Jeux

DiRT 3

Course | Edité par Codemasters | Développé par Codemasters Birmingham

4/5
360 : 24 mai 2011

Test : DiRT 3 sur Xbox 360

Dans le microcosme des jeux de courses, les joueurs semblent n’en avoir que pour Gran Tourismo, Forza Motorsport ou encore Need For Speed. Pourtant au milieu de ces blockbusters, la série de Colin McRae continue son petit bonhomme de chemin en procurant bien du plaisir à son cercle de fans. Avec ce deuxième opus depuis la mort de son parrain attitré, la série en profite pour changer son nom pour un plus sobre Dirt 3. Ce changement nominal a-t- il eu un impact sur la qualité de la série ?

Des combats de boue

Avec la modification du titre du jeu, Codemasters semble faire table rase du passé. En témoigne un tout nouvel habillage qui ne plaira pas à tous. Souvenez-vous de la caravane du second opus. Vous pouvez l’oublier. Dirt 3 propose des menus complètement épurés dans un style plutôt Art déco. Toutefois, ce relooking permet au moins une meilleure ergonomie, au détriment de l’immersion. Heureusement, ceci ne concerne pas les courses en elles-mêmes. Après la rapide création d’un profil (notons au passage la possibilité qu’offre le jeu de vous appeler vocalement par votre prénom), on fonce rapidement sur le mode carrière. Ce dernier est composé de quatre grands championnats, eux-mêmes subdivisés en quatre autres sous-championnats divers et variés. La progression se fait le plus simplement du monde. A chaque course, selon votre classement, vous obtenez des points qui débloquent de nouvelles épreuves. On vous attribuera aussi selon votre performance des points de carrière qui débloqueront petit à petit de nouvelles voitures.



Plus que jamais, le rallye est au centre du jeu dixit le dossier de presse du jeu. Après vérification manette en main, on peut avouer que Dirt 3 porte bien son nom. Comme dans l’opus précédent, le jeu fait la part belle aux multiples projections de boue, de sable et autres joyeusetés. Mais évidemment, tout ceci n’est pas qu’esthétique, et ce n’est pas pour rien que votre copilote vous indique gracieusement le type de surface sur laquelle vous allez devoir manœuvrer. Chaque surface ajoute son petit grain de sel, et il faudra pas mal de pratique avant d’être aussi à l’aise sur neige que sur route. Cela tombe bien, Dirt ne fait pas dans la dentelle, et le pilotage sans aucune aide demandera énormément d’entrainement (ou à défaut un passif dans les jeux du genre). En revanche, le jeu montre une ouverture grand public dans ses aides au pilotage. En effet, de nombreuses aides sont activables à volonté sans que le jeu ne vous en tienne rigueur, et ceci couplé au choix de la difficulté permet à n’importe qui de s’amuser à sa manière. Le retour de bâton est que l’activation systématique de toutes ces aides rend le jeu aussi difficile que… que… que rien du tout en fait. Le jeu devient tout simplement une promenade de santé. Attention donc à ne pas en abuser. Autre point important du soucis de réalisme: la partie sonore. Les différents bruits de moteurs sont plutôt convainquants, le copilote remplit bien son rôle, et les musiques, bien que très diverses et d’excelente facture ne sont disponibles qu’hors courses.

C’est l’heure de la Gym

Toutefois, si le rallye reste le plus gros morceau du jeu, Dirt 3 inaugure de toutes nouvelles épreuves. Si on retrouve toujours les courses de Buggy ou de Trucks, on aura cette fois le droit à des épreuves de Trail blazer (des véhicules surpuissants), des (heureusement rares car abominables) épreuves de Drift et surtout une toute nouvelle discipline sponsorisée par Ken Block : le gymkhana. Kesako ? En fait il s’agit d’épreuves de style où le but n’est pas de terminer premier mais d’effectuer toutes sortes de figures. Des drifts bien entendu, mais aussi des « donuts » (tourner en rond autour d’un objet), des spins ou encore des sauts. Une fois n’est pas coutume, ces épreuves se dérouleront sur des sortes d’arènes fermées, où le joueur devra optimiser le mieux son espace de jeu pour effectuer des figures en cascade et ainsi obtenir de gratifiants multiplicateurs de points. Lorsque le joueur aura bien avancé dans sa carrière, il débloquera un tout nouveau mode de jeu. Dans une vaste zone désaffectée, il s’agira de remplir un certain nombre de missions plus ou moins explicites. Donnant au jeu un petit côté « Tony Hawk », ce mode est particulièrement rafraîchissant. Le Gymkhana ne permettant aucune assistance de pilotage, on se rend rapidement compte qu’il est finalement un excellent moyen d’apprendre à maitriser son engin et de progresser.



