monte en flèche sans raison ni logique. Sans parler du boss de fin qui laisse espérer des checkpoints pour finalement n’en proposer qu’un après à peine 30 secondes de combat, pour ensuite se déchainer sur le joueur entre phases de combat reprenant le pattern des différents boss et des phases de plateforme. C’est à notre sens le plus gros point noir du titre.

Pour le reste des qualités il reste sa bande sonore magistrale même si certains thèmes ont tendance à se répéter, surtout après plusieurs morts. Les musiques sont somptueuses, totalement épiques et entrainantes contre les boss, notamment le thème «Avarice» que vous devez écouter même si vous ne comptez pas toucher au titre. David Feen propose quelque chose qui nous a grandement vendu le jeu avant même d’y jouer et c’est suffisamment fort pour le signaler.

Pour finir, il reste la partie visuelle. Le titre a la particularité de jouer entre deux univers : le monde «interne» totalement monochrome en dehors de l’arme de notre héros et l’univers réel bien plus coloré. Sans être incroyablement magnifique artistiquement, Death’s Door a quelque chose plutôt agréable à l’œil et cohérent de A à Z entre ses paysages, ses monstres, ses PNJ avec ce côté un peu cartoon. Bref sans être incroyable, nous trouvons que le titre est plutôt beau.

8/10
En dépit d'une conclusion que nous trouvons ratée à cause de sa trop grande frustration, le nouveau-né de Acid Nerve arrive à convaincre grâce à sa maitrise d'un gameplay accessible et nerveux, son exploration gratifiante, sa gestion de la difficulté adaptée et sa bande-son magistrale. Il ne lui manquait pas grand-chose pour être l'un des jeux indépendants de l'année. Reste que nous conseillons à tous ce titre de qualité qui, malgré ses petits défauts entachant un parcours quasi parfait, est une petite perle qui a su nous captiver dès les premiers instants.

+

  • Gameplay maitrisé ...
  • Game design bien pensé ...
  • Difficulté bien pensée ...
  • Bande son somptueuse
  • Agréable à l’œil

-

    • ... Manquant peut-être d'originalité
    • ... Un peu trop redondant dans son approche
    • ... Jusqu'au dernier tiers

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