Test : High on Life 2 sur Xbox
Et ça vole souvent sous la ceinture
L’histoire du jeu débute avec un mélange de séquences alliant interview devant public, élimination de gros monstres et flingues parlant à gogo. Une introduction rythmée, totalement déjantée qui donne le ton : High on Life 2 reprend la formule de son ainé avec une bonne dose de délire et d’humour qui, dans la plupart des cas, fait mouche. Dans la plupart car, par moment, on tombe quand même sur le graveleux – limite bien lourd – qui nous fait à peine sourire, voire même grimacer tant la ficelle est éculée. C’est toujours le problème quand on touche à ce type d’humour, il est difficile de trouver la formule équilibrée qui rend la chose drôle, sans pour autant donner l’impression d’être beauf du coin. Dans le cas présent, Squanch Game n’y parvient pas toujours et c’est dommage.
Bref, revenons un instant à notre histoire. De chasseur de primes, vous allez devenir la proie. Pour faire simple, une firme pharmaceutique a mis au point un médicament dont les humains sont l’un des ingrédients. Une proposition inacceptable qui va vous forcer à intervenir, en compagnie de votre sœur, ce qui va provoquer la colère des chasseurs de primes. En dépit de la menace, vous allez donc devoir éliminer toute une série de personnes en lien avec la firme afin d’arrêter leur projet farfelu. Tout cela va donner lieu à des situations plus rocambolesques les unes que les autres comme cette enquête qui ressemble furieusement à un Cluedo géant ou un à Escape Game. C’est franchement intéressant, plutôt bien mené et diablement original (coucou le passage dans les menus). S’il y a d’ailleurs bien une chose qu’on ne peut pas reprocher à High on Life 2, c’est sa proposition singulière qui ne ressemble à aucune autre.
Ce voyage, aussi fou soit-il, va forcément nous emmener découvrir différents lieux. Sur ce point-là, il n’y a pas grand-chose à dire : c’est varié. Par contre, la dimension de certaines cartes nous laissent un peu perplexe. En effet, pour certaines, c’est vraiment grand, très grand, et forcément cela dilue l’expérience de jeu qui oscille déjà en permanence entre des discussions parfois interminables et des phases d’action qui sont souvent très classiques. On a parfois l’impression que les développeurs ont voulu jouer la carte de l’humour – et donc des dialogues – au maximum, ce qui a tendance parfois à créer des longueurs inutiles dont on se serait bien passé. Même constat – même si en soi ce n’est pas neuf – du côté des armes qui sont bavardes au possible. C’est parfois trop, surtout que le jeu n’est pas doublé en français. Il est donc franchement compliqué de se déplacer, de se battre et de lire en même temps. Ou alors il faut s’arrêter systématiquement, mais on revient alors au problème de base : le rythme.
Bien que volubile, l’arsenal proposé recèle de nombreuses bonnes surprises et fait preuve d’originalité à souhait. On ne vous gâchera pas la surprise car ce serait une forme de spoil que de le faire, mais sachez que le jeu regorge de petites pépites plutôt sympathiques à employer. On peut faire le même constat du côté des boss que l’on doit affronter qui sont indéniablement l’une des bonnes surprises de cet opus. Loin d’être simplement des sacs à PV, ces derniers vont vous donner du fil à retordre, évoluant pendant le combat et employant toute une série de techniques qui nécessitent d’être attentif en permanence. C’est beaucoup plus intéressant et savoureux que les phases classiques de shoot qui ressemblent davantage à des zones à nettoyer ou des vagues à supprimer. On prend d’ailleurs le temps pour revenir un instant sur le bestiaire du jeu qui s’efforce, au fil des missions, de se renouveler avec plus ou moins d’intérêt.
Autre possibilité offerte par l’arsenal : la possibilité d’employer un tir secondaire qui permet d’éliminer les ennemis de manière toujours sympathique, mais aussi et surtout de résoudre certaines énigmes. Ainsi, durant votre aventure, vous êtes amenés à résoudre de petits casse-têtes qui consistent à placer tel objet à tel endroit, ou bien à faire léviter telle chose pour parvenir à atteindre le niveau supérieur. On a aussi dû résoudre un petit labyrinthe avec un laser, par exemple, le tout dans un contexte des plus étranges puisqu’il s’agissait, au départ, de circoncire un phallus géant. La pertinence de ces énigmes reste à définir. De notre point de vue, nous les avons trouvées souvent inutiles, cassant une nouvelle fois le rythme. S’arrêter devant une porte et chercher les deux cubes de slime à placer dessus, ce n’est pas vraiment ce que l’on attend d’un jeu comme High on Life 2.
Du côté des mécaniques de gameplay, le jeu de Squanch Games reprend les bases posées par son grand frère, à savoir un FPS classique dans sa formule. On vise, on tire et on esquive, tout en se servant du décor pour se protéger des attaques ennemis. C’est simple, intuitif et efficace. Ajoutez à cela un tir secondaire plutôt sympathique, un bouclier à récupérer sur nos victimes pour nous obliger à nous déplacer et vous obtenez les éléments d’une formule éprouvée qui fonctionne parfaitement. Seule réelle nouveauté apportée par ce second épisode, le skateboard nous offre l’opportunité de nous déplacer plus rapidement et de faire du « grind » sur les rambardes qui se trouvent à tous les coins du niveau. Si son utilisation s’avère agréable et relativement intuitive dans les niveaux spacieux, c’est une toute autre histoire quand les lieux sont plus étroits. On en est même venu à se demande si ça n’aurait pas été plus simple de laisser notre personnage courir. Alors oui, cela offre un côté « fun » au jeu qui n’en manque pas du tout, mais manette en mains ce n’est pas forcément toujours optimal.
Sur le plan technique, High on Life 2, n’y allons pas par quatre chemins, souffle le chaud et le froid. Comme pour le précédent, sa direction artistique colorée fait mouche, tout comme les différentes créatures que l’on croise qui sont aussi réussies que terriblement laides (volontairement). Les lieux, variés, sont intéressants et le voyage nous promet quelques folies artistiques qui nous ont vraiment plu. Malheureusement, du côté de la technique pure, c’est un peu plus compliqué. Au cours de notre test réalisé sur Xbox Series X, nous avons rencontré quelques pépins : animations ratées, déplacements illogiques, scintillement très présent et parfois même quelques baisses de framerate. Il est clair que le jeu aurait mérité d’être peaufiné pour éviter de nous proposer une copie qui n’est pas injouable – très loin de là – mais qui aurait mérité un traitement un peu plus propre. Enfin, terminons ce test par la partie sonore. Le doublage anglais est de qualité mais l’on regrette tout de même l’absence de voix françaises pour un jeu aussi bavard. Pour ce qui est de la musique, par contre, nous n’avons pas forcément apprécié les thèmes qui passaient, notamment, durant les combats. C’est – comme pour le reste du test cela dit – entièrement subjectif, mais nous avons trouvé que cela dénotait franchement et que l’objectif de dynamiser les affrontements étaient manqués.
+
- Totalement fou ;
- Introduction excellente ;
- Arsenal dingue ;
- Situations originales ;
- Créativité ;
- Humour présent.
-
- Techniquement imparfait ;
- Skateboard douteux ;
- Parfois lourd ;
- Souvent trop bavard ;
- Rythme haché.