Jeux

Forza Motorsport 3

Course | Edité par Microsoft Studios | Développé par Turn 10

8/10
360 : 23 octobre 2009
23.10 à 14h01 par |Source : http://xbox-mag.net/

Test : Forza Motorsport 3 sur Xbox 360

Turn 10 l’annonce haut et fort depuis un petit moment déjà : Forza Motorsport 3 est la nouvelle référence des jeux de course automobile, toutes consoles confondues, y compris donc la PS3 et son épouvantail Gran Turismo. Faut-il croire Dan Greenawalt et ses troupes ? Nantie de son rythme de parution beaucoup plus rapide, leur série a réussi, en effet, le tour de force de s’ériger en concurrent redoutable de la référence japonaise, et ce en moins de cinq ans. Mais le troisième Forza est-il vraiment le jeu « définitif » (c’est le terme employé par Turn 10) que tous les amateurs attendent, deux ans seulement après le second épisode ? La réponse est plus complexe qu’il n’y paraît.

Pour mettre fin d’emblée au débat, s’il existe, il suffit d’observer les jeux sortis depuis deux ans susceptibles de concurrencer Forza Motorsport 2. C’est simple : il n’y en a eu aucun. Polyphony n’ayant toujours pas été en mesure de terminer Gran Turismo 5, SimBin ayant plus ou moins manqué son entrée sur consoles avec Race Pro, et la conduite arcade remportant de plus en plus de suffrages, les candidats sérieux au trône n’ont en fait pas été si nombreux que cela. Et la solidité du jeu de Turn 10, véritable mastodonte de contenu, en fait une cible presque inaccessible pour la plupart des studios, sur un marché du jeu de conduite réaliste en vérité très fermé. La voie était donc toute tracée pour Forza Motorsport 3. Avec le savoir-faire des bêtes de travail de Turn 10, et les bases très solides de la franchise, il aurait été presque surprenant de voir le jeu échouer dans sa conquête du genre qu’il domine outrageusement depuis un bon moment. Oui, Forza Motorsport 3 est la nouvelle référence de la simulation sur consoles. Quasiment pour les mêmes raisons qu’il y a deux ans.


Fortissimo

Les deux premiers Forza avaient peu ou prou les même gros points forts, et, dans la majeure partie des cas, le 3 confirme ces qualités. A commencer par les sensations de conduite, évidemment essentielles. Nul besoin de s’appesantir sur la gestion ultra-poussée de la structure des gommes promise par Turn 10, il suffit de prendre le départ d’une course pour s’apercevoir que la prise en main a encore passé un cap. Plus souple, plus sensitive que dans Forza 2, elle permet d’encore mieux ressentir le comportement et le centre de gravité de sa voiture. L’affinement de cette caractéristique, épisode après épisode, est pour beaucoup dans le succès de la série, élément indissociable d’un Forza Motorsport qui se respecte. Mais le jeu ne s’arrête pas là, car il fait tout ce qu’il faut pour mettre en relief cet atout crucial. Stabilisée à 60 images par seconde, la fluidité de Forza 3 est exemplaire, même quand on joue en écran splitté, et ce malgré les progrès graphiques visibles du jeu depuis l’épisode précédent. On ne tombe pas des nues non plus en voyant les voitures, les circuits ou la gestion visuelle des dégâts, et les vues cockpit, enfin présentes, sont un peu molles, mais le bilan est bien meilleur qu’à l’époque de Forza 2. L’important, de toute façon, est ce qui se cache derrière : la fluidité, comme on l’a dit, mais aussi la modélisation minutieuse des pistes, incluant les bosses, les montées et les dévers des parcours.

Malgré cela, il reste encore au jeu une marche à franchir pour pouvoir prétendre être exhaustif : la pluie n’existe toujours pas dans Forza 3, la neige ou le vent encore moins, et on ne peut pas conduire la nuit. Les conditions climatiques sont pourtant déterminantes dans l’univers de la compétition automobile, et Turn 10 devra s’y attaquer tôt ou tard. C’est, disons-le franchement, une des déceptions de cet épisode.

Pour les pilotes plus exigeants, à défaut de pistes détrempées, Forza 3 va aussi plus loin dans la gestion des réglages, puisque non content de pouvoir améliorer sa voiture de tous les côtés, on peut aussi la régler pour en tirer le maximum. Cela va de choses évidentes, comme la force des freins, à d’autres beaucoup moins accessibles, telles que la position des roues les unes par rapport aux autres ou l’ajustement des rapports de boîte de vitesse. Rien n’est cependant imposé, on peut aisément parcourir le jeu sans être Michael Schumacher, et pour cause : l’une des grandes forces de Forza 3 est aussi son accessibilité.

