Jeux

Duke Nukem Forever

FPS | Edité par 2K Games | Développé par Gearbox Software

3/5
360 : 10 juin 2011

Test : Duke Nukem Forever sur Xbox 360

Top départ ! Je suis un personnage mythique du FPS. Tout le monde admire ma belle musculature et mes blagues vaseuses. On m’envie souvent pour ma faculté à m’entourer des plus belles femmes. Pourtant ce que les gens retiennent le plus est mon absence de plus de 12 ans sur la scène video-ludique. Je suis… Duke Nukem. Bravo, vous repartez avec un test complet de Duke Nukem Forever, et pas plus tard que maintenant.


Petit topo historique

Prêts pour une petite remontée dans le temps ? Nous sommes le 29 janvier 1996. Le terre entière est subjuguée par le plus fou et le plus ambitieux des Doom-like (on appelait comme cela les FPS à l’époque) de tous les temps. Duke Nukem 3D venait de sortir et de redéfinir complètement le genre. Bien entendu, un tel succès ne pouvait qu’engendrer une suite. Mais les aléas du destin ont rendu le développement du titre particulièrement chaotique. Présenté pour la première fois il y a plus de 12 ans sous le nom Duke Nukem Forever, le jeu fut maintes fois repris de zéro et repoussé. Plus personne n’y croyait, d’autant plus que le studio géniteur (3D Realms) avait mis la clef sous la porte. Pourtant, sorti d’on ne sait où, le saint Gearbox arriva à la rescousse et annonça le jeu pour cette année 2011. Nous sommes aujourd’hui quelques semaines après la sortie du titre, et avant de juger le jeu, il est très important de garder à l’esprit que ce que nous offre GearBox est une relique du passé, dont la grande majorité du code date de 2007. A ce point il devient évident que le jeu est avant tout destiné aux fans du grand blond. Férus de graphismes à couper le souffle : vous pouvez passer votre chemin.



Passons au synopsis. Pour le Duke, tout se passe à merveille. Normal me direz-vous, vu qu’il est le plus grand héros de l’humanité, et qu’il a sauvé plus d’une fois le pays tout entier (étrangement, les Aliens ne s’attaquent qu’aux USA). Couvert d’argent, le bodybuilder possède désormais sa propre chaine de fast-food, son strip club privé, son jeu vidéo, sa comédie musicale, son propre immeuble qui lui sert de QG, et surtout ses propres sœurs jumelles pour lui servir de compagnie. Humiliés par notre héros, les envahisseurs restent néanmoins à portée de la Terre dans leur coin, mais ne s’aventurent plus sur son sol. Evidemment, cela ne pouvait que mal se terminer, et les vils se remirent à attaquer la Terre, et surtout à en kidnapper toutes les femmes. Pour Duke, ils étaient allés trop loin : Il ne faut jamais toucher à « ses meufs ».

Old-school dans tous les sens du terme

La première prise en main du Duke retrace la fin de l’opus précédent, et une jolie mise en abime du joueur. Duke est chez lui en train de jouer à son jeu, tout en profitant de certains services des demoiselles. Cette entrée en matière est l’occasion d’un premier contact avec le jeu qui laisse particulièrement perplexe. Sommes-nous dans une faille spatio-temporelle ? Que nenni, nous sommes bien en 2011 et le jeu est bel et bien super moche. Cela est d’autant plus traumatisant lorsque le joueur vient de patienter durant un des plus long temps de chargement jamais vu sur cette génération de machines. Rassurez-vous : au bout d’un certain temps de jeu, on n’y fait même plus attention. La prise en main, elle aussi semble plutôt raide. Un petit tour dans les options pour configurer la sensibilité et on se sent déjà plus libre. Mais tout de même on sent que le jeu n’est pas de première jeunesse. Heureusement après quelques heures le constat change tout de même.



