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Enslaved : Odyssey to the West

Action/Aventure | Edité par Namco Bandai Games Inc. | Développé par Ninja Theory

4/5
360 : 08 octobre 2010
28.10 à 11h54 par - Rédacteur |Source : http://www.xbox-mag.net

Test : Enslaved : Odyssey to the West sur Xbox 360

Après un Heavenly Sword exclusif à la Playstation 3, les studios de Ninja Theory se sont attaqués au développement d'Enslaved : Odyssey to the West, la troisième création originale pour ce jeune studio qui s'était fait connaitre en 2003 grâce au déjanté Kung Fu Chaos, sorti à l'époque sur la première Xbox. Pas de jaloux cette fois-ci, les développeurs ont décidé de faire plaisir à tout le monde en faisant d'Enslaved leur premier jeu multiplateforme. Reste à savoir si cette envie de satisfaire une majorité de joueurs n'a pas pris le pas sur l'envie de réaliser un jeu de qualité.
Début des singeries

Malgré sa jeunesse dans l’industrie du jeu vidéo, Ninja Theory est déjà connu et reconnu pour nous avoir servi deux titres d’excellentes factures, et une fois n’est pas coutume, ce Enslaved : Odyssey to the West va chercher loin, très loin pour nous proposer une expérience de jeu unique. Vous allez donc incarner Monkey, devenu malgré lui l’esclave de Trip, et obligé d’obéir au doigt et à l’oeil de cette dernière s’il ne veut pas subir d’atroces douleurs. De même, si la jeune femme qui l’accompagne meure, vous succomberez avec elle, la faute à une couronne qui vous coiffe. Les deux protagonistes vont alors vite comprendre que leur survie dans un monde futuriste hostile devra passer obligatoirement par une coopération efficace. Une subtilité scénaristique qui influera forcément dans le gameplay du titre puisque vous serez parfois obligé de lancer votre ravisseuse pour l’aider à franchir des ravins, ou même détourner l’attention des ennemis vers vous pour qu’elle ait le temps d’activer des mécanismes utiles pour progresser. De ce côté, elle vous sera également indispensable lorsqu’il vous faudra atteindre vos adversaires de manière discrète puisqu’elle à la possibilité de déployer un hologramme destiné à duper l’ennemi.



Mais ces quelques originalités sont loin d’être la base même du scénario. En effet, Enslaved : Odyssey to the West, est en réalité une réécriture du Voyage en Occident, célèbre récit asiatique qui raconte l’épopée d’un groupe insolite vers l’Inde. Plusieurs fois repris dans des oeuvres asiatiques, et notamment les mangas, ce roman écrit au XVIème siècle a donné naissance à la série animée Saiyuki, mais aura surtout inspiré la série Dragon Ball. Pas étonnant alors de trouver quelques ressemblances entre Monkey et Goku, puisque les deux possèdent un bâton magique qui a la capacité de s’allonger en un instant, et un nuage magique qui leur permet de se déplacer rapidement. Bien entendu, notre héros possède également une agilité hors du commun qui lui permet de se déplacer tel un primate dans des phases de jeu empruntées à des séries telles que Prince of Persia, Assassin’s Creed ou même Tomb Raider, avec cependant l’absence de difficulté quelconque lors de ces phases de plateforme. Monkey n’aura donc aucun mal à se déplacer d’accroche en accroche, et il est très rare de se retrouver bloqué à ne plus savoir vers quelle plateforme se déplacer.

Le Roi des Singes

Pour le reste, outre l’aspect coopération que l’on a déjà évoqué plus haut, vous ne pourrez pas passer outre les multiples phases de beat’em all qui vous donneront l’occasion de faire gronder votre bâton extensible. Votre long voyage sera donc régulièrement entrecoupé de ces phases où il faudra réduire de nombreux robots – vos seuls ennemis tout le long du jeu – au rang de tas de ferrailles. Et pour cela, comme c’est le cas pour de nombreux titres désormais, il faudra augmenter vos capacités de combat mais également de santé à l’aide des orbes que vous trouverez en chemin. Si les affrontements se révèlent assez ardus pendant les premiers chapitres (sur les 14 que compte le titre), ces nouvelles capacités devraient vous permettre de vous en sortir bien plus facilement face à des robots robustes et qui n’hésitent pas à protéger leur carcasse sous l’afflux de coups que vous leur affligerez. Il faudra parfois être patient et méthodique pour venir à bout de certains d’entre eux qui pourront être équipés de bouclier, et user de vos armes plasma et électrisantes pour espérer les neutraliser une bonne fois pour toutes.



