Jeux

Dungeon Siege III

RPG | Edité par Square Enix | Développé par Obsidian Entertainment

4/5
360 : 17 juin 2011

Test : Dungeon Siege III sur Xbox 360

En 2002 sortait le premier volet d’une série de hack’n’slash imaginée par le créateur du cultisme Total Anihilation. Dungeon Siege devenait alors un très bon palliatif au mastodonte de Blizzard, Diablo, proposant une gestion d’équipe, des mules, et la possibilité d’ajouter des mods à son jeu. La série resta toutefois un peu dans l’ombre de la concurrence malgré ses qualités. Pourtant, lorsque SquareEnix rachète le studio Gas Powered Games, l’éditeur nippon entreprend de développer une suite, qu’il confie à Obsidian (Alpha Protocol, Fallout New Vegas…). Le studio spécialisé dans les jeux de rôle est-il parvenu à sublimer la licence ?

Ehb lève toi

Le royaume d’Ehb est un royaume qui connaît rarement la paix. Lorsque cette dernière s’établit, ce n’est que pour une durée fugace. Pour l’ère qui nous concerne, les événements commenceront par la mort du roi de la main de la treizième légion. C’est du moins ce que prétendra la grande prêtresse Jeyne Cassinder, partant ainsi en croisade contre celle-ci. Le jeu commence lorsque les dernières forces de la légion sont appelées à se réunir. Vous incarnez bien évidement un de ces légionnaires rescapés qui découvrira bien vite que cette réunion était une mauvaise idée. Ainsi, vous aurez à charge de retrouver vos rares comparses encore en vie et de faire revivre l’agonisante légion. Evidemment, comme tout bon RPG qui se respecte, votre aventure commence par le choix du personnage. Ici, nulle possibilité de le personnaliser. Vous aurez simplement à choisir qui de Lucas, de Reinhart, de Katarina, ou d’Anjani sera votre avatar durant le jeu. Chacun dispose de son propre background prédéfini, qui aura quelques légères conséquences sur les choix de dialogues dont vous disposerez. Si le gros du scénario ne bougera pas d’un iota selon votre choix, néanmoins, vos différentes actions durant le jeu définiront l’avenir du monde tel qu’il sera conté dans la fin du jeu.



Contrairement à la plupart de ses congénères, Dungeon Siege 3 propose beaucoup de dialogues dont le système à base de roue est emprunté directement à Mass Effect. Niveau proportion, ils correspondent facilement à un bon tiers du jeu. Le niveau d’écriture de ces dialogues est – comme toujours chez Obsidian – de très bonne qualité. Le joueur pourra ainsi y découvrir un background de l’univers plutôt cohérent et étoffé. D’ailleurs, si les dialogues ne suffisent pas, de nombreux manuscrits ou notes sont disséminés en vue d’approfondir votre connaissance du monde. Dans ce domaine, la studio a véritablement apporté son savoir-faire, même si on regrettera que les véritables décisions à prendre soient plutôt binaires. L’histoire suit son cours, et on a peu l’impression d’en avoir le contrôle. Les quêtes seront généralement cantonnées à du « Fedex » ou à du massacre de monstres. Ceci dit, le tout reste bien plus étoffé que dans la plupart des productions du genre.

Un peu de finesse dans un monde de brutes

Evidemment, comme tout bon hack’n’slah qui se respecte, Dungeon Siege 3 fait la part belle aux affrontements. Pourtant, là encore, le jeu semble proposer une approche un peu différente de la concurrence. Plus posés que d’habitude, ces affrontements seront finalement assez stratégiques. Il faudra ainsi jauger continuellement la situation pour utiliser au mieux les diverses aptitudes. Dans la pratique, Obsidian a mis en place une jauge dite de concentration. Chaque attaque spéciale puise dans cette jauge, qui monte lors des combos, ou qui diminue lorsque vous vous protégez des coups adverses. Il sera donc impossible de spammer les attaques puissantes, obligeant le joueur à les utiliser avec parcimonie. Plus fort, le jeu propose au joueur de dépenser des points d’améliorations pour lancer des versions plus puissantes des attaques spéciales. Le cruel dilemme réside dans le fait que ces mêmes points sont utilisés pour vous soigner ou vous procurer des effets de protections.



