Jeux

Gynoug

Shoot'em up | Edité par Ratalaika Games | Développé par Masaya Games

7/10
One : 12 novembre 2021 Series X/S : 12 novembre 2021
13.11 à 08h00 par - Rédacteur

Test : Gynoug sur Xbox One

Un shmup qui n’est pas mou du Gynoug

L’éditeur Ratalaika Games nous avait surpris il y a quelques semaines en portant avec grand soin sur les consoles actuelles un shoot’em up Mega Drive aussi qualitatif que relativement peu connu : GleyLancer. Rebelote, avec une production également signée Masaya et apparue sur la 16 bits de SEGA en 1991, cependant autrement plus connue, j’ai nommé Gynoug. A-t-on droit une fois encore à un portage de haute volée pour un shmup qui a marqué son époque ?

Poing levé jusqu’aux cieux, ailes déployées, muscles taillés au cutter. Il émane une telle force de la jaquette de Gynoug ! Un vrai symbole du soin apporté à l’accroche visuelle du temps des 16 bits. Gynoug est aussi et surtout l’un des titres qui a marqué son passage dans l’univers des shoot’em up sur une Mega Drive qui engage alors sa vitesse de croisière. Inutile donc de dire que les joueurs un tant soit peu intéressés par les shoot’em up voient dans sa venue sur les consoles actuelles une occasion potentiellement formidable de découvrir ou redécouvrir un jeu de qualité. On va se répéter mais c’est pour la bonne cause : le portage de GleyLancer s’est montré solide au point que l’on attend forcément de la part de Gynoug quelque chose d’aussi soigné.

Gynoug 4

Cet « autre shmup de Masaya » dispose toutefois déjà à l’origine de solides atouts. On le connait d’ailleurs pour deux choses : sa direction artistique soignée et son défi relevé. Avec six niveaux d’inspirations totalement différentes, Gynoug fait encore son petit effet. On a l’impression de voyager à travers l’espace et le temps, pour toucher aussi bien aux environnements médiévaux qu’aux fonds marins ou à des lieux plus industriels. S’il a forcément beaucoup vieilli (30 ans, ce n’est pas rien), Gynoug reste un jeu dont la pate artistique fait mouche. Il faut certes composer avec un bestiaire globalement réussi mais s’approchant parfois des confins de l’étrangeté… phallique ; on a aussi bien saigné des yeux lors du cinquième niveau. Mais dans l’ensemble, Gynoug est un jeu encore tout à fait à sa place aujourd’hui.

Profiter de ce shoot’em up à défilement horizontal demande néanmoins un certain investissement de la part du joueur. On l’a dit un peu plus haut, le défi qu’il nous impose est relevé. Nous seulement pour ce qui est de survivre à six niveaux significativement plus longs que pour la moyenne des shoot’em up ; mais il faut également manœuvrer entre les projectiles pour conserver la puissance d’attaque emmagasinée jusqu’ici, au fil des power up récupérés. Si la maniabilité est très simple sur ses bases (tir simple, pouvoir magique et choix de la magie), la maitriser pleinement est une autre paire de manches, sachant que les jauges de puissance et de vitesse baissent lorsque vous perdez une vie. Autrement dit mourir rend plus faible tandis que, naturellement, plus on avance et plus les ennemis sont coriaces. Les objets ramassés peuvent également modifier le mode de tir, il convient ainsi de jouer plusieurs fois une même zone pour apprendre à reconnaitre quel objet fait quoi (ce n’est pas instinctivement compréhensible) et conserver l’arsenal le plus apte à répondre aux spécificités du niveau en cours.

Gynoug 2

Gynoug est un shoot’em up difficile mais heureusement, ce portage nous autorise quelques entorses dans son menu « triche ». Vies ou crédits illimités, niveau de magie conservé en cas de mort, voire carrément invincibilité : il y a de quoi satisfaire tous les profils. On retrouve à côté de cela le même type d’options que l’on a pu découvrir lors du portage de GleyLancer, comme les nombreuses personnalisations d’affichage permettant d’ajouter des filtres CRT, des scanlines, de modifier le ratio de l’affichage ou encore de changer le papier peint (avec peu de choix cela dit). On peut également sauvegarder la partie quand on le souhaite.

Le niveau d’adaptation du jeu à l’expérience que l’on souhaite est donc encore une fois très solide, mais rien de révolutionnaire n’est à noter côté expérience de jeu dehors de la fonction rembobinage. Gynoug n’a évidemment pas besoin de grand-chose de plus pour plaire aux amateurs du genre. Ambiances visuelles et sonores soignées, framerate parfait, défi au rendez-vous, bonne durée de vie pour le genre… Le shoot’em up de Masaya demeure solide. On aurait cependant aimé par exemple une option pour modifier la sensibilité des déplacements (un peu trop sensibles à notre humble avis), quelque mode alternatif afin de vivre l’expérience sous un angle différent ; voire une petite retouche du système de magie/mode de tirs pour rendre la chose un peu plus évidente ? Mais bon, n’allons pas chipoter, Gynoug est un bon shoot’em up doté ici d’un bon portage et c’est déjà une très bonne chose.

7/10
Pour ce nouveau portage d’un shoot’em up de l’ère 16 bits sous l’égide de Ratalaika Games, la qualité est au rendez-vous. Sans voir son fond de jeu modifié mais en recevant plusieurs options visant à rendre sa (re)découverte agréable sur les consoles actuelles, Gynoug confirme si besoin était son statut de shoot’em up qui en a sous le capot. Certes difficile et forcément vieillissant, Gynoug impose cependant encore et toujours sa pate artistique soignée, son expérience engageante au travers d’un portage efficace et carré. On le conseille forcément aux amateurs de shoot’em up et à ceux qui apprécient les vieilles gloires qui ont encore du potentiel à faire valoir.

+

  • Un shoot’em up marquant de son époque
  • Direction artistique toujours aussi efficace
  • Challenge relevé, mais des options pour tous en profiter
  • Portage soigné et carré…

-

    • … A défaut d’être révolutionnaire sur le fond
    • Le niveau 5, ce cauchemar
    • Mécaniques de jeu quelque peu austères