Vous comprendrez alors que le bestiaire proposé dans Enslaved : Odyssey to the West est quand même loin de transformer votre aventure en voyage touristique tranquille. Heureusement certains robots possèdent un défaut qui vous permettra de renverser une situation qui s’annonçait périlleuse. En effet, ces ennemis identifiés par un icône situé au dessus de leur tête, une fois détruits, pourront provoquer une explosion qui anéantira toute présence ennemie dans un petit périmètre, ou créeront une onde de choc électrique qui vous permettra de frapper sans retenue et cela sans que vos adversaires puissent répliquer. Quelques bonnes idées qui nous permettent d’affirmer que le titre de Ninja Theory n’est pas qu’un simple beat’em all sans saveur mâtiné de phases de plateforme quelconques. Enslaved : Odyssey to the West c’est tout de même un peu plus que ça, même si l’on regrette que le jeu ne possède pas cette petite touche de génie qui aurait fait toute la différence. Et pour tenter de tuer toute monotonie, les développeurs comptent bien entendu sur la présence de boss, mais également sur deux petites courses en nuage magique.


Monnaie de singe

Une variété dans le gameplay qui ne serait rien sans le cachet qui se dégage du titre. Loin d’être une tuerie graphique, il faut tout de même souligner le gros travail des équipes de Ninja Theory effectué sur la mise en scène, le côté artistique et une bande-son originale souvent somptueuse. Clairement, il se dégage de ce Enslaved : Odyssey to the West une ambiance toute particulière, entre tristesse, peur et désolation. L’alchimie entre ces trois sentiments fonctionnent merveilleusement bien, et pourrait tantôt nous arracher une larme, tantôt nous faire ressentir une peur assimilable à ce qu’éprouvaient les visiteurs du Jurassik Park lorsqu’ils se sont retrouvés nez à nez avec un vélociraptor. Bien entendu, le décor d’un New York en ruines n’est pas étranger à ces sentiments puisqu’il témoigne de la fin de la civilisation urbaine comme nous la connaissons aujourd’hui, comme si nous retrouvions la grosse pomme 200 ans après les événements du film "Je suis une Légende", avec une végétation luxuriante qui règne désormais sur une ville complètement déserte.



Malheureusement, la fin du jeu arrive bien trop vite, et ce n’est pas la recherche des orbes qui incitera à la rejouabilité. On prend toutefois plaisir à diriger Monkey tout du long, et on s’attache malgré tout à notre ravisseuse au fur et à mesure que l’on progresse dans cette aventure rythmée. De plus, les doubleurs se sont mis en quatre pour nous proposer une version française de bonne facture, aux voix crédibles, même si elle se retrouve entachée par un enregistrement médiocre qui vous obligera à monter le volume pendant certaines cinématiques. Côté émotions, l’humour viendra également pointer le bout de son nez au milieu de l’aventure avec l’apparition d’un troisième personnage, également inspiré du fameux Voyage en Occident, et qu’on vous laissera découvrir par vous-même.



Enslaved : Odyssey to the West est une vraie/fausse surprise. On connaissait déjà le talent des studios de Ninja Theory, et ce mélange des genres n'en est qu'une nouvelle preuve. Le duo improvisé par Trip et Monkey se révèle finalement efficace et loin d'être insipide, même si l'on regrette un scénario mal ficelé qui parvient tout de même à nous proposer une fin originale et surprenante, fortement inspirée d'une célèbre trilogie cinématographique. Finalement, seule la durée de vie bien trop légère empêche ce Enslaved d'obtenir le rang de véritable indispensable, mais ne devrait pas freiner pour autant les amateurs de sensations fortes.

+

  • Travail artistique exceptionnel
  • Un duo haut en couleurs
  • Aucun temps mort
  • Gameplay bien maitrisé
  • Une fin surprenante

-

    • Des phases de plateforme un poil trop faciles
    • Scénario décousu
    • Evidemment trop court