Bien sûr, chaque affrontement sera l’occasion éventuelle de grappiller un peu d’or, voire même de trouver quelques équipements. Le jeu ne lorgne pas vers la profusion, afin de ne pas engorger inutilement l’inventaire du joueur. D’ailleurs, l’ergonomie des différents menus est plutôt bien pensée, et il n’est pas complexe de trouver le meilleur objet possible pour son personnage. Chaque pièce d’équipement est ainsi destinée à un seul personnage, ce qui permettra de rapidement identifier ce dont vous n’aurez pas besoin. Mais l’équipement ne sera pas le seul moyen de faire progresser son personnage. Classiquement, vos combats vous rapporteront de l’expérience qui permettra de gagner en compétence, en aptitudes et en capacités. Si les possibilités de personnalisation sont relativement limitées, le système reste bien pensé, et vous imposera de réfléchir sur la manière dont il faudra construire vote héros. Ainsi, chaque capacité pourra être améliorée sur deux points différents, et il ne sera pas possible d’avoir le beurre et l’argent du beurre.

C’est un beau jeu ça madame

Suite à ses précédentes productions, il y a un point essentiel sur lequel on attendait du progrès de la part d’Obsidian : la technique. Sur ce plan là, on peut dire que des efforts ont été apportés. Le jeu est en effet graphiquement très réussi, en grande partie grâce à une gestion des lumières de grande qualité. Les différents décors semblent véritablement prendre vie, et fourmillent de petits détails (des lucioles, du vent dans les arbres…). L’ambiance, est un des gros points forts du jeu, et est sublimée par une musique de grande classe. Côté doublage, on accueillera avec plaisir la présence d’une version française, même si la qualité est très inégale. Les divers bruitages sont aussi de bonne facture, de même pour l’animation globale du jeu et pour la jouabilité. Techniquement, Le studio a vraiment fait du bon travail. Dommage qu’on ne puisse pas faire autant d‘éloges sur les caméras, qui ne sont pas toujours pratiques, en particulier en ce qui concerne le mode multijoueur.



Pensé pour des parties en local, il devient complètement anecdotique lorsqu’il est pratiqué sur le live. En effet, chaque partie se basera sur celle de l’hôte, et en la rejoignant vous ne pourrez incarner qu’un des personnages de sa partie, et non pas importer le vôtre (un peu comme dans Fable 2). Si on ajoute à cela l’impossibilité pour les joueurs de s’éloigner les uns des autres, et la gestion erratique de la caméra, vous obtiendrez des parties fouillis et rapidement ennuyeuses. Dommage, d’autant plus que des efforts ont été fait pour permettre à un invité de vous rejoindre lors de vos parties live. A noter que jouer à quatre sera vital pour ceux qui souhaitent terminer le jeu en difficulté maximale. Côté durée de vie, vous pouvez compter une bonne quinzaine d’heures pour une première aventure, ce qui est bien même si on espérait mieux. Vu que la structure du jeu est rigide et que le multi est peu attractif, la durée de vie réelle du soft dépendra surtout de votre volonté ou non de voir une autre fin, de glaner tous les succès et d’incarner un autre personnage.

S’il ne révolutionne en rien le monde des hack’n’slash, Dungeon Siege 3 reste un choix valable, qui à le mérite de proposer une approche un tantinet différente. Bien réalisé, proposant une histoire accrocheuse et un univers crédible, le jeu reste néanmoins trop court, trop rigide et pas assez ambitieux pour prétendre au statut de hit. A réserver aux accrocs du genre, aux amoureux d’Obsidian, ou tout simplement à ceux qui aiment pénétrer dans d’autres univers.

+

  • Des décors variés et plein de vie
  • Doublage en français…
  • Univers fouillé et intéressant
  • Gameplay original et bien pensé

-

    • …mais avec un résultat en demi-teinte
    • Durée de vie moyenne
    • Les choix de dialogues sous exploités
    • Multijoueur anecdotique