Test : Docked sur Xbox
Quoi de neuf Docked ?
Comme si nous n’avions pas eu suffisamment à faire avec la pluie et le vent ces derniers temps, Docked nous invite à marcher sur les pas d’un jeune homme qui vient en aide à son paternel afin de remettre en ordre de marche et de prospérité Port Wake. Touché par un violent ouragan, le port n’est plus que désordre et désolation. Pas le temps de chômer : le travail doit reprendre, brique par brique. Ou plutôt conteneur par conteneur puisque c’est par la manipulation d’une poignée de ceux-ci que débute l’aventure et que l’on est naturellement amené à en déplacer d’autres par la suite. Mais Docked représente évidemment bien plus qu’un jeu où l’on empile des conteneurs. De la conduite d’un chariot à la réfection de chaque zone portuaire, le dernier né de la famille Saber se pose comme un mélange entre simulation de conduite/maniement d’engins très spécifiques et gestion économique assez légère. Une formule partiellement semblable à celle d’un Roadcraft allégé.
Le déroulement du jeu est en ce sens cernable rapidement. La réfection totale de Port Wake est découpée en plusieurs étapes, correspondant à un ensemble d’objectifs d’acquisition de matériel et d’alignement avec un niveau grandissant de productivité. Celui-ci se mesure en « TEU » pour « Twenty-foot Equivalent Units » (« équivalent vingt pieds » en bon français), soit tout simplement l’unité de mesure des conteneurs. Plus de conteneurs qui transitent par Port Wake veut dire que les caisses se remplissent plus vite, mais il faut pour cela commencer par quelques investissements. On débute ainsi avec la gestion du quai de déchargement des bateaux ; plus tard, on peut mettre la main à la poche pour débloquer le transport par camion puis par rail. Jusqu’à avoir la main sur l’ensemble du cycle de gestion des containers et engranger naturellement un maximum en étant capable de gérer plusieurs commandes à la fois.
Une section du menu nous permet ainsi, assez simplement, d’affecter notre parc de véhicules à la réalisation des commandes, le tout étant bien évidemment d’avoir assez de matériel pour couvrir la demande, sous peine de pénalité en cas de TEU non traités. A noter que si l’on ne sait pas trop où et comment répartir les grues, chariots et autres camions pour une efficacité optimale, on peut demander à l’IA de s’en charger, contre une certaine somme. Vous l’avez deviné, l’argent est ici comme ailleurs, le nerf de la guerre. Pour que tout fonctionne au mieux, il est bien nécessaire de mettre soi-même les mains dans le cambouis et rapporter quelques billets à investir. Pour mener à bien cette mission, on est invité chaque jour de jeu à compléter deux missions, ou « projets » ici. C’est là que l’on entre dans le vif du sujet car c’est au travers de ces tâches plus ou moins exigeantes et rémunératrices que l’on prend les commandes, progressivement, des six engins mécaniques disponibles dans Docked.
Portiques à conteneurs gigantesques, chargeuses sur pneus, charriots cavaliers ou encore tracteurs portuaires, on découvre avec Docked un ensemble de machines restreint mais tout de même original et, il faut l’avouer, plus intéressant à contrôler que ça en a l’air sur le papier. D’abord parce que les commandes à la manette sont parfaitement opérationnelles, bien qu’il faille naturellement quelques heures de jeu dans les mains avant que la magie n’opère et que se gravent dans notre mémoire les nombreuses combinaisons de touches indispensables à connaitre. Notons qu’ici comme souvent ailleurs dans les simulateurs, une simple pression sur la flèche du bas fait apparaitre la liste des commandes dans un coin de l’écran. Que ce soit en caméra embarquée pour l’immersion ou externe avec plusieurs niveaux de zoom pour la précision, Docked offre une prise en main très convenable à la manette. Mais c’est surtout dans sa justesse et au travers des bonnes sensations qu’il offre que Docked surprend positivement.
Réalisé à une échelle réaliste, le jeu de Saber ne laisse rien au hasard, tout en donnant au joueur toutes les clés nécessaires à la réussite des missions. On comprend vite comment opérer chacune des machines, comment utiliser efficacement les aides visuelles au placement des objets et on se surprend à faire les choses chaque fois un peu plus vite et un peu plus précisément. Le ressenti du poids des objets, les transferts de masse et les éventuelles catastrophes en chaîne quand on ne fait pas attention sont des éléments que le jeu maitrise parfaitement. On sent dans la gestion de la physique l’expérience du très bon travail mené en ce sens sur Roadcraft ou SnowRunner. On a le sentiment d’être maitre à bord et c’est un excellent ressenti.
En ajoutant à cela le fait que les multiples missions ne trainent pas trop en longueur, Docked maitrise bien son rythme. Cependant, tout comme pour l’aspect gestion très simple, on imagine que cela peut éventuellement gêner les joueurs en quête d’une expérience vraiment exigeante. Docked est un jeu qui assume sa posture plus centrée sur la qualité du ressenti que sur le défi, et ça lui va plutôt bien. Il prend quelques petites libertés avec le réalisme en nous proposant quelques passages de réparation de véhicules, sous forme de mini-puzzles brefs mais sympathiques. Il faut alors vite choisir la bonne pièce à insérer dans le bon emplacement, ou encore faire marcher nos réflexes dans un petit QTE.
Bien sûr, pour aimer Docked, mieux vaut ne pas être allergique au charme tout relatif d’une zone portuaire, qui plus est en besoin constant de rénovation. Ce labyrinthe de métal et de béton s’affiche néanmoins de belle manière sur nos Xbox Series X|S, en proposant des graphismes soignés et notamment de jolis effets de lumière et de mouvement de l’eau lorsqu’elle vient s’étaler sur les quais. Docked a aussi un bon sens de la mise en scène avec ses missions qui alternent jour, nuit, soleil et pluie battante. Il y a de petites choses qui participent à l’ambiance plaisante, comme les animations d’entrée dans la cabine d’une machine, l’ascension à pied ou en ascenseur d’une grue et parfois la nature exceptionnelle de ce que l’on doit déplacer dans les quelques missions dites principales (entendez par là celles qui font avancer la petite histoire de Docked). On note cependant quelques épisodes de déchirement de l’image, en particulier lorsque l’on utilise l’ascenseur de la grue. Mais en dehors de cela l’ensemble est très convenable, tout comme le sont les nombreux bruitages qui rythment les travaux. Ça grince, ça cogne, les moteurs ronronnent tandis que l’on prend un plaisir aussi concret qu’inattendu à faire revivre Port Wake.
+
- Grande précision et excellentes sensations
- Prise en main bien adaptée à la manette
- Plutôt bien rythmé pour un simulateur
- Réalisation graphique et sonore très correcte
- Peut convenir à un public débutant
-
- Partie gestion assez basique
- Parc d’engins limité par la thématique précise du jeu
- Parfois un peu de tearing (déchirure de l’image)