Les fans du Duke en retrouveront la majeure partie de l’essence. Ainsi, tout l’arsenal d’époque a été conservé, même si le jeu nous impose désormais une tendance actuelle qui consiste à ne pouvoir en porter que deux à la fois. Rassurez-vous, il y a tellement d’armes qui jonchent le sol qu’il est très simple d’en changer à la volée. Ce changement a au moins le mérite d’apporter un petit côté stratégie au titre en imposant des choix. Pendant que nous parlons des ajouts « modernes », le système de vie a lui aussi subit quelques modifications. Suivant la mode, la barre de santé (appelée ici Ego) se régénère d’elle-même après quelques secondes à couvert. Il ne sera donc plus question de crapahuter aux quatre coins des niveaux en espérant trouver un miraculeux pack de santé. Pour pallier cela, l’équipe a tout de même implanté un certain nombre d’action qui, lorsqu’elles sont accomplies, augmentent définitivement la taille maximale de la jauge d’ego. A titre d’exemple, on pourra citer le fait de se regarder dans un miroir, de faire de la musculation, ou de feuilleter un magazine cochon. Malgré tout, le jeu est beaucoup plus linéaire qu’autrefois. Exit les cartes d’accès à dénicher ou encore les multiples passages secrets et les interrupteurs cachés. Le jeu est cette fois scénarisé, et aborde une approche un peu plus réaliste dans son level-design.

L’esprit du Duke

Que les fans de notre héros se rassurent toutefois. Le Duke Nukem que nous avons sous les yeux est bel et bien celui de nos souvenirs. Notre héros aura ainsi la répartie facile, et le jeu sera l’occasion de beaucoup de clins d’œil, d’humour et d’auto-dérision. Duke est toujours ce stéréotype des héros d’action des années 80-90 que nous avons aimé. D’ailleurs pour accentuer ce fait, le studio chargé de localiser le jeu a pris soin de doubler intégralement le jeu en français, en attribuant au Duke la voix officielle d’Arnold Schwarzenegger. Et croyez-le, ça le fait. Dommage par contre que les autres personnages ne soient clairement pas aussi réussis. Ce qui est sûr dans tous les cas, c’est que la traduction n’a cette fois pas porté préjudice à la délicieuse vulgarité du jeu. C’est la foire aux gros mots chez monsieur Nukem. Mais cet esprit Duke, ce n’est pas qu’un héros, c’est aussi les porcoflics, les octocerveaux, les œufs aliens, les femmes dénudées, le rayon rapetissant ou encore les boss gigantesques. Là encore, le fan sera en terrain conquis, et le jeu joue à fond la carte du fan-service.



Le rayon réducteur sera de plus l’occasion de certains des meilleurs passages du jeu (imaginez le Duke dans une cuisine, sautant de hamburgers en hamburgers). D’ailleurs si le jeu n’est plus aussi axé exploration qu’avant, il nécessitera tout de même régulièrement de la jugeote pour trouver comment avancer dans l’histoire. A ce titre, le moteur physique du jeu sera régulièrement mis à contribution. Il sera par exemple question d’entasser des barils dans un container pour le renverser et créer un passage, ou encore de créer un mouvement de balancier sur des tuyaux. Le jeu est finalement très diversifié et plutôt bien rythmé. On passe ainsi de phases de shoot sur rail, à des séquences plate-forme, en passant par de la réflexion et des mini-jeux (billard, hockey sur table, flipper, tape-taupes…). Enfin, petit mot sur une autre composante du jeu : le multijoueur. Clairement programmé pour faire le minimum, ce mode propose juste ce qu’on attend de lui : des cartes dans lesquelles on se tire dessus au devastator. On recensera bien un mode « capture the babe » qui est très peu joué, une personnalisation assez complète du Duke et des éléments à débloquer dans son manoir. Mais au final, rien qui ne retienne bien longtemps le joueur, d’autant plus qu’aucun succès n’y est associé.

http://www.dailymotion.com/video/xj2cms

Après 12 ans d’attente, qu’il est bon de revoir notre ami le Duke. Bien sûr le jeu est techniquement daté, et son gameplay est archaïque, mais le jeu reste finalement plaisant à jouer, grâce à un bon dosage des phases de jeu, et surtout grâce à un humour omniprésent. Si la plupart des joueurs resteront sceptiques devant ce titre, les fans de la première heure y trouveront clairement leur compte, tout du moins s’ils sont capables de passer outre le graphisme.

+

  • Le voilà enfin
  • L’humour du Duke
  • Un bon dosage des phases de jeu

-

    • Temps de chargement abominables
    • Réalisation datée
    • Très linéaire