Jeux

DiRT 5

Course | Edité par Codemasters | Développé par Codemasters

3/5
One : 06 novembre 2020 Series X/S : 10 novembre 2020
09.11 à 10h00 par - Rédacteur en Chef

Test : DiRT 5 sur Xbox One

Vous avez dit arcade ?

A l’époque où le jeu de rallye se divisait entre la volonté d’être d’un côté la simulation la plus précise qui soit et de l’autre, le pendant arcade qui assure la bonne dose de fun sans prise de tête, Codemasters est parvenu à contenter tout le monde. Aussi vrai que Dirt Rally s’adresse aux esthètes du pilotage, Dirt « tout court » fait la part belle à l’expérience arcade. Peut-on cependant imaginer une expérience encore plus débridée qu’elle ne le fut par le passé ? Réponse avec Dirt 5.

Si le jeu dont il est question aujourd’hui n’a en soit rien d’extraordinairement nouveau, ce test revêt néanmoins quelque chose de particulier. Il s’agit du premier que nous réalisons sur Xbox Series X, avec un jeu qui dispose donc de son patch d’optimisation pour la nouvelle console de Microsoft. Estampillé « Smart Delivery », Dirt 5 fait donc partie de ces jeux que vous pouvez entamer sur Xbox One aujourd’hui et poursuivre plus tard sur Xbox Series X|S, en profitant au passage de quelques améliorations techniques bien venues. Mais avant d’évoquer l’esthétique de Dirt 5, parlons un peu de ce qu’il propose dans ses menus et sur la piste. Si vous ne connaissez pas la série, sachez que vous avez à faire ici à l’antithèse de la branche Dirt Rally, qui a axé avec brio son expérience sur une retranscription précise et sans concession du rallye. Dirt « tout court » penche plutôt du côté de la course arcade débridée, de celle qui envoie au diable les lois de la physique et de la bienséance face aux adversaires, pour se concentrer sur les sensations brutes. Piloter dans un Dirt, c’est comme activer le mode roi du volant en échange d’un effort minimal.

S’il a pu donner l’impression de se perdre quelque peu entre la première décennie des années 2000 et aujourd’hui, le genre de la course arcade a rebondi depuis deux bonnes années maintenant, porté au sommet par des titres comme Wreckfest, Grid, Need for Speed ou avec une approche très différente, Forza Horizon 4. Dans sa proposition manette en mains comme dans la structuration de sa progression, Dirt 5 se rapproche d’ailleurs des deux premières licences citées. Rock alternatif en fond, gros logos aux couleurs criardes, modes de jeu affichés : on croirait avoir rebranché une Xbox 360 et quelque part, quand on garde de bons souvenirs de cette époque bénie pour le genre, c’est un sentiment plutôt agréable. Aussi faut-il être prêt à naviguer dans des menus et une sélection de modes de jeu qui va droit au but. En marge du mode carrière sur lequel nous allons revenir dans un instant, Dirt 5 propose des courses simples, du contre-la-montre, du multijoueur en ligne ou en écran scindé ; on retrouve également le mode Playgrounds que nous avions testé il y a plusieurs semaines dans le cadre d’une preview.

Dirt-5-playgrounds-preview (2)

On retrouve d’ailleurs ici un mode Playgrounds toujours aussi convaincant, permettant de créer assez facilement ses propres tracés et surtout de profiter de ceux imaginés par les esprits les plus créatifs de la sphère des joueurs. Certains font vraiment un travail remarquable et l’on peut ainsi se lancer à l’assaut du chronomètre sur des pistes complètement folles, avec un petit côté Trackmania sur la forme (la vitesse extrême en moins). Face au chrono, en mode destruction d’objets ou bien à la conquête du maximum de points en réalisant des figures, le mode Playgrounds confirme les bonnes impressions qu’il nous avait laissé lors de la preview. Reste que le gros morceau de Dirt 5, c’est bien sûr son mode Carrière. Dites-vous bien que l’on a ici aussi, peut-être plus qu’ailleurs même, l’impression de retrouver un jeu du passé. Sous les logos fluos et les noms à coucher dehors des diverses épreuves ne se cache finalement rien de moins qu’un mode construit de la façon la plus traditionnelle qui soit. Des tas d’épreuves vous sont proposées, à vous de choisir celles qui vous tentent pour faire un bon résultat et débloquer les suivantes. Simple, non ?

La communication autour de Dirt 5 ces derniers mois nous y avait préparé : le jeu propose une large sélection de types de véhicules et une assez bonne diversité dans les genres d’épreuves. Du côté des monstres de métal, on navigue entre les voitures de rallye des décennies passées à nos jours (on va donc de la Stratos à la 208 en passant par la Subaru WRC ou la 205 T16), les 4×4 de toutes sortes, les buggys et même quelques véhicules tout-terrain sortis de l’imagination des développeurs. On dispose au départ d’un ou deux véhicules de chaque catégorie et chemin faisant, à mesure que l’on gagne de l’argent et des bonus de personnalisation, on acquiert de nouveaux bolides que l’on peut customiser avec de nombreux stickers. A noter que s’il est possible de régler le niveau d’assistance à la conduite, il est en revanche impossible de procéder à quelques réglages sur les véhicules. Chacun dispose de ses points forts et faibles et il convient de composer avec cela. On apprécie dans l’éclectisme du garage, bien que l’on se rende compte rapidement qu’une fois dans la catégorie en question le choix demeure limité. Les différences de performances parfois notables rendent d’ailleurs certains véhicules rapidement obsolètes, limitant de fait encore plus les possibilités.

