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Edengate: The Edge of Life

| Développé par Hook

5/10
One : 29 novembre 2022 Series X/S : 29 novembre 2022
02.12 à 11h40 par - Rédacteur en Chef

Test : Edengate: The Edge of Life sur Xbox One

Créé au début de cette année, Hook Games est un tout nouvel éditeur fondé par des vétérans de l'industrie du jeu vidéo. L'arrivée de Edengate: The Edge of Life marque déjà la concrétisation du troisième projet du studio basé à Milan, le premier réalisé en interne mais aussi le premier disponible sur Xbox. Et comme on dit que la première impression compte beaucoup, c'est avec curiosité que nous nous sommes lancés dans l'aventure imaginée par les développeurs italiens.

Après avoir été témoin d’une succession d’images pas forcément évidentes à déchiffrer de prime abord, ponctuées par la présence d’un enfant assez inquiétant, Mia se réveille dans une chambre d’hôpital sans le moindre souvenir. C’est ainsi que débute l’aventure de Edengate: The Edge of Life, avec pour but assez simple de vous rappeler qui vous êtes, et de découvrir pourquoi les lieux sont désespérément vides. Un réveil qui rappelle un peu le tout début de la série The Walking Dead, sans les zombies mais avec quelques événements à la limite du paranormal qui offrent une ambiance pas franchement désagréable sur les premières minutes de jeu.

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Le tout réalisé à l’aide de l’Unreal Engine 4, les décors sont très propres avec de nombreux éléments disposés un peu partout dans les différentes pièces et l’espace est globalement assez bien rempli, sans jamais paraitre trop vide. C’est parfois un peu trop plein même, notamment pour bloquer les différents accès et forcer le joueur à avancer dans un couloir sans jamais pouvoir prétendre à explorer les environs. On trouve des éléments entassés grossièrement et des objets alignés de façon à servir le level-design, au détriment de l’immersion. L’ambiance en prend déjà un coup.

Les développeurs ont toutefois fait l’effort de proposer plusieurs environnements différents et de disposer quelques éléments avec lesquels il est possible d’interagir pour forcer le joueur à réaliser un minimum d’exploration et de détours. Rien de bien chronophage, les zones étant assez petites et relativement fermées, on a généralement vite fait le tour. Ajoutez à cela le fait que les objets d’interaction sont signalés par un gros rond blanc qui s’affiche à l’écran même en étant à plusieurs mètres de distance, et on comprend assez rapidement que le titre ne cherche pas vraiment à nous compliquer la vie. Au contraire même, si vous butez quelques instants dans une pièce dont vous ne trouvez pas l’issue, de grosses flèches blanches viennent vous donner un coup de main pour vous indiquer la sortie. Même chose avec les spots de lumière à orienter et les caddie sur roulettes à déplacer pour s’ouvrir un passage, tout est indiqué et servi sur un plateau.

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Globalement, tout est assez simple dans Edengate: The Edge of Life. Le jeu propose une poignée d’énigmes avec notamment des codes d’accès à trouver et des générateurs d’électricité à allumer. Pour les premiers, il suffit généralement de trouver un bout de papier qui indique la position d’un indice, et de déchiffrer l’indice en question. Rien de bien compliqué et les codes – au nombre de trois sur l’ensemble du jeu – se trouvent généralement en quelques minutes seulement, sans avoir besoin de faire surchauffer le cerveau. Pour les générateurs, c’est à peine plus compliqué avec une procédure à suivre pour actionner des boutons dans le bon ordre. Des séquences qui viennent surtout apporter une pointe d’aspect ludique, pour un jeu qui ressemble finalement plus à un walking-simulator à la troisième personne qu’à un jeu d’aventure.

Car le sentiment qui prédomine durant la quête d’identité de Mia, c’est celui de voir se dérouler un scénario au gré des souvenirs égarés sur son chemin. Une dizaine d’éléments, là aussi très bien identifiés – avec une sorte de fumée blanche qui les entoure -, permettent d’en apprendre un peu plus sur ce qui a entrainé les événements vécus par l’héroïne. Malheureusement, rien de bien passionnant et malgré un doublage en anglais plutôt qualitatif, l’écriture manque de capter l’intérêt du joueur. Pire, la fin intervient de façon assez brutale et oublie de répondre à la plupart des questions qui se sont posées durant l’aventure. Les développeurs avaient expliqué avoir développé le titre durant la pandémie, mais la métaphore ne prend pas et seuls les rues désertes, quelques cut-scenes liées aux souvenirs et ces grands bras rouges viennent régulièrement nous rappeler le contexte du jeu. Autrement, l’ambiance aurait clairement mérité de bénéficier d’une atmosphère un peu plus pesante.

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Techniquement, le titre bénéficie des atouts de l’Unreal Engine 4, avec toutefois un peu d’aliasing et quelques bugs bloquants qui obligent à redémarrer le jeu à partir d’un point de contrôle précédent. Globalement plutôt sombre, on note l’envie des développeurs d’avoir voulu proposer des jeux de lumière intéressants mais la plupart du temps cela ne fonctionne pas vraiment, avec des ombres taillées à la serpe et des reflets pas toujours cohérents. Les modèles 3D sont assez bien réalisés, à l’exception des visages qui sont assez horribles. L’ambiance sonore est clairement en retrait et ne propose pas grand chose d’intéressant à signaler.

5/10
Même si la proposition de départ semblait sympathique, Edengate: The Edge of Life s'embourbe rapidement dans des mécaniques de jeu beaucoup trop simplistes, torpillées par un scénario incapable d'en relever l'intérêt. Il n'en reste finalement qu'une petite promenade sur fond d'épidémie, dans une ville parcourue en un peu plus de deux heures. C'est bien peu, même pour les fans de walking-simulator.

+

  • Réalisation correcte
  • Textes en français
  • Doublage en anglais de bonne qualité

-

    • Visages atroces
    • Scénario peu développé
    • Enigmes faciles et peu nombreuses
    • Très peu d'exploration

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