En dehors de la carrière, le jeu propose des classiques courses contre-la-montre ou des courses simples, qui ne seront toutefois possibles qu’avec des voitures débloquées en mode carrière. Cela permet néanmoins de se faire une idée du grand nombre de circuits différents ( plus du double de ceux de Dirt 2). Nouveau jeu, nouveaux environnements. Le studio anglais nous propose cette fois une visite guidée de la Finlande, du Kenya, de la Norvège, du Michigan et de Monaco. Autant dire qu’on a de la diversité. Au lancement de la course, on pourra aussi sélectionner (en plus du nombre de tours) les conditions météo du circuit (matin, crépuscule, nuit, humide, pluie). En tout cas quel que soit votre choix, Dirt 3 vous proposera une toute nouvelle option. Lors de votre replay de course, il vous sera désormais possible d’en sélectionner une partie et de l’exporter automatiquement vers votre compte Youtube. Si la démarche est relativement longue, on apprécie le geste, et certains vont s’en donner à cœur joie, surtout dans les épreuves de gymkhana.


On fait la course ?

Lorsque vous en aurez assez d’avaler de l’asphalte en solitaire, il sera désormais temps de se tourner vers le mode multijoueur. Contrairement à ses antécédents, Dirt 3 propose cette fois la possibilité de se tirer la bourre en écran splitté. Ce nouveau mode hyper complet est praticable sur tous les styles d’épreuves, en équipes ou chacun pour soi. Autre possibilité relativement rare : jouer en liaison multiconsole. Si peu de gens utilisent cette option, les habitués des Lan-Party seront ravis. Mais le cœur du mode multijoueur reste tout de même le mode online. En pro tour (parties classées) ou jam session (matchmaking d’amis), le jeu permettra dans tous les cas de participer à bon nombre d’épreuves. Les serveurs sont ainsi décomposés en six types : compétitifs (un peu tout, sauf le gymkhana), gymkhana seul, hardcore (courses sans assistance ni d’ath et caméra embarquée seulement), courses sur circuits, courses « point à un autre » et enfin un tout nouveau mode party plutôt sympathique.



Ce mode party est en effet composé de quatre épreuves différentes orientées fun, histoire de décompresser entre deux courses. La première épreuve consiste en une capture de drapeau style FPS. Le joueur devra foncer récupérer l’étendard, puis le ramener en évitant de se faire percuter, auquel cas son agresseur lui volera sa cargaison. La seconde épreuve du mode est l’invasion. A intervalle régulier, des panneaux représentant des extra-terrestres ou des immeubles se dresseront sur la zone de jeu. Il vous faudra renverser un maximum d’aliens en évitant soigneusement les immeubles pour marquer des points. Troisième épreuve : l’outbreak. Ici le but est d’éviter de se faire contaminer par les voitures porteuses d’un virus. Enfin la dernière épreuve du mode party est le « cat and mouse ». cette épreuve réservée aux parties en équipe propulse aléatoirement un joueur de chaque équipe dans la peau d’une Austin Mini des années 60. Ce joueur appelé la souris fera gagner son équipe s’il passe la ligne d’arrivée avant la souris adverse. Aux autres joueurs de tout faire pour l’y aider, et surtout pour gêner au maximum les adversaires.

N’en déplaise aux puristes du rallye, Dirt 3 tend une perche au grand public en proposant un jeu plus diversifié, mais aussi plus fun. Les épreuves de gymkhana et le mode party en attestent. Cela n’empêche pas le titre de proposer une conduite exigeante et de s’adresser quand même à son cœur de cible. Dirt 3 est un grand titre qui sait mixer avec efficacité la richesse et la simplicité. Il est aussi une preuve qu’en matière de course automobile, les anglais de Codemasters maitrisent toujours autant leur sujet.

+

  • Le mode party
  • Le multijoueur enfin complet (et en local)
  • Excellente réalisation
  • Le parking et ses missions
  • Le Gymkhana
  • De bonnes sensations de conduite

-

    • Les épreuves de Drift
    • Le pass online
    • Des aides un peu abusées
    • L’habillage des menus trop épuré