dirt test 2
Les épreuves se répartissent en mixant une ou deux catégories de véhicules similaires à un type de course parmi la dizaine disponible. On est ainsi invité à courir sur des circuits fermés faisant la part belle aux épingles et aux sauts, à s’élancer dans une cavalcade enragée d’un point à un autre, à batailler sur la glace ou encore à faire preuve de style dans des épreuves de gymkhana. Donuts, drifts, enchainement de portes étroites… Vos connaissez la recette et elle fonctionne bien ici. Il en va de même pour les épreuves dites « Pathfinder » où il convient de boucler le meilleur temps sur des tracés tortueux, techniques, piégeux. On n’est bien sûr pas du tout dans l’exigence d’un Overpass, mais on retrouve avec un certain plaisir cette vision de la course de côte technique. On est en revanche bien moins convaincu par le « Sprint » au volant d’étrangetés surpuissantes. C’est rébarbatif et sans grand intérêt.

D’une manière générale, la conduite dans Dirt 5 est plutôt plaisante. Le jeu est on ne peut plus accessible et il ne faut pas cinq minutes avant de commencer à enchainer proprement les virages. Les commandes répondent bien, la sensation de grip est comme dans tout bon jeu d’arcade multipliée à l’envie pour que l’on puisse prendre un maximum de risques et s’amuser. Courir sur la glace demande certes un peu plus d’application pour ne pas laisser filer de précieuses secondes à chaque virage mais demeure tout de même très accessible. Tout cela s’expérimente sur des tracés plutôt intéressants dans leur construction avec du relief, une bonne répartition entre sections rapides et zones où s’enchainent les virages, offrant toujours une certaine largeur et finalement assez peu de pièges. Le revers de la médaille, c’est que l’on fini rapidement par prendre tout cela avec trop d’aisance, alors que l’on se rend compte aussi qu’en dehors de la glace tous les revêtements se ressemblent beaucoup. On aurait aimé une différence plus marquée entre la boue, la terre, le gravier et le reste. Dirt 5 joue la carte du « à fond, à fond, à fond » et manque le coche de ce côté-là.

dirt test 1

Avec son côté très direct, très accessible, Dirt 5 finit quelque part par manquer de subtilité. On s’amuse relativement bien, mais il manque tout de même le petit quelque chose qui transforme un bon moment en une expérience vraiment grisante. Il manque par exemple une IA véritablement joueuse ; elle semble ici préparée à faire son job d’une certaine façon et n’en démordra pas. Sans être trop agressive elle manque clairement de punch, Codemasters nous a habitué à mieux. La progression aussi manque d’ambition, illustrée par des commentateurs à qui on a vite fait de couper le sifflet. Trop de lieux communs tuent le discours. On enchaine les courses (plaisantes certes) sans vraiment chercher à accomplir quelque chose. Le comble de la bêtise étant tout de même de se voir obligé pour terminer des défis et gagner plus de points de progression, d’aller faire des touchettes sur les voitures adverses (le fameux point « d’échange de peinture »). Parfois en plein saut alors que la piste en question n’a pas de bosses suffisamment hautes pour s’envoler.

Dirt 5 est un bon petit jeu de course arcade mais peut-être pas beaucoup plus. Vaut-il le coup d’être acquis pour profiter des graphismes et performances améliorés sur Xbox Series X ? On a envie de dire que ça vaut le coup d’œil, sans être indispensable. Déjà plutôt beau sur Xbox One, à l’exception de la modélisation imparfaite des véhicules (on vous conseille d’ailleurs vivement de joueur en vue interne, pour la sensation de vitesse aussi), Dirt 5 offre de jolies choses sur Xbox Series X. Le jeu propose comme sur One X les modes graphismes et performances et vous pouvez être sûr de profiter d’un jeu à la fois beau et archi-fluide en mode graphismes du Xbox Series X. Ca ne bronche pas et alors que le jeu nous fait voyager au Maroc, en Italie, en Grèce ou encore en Norvège, certains décors font plaisir au regard. On apprécie particulièrement les effets de la pluie, le rendu des flaques d’eau et la netteté de l’ensemble alors que la météo peut évoluer en pleine course. Les effets de lumière sont très réussis, les environnements sont vivants. Et bien sûr, vous pouvez être tranquille du côté des temps de chargement qui profitent ici d’un délai de traitement vite expédié.

3/5
Avec ses couleurs criardes, ses multiples catégories de véhicules que l’on fait déraper aux quatre coins du monde dans des courses sans politesse, Dirt 5 est un véritable archétype du jeu de course arcade qui s’assume à 100%. Le jeu offre de bonnes sensations de vitesse, pour peu que vous lui préfériez une vue interne, il est archi-accessible et ici sur Xbox Series X, il offre de jolis moments de plaisir pour les yeux. Pas de quoi s’extasier, mais on apprécie comme toujours avec Codemasters cette capacité à proposer un jeu beau, détaillé et stable. On est en revanche moins convaincu par le trop de classicisme de l’ensemble, le manque de pétillant qui fait de Dirt 5 un jeu sympathique, nullement désagréable, mais pas franchement indispensable non plus. Il y avait certainement un peu plus à faire pour rendre la progression plus engageante et transformer ce moment souriant en quelque chose de flamboyant.

+

  • Techniquement au point sur Xbox Series X
  • Accessibilité à tout épreuve
  • Environnements et circuits plaisants
  • Garage diversifié
  • Un côté arcade assumé à 100%
  • Mode Playgrounds intéressant

-

    • Progression très monotone
    • Habillage du mode carrière sans intérêt
    • IA en manque de rage
    • Pas suffisamment de différenciation des revêtements
    • Un peu plus de véhicules par catégorie aurait été bienvenu