Proposant toujours un large panel d’aides à la conduite, et cinq niveaux de difficulté paramétrables, Forza 3 peut être pratiqué par absolument n’importe qui. Les sensations ressenties dans les courses très faciles sont évidemment un peu moins plaisantes (moins que dans des jeux qui se spécialisent dans ce domaine en tout cas), mais on peut se construire sa propre courbe d’apprentissage, ce qui est très appréciable. Et puis il y a les aides plus avancées, comme la très célèbre trajectoire appliquée directement sur la piste, que Forza a popularisée, et le petit nouveau, le rembobinage, cette fois emprunté à d’autres jeux (Race Driver GRID). Toujours accessible, rien n’oblige à l’utiliser, mais cette fonction peut éviter bien des frustrations, notamment dans les challenges les plus difficiles, car la gestion des dégâts, sensible, fait très mal au moindre choc un peu violent. En cas d’urgence, les stands sont là pour tout réparer comme par miracle (la gestion des pit-stops est encore un domaine où Forza peut beaucoup progresser).


Completissimo

Des challenges, il y en a dans Forza Motorsport 3. Le jeu propose un contenu gargantuesque, certes en parties repris du deuxième épisode, mais inégalé. On dépasse allègrement les limites du DVD, si bien que le soft est vendu sur deux disques (Forza 3 demande une installation d’à peu près deux gigas sur le disque dur pour profiter de l’ensemble des circuits et des voitures, le second disque contenant simplement une partie de ces derniers).

Les marques les plus prestigieuses sont présentes, du petit modèle de série au prototype, proposant des comportements propres, et le choix des tracés montre tout le goût des développeurs, avec entre autres Suzuka, Silverstone, Nürburgring (repris de Forza 2), Road America, Le Mans et Sedona (nouveautés). Tout cela est utilisé dans de multiples modes de jeu, à commencer par la carrière, très classique, mais sans perdre en efficacité, et dont l’organisation en calendrier facilite le suivi. La progression, idéale, est servie par une IA efficace, peut-être un poil trop sage. On peut aussi se livrer à des courses directes, où tous les circuits et voitures sont immédiatement disponibles. C’est un bon moyen de se projeter en ligne puisque les tableaux de scores sont évidemment là, la bataille pour les meilleurs temps au tour promettant d’être acharnée.

La partie Xbox Live de Forza 3 est soignée, et va comme d’habitude au-delà du simple multijoueur avec tout un aspect consacré au partage. en effet, au travers d’un mode vitrine, Forza 3 permet de développer grandement tout l’aspect communautaire du titre. Il serait désormais possible de vendre des calques, des livrées, des réglages en plus du traditionnel marché au enchère des voitures. Un petit plus néanmoins véritable bonheur à l’utilisation. Niveau jeu pur, on peut se montrer un tout petit peu déçu par les courses limitées à huit joueurs et par l’absence de modes un peu plus évolués toutefois agrémenté de très nombreux réglages permettant de créer finalement ses propres modes. En manque d’amis il est possible de faire intervenir l’IA si la grille de départ n’est pas remplie.


On vient de le mentionner, mais, en dehors de la conduite, Forza 3 peut, comme Forza 2, se targuer de proposer les systèmes de personnalisation les plus évolués qui puissent exister, et on attend avec impatience de voir ce que les artistes déjà rodés à l’éditeur vont pouvoir réaliser. Le côté un peu froid du jeu est bien contrebalancé par les options créatives proposées, si perfectionnées qu’on imagine mal ce qui pourrait être fait de mieux, à part peut-être un scan de ses dessins à l’aide de Natal sur Forza 4.

On peut aussi prendre des photos et enregistrer des vidéos, la richesse de cette dernière fonctionnalité demandant bien évidemment à être exploitée, mais exigeant aussi beaucoup d’implication, tout comme pour la création des livrées et autocollants. Certains avaient passé plus de temps sur les éditeurs de Forza 2 que derrière leur volant virtuel, il en sera de même ici, et c’est une belle victoire pour Turn 10 que d’avoir su associer la rigueur d’une simulation à la fantaisie de tels outils créatifs.

Nouvelle référence de la simulation auto sur consoles, Forza Motorsport 3 a de quoi rendre fiers ses géniteurs. Le studio Turn 10, confirmant son talent, s’est appuyé sur ce qu’il savait faire pour offrir une expérience de jeu encore plus complète qu’il a deux ans. Des sensations de conduite impeccables, un contenu démesuré et des outils de personnalisation ultra-complets font de Forza 3 un incontournable. Ceci étant dit, et compte tenu de la montée en puissance progressive de la série année après année, on ne peut s’empêcher de noter de petites faiblesses un peu partout (capacité et modes multijoueur, conditions climatiques, rendu graphique) malgré un bilan global impressionnant. On n’ira donc pas jusqu’à confirmer qu’il s’agit du jeu de course « définitif », et il serait risqué d’affirmer que Gran Turismo 5 sera automatiquement largué. Il est encore possible de faire mieux, même si, aujourd’hui, il est évident qu’un amateur de simulation se doit de posséder Forza Motorsport 3 sur sa 360.

+

  • Sans doute les meilleures sensations simulation sur console
  • Fonctionnalités en ligne complètes
  • Outils créatifs très bien conçus
  • ... Et une durée de vie quasi-infinie
  • Modes, courses, voitures, réglages, multijoueur : un contenu de fou...
  • Accessibilité encore améliorée

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    • Fluide, mais graphismes juste corrects
    • Côté « froid » pas encore tout à fait éliminé
    • On attendait un peu plus du multijoueur
    • Toujours pas de conditions climatiques, ni de courses de nuit