Jeux

Dragon Quest VII Reimagined

JRPG | Edité par Square Enix

9/10
One : 04 February 2026 Series X/S : 04 February 2026
02.02.2026 à 16h00 par - Rédacteur en Chef

Test : Dragon Quest VII Reimagined sur Xbox

Quand le passé se conjugue au présent

Après nous avoir servi l'intégralité de la trilogie d'Elric sous forme de remakes HD-2D, et cela en moins d'un an, on aurait pu penser que Square Enix allait souffler un peu avant de continuer de dérouler la saga imaginée par Yuji Horii. C'était mal connaitre l'éditeur japonais, qui a choisi de nous proposer cette fois-ci une nouvelle version de Dragon Quest VII : La Quête des Vestiges du Monde, un épisode sorti sur la première PlayStation en 2000, et qui a déjà eu droit à un premier remake sorti sur Nintendo 3DS en 2013. Si les joueurs européens ont découvert cet épisode sur le tard (2016), c'est désormais l'occasion idéale de se lancer dans une aventure revisitée, qui tente de gommer les derniers défauts d'un épisode vraiment à part.

Comme la plupart des épisodes de la franchise, Dragon Quest VII nous propose un scénario totalement détaché du reste de la franchise. Même si on retrouve le trio créatif composé de Yuji Horii (scénario), Akira Toriyama (chara-design) et Koichi Sugiyama (musiques) aux manettes, ce septième opus marque un virage important pour la saga. En quittant le navire Nintendo, l’éditeur japonais Enix en profitait pour abandonner la 2D, au risque de se mettre à dos les fans de la première heure. Mais avec la promesse de vivre une nouvelle grande aventure, à l’aide d’une histoire inédite capable d’embarquer le joueur pendant de très nombreuses heures de jeu. Une qualité qui reste toute de même à l’origine de son principal défaut néanmoins, la version de 2000 souffrant de gros problèmes de rythme qui ont été en partie corrigés dans le premier remake sorti sur Nintendo 3DS, et que les équipes de Takeshi Ichikawa se sont efforcées d’améliorer encore une fois.

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Une volonté d’aller à l’essentiel que l’on ressent dès le prologue de Dragon Quest VII Reimagined, avec une introduction qui ne s’embarrasse pas de longues tirades et permet d’entrer rapidement dans le vif du sujet. Pas de changements concernant les héros en revanche puisqu’on incarne toujours le fils d’un pêcheur qui rêve d’aller découvrir d’autres continents avec ses amis Maribel et Kyllian, dans un monde où l’océan semble s’étendre à l’infini autour de leur île. En découvrant des morceaux de tablettes, le groupe découvre qu’il peut se rendre dans des mondes oubliés pour en changer le destin. Une dualité entre passé et présent qui fonctionne très bien, et qui participe à offrir une atmosphère vraiment singulière à cet épisode. On ne boude pas notre plaisir en constatant les différences entre deux versions d’une même île, souvent la conséquence de nos actes réalisés dans le passé.

Malgré tout, l’histoire de Dragon Quest VII Reimagined reste très linéaire, avec tout de même quelques petits changements dans l’ordre des chapitres comparé au jeu d’origine et à son premier remake. En visitant les îles les unes après les autres, on participe ainsi à des histoires indépendantes qui n’ont que peu de lien entre elles, si ce n’est l’être maléfique qui est à l’origine de leur disparition initiale. On passe d’un monde à l’autre avec le sentiment du devoir accompli, tout en conservant un certain enthousiasme à l’idée de se projeter vers une nouvelle île. C’est d’autant plus plaisant que chaque monde dispose de son identité propre, avec par exemple une île ensablée inspirée de l’Egypte Ancienne, ou une autre qui abrite un peuple nomade qui rappelle la culture tsigane. Dragon Quest VII est un véritable voyage, mené sur un excellent rythme qui plus est.

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C’était d’ailleurs l’un des défauts principaux du jeu original. Avec cette version Reimagined, tout est fait pour que le rythme s’adapte à tous les types de joueurs. Si vous souhaitez retrouver les sensations d’un JRPG qui vous met régulièrement face à un mur, avec la nécessité de farmer de l’expérience pendant des heures, c’est possible. Mais de nombreuses options peuvent vous faciliter la vie, et faire baisser drastiquement la durée de vie initiale du jeu (plus de 100 heures sur PlayStation, et autour des 75 heures sur Nintendo 3DS). Au total, ce sont trois modes de difficultés prédéfinis qui sont proposés, en plus d’un mode «personnalisé». Il est possible d’activer ou de désactiver un marqueur de quêtes, un élément qui simplifie grandement les choses, le titre étant parfois assez vague concernant votre prochain objectif. Comme dans les remakes des trois premiers épisodes, on trouve également des options de confort qui permettent d’enchainer rapidement les combats, un élément désormais indispensable pour de nombreux joueurs, qui ne veulent pas avoir l’impression de perdre leur temps sur une mécanique somme toute assez répétitive.

