Jeux

The Escapists

Action/Aventure | Edité par team17 | Développé par Mouldy Toof Studios

4/5
One : 13 février 2015
12.02 à 18h49 par - Rédacteur

Test : The Escapists sur Xbox One

Déçus par l'adaptation en jeu vidéo de la série Prison Break, les rois de l'évasion carcérale vont pouvoir se frotter les mains en voyant débarquer The Escapists sur le marché dématérialisé de la Xbox One. Sous ses airs de jeu indépendant parfaitement assumé, le titre de Mouldy Toof Studios tente, avec ses moyens, de vous faire vivre une aventure originale là où d'autres ont lamentablement échoué. Verdict ?

Après un prologue relativement simple et finalement très peu détaillée qui se contente presque de dévoiler quelques raccourcis manette, The Escapists vous embarque dans une aventure qui débute derrière les barreaux. Incarnant un détenu lambda qu’il est possible de nommer soi-même, le joueur va devoir s’inscrire dans le quotidien carcéral tout en envisageant des envies d’ailleurs. Entièrement réalisé en deux dimensions avec un fort accent mis sur le pixel art, le titre de Mouldy Toof Studios vous propose de vous évader de six prisons afin de retrouver définitivement votre liberté. Bien évidemment, plus vous parviendrez à vous échapper, plus les autorités vous placeront dans des lieux hostiles dont il est difficile de s’enfuir. A vous de faire preuve de patience, de stratégie et de talent afin que votre statut de détenu ne soit plus que de l’histoire ancienne.

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Et qui dit évasion dit forcément outillage. S’inspirant sans aucune honte de jeux tels que Minecraft ou Terraria, The Escapists possède un système de crafting qui vous permet, à l’aide d’objets légaux ou issus du marché noir, de fabriquer l’équipement de l’évadé modèle. S’il a le mérite d’exister, on reprochera à ce système de posséder un panel d’objets à fabriquer peu large qui aurait peut-être mérité d’être plus diversifié. Deuxième constat, la difficulté à trouver les combinaisons d’objets qui nous permettent de fabriquer les outils les plus basiques comme la pelle ou la pioche. Un défaut qui aurait pu être corrigé par la présence de la cabine téléphonique qui offre des conseils en échange de quelques dollars mais qui, finalement, n’aide que très peu à la réalisation de votre objectif premier. A moins de persévérer de longues heures à tenter toutes les combinaisons possibles pour réaliser certains objets, The Escapists vous oblige donc à passer par la case Internet pour vous en sortir sans arrachage de cheveux.

 « S’inspirant sans aucune honte de jeux tels que Minecraft ou Terraria, The Escapists possède un système de crafting qui vous permet, à l’aide d’objets légaux ou issus du marché noir, de fabriquer l’équipement de l’évadé modèle »

Heureusement une fois cette étape franchie, le titre prend enfin son envol. Il vous faut alors préparer soigneusement votre évasion en explorant les moindres recoins de la prison, récupérer des éléments permettant la fabrication d’outils, développer certaines compétences comme la force, la vitesse et l’intelligence (franchement pénible pour ce dernier point), sans oublier bien entendu de participer aux diverses activités de la prison sans quoi vous risquerez quelques problèmes allant du simple rappel à l’ordre jusqu’au déclenchement de l’alerte par les gardiens. Autant le dire, les journées passent relativement vite et obligent parfois certains plans d’évasion d’être reporté au lendemain, puis au surlendemain si un imprévu vient perturber vos ambitions entre temps (retrait d’objets illicites après une bagarre, fouille des chambres, mise au trou, …). Ce rythme tient un rôle d’autant plus important que seul l’heure du coucher vous permet de sauvegarder votre progression. Autant dire qu’il existe une certaine pression de perdre toutes les actions réalisées durant la journée si votre escapade nocturne vers la liberté échoue.

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Bien entendu chaque nouvelle prison visitée présente de nouvelles particularités et vous rendra la tâche plus ardue pour en trouver la faille. L’augmentation du nombre de détecteurs de métaux, de caméras de surveillance, de gardiens, l’électrification des grillages, le rythme plus soutenu des activités obligatoires, tout est fait pour que le joueur trouve un challenge plus difficile à relever à chaque nouvel établissement visité. Heureusement, vos compagnons de cellules peuvent également devenir des renforts appréciables à conditions de leur accorder des faveurs qui consiste généralement à trouver un objet particulier ou à taper un camarade de chambrée. Il vaut d’ailleurs mieux avoir ses co-détenus dans sa poche puisqu’ils vous permettent d’avoir accès à des objets parfois introuvables autrement et peuvent même créer des diversions en tabassant un gardien à votre demande.

  « L’augmentation du nombre de détecteurs de métaux, de caméras de surveillance, de gardiens, l’électrification des grillages, le rythme plus soutenu des activités obligatoires, tout est fait pour que le joueur trouve un challenge plus difficile à relever à chaque nouvel établissement visité »

Globalement on prend plaisir à évoluer dans The Escapists même si l’on regrette rapidement de ne pas pouvoir partager l’espoir d’accéder à la liberté avec un ami, ne serait-ce que hors ligne. Seuls les prodiges de l’évasion parviendront à venir à bout rapidement du jeu développé par Mouldy Toof Studios, tandis que la très grande majorité passera des heures à tenter de trouver une issue favorable à leur évasion dès la deuxième, voire troisième prison. Côté réalisation, les graphismes en deux dimensions rentrent parfaitement dans l’esprit du pixel art à la sauce 16bit et freinera certainement les allergiques à cette tendance. Les autres s’en contenteront sans aucun problème. Même chose du côté des musiques du jeu, juste dans le ton de l’ambiance générale proposée par le titre.

4/5
Savant mélange entre Minecraft et Les Evadés, The Escapists réussit le pari de se démarquer de ses deux illustres références pour proposer une expérience de jeu originale et motivante. Si la nécessité d'augmenter certains points de compétence s'avère vite redondante, le plaisir d’échafauder un plan d'évasion, de le mettre en œuvre, pour finalement le peaufiner parce que vous vous êtes fait attraper, rend le titre de Mouldy Touf Studios terriblement attachant pour qui n'a pas peur de l'apprentissage par l'échec.

+

  • L'univers carcéral en 2D pixelisée
  • Courbe de difficulté bien pensée
  • Durée de vie honnête
  • Le plaisir de voir son plan d'évasion fonctionner

-

    • Tutoriel et conseils trop limités
    • Le crafting perfectible
    • Points de compétences dispensables
    • Pas d'aspect multijoueur hors classement