Pas de combats aléatoires ici, les ennemis sont visibles sur la map, comme c’était déjà le cas dans la version Nintendo 3DS. Une excellente nouvelle pour ceux qui souhaitent gagner quelques niveaux rapidement ou, au contraire, profiter de l’histoire et concentrer leurs efforts sur les boss uniquement. Les phases de combat se font toujours au tour par tour, dans la plus pure tradition de la saga, avec des attaques simples, des sorts magiques, la possibilité de se défendre ou d’utiliser une compétence spéciale au bout d’un certain temps. En plus de pouvoir régler la vitesse des combats selon trois curseurs (normal, rapide et très rapide), il est toujours possible de fixer des ordres à nos compagnons pour automatiser ces séquences. En mode Normal, il nous est arrivé de faire face à un boss compliqué, puis d’enchainer quelques combats pour gagner deux ou trois niveaux avant de retenter notre chance. La mort des compagnons et le Game Over sont également simplifiés puisqu’un héros mort au combat est automatiquement ressuscité en cas de victoire, tandis que des sauvegardes automatiques régulières permettent d’atténuer la frustration liée à une défaite du groupe entier.

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Grande nouveauté pour la saga, Dragon Quest VII a eu la bonne idée d’introduire un système de «vocations», fortement inspiré du système de jobs de la franchise Final Fantasy. Pour faire simple, il est possible d’attribuer de nouvelles classes à nos personnages, ce qui leur permet d’obtenir de nouvelles statistiques mais surtout de nouveaux sorts, ou compétences d’attaque. Chaque vocation a son système de niveau propre, ce qui signifie que plus on l’utilise, et plus le héros possède d’atouts dans sa manche. De plus, en maitrisant plusieurs vocations, il devient possible d’en débloquer de nouvelles, plus puissantes encore. Le concept est bien trouvé et oblige le joueur à faire des choix, avec la possibilité de leur attribuer le type de classe que l’on souhaite, là où la grande majorité des JRPG ne vous laisse pas vraiment le choix de ce côté là. La finalité étant d’obtenir un groupe homogène capable de lancer des sorts de soins, des magies élémentaires et de puissantes attaques physiques. A mesure que nos héros gagnent en compétences, le jeu nous fait ressentir une vraie montée en puissance, ce qui est particulièrement appréciable. Autre atout, la présence d’énigmes offre un peu d’alternatives aux combats et à l’exploration, même si au delà de leur simplicité, on regrette qu’il n’y en ait pas plus.

La visite de chaque île implique de devoir traverser différents donjons et villages, pour une exploration assez basique finalement. Malgré tout, l’utilisation de dioramas pour les décors est une franche réussite capable de donner un cachet vraiment unique au titre. De leur côté, les personnages ressemblent à des poupées et, même si le chara-design est peu inspiré (et d’ailleurs très critiqué à la sortie du jeu en 2000), le résultat à l’écran est impressionnant et rappelle des productions comme Wallace & Gromit par exemple, la fluidité en plus. Dragon Quest VII Reimagined tourne comme un charme d’ailleurs et ne souffre d’aucun problème technique. On y retrouve les musiques et le sound-design caractéristiques de la franchise, ainsi qu’une atmosphère générale un peu naïve mais dans laquelle on plonge bien volontiers, et sans jamais se lasser. Comme pour la version Nintendo 3DS, cette nouvelle version possède des textes entièrement traduits en français, avec la possibilité d’opter pour des voix en anglais ou en japonais.

9/10
Il aura donc fallu attendre plus de 25 ans et une troisième version du titre pour que Dragon Quest VII se pose enfin comme un véritable incontournable de la saga. Le travail réalisé sur ce remake est exemplaire et parvient à conserver ce qui faisait le charme du jeu à sa sortie, tout en lui apportant toutes les modifications capables d'en faire une œuvre à la fois moderne et intemporelle. Que vous soyez à la recherche d'un JRPG exigeant, qui ne vous prend pas par la main, ou d'une aventure capable de vous emmener en voyage sans la moindre frustration, Dragon Quest Reimagined est sans aucun doute l'épisode qu'il vous faut.

+

  • Vrai parfum d'aventure
  • Décors en diorama superbes
  • Système de vocations intéressant
  • Bon rythme et atmosphère unique
  • Concept passé / présent attrayant
  • Options de confort adaptables à tous

-

    • Héros principal trop discret
    • Chara-design assez inégal
    • Scénario trop gentillet
    • Enigmes sympas mais peu nombreuses